11
déc

un article que je voulais publier et qui m'a échappé...

Deux choses qui me semblent importantes en ces jours de disette humaniste...

1* Un collectif d'écrivain.e.s public.que.s spécialisé.e.s dans les récits d'exils et accompagnant les personnes désirant / nécessitant un parcours administratif (ou autre) vers la composition d'un récit hors tension et pression de quelques instances administratives (dois-je citer l'office des étrangers ou tout le monde a compris?). 
Souvent, évoquer est complexe. 
Souvent, savoir ce qu'on "doit" ou ne "doit pas" dire est un espace flou, bordé d'enjeux qu'on ne maîtrise pas, tellement l'arbitraire est dans la bouche de l'interlocuteur.trice. Certain.e.s demandeur.se.s d'asile ont perdu leur "chance" de rester en Belgique sur une simple mention d'une obédience, d'un oubli d'un détail...

Déposer son récit auprès d'un.e de ces écrivain.e.s public.que.s permet de composer le parcours en lieu sûr, de redévelopper, à l'aide de l'oeil éclairé d'une personne in-formée, l'une ou l'autre partie plus "utile" pour l'un ou l'autre objet administratif et de maintenir au mieux son histoire. 
Au moins, ça, là. 
N'hésitons pas à perforer l'abcès de ces étranges bureaucrates à la gorge brune.DSC09056.JPG

 

 

2* Souvent, on se dit que porter plainte contre la police ne servira à rien. Souvent, on aimerait le faire mais ça prend un temps et une énergie qu'on aimerait placer ailleurs.
Cependant, j'aimerais témoigner et insister sur le fait que porter plainte contre la police (en deux étapes que je vais décliner ici) est un "mal nécessaire" à mon sens.

J'ai déjà porté plainte à plusieurs reprises contre la police: pour violences lors de manifestations, pour insultes (on m'avait traitée de pute négrière en plein commissariat après un "simple contrôle d'identité" à la gare de l'est car je sortais, ado, avec un noir ), pour racisme, pour intrusion sans mandat dans un squat).

Ici, j'ai porté plainte contre une patrouille de police lors d'une énième intimidation à l'occupation de La Voix des Sans Papiers (Vsp Bruxelles) à Schaerbeek. Phrases racistes en néerlandais (tandis que j'ai dit que je ne comprenais pas, ce qui n'est pas tout à fait vrai) et sarcasmes lors du dernier jour de l'occupation, en plein déménagement. Je suis allée porter plainte au commissariat avec une personne de confiance. Ce peut être n'importe qui en fait. Pour ma part, j'ai fait appel à qq1 de la Ligue des Droits de l'Homme, personne qui n'a évidemment pas dit qu'elle en était. Elle était "juste" une amie qui vient me soutenir lors d'une plainte contre la police à la police.

L'inspecteur chargé de prendre ma déposition m'a demandé si j'étais militante (non, juste une voisine solidaire), si j'étais consciente qu'il y allait avoir enquête (non peut-être), que mes dires seraient confrontés à ceux de la patrouille (mais allez-y donc). Je n'avais pas d'autres témoins, non (sauf le flic de quartier qui était arrivé peu après la patrouille, qui, quelques semaines plus tard, est venu me demander (croisé dans ma rue) si c'était moi qui avais porté plainte contre ses collègues. J'ai répondu non, pourquoi j'aurais dû? Et il m'a dit qu'on lui avait demandé si il avait été témoin de paroles racistes de la part de ses collègues, et qu'il avait dit OUI, que ses collègues étaient un peu trop zélés et pas respectueux) mais j'ai maintenu mes dires.
Je vous copie non pas ma plainte mais la réponse de la police, pour qu'on rigole un bon coup.

DSC09057.JPG

Alors du coup, à quoi bon?

Donc, dans un second temps, je vais aussi porter plainte à l'Observatoire Des Violences Policières https://www.obspol.be/ (Ligue des Droits de l'homme), organe indépendant de la police.

