11
déc

Les Quenouilles - VOL-Age - Panik

quenouilles schéma.jpgDepuis quelques éditions-émissions, je suis honorée d'être une des Quenouilles, l'émission sur Radio Panik 105.4FM.

La dernière portait le doux nom de VOL-AGE. La rediffusion a lieu ce samedi 16 à 11h puis le podcast sera disponible for ever and ever.

Nous avons invité Sonia Verstappen, cofondatrice d'UTSOPI, entre autres. Vol - Volage - Age étaient nos lieux d'échange.

Nous avions aussi demandé à des autrices d'engager un peu de leur temps et langue sur le mot volage. Je les publie ici, certains ont été lus à l'antenne, d'autres pas.

Hymne à Vénus

Immortelle Vénus, fille de Jupiter, toi qui sièges sur un trône brillant et qui sais habilement disposer les ruses de l'amour, je t'en conjure, n'accable point mon âme sous le poids des chagrins et de la douleur.
Mais plutôt viens à ma prière comme tu vins autrefois, quittant le palais de ton père et descendant sur ton char doré. Tes charmants passereaux t'amenaient de l'Olympe à travers les airs qu'ils agitaient de leurs ailes rapides.
Dès qu'ils furent arrivés, ô déesse ! tu me souris de ta bouche divine ; tu me demandas pourquoi je t'appelais ; quels tourments ressentait mon cœur, en quels nouveaux désirs il s'égarait ; qui je voulais enchaîner dans les liens d'un nouvel amour : "Qui oserait te faire injure, ô Sappho ! S'il te fuit aujourd'hui, bientôt il te recherchera ; s'il refuse aujourd'hui tes dons, bientôt il t'en offrira lui-même s'il ne t'aime pas aujourd'hui, il t'aimera bientôt lors même que tu ne le voudrais plus."

O viens, viens donc aujourd'hui, déesse, me délivrer de mes cruels tourments ! Rends-toi aux désirs de mon cœur ! Ne me refuse pas ton secours tout-puissant !

Sappho

labile, changeant, un oiseau sur la branche
là où va le regard, suivra l'esprit
là où va l'esprit, le coeur suivra
et peut-être les lèvres
et l'action qui transformera le regard
alors, fermer les yeux, un moment
pour demander quelle action désire mon regard

Veronika Mabardi
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je vole en permanence vers un autre âge,
non, je ne suis pas instable,
je suis mouvement vers un nouvel équilibre,
mes oscillations sont vives
je suis en vie

Fabienne Bloc

 

Il y a tant à faire et tant à écrire et je suis tentée de ne ni faire ni écrire. Tentée par la peau, la chair, l’air, oui l’air, sur mes joues, la pluie glacée, le tronc de l’arbre, les vagues de vent, les roulis de pluie. Nez en l’air, au sol, pieds gelés, doigts glacés, et rire, parce que je sais que tu penses à moi, nez en l’air, je te regarde entre les nuages. C’est bien. C’est tout.

Fidéline Dujeu

 

Que fais-tu derrière mon dos?

Tu traînes? Tu putes? Tu salopes?

Et si tu ne l'as pas fait tu l'as pensé et si tu ne l'as pas pensé moi je l'ai pensé pour toi.

Perrine Le Querrec

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Plus une écume dans le ciel. La brume de la veille a mit les voiles. Bleu orgasmique, c’est la couleur du jour. Il occupe le présent de tous, lui le désirer. Son absence les a rendu fou. Graziella a revêtu ses ongles de cassis. Elle se balade dans la maison, ses mains battent l’air. Le vernis sèche. Ses doigts de pieds, tendus pour ne pas effleurer la moquette, murmurent des syllabes brûlantes. Le feutre de son corps galope sur le tapis. Elle s’allonge Le long et tout contre la baie vitrée.
Ciel ciel ciel
Graziella connaît toute la gamme des soupirs. Parfois elle en cache dans les boites de spaghettis, contre les rayures dorées du sofa. Solstice d’été
Ciel ciel ciel.
Des rires bouler rouler sur la moquette. Petite robe peau moite glace à la pistache. Ce soir son professeur d’anglais viendra. C’est un ami de Graziella. Ses voisins utilisent des mots opaques : amant e s.
Graziella entre ouvert la baie vitrée, l’air est si gentil.

