11
déc

Les Quenouilles - VOL-Age - Panik

quenouilles schéma.jpgDepuis quelques éditions-émissions, je suis honorée d'être une des Quenouilles, l'émission sur Radio Panik 105.4FM.

La dernière portait le doux nom de VOL-AGE. La rediffusion a lieu ce samedi 16 à 11h puis le podcast sera disponible for ever and ever.

Nous avons invité Sonia Verstappen, cofondatrice d'UTSOPI, entre autres. Vol - Volage - Age étaient nos lieux d'échange.

Nous avions aussi demandé à des autrices d'engager un peu de leur temps et langue sur le mot volage. Je les publie ici, certains ont été lus à l'antenne, d'autres pas.

Hymne à Vénus

Immortelle Vénus, fille de Jupiter, toi qui sièges sur un trône brillant et qui sais habilement disposer les ruses de l'amour, je t'en conjure, n'accable point mon âme sous le poids des chagrins et de la douleur.
Mais plutôt viens à ma prière comme tu vins autrefois, quittant le palais de ton père et descendant sur ton char doré. Tes charmants passereaux t'amenaient de l'Olympe à travers les airs qu'ils agitaient de leurs ailes rapides.
Dès qu'ils furent arrivés, ô déesse ! tu me souris de ta bouche divine ; tu me demandas pourquoi je t'appelais ; quels tourments ressentait mon cœur, en quels nouveaux désirs il s'égarait ; qui je voulais enchaîner dans les liens d'un nouvel amour : "Qui oserait te faire injure, ô Sappho ! S'il te fuit aujourd'hui, bientôt il te recherchera ; s'il refuse aujourd'hui tes dons, bientôt il t'en offrira lui-même s'il ne t'aime pas aujourd'hui, il t'aimera bientôt lors même que tu ne le voudrais plus."

O viens, viens donc aujourd'hui, déesse, me délivrer de mes cruels tourments ! Rends-toi aux désirs de mon cœur ! Ne me refuse pas ton secours tout-puissant !

Sappho

labile, changeant, un oiseau sur la branche
là où va le regard, suivra l'esprit
là où va l'esprit, le coeur suivra
et peut-être les lèvres
et l'action qui transformera le regard
alors, fermer les yeux, un moment
pour demander quelle action désire mon regard

Veronika Mabardi
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je vole en permanence vers un autre âge,
non, je ne suis pas instable,
je suis mouvement vers un nouvel équilibre,
mes oscillations sont vives
je suis en vie

Fabienne Bloc

 

Il y a tant à faire et tant à écrire et je suis tentée de ne ni faire ni écrire. Tentée par la peau, la chair, l’air, oui l’air, sur mes joues, la pluie glacée, le tronc de l’arbre, les vagues de vent, les roulis de pluie. Nez en l’air, au sol, pieds gelés, doigts glacés, et rire, parce que je sais que tu penses à moi, nez en l’air, je te regarde entre les nuages. C’est bien. C’est tout.

Fidéline Dujeu

 

Que fais-tu derrière mon dos?

Tu traînes? Tu putes? Tu salopes?

Et si tu ne l'as pas fait tu l'as pensé et si tu ne l'as pas pensé moi je l'ai pensé pour toi.

Perrine Le Querrec

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Plus une écume dans le ciel. La brume de la veille a mit les voiles. Bleu orgasmique, c’est la couleur du jour. Il occupe le présent de tous, lui le désirer. Son absence les a rendu fou. Graziella a revêtu ses ongles de cassis. Elle se balade dans la maison, ses mains battent l’air. Le vernis sèche. Ses doigts de pieds, tendus pour ne pas effleurer la moquette, murmurent des syllabes brûlantes. Le feutre de son corps galope sur le tapis. Elle s’allonge Le long et tout contre la baie vitrée.
Ciel ciel ciel
Graziella connaît toute la gamme des soupirs. Parfois elle en cache dans les boites de spaghettis, contre les rayures dorées du sofa. Solstice d’été
Ciel ciel ciel.
Des rires bouler rouler sur la moquette. Petite robe peau moite glace à la pistache. Ce soir son professeur d’anglais viendra. C’est un ami de Graziella. Ses voisins utilisent des mots opaques : amant e s.
Graziella entre ouvert la baie vitrée, l’air est si gentil.