Du coup, ma plainte va intégrer les nombreuses plaintes contre la police et grossir des statistiques, lesquelles peuvent ensuite servir de levier politique au niveau régional, national et européen. 
Parce que la Belgique est une grande habituée des amendes pour non respect des lois (prisons, centres fermés, police, santé publique, ...etc...).

Aussi, ma plainte pour racisme a été envoyée à l'ADDE et copiée à des associations luttant contre le racisme. De ce fait, des avocat.e.s, juristes, légalistes ont accès à l'une ou l'autre plainte menaçant ici et là, les "étrangers" (qui est étranger sur Terre?), enfin, les racisé.e.s pour dire vrai.

Alors, j'encourage peut-être un peu naïvement toute personne témoin de filmer, photographier, enregistrer, noter toute répression policière (et autre mais...), toute parole raciste, et sexiste tant qu'on y est...

Y a ce droit là, qui est contesté par l'état actuel des pauvres choses mais incontestable.

Si relais il peut y avoir, relais encouragé.

22:24 11/12/2017 | Lien permanent | Tags : poly-tiques, act-u |  Facebook

1
déc

P.eau.ésie - Un poème lisible sous l’eau a été écrit à l’Office des étrangers en soutien aux migrants

Dans le cadre du projet Bruxelles en p.EAU.ésie qui vise à réintroduire la poésie dans le quotidien des Bruxellois, un premier poème qui se révèle sous l’eau a été inscrit mercredi à 17h30 sur un trottoir à proximité de l’Office des étrangers, en solidarité avec les migrants.

Une trentaine de sans-papiers et de citoyens solidaires ont formé une chaîne humaine près de l’Office des étrangers pour se passer de l’eau et ainsi remplir des récipients. Les participants ont ensuite versé ensemble de l’eau sur le poème pour le révéler.

= - = - = - = - = - = - = - = - = - = - =
بحذر  شديد، تحت الماء تم فحص صندوق اسود 
اجساد غير شرعية 
 
Bi-Hathar Shadeed 
Taht Al-Ma’a, Sandoq Aswad tam fahsoh 
Ajssaad Ghair Sharra’aya

Il s’agit d’un haïku (forme poétique courte d’origine japonaise) écrit par la poétesse Milady Renoir. Le texte est le suivant :

« En prudence sous l’eau / une case noire se coche / le corps d’ « illégaux » ». Ces mots ont été lus en français, en anglais, en arabe, en wolof et en néerlandais.
« Ce premier poème, qui dénonce la situation des réfugiés, est clairement engagé, mais d’autres sensibilisent plus simplement au rôle de la poésie dans la vie », explique Mélanie Godin, fondatrice de L’ASBL L’Arbre de Diane. « L’idée est de créer des averses de poèmes sous la pluie ».

25 poèmes

Au total, 25 poèmes éphémères révélables à l’eau seront inscrits sur le territoire de la Ville de Bruxelles avec son accord. Le quartier des Marolles sera particulièrement ciblé. Le prochain poème sera révélé la semaine prochaine dans la rue Haute. Une exposition reviendra sur l’ensemble des textes le 7 décembre au Recycl’Art.

En mai 2018, une nouvelle série de poèmes prendra place dans l’espace public de la commune de Watermael-Boitsfort. Il est question de terminer par la commune de Molenbeek-Saint-Jean en septembre.

Auteurs et amateurs

Tous les poèmes sont éphémères. Certains ont été écrits par des auteurs et d’autres par des amateurs dans le cadre d’ateliers d’écriture à dimension sociale. Le projet « p.EAU.ésie » est porté par l’ASBL L’Arbre de Diane. Il a remporté le prix Bruocsella by Prométhéa 2017. Il est notamment organisé avec des étudiants de l’IHECS et de l’ERG (École de recherche graphique), avec le soutien du label United Stages.

poly-tiques, act-u, textespoly-tiques, act-u, textespoly-tiques, act-u, textespoly-tiques, act-u, textespoly-tiques, act-u, textespoly-tiques, act-u, textes(Merci à Rose-May, Thierno, Modou, Mohamad, Aliette Griz, Ali Talib, Laura, Pauline, Mélanie, Léïla, Claude, Laurie, ... )

08:57 01/12/2017 Publié dans Actualité | Lien permanent | Tags : poly-tiques, act-u, textes |  Facebook

28
nov

Niemänd is Illegaal - chaîne humaine et cours d'eau - mercredi 29 novembre 2017

golup-dessin-par Mohamed - la chapelle en lutte atelier.jpgDessin de Mohamed (ici.)
 