 

Frédérique Dolphijn

 

Bruits d’avion
D’ambulance
De frigo
D’horloge

Il ne serait pas question de morale
Il ne serait pas question de genre
Il ne serait pas question de limites ou de liberté
Il ne serait pas question de ce que l’on a nommé « moi » et de ce que l’on a nommé « toi» les rendant ainsi séparés
Il ne serait pas question de nos pommes, en fait
Il ne serait pas question de possession, d’appartenance ou de consommation
Il ne serait pas question de conte quelle qu’en soit l’orthographe
Il serait question
Dans chaque mouvement, il serait question
D’une tension
D’une émotion
D’instants inscrits dans d’autres instants
De gens dans d'autres gens
D’une tension entre ce que l’on a nommé « réel » et ce que l’on a nommé « imaginaire »
Entre la maison et le jardin
Il serait question
Elle serait question
Elle a dit : « Danser nous relie au cosmos »
Bruits d’avion
D’ambulance
De frigo
Le ventre s’agite
Les vent dehors résonne avec le souffle dedans

Léïla Duquaine

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Les passantes

Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu'on connait à peine

Qu'un destin différent entraîne
Et qu'on ne retrouve jamais
A celle qu'on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s'évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu'on en demeure épanoui
A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu'on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu'on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main
A la fine et souple valseuse
Qui vous sembla triste et nerveuse
Par une nuit de carnaval
Qui voulu rester inconnue
Et qui n'est jamais revenue
Tournoyer dans un autre bal
A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d'un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D'un avenir désespérant

Chères images aperçues
Espérances d'un jour déçues
Vous serez dans l'oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu'on se souvienne
Des épisodes du chemin
Mais si l'on a manqué sa vie
On songe avec un peu d'envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu'on n'osa pas prendre
Aux cœurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu'on n'a jamais revus
Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l'on n'a pas su retenir

Paroles: Antoine Pol
Musique: Georges Charles Brassens

proposé par Manu Deloeul

 

Celles qui caressent longuement
Celles qui enveloppent chaudement
Celles qui ne s’attardent pas
Celles qui y reviennent
Celles qui tâtonnent
Les mains de C.
Les mains de K.
Les mains de R.
Les mains de T.

Celles du menuisier
Celles du musicien
Celles de l’informaticien
Celles du poète
Celles du cuisinier
Celles du jardinier
Les carrées
Les fines
Les tordues
Les abîmées
Les sensibles
Les douces
Les rugueuses
Je les ai toutes essayées
De l’une à l’autre
De l’autre à l’une
Tu me frisson
Je te catapulte
Tu me souvenir
Je te ciel
Et ensemble nous retrouvons cet instant suspension du temps.

Anne Guinot aka Madame Haïkaï

plume laurie.jpg

16:38 11/12/2017 | Lien permanent | Tags : textes, lis tes ratures, act-u, agendada |  Facebook

9
déc

Le mot, le reste, les choses, évidences.

andrew-fairclough-06.jpg"De fait, je marche comme attirée vers le haut par l'infini, comme tirée par des fils dont l'origine se serait perdue au-delà de la voûte céleste. De fait, mon corps, alors, qui ne peut pourtant plus courir, se rappelle délicieusement la course et retrouve comme une ivresse du mouvement, en même temps qu'une assurance du point d'appui.

Les pierres, disait-on au XIXe siècle, avaient une âme végétative, mais insensible ; et quoi qu'il en soit, un roc impose une borne à l'infini.

C'était aussi le lieu d'où je pouvais, pistant obstinément ma proie du regard, fixer un oiseau en vol et le suivre des yeux jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'un point final à l'histoire.