 

Frédérique Dolphijn

 

Bruits d’avion
D’ambulance
De frigo
D’horloge

Il ne serait pas question de morale
Il ne serait pas question de genre
Il ne serait pas question de limites ou de liberté
Il ne serait pas question de ce que l’on a nommé « moi » et de ce que l’on a nommé « toi» les rendant ainsi séparés
Il ne serait pas question de nos pommes, en fait
Il ne serait pas question de possession, d’appartenance ou de consommation
Il ne serait pas question de conte quelle qu’en soit l’orthographe
Il serait question
Dans chaque mouvement, il serait question
D’une tension
D’une émotion
D’instants inscrits dans d’autres instants
De gens dans d'autres gens
D’une tension entre ce que l’on a nommé « réel » et ce que l’on a nommé « imaginaire »
Entre la maison et le jardin
Il serait question
Elle serait question
Elle a dit : « Danser nous relie au cosmos »
Bruits d’avion
D’ambulance
De frigo
Le ventre s’agite
Les vent dehors résonne avec le souffle dedans

Léïla Duquaine

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Les passantes

Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu'on connait à peine

Qu'un destin différent entraîne
Et qu'on ne retrouve jamais
A celle qu'on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s'évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu'on en demeure épanoui
A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu'on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu'on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main
A la fine et souple valseuse
Qui vous sembla triste et nerveuse
Par une nuit de carnaval
Qui voulu rester inconnue
Et qui n'est jamais revenue
Tournoyer dans un autre bal
A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d'un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D'un avenir désespérant

Chères images aperçues
Espérances d'un jour déçues
Vous serez dans l'oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu'on se souvienne
Des épisodes du chemin
Mais si l'on a manqué sa vie
On songe avec un peu d'envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu'on n'osa pas prendre
Aux cœurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu'on n'a jamais revus
Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l'on n'a pas su retenir

Paroles: Antoine Pol
Musique: Georges Charles Brassens

proposé par Manu Deloeul

 

Celles qui caressent longuement
Celles qui enveloppent chaudement
Celles qui ne s’attardent pas
Celles qui y reviennent
Celles qui tâtonnent
Les mains de C.
Les mains de K.
Les mains de R.
Les mains de T.

Celles du menuisier
Celles du musicien
Celles de l’informaticien
Celles du poète
Celles du cuisinier
Celles du jardinier
Les carrées
Les fines
Les tordues
Les abîmées
Les sensibles
Les douces
Les rugueuses
Je les ai toutes essayées
De l’une à l’autre
De l’autre à l’une
Tu me frisson
Je te catapulte
Tu me souvenir
Je te ciel
Et ensemble nous retrouvons cet instant suspension du temps.

Anne Guinot aka Madame Haïkaï

plume laurie.jpg

16:38 11/12/2017 | Lien permanent | Tags : textes, lis tes ratures, act-u, agendada |  Facebook

1
déc

P.eau.ésie - Un poème lisible sous l’eau a été écrit à l’Office des étrangers en soutien aux migrants

Dans le cadre du projet Bruxelles en p.EAU.ésie qui vise à réintroduire la poésie dans le quotidien des Bruxellois, un premier poème qui se révèle sous l’eau a été inscrit mercredi à 17h30 sur un trottoir à proximité de l’Office des étrangers, en solidarité avec les migrants.

Une trentaine de sans-papiers et de citoyens solidaires ont formé une chaîne humaine près de l’Office des étrangers pour se passer de l’eau et ainsi remplir des récipients. Les participants ont ensuite versé ensemble de l’eau sur le poème pour le révéler.

= - = - = - = - = - = - = - = - = - = - =
بحذر  شديد، تحت الماء تم فحص صندوق اسود 
اجساد غير شرعية 
 
Bi-Hathar Shadeed 
Taht Al-Ma’a, Sandoq Aswad tam fahsoh 
Ajssaad Ghair Sharra’aya

Il s’agit d’un haïku (forme poétique courte d’origine japonaise) écrit par la poétesse Milady Renoir. Le texte est le suivant :

« En prudence sous l’eau / une case noire se coche / le corps d’ « illégaux » ». Ces mots ont été lus en français, en anglais, en arabe, en wolof et en néerlandais.
« Ce premier poème, qui dénonce la situation des réfugiés, est clairement engagé, mais d’autres sensibilisent plus simplement au rôle de la poésie dans la vie », explique Mélanie Godin, fondatrice de L’ASBL L’Arbre de Diane. « L’idée est de créer des averses de poèmes sous la pluie ».