= - = - = - = - = - = - = - = - = - = - =
Un poème au bord de l'office des étrangers
Un poème pour, à notre tour, noyer cette administration
Un poème écrit sur le trottoir, pas loin des files des demandeur.se.s d'asile.
 
Demain, mercredi, entre 17h30 et ..., une chaîne humaine coulera de l'eau (apportez récipients, louche, pour récolter et verser de l'eau) sur ce haïku inscrit au sol dans une peinture spéciale qui se révèle sous l'eau.
 
Un acte performatif, solidaire et revendicateur, gratuit et engageant.
= - = - = - = - = - = - = - = - = - = - =
 
Demain, mercredi, à 17h30, devant l'office des étrangers, Ali Talib, réfugié irakien lira en arabe, Aliette Griz, soutien des réfugié.e.s et sans papiers, co-écrivaine du récit d'Ali, Mom, I'm a refugee, lira en anglais, et Milady Renoir, poétesse solidaire, lira en français tandis qu'on fera apparaître ce poème, encore et encore, sous l'eau.
 
= - = - = - = - = - = - = - = - = - = - =
بحذر  شديد، تحت الماء تم فحص صندوق اسود 
اجساد غير شرعية 
 
Bi-Hathar Shadeed 
Taht Al-Ma’a, Sandoq Aswad tam fahsoh 
Ajssaad Ghair Sharra’aya 
 
+
 
En prudence sous l'eau
une case noire se coche
le corps d' "illégaux"

 
+
 
As precaution underwater
a black box is checked
illegal bodies
Kmii_logo_en.jpg
...
 
La plateforme citoyenne d'aide aux réfugié.e.s, le C.N.C.D, d'autres lieux de soutien et de sensibilisation sont allié.e.s de cette action.
Un évènement FaceBook (voir photos) peut-être relayé sur vos pages.
p.eau.sie event I.jpg
p.eau.sie event II.jpg
 
 
 
 
 
 
P.eau.ésie, projet proposé par Mélanie Godin, Les Midis de la Poésie, et organisé avec l'IHECS, l'ERG, avec le soutien du label United Stages.
D'autres poèmes apparaitront dans la ville, dans d'autres lieux, toujours sur le thème de l'eau. 
Ce projet a reçu le soutien du Prix Bruocsella 2017.
 
Votre présence, votre soutien, votre relais via les réseaux sont ici déjà remerciés.
 
 
°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'

08:47 28/11/2017 | Lien permanent | Tags : poly-tiques, agendada, act-u |  Facebook

27
nov

Introverti.e.s ET activiste.s? Une pensée éthique, durable...

Capture d’écran 2017-11-27 à 10.15.38.pngSarah Corbett évoque son activisme d'introvertie et la conception alternative d'un activisme intriguant, "slow" et bienveillant... ici.

 

10:16 27/11/2017 | Lien permanent | Tags : poly-tiques |  Facebook

13ème (amendement de la constitution des Etats-Unis) - documentaire

Capture d’écran 2017-11-27 à 09.31.36.pngJ'ai vu 13ème, hier, l'incroyable documentaire diffusé sur Netflix, 
(article sur Afropolitain).
J'ai enchaîné avec l'entretien entre Oprah Wimphrey & Ava Duvernay, la réalisatrice.
Grosse recommandation. y compris la bande son.
 
Bon visionnage. Bonne désaliénation.