Quand j'ai commencé à écrire un jour, dans un passé lointain, des fantômes me tourmentaient, la condition humaine me révoltait, mais j'ignorais à quel point elle me révolterait plus encore.
J'ai pensé que l'écriture serait mon appui définitif, mais il n'y a aucun point d'appui dans l'écriture. On a du mal à s'en passer, comme un enfant a du mal à se passer de jouer pour s'affronter au merveilleux.

Là, je m'oppose à ce qui veut que l'on vive loin, où il fait beau et chaud ; là, je m'oppose à ce qu'on vive là où il y a de la richesse et de la jeunesse à dévorer ; là, je m'oppose à ce qui veut que  l'on vive là où les choses sont faciles et où il n'y a plus de stupéfaction ; là je m'oppose à ce qui veut que l'on s'installe où l'existence va plus vite, où, de l'amour même, on a fait un étranger à soi-même. (...) Je ne comprenait pas que  l'on pût oublier la poésie du monde.

La poésie, la Nature et l'amour sont à jamais les abîmes les plus ardents où peut se jeter l'être."

Carnets de la côte d'Opale, Nadine Ribault, Le mot et le reste, 2016

 

(illu d'Andrew Fairclough)

17:29 09/12/2017 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

24
nov

La dernière convocation de Christine Van Acker, le pamphlet qu'on rêve d'envoyer à l'ONEM.

À présent, permettez-moi de répondre très personnellement à votre courrier. Il est 17h00. JE PRENDS LA LIBERTÉ DE CASSER MON FUSIL POUR AUJOURD’HUI ET D’INTERROMPRE JUSQU’À DEMAIN MA CHASSE À L’EMPLOI…CHRISTINE VAN ACKER

J’affiche cinquante-cinq ans au compteur, dont plus de trente ans à vivre mes jours comme une formation quotidienne, pas de ces formations que vous proposez qui ne me mèneraient nulle part, non, de celles que les rencontres, les expériences, les hasards, les amitiés, les amours ont mises sur mon chemin, celles qui m’ont fait avancer avec un peu plus d’assurance sur les chemins tortueux de l’existence, commençant à percevoir une certaine maîtrise dans ce que j’entreprends. – Cent fois, sur le métier remettez votre ouvrage… – Me voici aujourd’hui, face à vous, un bureau entre nous ne donne à voir à l’autre qu’une moitié de corps. Vous voudriez considérer mes efforts sur une période de quelques mois, comme si je n’étais apparue dans le monde du travail (à partir de maintenant, c’est moi qui prends la parole, nous ne dirons plus ni marché, ni emploi) que depuis quelque mois. Renaîtrions-nous de nos cendres à chaque fois que vous réexaminez nos dossiers ? Et, pour renaître, nous tueriez-vous chaque fois ? Nos expériences personnelles, pareilles à nos aspirateurs ou à nos grille-pain, devraient-elles obéir à la loi de l’obsolescence programmée ?

Savez-vous dans quelle pièce vous jouez ? Et, si oui, pourquoi continuez-vous à endosser le costume de votre personnage ? La sécurité de l’emploi ? À quel prix ? Le savez-vous ? Vous faites le jeu des prédateurs…

J’ai, pour ma part, la chance d’être lettrée, mais je pense à ceux qui se débattent avec la lecture, l’écriture, et qui seront mangés tout cru faute d’avoir eu la chance de maîtriser mieux cette arme. Car l’écriture est une arme, que je brandis ici, pour riposter à cette agression venue des hautes instances ministérielles qui sont, elles-mêmes, à la botte des multinationales. Poursuivez les fraudeurs fiscaux à grande échelle, n’octroyer plus des dédommagements faramineux aux grands patrons qui sont remerciés pour leurs malversations.