25 poèmes

Au total, 25 poèmes éphémères révélables à l’eau seront inscrits sur le territoire de la Ville de Bruxelles avec son accord. Le quartier des Marolles sera particulièrement ciblé. Le prochain poème sera révélé la semaine prochaine dans la rue Haute. Une exposition reviendra sur l’ensemble des textes le 7 décembre au Recycl’Art.

En mai 2018, une nouvelle série de poèmes prendra place dans l’espace public de la commune de Watermael-Boitsfort. Il est question de terminer par la commune de Molenbeek-Saint-Jean en septembre.

Auteurs et amateurs

Tous les poèmes sont éphémères. Certains ont été écrits par des auteurs et d’autres par des amateurs dans le cadre d’ateliers d’écriture à dimension sociale. Le projet « p.EAU.ésie » est porté par l’ASBL L’Arbre de Diane. Il a remporté le prix Bruocsella by Prométhéa 2017. Il est notamment organisé avec des étudiants de l’IHECS et de l’ERG (École de recherche graphique), avec le soutien du label United Stages.

poly-tiques, act-u, textespoly-tiques, act-u, textespoly-tiques, act-u, textespoly-tiques, act-u, textespoly-tiques, act-u, textespoly-tiques, act-u, textes(Merci à Rose-May, Thierno, Modou, Mohamad, Aliette Griz, Ali Talib, Laura, Pauline, Mélanie, Léïla, Claude, Laurie, ... )

08:57 01/12/2017 Publié dans Actualité | Lien permanent | Tags : poly-tiques, act-u, textes |  Facebook

26
oct

Poème hormonal

de-retour-des-assises-du-cul-nov-2011.jpgOh belle prostate de hyène
aussi nommées glandes de skène
savions-nous, heureuses chiennes
que chacune possède la sienne?

plus que scrotum moins que rectum
mais de prostate moins grosse que la rate
nous pouvons faire usage ad libitum
de faire jaillir eau de nos petites patates

comment éduquer les gonades mâles?
comment appréhender la testostérone?
évider les pulsions d'un grand mal?
en frappant ou massant leur neurones?

non, en frappant, massant, percutant leur prostate,
qu'elle soit interne ou cérébrale, tout est bat

louons les glandes, leurs tensions
abolissons leurs écrasantes représentations.

#mondicoderimesestmonmaîtrespirituel

15:29 26/10/2017 | Lien permanent | Tags : textes, poly-tiques |  Facebook

27
jui

C'était mieux avant...

textes

Oui, nous en parlions, souvent. Les mots enflés des évidences qui nous encerclaient.
Oui, nous en parlions énormément. Il était sans cesse question des corps violentés, intimidés, mis de côté. C'était à la fois reconnu et inconnu.
Oui, nous en parlions, évidemment. Certains d'entre eux rapportaient les récits que nous avalions dans nos gorges exsangues et obsolètes. C'était cru, bien trop cru.
Oui, nous en parlions, à tout moment. Même au creux de nos silences amers, nous ne faisions qu'être dans ces états là, amoindris par les nouvelles autorités.
Oui, nous en parlions, pourtant. Certains d'entre nous espéraient qu'une étape retournant vers le vivant serait franchie, d'autres luttaient avec leurs idées entre les dents tandis que leurs abdomens pourrissaient, d'autres enfin, savaient que la gangrène morale faisait office de mérule dans les rues, les bureaux et sous les tables des instances.
Oui, nous en parlions, comme des enfants. Parce que nos jeux n'étaient pas tous ternis, parce nos amours n'étaient pas encore tous corrompus, parce que nos yeux n'étaient pas encore tout à fait cousus.
Oui, nous en parlions, absolument. C'est difficile de se souvenir de tous ces moments d'avant, j'en conviens.
C'est au moment où nous n'avons plus su en parler que nous avons compris que l'effondrement humain couronnait nos touts. C'est à ce moment que nos corps n'ont plus su marcher, pleurer, évoquer. Mais je jure que nous en parlions. Peut-être n'étions nous pas assez? Peut-être n'étions nous pas entiers? Peut-être n'étions-nous pas parés contre l'horreur? Peut-être aurions-nous dû fermer nos mots et attaquer en premier?
Aujourd'hui que tout est clos, qui peut dire ce qui était possible? Mais je crois me souvenir... oui, nous en parlions.