09:40 27/11/2017 | Lien permanent | Tags : poly-tiques |  Facebook

24
nov

L'espoir a un territoire - Un paese di Calabria

un paese di calabria.pngHier soir, à CFS (Collectif-Formation-Société), une projection suivie d'une rencontre. Un film qui dit le possible et le réel. Un documentaire qui situe un accueil, une solidarité qu'on rêve ailleurs, ici et là. Sauf que ce village le fait de manière structurelle, institutionnelle grâce à une volonté d'abord de lutter contre la mafia calabraise, de reprendre possession de sa voix et de ses déterminismes et de réfléchir aux migrations que ce village de Calabre a subi (beaucoup sont partis)... Un maire, un jour, suite à l'arrivée d'un bateau de "nouveaux migrants", ramène 10 kurdes dans la maison familiale. Un impact individuel qui devient force collective et organisation d'une transformation sociale ET politique. Ce film montre que rien n'est gagné, que tout est rude, que les causes de migrations sont souvent les mêmes, de l'Antiquité jusqu'au jour d'ici.

Ce film est un enchaînement de poses, d'images longues, des paysages, des tableaux et des récits de toute sorte. Un composite alternant les voix des nouveaux habitants, des "anciens", de celleux qui passent, de celleux qui restent, de celleux qui sont parti.e.s, qui reviendront, qui ne reviendront jamais. Riace, ce village en bord d'horizons, est devenu Ithaque ou la Crète de Minos. Lieu d'arrivée ou de départ. Territoire d'accueil cependant. Un vrai bout d'espoir qui devrait injecté en intraveineuse, vaccin subsidié par l'OMS.

En termes d'accueil, il est possible, déjà à Bruxelles, d'héberger des personnes arrivées au parc Maximilien, en prenant contact avec la Plateforme Citoyenne d'Aide aux Réfugié.e.s.

 

09:17 24/11/2017 | Lien permanent | Tags : poly-tiques |  Facebook

La dernière convocation de Christine Van Acker, le pamphlet qu'on rêve d'envoyer à l'ONEM.

À présent, permettez-moi de répondre très personnellement à votre courrier. Il est 17h00. JE PRENDS LA LIBERTÉ DE CASSER MON FUSIL POUR AUJOURD’HUI ET D’INTERROMPRE JUSQU’À DEMAIN MA CHASSE À L’EMPLOI…CHRISTINE VAN ACKER

J’affiche cinquante-cinq ans au compteur, dont plus de trente ans à vivre mes jours comme une formation quotidienne, pas de ces formations que vous proposez qui ne me mèneraient nulle part, non, de celles que les rencontres, les expériences, les hasards, les amitiés, les amours ont mises sur mon chemin, celles qui m’ont fait avancer avec un peu plus d’assurance sur les chemins tortueux de l’existence, commençant à percevoir une certaine maîtrise dans ce que j’entreprends. – Cent fois, sur le métier remettez votre ouvrage… – Me voici aujourd’hui, face à vous, un bureau entre nous ne donne à voir à l’autre qu’une moitié de corps. Vous voudriez considérer mes efforts sur une période de quelques mois, comme si je n’étais apparue dans le monde du travail (à partir de maintenant, c’est moi qui prends la parole, nous ne dirons plus ni marché, ni emploi) que depuis quelque mois. Renaîtrions-nous de nos cendres à chaque fois que vous réexaminez nos dossiers ? Et, pour renaître, nous tueriez-vous chaque fois ? Nos expériences personnelles, pareilles à nos aspirateurs ou à nos grille-pain, devraient-elles obéir à la loi de l’obsolescence programmée ?

Savez-vous dans quelle pièce vous jouez ? Et, si oui, pourquoi continuez-vous à endosser le costume de votre personnage ? La sécurité de l’emploi ? À quel prix ? Le savez-vous ? Vous faites le jeu des prédateurs…

J’ai, pour ma part, la chance d’être lettrée, mais je pense à ceux qui se débattent avec la lecture, l’écriture, et qui seront mangés tout cru faute d’avoir eu la chance de maîtriser mieux cette arme. Car l’écriture est une arme, que je brandis ici, pour riposter à cette agression venue des hautes instances ministérielles qui sont, elles-mêmes, à la botte des multinationales. Poursuivez les fraudeurs fiscaux à grande échelle, n’octroyer plus des dédommagements faramineux aux grands patrons qui sont remerciés pour leurs malversations.