Si vous nous éteignez tous, attendez-vous, le matin, en allumant votre radio à ne plus entendre de musique, à ne plus voir d’affiches devant vos cinémas préférés (il n’y aura plus de scénaristes, de comédiens, de réalisateurs, de monteurs, d’éclairagistes pour les réaliser), à enfiler un sac de jute à la place d’une robe ou d’un costume (il n’y aura plus de stylistes pour les créer), à entrer dans une voiture informe (il n’y aura plus de designer), à utiliser des objets rudimentaires. Notre pays se retrouvera teint uniformément en gris et vous vous en étonnerez trop tard. C’est aujourd’hui qu’il faut en prendre conscience. L’utile et l’inutile ne sont pas du côté que vous pensez. Qui, de vous ou de nous, est le plus productif (s’il faut parler en termes marchands) ? Qui crée le plus d’emplois ? J’ai décidé de consacrer ce qui me reste de vie (j’insiste) à ne pas participer à cette dislocation de nos droits sociaux, de nos solidarités, à ne pas creuser encore le fossé entre les nantis et les de plus en plus précaires, de mettre mon temps à profit, et non pas dans le profit, d’une amélioration de notre société et non sa dégradation. C’est pour cette raison que je ne veux plus le perde en répondant à de vaines convocations, en signant des contrats qui prouveraient que je suis bien – activée – Je le suis, bien active, c’est-à-dire vivante. Tous, nous devrions avoir ce courage, nous aurions tout à y gagner. Imaginez-vous cette foule de nouveaux non-chômeurs dans la rue. Imaginez alors, ce que vous pourriez faire, vous, de votre emploi devenu inutile. Nous rejoindriez-vous ? Nombreux, nous nous tiendrons bien chaud.

Aujourd’hui est le jour de ma dernière convocation.

CHRISTINE VAN ACKER – LA DERNIERE CONVOCATION – AUX EDITIONS : CACTUS INEBRANLABLE

Avant que je remette le texte au FOREM, lors de ma dernière convocation, j’ai fait appel à l’équipe pour compléter ce qui ne pouvait plus s’appeler un – dossier -, mais un manifeste. J’ai demandé à d’autres artistes : Combien de jours de contrat avez-vous dans l’année ? Ajoutez, si vous le voulez, quelques mots au sujet de votre statut, ou a propos des convocations telles que vous les avez vécues.

ANNE VERSAILLES – LAURENCE VIELLE – VERONIKA MABARDI – LAYLA NABULSI – MARC GUIOT – CLAIRE ALLARD – BEATRICE DIDIER – FRANCOISE NICE – PAOLA STEVENNE – FRANCE EVERARD – JACKY DEGUELDRE – EVA KAVIAN – CELINE RALLET

08:50 24/11/2017 | Lien permanent | Tags : poly-tiques, lis tes ratures |  Facebook

22
nov

Les tondues - Perrine Le Querrec & Jacques Cauda

Je l'ai pas encore lu
je m'en fous, je sais que ça sera important et dense.

Publié le 11 novembre 2017 – 38 Pages – Couverture souple en dos carré collé – Impression intérieure Noir & blanc- 15,24 cm x 22,86 cm 
N’a-t-on jamais demandé aux hommes s’ils avaient couché avec une allemande, les a-t-on transbahutés sur des charrettes à travers villes et villages sous les huées ? a-t-on jugé leur sexualité, a-t-on jugé leur chair leur pénis ou leur cœur ?

Sur le char les femmes, sur les roues les routes, sur le char par bouquets traversent les villes sur la charrette les sorcières menées à l’échafaud.
Les hurlements de ceux qui sont droits dans leur droit les entiers toute intégrité conservée.
Vraiment ?
Certaines deviennent folles le temps de la tonte, certaines deviennent plus fortes le temps de la honte.

http://www.lelitteraire.com/?p=35581
http://delarthelvetiquecontemporain.blog.24heures.ch/arch...

10:14 22/11/2017 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

22
aoû

lettre de ... à...

rilkelou

Je te parle comme les enfants parlent dans la nuit.