(c) Milady Renoir

Illu de Gabriel Von Max - Les Singes critiques d'art

19:58 27/06/2017 | Lien permanent | Tags : textes |  Facebook

15
jui

Illégal, illégale, est-ce que j'ai une gueule d'illégal.e?

Capture d’écran 2017-06-15 à 10.36.36.pngZinneke Parade et MEDEX - Musée éphémère de l'exil viennent, parmi tant d’autres, de gagner les Mixity Awards de Visit.brussels. Afin de célébrer les mixités et le démarrage de l’aventure Illegal, un rendez-vous attend les gen.te.s devant Zinneke, sous le porche et sur nos pistes de danse à Masui le vendredi 16 juin.

>>> A partir de 16h <<<
Goûter festif in/out - jeux illégaux

>>> A partir de 19h <<<
Taboulé et BBQ à plusieurs services et jusqu’à 23h

>>> A partir de 21h <<<
Zinneke & Medex préparent le plus brillant des dance floors de Belgique, jusqu’à pas d’heure...

Une scène poétique est ouverte et j'y participerai, en langues et voix, avec des textes illégaux. J'accompagnerai également Ali Talib, ami venu d'Irak devenu illégal en Belgique, qui lira des silences.

Pour l'heure de la scène, on dira entre le taboulé et le dance floor.

10:41 15/06/2017 | Lien permanent | Tags : act-u, textes |  Facebook

13
jui

Marina, Marina... tout ce qui a un nom brûle...

Lettre de Marina Tsvetaeva à un destinataire inconnu

Tsvetaeva1913

9 juillet [sans date]

À force d’attention (tension) j’ai subitement et violemment eu sommeil. Je guettais vos pas, je ne voulais pas qu’un jour je puisse me dire que je vous avais manqué — dans le triplement-triste sens de : manquer une chance, manquer à une Altesse et — comme une mère manque à son enfant — ne fût-ce qu’une seule fois — par ma faute. Je m’étendis par terre, la tête sur le pas du balcon, bien à plat, bien au dur, pour ne pas m’endormir. Je lève les yeux, es deux battants de la porte et tout le ciel. Il y avait beaucoup de pas, j’ai bientôt cessé d’écouter, quelque part quelque chose jouait, j’ai bientôt senti ma bassesse (celle de tous ces derniers jours avec vous — oh ! sans offense ! j’étais lâche, vous étiez vous). Je sais que je ne suis pas telle, ce n’est que parce que j’essaie de vivre.

Vivre, c’est tailler et infailliblement manquer et puis rapiécer — et rien ne tient (et rien n’est tien, et on ne tient plus à rien — pardonnez-moi ce triste, ce grave jeu de mots).

Dès que j’essaie de vivre, je me sens une misérable petite couseuse qui jamais ne fera de belles choses, qui ne sait que gâcher et se blesser et qui, laissant là tout : ciseaux, lambeaux, bobines, se met à chanter. À une vitre où il pleut pour l’éternité.

Je suis encore toute pleine de ce ciel vide. Il passait, je restais, je savais que moi, rivée, passerais, que lui, passant, subsisterait, persisterait. Le ciel passe éternellement, incessamment — sur moi qui passe incessamment, éternellement. Moi — c’est toutes celles qui sont restées et ont regardé ainsi, resteront et regarderont ainsi. Vous le voyez, moi aussi je suis « éternelle ».