Si vous nous éteignez tous, attendez-vous, le matin, en allumant votre radio à ne plus entendre de musique, à ne plus voir d’affiches devant vos cinémas préférés (il n’y aura plus de scénaristes, de comédiens, de réalisateurs, de monteurs, d’éclairagistes pour les réaliser), à enfiler un sac de jute à la place d’une robe ou d’un costume (il n’y aura plus de stylistes pour les créer), à entrer dans une voiture informe (il n’y aura plus de designer), à utiliser des objets rudimentaires. Notre pays se retrouvera teint uniformément en gris et vous vous en étonnerez trop tard. C’est aujourd’hui qu’il faut en prendre conscience. L’utile et l’inutile ne sont pas du côté que vous pensez. Qui, de vous ou de nous, est le plus productif (s’il faut parler en termes marchands) ? Qui crée le plus d’emplois ? J’ai décidé de consacrer ce qui me reste de vie (j’insiste) à ne pas participer à cette dislocation de nos droits sociaux, de nos solidarités, à ne pas creuser encore le fossé entre les nantis et les de plus en plus précaires, de mettre mon temps à profit, et non pas dans le profit, d’une amélioration de notre société et non sa dégradation. C’est pour cette raison que je ne veux plus le perde en répondant à de vaines convocations, en signant des contrats qui prouveraient que je suis bien – activée – Je le suis, bien active, c’est-à-dire vivante. Tous, nous devrions avoir ce courage, nous aurions tout à y gagner. Imaginez-vous cette foule de nouveaux non-chômeurs dans la rue. Imaginez alors, ce que vous pourriez faire, vous, de votre emploi devenu inutile. Nous rejoindriez-vous ? Nombreux, nous nous tiendrons bien chaud.

Aujourd’hui est le jour de ma dernière convocation.

CHRISTINE VAN ACKER – LA DERNIERE CONVOCATION – AUX EDITIONS : CACTUS INEBRANLABLE

Avant que je remette le texte au FOREM, lors de ma dernière convocation, j’ai fait appel à l’équipe pour compléter ce qui ne pouvait plus s’appeler un – dossier -, mais un manifeste. J’ai demandé à d’autres artistes : Combien de jours de contrat avez-vous dans l’année ? Ajoutez, si vous le voulez, quelques mots au sujet de votre statut, ou a propos des convocations telles que vous les avez vécues.

ANNE VERSAILLES – LAURENCE VIELLE – VERONIKA MABARDI – LAYLA NABULSI – MARC GUIOT – CLAIRE ALLARD – BEATRICE DIDIER – FRANCOISE NICE – PAOLA STEVENNE – FRANCE EVERARD – JACKY DEGUELDRE – EVA KAVIAN – CELINE RALLET

08:50 24/11/2017 | Lien permanent | Tags : poly-tiques, lis tes ratures |  Facebook

Abolition de l'esclavage 2.0

Un appel au rassemblement est lancé à tous les êtres humains ce samedi 25 novembre 2017 à 14h place Poelaert à 1000 Bruxelles. L’initiative vient du collectif Africa Libération. Ce rassemblement vise à défendre le respect de la dignité humaine en Libye et partout ailleurs dans le monde mais aussi protester PACIFIQUEMENT contre les régimes politiques
africains et européens qui contribuent à la crise migratoire.                                            

L’esclavage constitue la négation absolue de l’humanité d’un Homme. Si un Noir n’est pas un être humain, alors l’Humanité n’existe pas.

CE N’EST PAS PARCE QUE LA PLUPART DES AFRICAINS VIVENT  AVEC MOINS D’1$ PAR JOUR, QU’IL FAUT OUBLIER QU’UNE VIE HUMAINE N’A PAS DE PRIX.

L'émoi provoqué par les images choquantes du reportage de Nima Elbagir est aussi l’occasion de rappeler que les formes d'esclavage sont multiples et qu'elles ont lieu partout, même dans notre pays qu'est la Belgique. L'esclavage, qu'il soit physique, mental, politique ou encore économique n'a plus sa place au 21ème siècle. Il est du devoir de chacun de s'insurger contre l’assujettissement d'êtres humains par d'autres êtres humains ; car y être indifférent, c'est déjà être complice.