 

En 1900, le poète Rainer Maria Rilke découvre le travail du sculpteur Auguste Rodin. Trois ans plus tard, il publiera un essai sur le travail de l’artiste, jusqu’à devenir, en 1905, son secrétaire particulier à Paris. Dans cette lettre à sa muse Lou Andreas-Salomé, il lui témoigne la façon dont Rodin inspire sa démarche créative, et livre par-là sa propre réflexion esthétique.

 


10 août 1903

[…] J’aimerais d’une façon ou d’une autre me retirer plus profondément en moi-même, dans le cloître qui est en moi et où sont accrochées les grandes cloches. J’aimerais oublier tout le monde, ma femme et mon enfant, et tous les noms, toutes les relations, tous les moments partagés et tous les espoirs liés à d’autres êtres. Mais à quoi me servirait de partir très loin de tout puisqu’il y a partout des voix et nulle part un refuge tranquille, protégé par une calme bonté, qui m’accueillerait. Nul endroit où le mesquin soit moins envahissant et moins pesant. Si j’allais au désert, le soleil et la faim me tueraient ; car les oiseaux ont cessé de voler vers les solitaires : ils jettent leur pain au milieu de la foule qui se le dispute…

C’est pourquoi il est si terriblement nécessaire pour moi de trouver l’outil de mon art, le marteau, mon marteau, afin qu’il devienne le maître et couvre tous les bruits. Il doit bien y avoir aussi un métier à la base de cet art, un travail fidèle, quotidien, faisant feu de tout bois, cela doit bien être possible là aussi ! Oh, si je pouvais avoir des jours ouvrés, Lou, si la cavité la plus secrète de mon coeur pouvait être un atelier, une cellule et un refuge pour moi ; si tout ce qu’il y a de monacal en moi pouvait fonder un cloître destiné à mon travail et à ma méditation. Si je pouvais ne plus rien perdre et tout disposer autour de moi selon le degré de parenté et d’importance. Si je pouvais ressusciter, Lou ! Car je suis éparpillé comme un mort dans une vieille tombe…

D’une manière ou d’une autre, il faut que je découvre moi aussi le plus petit élément, la cellule de mon art, le moyen tangible et immatériel de tout décrire. Alors, la conscience claire et forte de l’énorme travail qui m’attendrait me forcerait à m’y atteler ; j’aurais tellement à faire qu’un jour ouvré ressemblerait au suivant, et mon travail serait toujours réussi car, bien que commençant par des choses réalisables et modestes, il serait d’emblée dans le grand. Tout serait soudain très loin, perturbations et voix, même l’hostile s’intégrerait au travail, de même que les bruits entrent dans le rêve et le font glisser insensiblement vers l’inattendu. Le sujet perdrait encore en importance et en poids, et il ne serait plus que prétexte ; mais c’est justement cette apparente indifférence à son égard qui me donnerait la capacité de donner forme à tous les sujets, de modeler et de trouver des prétextes à tout avec les moyens convenables et non prémédités. […]

Je ne peux m’empêcher d’être hostile à tout héritage, et ce que j’ai acquis est si mince ; je n’ai pour ainsi dire aucune culture. Mes tentatives sans cesse renouvelées pour commencer des études ont lamentablement avorté ; en raison d’éléments extérieurs et de l’étrange sentiment qui me prenait chaque fois par surprise : c’était comme si je devais revenir d’un savoir inné par un chemin ardu qui y retourne après moult tours et détours. Peut-être étaient-elles trop abstraites, les sciences auxquelles je me suis essayé, et peut-être que d’autres révéleraient de nouvelles choses… ? Mais pour tout cela il me manque les livres, et pour les livres, les guides. Toujours est-il que je souffre souvent de savoir si peu de choses ; ou seulement, peut-être, d’en savoir si peu sur les fleurs, sur les bêtes et sur les phénomènes simples d’où la vie s’élève comme une chanson populaire. C’est pourquoi je me promets toujours de mieux regarder, de mieux observer, d’aborder les petites choses que j’ai souvent négligées avec plus de patience, plus de concentration, comme autant de spectacles. C’est dans les choses insignifiantes que les lois circulent le plus ingénument, car elles se croient à l’abri des regards, seules avec les choses. La loi est grande dans les petites choses, elle en surgit et en jaillit de toutes parts. Si je pouvais apprendre à regarder jour après jour, alors le travail quotidien, auquel j’aspire de manière indicible, ne serait plus très éloigné…