La moi de ce matin ? Je ne la connais même pas. Est-ce que moi, je puis biaiser et ruser ? Ce que je puis, moi, c’est clamer — oui ! — comme un enfant clame : vers toi ! — c’est lancer mes bras l’un à l’Orient et l’autre à l’Occident, mais plus… mais moins… C’est la vie, cette forceuse d’âmes, qui me force à jouer cette farce.

Ramasser à genoux les bribes qui nous restent après la coupe ?… Non, non et non. Mes deux mains derrière le dos. Et le dos bien droit.

Comment pourrais-je avoir besoin — fût-ce du Royaume des Cieux ! — dans une telle réalisation — à un tel prix ? Mon ami, il doit y avoir un ciel aussi pour l’amour. Un ciel autre que le ciel de lit. L’arc-en-ciel.

Mon ami, vous n’êtes pas venu ce soir parce que vous aviez à écrire (aux vôtres). De telles choses ne me font déjà plus mal, vous m’y avez habituée, vous et tous, car vous aussi vous êtes éternel : innombrable (comme l’autre moi, par terre et dans le ciel). C’est toujours le même vous qui ne vient pas vers la même moi qui l’attend toujours.

10:56 13/06/2017 | Lien permanent | Tags : textes |  Facebook

6
fév

Héritière - Pionnière.

Petite, je refusais le territoire et la famille que je côtoyais "de force". Grâce à mes gènes déficients (Trisomie), j'ai hérité d'un épicanthus, de yeux rapprochés, d'un faciès eurasien qui m'ont longtemps em-porté dans l'ailleurs que je recherchais. Je me suis inventée des héritages, des images venues de plus loin que je n'ai jamais été.
Un jour, imbibée de mes "mensonges" et de mon envie de ne pas répondre à ce qu'on projetait sur moi, j'ai "avoué" que j'étais en fait la descendante d'une princesse mandchoue.
Depuis, pour être autre, pour me singulariser, pour séduire, pour inventer ma vie (comme dit Sandra Kim) pour renier les emplacements obligatoires et les transmissions délétères, j'ai intégré cette alliance fictionnelle.
Je suis une princesse mandchoue, je suis une princesse mandchoue. Entre autres.

Princesse douairière mandchoue.jpg

12:38 06/02/2017 | Lien permanent | Tags : ego trip-e, textes |  Facebook

"Corps & Âmes" - Cycle d'ateliers d'écriture animé à Schaerbeek

 

Capture d’écran 2017-02-06 à 11.43.33.png

(cliquez sur les images pour voir grand) 

 

 

 

 

 

 

 

Capture d’écran 2017-02-06 à 11.43.20.png

 

 

 

 

 

 

 

 

Toutes les infos aussi sur le site du Réseau Kalame, .

11:49 06/02/2017 | Lien permanent | Tags : textes, atelier, agendada |  Facebook

27
oct

Effets (pensées pour tous les Ulysse de Calais et d'ailleurs)

Suite à la publication de ce texte (d'abord écrit dans une mouture plus longue pour l'expo Sur La Route (Aux Ateliers Mommen) à laquelle j'ai participé en septembre 2015) Capture d’écran 2016-10-24 à 10.04.48.pngdans la revue Espaces de Libertés, un lecteur attentif et remercié m'a envoyé ce mail: 

Poème écrit en grec moderne, en vers et divisé en 5 strophes, de Constantin Cavafy (1863-1933) écrit à Alexandrie en 1911... dans les traductions de Marguerite Yourcenar (en prose) et de Jacques Lacarrière (en vers).

Ithaque 

Quand tu partiras pour Ithaque, souhaite que le chemin soit long, riche en péripéties et en expériences. Ne crains ni les Lestrygons, ni les Cyclopes, ni la colère de Neptune. Tu ne verras rien de pareil sur ta route si tes pensées restent hautes, si ton corps et ton âme ne se laissent effleurer que par des émotions sans bassesse.Tu ne rencontreras ni les Lestrygons, ni les Cyclopes, ni le farouche Neptune, si tu ne les portes pas en toi-même, si ton cœur ne les dresse pas devant toi.

Souhaite que le chemin soit long, que nombreux soient les matins d'été, où (avec quelles délices!) tu pénétreras dans des ports vus pour la première fois. Fais escale à des comptoirs phéniciens, et acquiers de belles marchandises : nacre et corail, ambre et ébène, et mille sortes d'entêtants parfums. Acquiers le plus possible de ces entêtants parfums. Visite de nombreuses cités égyptiennes, et instruis-toi avidement auprès de leurs sages.