«  Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants ; c’est l’indifférence des bons » MLK

À propos des organisateurs : AFRICA LIBERATION est une plateforme de synergie composée de personnes physiques et morales d’horizons et de sensibilités différents, partageant des valeurs communes de Justice, de Paix et d’Humanité et œuvrant à un but commun : la libération de l’Afrique des multiples fléaux qui l’accablent depuis fort longtemps et la construction d’un monde meilleur comme patrimoine de l’HUMANITE.

Facebook: https://www.facebook.com/events/141583463269532/?ti=cl

08:25 24/11/2017 | Lien permanent | Tags : poly-tiques |  Facebook

22
nov

post moderne

anthony duchene Le pendule 2012.jpgLes sociétés traditionnelles assignaient à leurs membres une identité, et plus précisément une appartenance – à une caste, un ordre, une classe, un statut… – et leur enjoignaient de s’y tenir. Leur cohésion et leur solidité dépendaient de cette fixité. La société moderne, elle, ne tient, comme un vélo, que dans et par le mouvement ; celui qu’engendre la mise en crise permanente, qui est le destin et, pour ainsi dire, la compulsion profonde qui meut la société capitaliste depuis son origine.
Daniel Blanchard

15:27 22/11/2017 | Lien permanent | Tags : poly-tiques |  Facebook

Plussoir, plussoyer? mais c'est quoi ce verbe anyway...

J'ai découvert Ndella Paye dans le film nécessaire "Ouvrir la voix" d'Amandine Gay il y a quelques mois. Je l'ai ensuite "suivie" sur FaceBook. Ses interventions, ses commentaires m'accrochent régulièrement.

Ici, sur le blog nécessaire aussi, LMSI, un article qui tombe à pic, autant dans la temporalité nécessaire encore de la dénonciation, mais aussi dans l'ultime nécessité (j'insiste) d'une mise en pratique d'un discours encore bien trop retardé - attardé.

de la belle théorie à une pratique effective

Manifeste à destination des hommes alliés
par Ndella Paye
4 novembre 2017

Depuis quelques jours circulent sur les réseaux sociaux différents hashtags pour dénoncer les violences que subissent les femmes au quotidien. L’idée étant que les personnes ayant vécu une situation de harcèlement et/ou d’agression sexuelle puissent en témoigner, si elles le veulent bien.

L’ampleur des agressions contre les femmes qu’a révélée le hashtag #MoiAussi ou #MeToo n’a laissé personne indifférent. C’est le cas de le dire.
Ces hashtags ont eu le mérite d’avoir libéré la parole, parole qui a mis mal à l’aise un nombre incalculable d’hommes, et même de femmes, y compris des victimes de violences.
Précision de taille : #MeToo fut à la base une campagne lancée par la militante noire américaine Tarana Burke, fondatrice de Just Be Inc, une association à destination de la jeunesse. L’objectif pour cette activiste était de rassembler les personnes victimes de violences sexuelles, notamment les personnes issues des minorités.
Pour Burke, la campagne n’a pas été construite dans le but d’être virale ou de lancer un hashtag populaire une journée mais oublié dès le lendemain. C’est un slogan à se passer de survivante en survivante, pour montrer aux gens qu’ils ne sont pas seuls et qu’un mouvement de la sorte est possible.
Il était important de le préciser pour rendre à César ce qui lui appartient.
Le hashtag, quant à lui, a eu pour objectif de permettre aux femmes qui le souhaitaient de pouvoir reprendre la parole et mettre des mots sur les différentes agressions (harcèlement, gestes déplacés, viol, violences physiques, verbales…) subies. Et pour celles qui veulent aller plus loin, de témoigner de la nature de la violence.
Quelques jours auparavant, il y eut le hashtag #BalanceTonPorc qui, de la même manière, permettait aux femmes de dénoncer leur agresseur si elles le souhaitaient.
Tous ces hashtags ont eu un réel succès, mais ont été largement critiqués et attaqués. On a vu ressortir des #NotAllMen (tous les hommes ne sont pas des agresseurs), et des femmes (elles-mêmes parfois, victimes de violences) dénoncer les dénonciations. Nous avons pu constater de nombreuses tentatives de réduction au silence des femmes qui souhaitaient s’exprimer car leur parole mettait mal à l’aise une société patriarcale aux relents sexistes et misogynes. D’autres l’ont même pris pour une injonction à parler et à dénoncer.
Il faut croire qu’il y en a qui découvrent ou feignent de découvrir l’ampleur des dégâts et leurs conséquences sur les femmes.
« Il faut aller porter plainte ! » crient certain.e.s, faisant comme si les policiers qui prennent les plaintes accueillaient comme il se doit les femmes victimes d’agressions, comme si la justice faisait bien son travail et enfin comme si témoigner et porter plainte ne pouvaient aller ensemble.

Nous avons vu également des hommes, alliés des femmes, se soulever contre les différentes tentatives de réduire au silence celles qui avaient décidé de témoigner et c’est à ceux-là que je m’adresse. Ceux qui au quotidien, en tout cas dans le discours, se mettent du côté des femmes dans leur quête de justice et leur combat pour une société plus égalitaire, plus sûre et sans violence aucune.
Ce qui leur est demandé maintenant, c’est de passer de la belle parole aux actes concrets pour accompagner, voire accélérer, le changement en train de s’opérer.
L’idée est très simple, il s’agit de mettre leurs pratiques en stricte conformité avec leurs théories, tout de suite.
La question est : combien de vos privilèges êtes-vous prêts à perdre, messieurs, pour un monde plus égalitaire, au-delà de vos vœux pieux ?
➢ Êtes-vous prêts, par exemple, à inviter votre collègue femme tous les midis pour corriger l’écart de salaire entre vous ? C’est une vraie et très sérieuse question. Les lois ne suffisent apparemment pas pour corriger les inégalités et enrailler les injustices. Vous êtes favorisés, que vous le vouliez ou non. En attendant que les salaires des femmes augmentent pour atteindre les vôtres, à travail et compétences égaux, c’est à vous de fournir des efforts. Et comme c’est vous qui détenez le pouvoir, cela accélérera certainement les choses.
➢ Pour ceux qui sont en position hiérarchique de pouvoir dans les entreprises, êtes-vous prêts à briser le plafond de verre ? Il s’agit de ne pas pénaliser les femmes dans leur accession au pouvoir à cause de leur maternité par exemple.
De dénoncer, en sanctionnant systématiquement les blagues sexistes, tous types de harcèlement, tous gestes et/ou paroles déplacés ? Cela sous-entend, évidemment, que vous n’en seriez jamais les auteurs.
Même sans occuper une place de pouvoir dans l’entreprise, vous devrez être du côté des femmes quand elles subissent les méfaits de leurs collègues mâles, vos semblables, en les soutenant, en dénonçant leurs auteurs pour que la peur et la honte changent enfin de camp.
➢ Pour les chercheurs, conférenciers, et intervenants en tous genres, êtes-vous prêts à laisser votre place à une collègue si le panel auquel vous êtes invités n’est pas paritaire ? (Vous aurez établi, au préalable, une liste de collègues femmes que vous proposerez pour vous remplacer). Vous refuserez de parler, à la place des femmes, de sujets ne vous concernant pas. Vous n’avez que trop pris la parole et n’occupez que trop l’espace public.
➢ Pour ceux qui sont en couple hétérosexuel, êtes-vous prêts à veiller, réellement, à ce que les tâches soient équitablement partagées à la maison ? À ce que la charge mentale ne repose plus exclusivement sur votre partenaire ? Et quand vous faites votre part de boulot, please, n’attendez ni n’exigez pas de remerciements, ni même une quelconque reconnaissance. Les femmes le font depuis trop longtemps sans aucune forme de reconnaissance ; pire, les tâches qu’elles effectuent sont dépréciées.
Nous ne sommes pas nées en sachant cuisiner, faire le ménage et nous occuper de la progéniture que nous concevons ensemble. C’est loin d’être naturel. Nous avons appris à le faire. Ce qui signifie que vous pouvez faire de même et à tout âge. Les femmes ne s’amusent pas à s’occuper de la corvée de la cuisine pendant que vous, messieurs, êtes des chefs cuistot. Tout comme ce n’est pas drôle pour nous de nous en sortir mieux que vous à l’école pour qu’en définitive les postes de pouvoir vous reviennent.