Garde sans cesse Ithaque présente dans ton esprit. Ton but final est d'y parvenir, mais n'écourte pas ton voyage : mieux vaut qu'il dure de longues années et que tu abordes enfin dans ton île aux jours de ta vieillesse, riche de tout ce que tu as gagné en chemin, sans attendre qu'Ithaque t'enrichisse.

Ithaque t'a donné le beau voyage : sans elle, tu ne te serais pas mis en route. Elle n'a plus rien à te donner. Si tu la trouves pauvre, Ithaque ne t'a pas trompé. Sage comme tu l'es devenu à la suite de tant d'expériences, tu as enfin compris ce que signifient les Ithaques.

Traduction de Marguerite Yourcenar

*****

Le chemin vers Ithaque

Quand tu prendras le chemin vers Ithaque

Souhaite que dure le voyage,

Qu'il soit plein d'aventures et plein d'enseignements.

Les Lestrygons et les Cyclopes,

Les fureurs de Poséidon, ne les redoute pas.

Tu ne les trouveras pas sur ton trajet

Si ta pensée demeure sereine, si seuls de purs

Émois effleurent ton âme et ton corps.

Les Lestrygons et les Cyclopes,

Les violences de Poséidon, tu ne les verras pas

A moins de les receler en toi-même

Ou à moins que ton âme ne les dresse devant toi.

Souhaite que dure le voyage.

Que nombreux soient les matins d'été où

Avec quelle ferveur et quelle délectation

Tu aborderas à des ports inconnus !

Arrête-toi aux comptoirs phéniciens

Acquiers-y de belles marchandises

Nacres, coraux, ambres et ébènes

Et toutes sortes d'entêtants parfums

Le plus possible d'entêtants parfums,

Visite aussi les nombreuses cités de l'Égypte

Pour t'y instruire, t'y initier auprès des sages.

Et surtout n 'oublie pas Ithaque.

Y parvenir est ton unique but.

Mais ne presse pas ton voyage

Prolonge-le le plus longtemps possible

Et n'atteint l'île qu'une fois vieux,

Riche de tous les gains de ton voyage

Tu n 'auras plus besoin qu'Ithaque t'enrichisse.

Ithaque t'a accordé le beau voyage,

Sans- elle, tu ne serais jamais parti.

Elle n'a rien d'autre à te donner.

Et si pauvre qu'elle te paraisse

Ithaque ne t'aura pas trompé.

Sage et riche de tant d'acquis

Tu auras compris ce que signifient les Ithaques.

 

Traduction de Jacques Lacarrière

10:51 27/10/2016 | Lien permanent | Tags : textes, act-u |  Facebook

Bling Bling


Ce matin encore, la décélération de la colère ne me parvient pas, chaque pas sur un pavé entre les immeubles qui se font et se défont, bernant les arbres, les pigeons et les corps humains, chaque mât pénétrant l'espace public tire un trait sur la vision. Et les conducteurs solitaires des voitures de plus en plus bouffies trompent leur déréliction en éclats de gorges et de trompettes. Encore plus fort, ces bruits répétés des tiges métalliques qui ne savourent pas les glaises qu'elles engagent. Aucun temps pris dans le désir de l'incursion des sols. Qui mettra ses mains dans cette terre, maintes fois nommée gravats? Les hommes casqués, menottés à leurs machines, vrillent nos tempes, rouillent déjà. Les contrats enflés de jargon pensant, les lobbys des lobbys des lobbys, les strates spéculatives, les injonctions supranationales, les pertes de signes et de sens, l'emportement de la pulsion, l'âpre furie de la conquête. La guerre est animée de toute part. Les rues mutent en tunnels, les trottoirs en couloirs, les arbres en pivots, les pigeons en vigies, les corps humains en recrues. Il y a quelque chose de pourri au Royaume de (...).

kali.jpg

(Kali en pleine oeuvre)

09:16 27/10/2016 | Lien permanent | Tags : textes, humoeurs |  Facebook