➢ Êtes-vous prêts à changer de trottoir la nuit quand vous vous retrouverez à marcher derrière une femme ? L’espace public n’est pas un espace de sécurité pour les femmes. Les hommes s’y comportent et l’occupent comme s’il leur appartenait. Donc il va falloir faire des efforts en attendant de le rendre moins violent et plus sûr pour elles.
Cela concerne également les transports en commun. Puisque vous êtes des alliés, vous y dénoncerez toute attaque à l’encontre d’une femme. Les corps des femmes ne vous appartiennent pas, vous ne pouvez en aucun cas les toucher et/ou les complimenter sans leur accord. Quand vos compliments mettent mal à l’aise une femme, vous devrez les arrêter immédiatement et vous en excuser. Vous n’aimeriez certainement pas qu’on vous pince les fesses sans crier gare, normal, c’est humiliant et porte atteinte au corps et à la dignité. Du respect, donc.
➢ Êtes-vous prêts à cesser tout « humour » sexiste ?
Les différents hashtags ont été repris par beaucoup trop d’hommes, ont été déformés pour les servir à toutes les sauces et détourner l’attention d’un sujet aussi grave. Les blagues des dominants à l’encontre des dominées ne sont pas drôles, en fait. Elles participent aux violences. Une fois de plus, au lieu de vous taire et d’écouter ce que les femmes ont à raconter, vous occupez l’espace et prenez la parole. Essayez donc de développer une capacité d’écoute. Apprenez à vous taire et à écouter plus, pour un meilleur partage de la parole.
➢ Êtes-vous prêts à constamment questionner vos comportements, vos paroles et vos gestes, votre attitude générale vis-à-vis des femmes ? Pas seulement vis-à-vis de votre mère, sœur ou fille mais de toutes les femmes. Êtes-vous prêts à corriger cette attitude immédiatement si elle devient problématique ?
Sachez aussi, messieurs, que les femmes ne sont jamais vraiment au repos. Quand vous êtes au café entre potes, vous pouvez parler football en oubliant les galères au travail, les corvées de la maison, l’éducation des enfants, etc. Les femmes, elles, n’en ont pas le loisir, elles n’y arrivent pas, la charge mentale est puissante. Elles passent leur temps à discuter de l’éducation et de l’école, des enfants et des corvées à la maison, des comportements sexistes au travail dans la rue, etc. Nos têtes sont en constante ébullition, même quand nous tentons de dormir, jamais vraiment au repos. Et pourquoi ? À cause des violences patriarcales que nous subissons au quotidien, et ce dans tous les espaces et tous les moments de nos vies. Les choses doivent changer.

C’est à vous de jouer maintenant, la balle est dans votre camp.
p.-s.
Ndella Paye militante afroféministe et antiraciste, membre fondatrice du collectif Mamans Toutes Egales.
Les médias sont partie intégrante du système de domination et sont détenus par les dominants, ce n’est donc pas le meilleur outil au service de nos luttes. Mais aujourd’hui grâce aux réseaux sociaux, une alternative très appréciable et un relais non négligeable, nous pouvons les obliger à traiter de sujets très sensibles voire nous passer carrément d’eux.
Mon militantisme de terrain n’étant plus à prouver, je voudrais profiter de l’élan de vulgarisation ouvert par #BalanceTonPorc et #MoiAussi pour lancer le hashtag #DeLaBelleTheorieAUnePratiqueEffective, afin d’accompagner et de visibiliser ce manifeste. Personne ne pourra me reprocher, très honnêtement, de ne faire que du militantisme hashtag. S’il reste un moyen de toucher le plus grand nombre, l’objectif est d’aller au-delà des dénonciations et de mettre en pratique les vœux pieux.

10:11 22/11/2017 | Lien permanent | Tags : girlz, poly-tiques |  Facebook