Sois indulgente avec moi, Lou. Tu dois trouver que je suis beaucoup trop vieux pour être autorisé à être jeune de façon aussi tâtonnante ; mais tu sais que devant toi je suis un enfant, je ne le cache pas, et je te parle comme les enfants parlent dans la nuit : le visage enfoui contre toi, les yeux fermés, sentant ta proximité, ta protection, ta présence :

Rainer.

22:44 22/08/2017 | Lien permanent | Tags : luv, lis tes ratures |  Facebook

20
mar

DUALITY + In Bed With... - Festival Passa Porta - 24, 25, 26 mars 2017

comme je le disais juste avant, gen.te.s, j'ai le bonheur de partager un petit fragment
du grand Festival Passa Porta
avec Joy Slam et Andy Fierens
lors de deux moments de corps-esprits-mots.

A vous y croiser, si.
Ici, le programme de la soirée, complet.
 
Belles heures d'équinoxe à vous

Capture d’écran 2017-03-20 à 14.04.01.png

Capture d’écran 2017-03-20 à 14.04.24.png(clic on pics)

 

agendada,act-u,lis tes raturesLe Soir pour le soir.

14:07 20/03/2017 | Lien permanent | Tags : agendada, act-u, lis tes ratures |  Facebook

17
mar

DUO - DUelles - Milady & Joy, entre autres.

 
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Retrouvez le Festival chez votre marchand de journaux !

Le programme complet du festival est disponible dans Le Soir (édition Brabant-Wallon/Bruxelles) de ce mercredi 15 mars et dans Le Soir (édition Bruxelles) de ce vendredi 17 mars.

 
 
 
  Passa Porta Festival sous le signe du duo  
 
   
 
 

Pour clôre le Parcours du samedi 25 mars, venez faire la fête ! D’un bout à l’autre du Beursschouwburg, des écrivains, poètes, slameurs et illustrateurs forment des duos avec d’autres artistes. Parcourez les différentes salles et laissez-vous surprendre par leurs créations. A partir de 22h30, les DJs de SupAfly vous invitent sur la piste de danse, version littéraire.

 
 
 
  Négar Djavadi & Eve Bonfanti

Négar Djavadi a passé une partie de sa jeunesse à Bruxelles, et notamment… au Beursschouwburg. Elle revient sur cette période avec sa complice d’alors, l’actrice, auteur de théâtre et metteuse en scène Eve Bonfanti.

 
 
 
  Bertrand Belin & Max de Radiguès

L’auteur et chanteur Bertrand Belin raconte, à sa façon, entre récit et improvisation, les aventures du mythique chanteur anversois Ferre Grignard. Le dessinateur Max de Radiguès illustre en live cette histoire hors du commun.

 
 
 
  Joy (Gioia Kayaga) & Milady Renoir

Chacune à sa façon, Joy (slam) et Milady Renoir (performance) sont deux poétesses contemporaines. Leurs univers sont très différents, mais leur engagement a de nombreux points communs. Première rencontre sur scène.

 
 
 
  Jean-Baptiste Del Amo & Olivier Cornil

Une lecture d’extraits de Règne animal par Jean-Baptiste Del Amo, en interaction avec une projection d’images du photographe Olivier Cornil.

 
 
 

Et encore : 

Andy Fierens & Milady Renoir, Maartje Wortel & Randall Casaer, Aura Xilonen & Halfdan Pisket, Peter Verhelst & Wide Vercnocke, Dimitri Verhulst & Peter Vandenberghe, Jeroen Olyslaegers & Scale, Gerard Herman & Milan Warmoeskerken, Sukina Abdul Noor & Timothy Nouzak

 
 
 
  D'autres duos au Passa Porta Festival  
 
 

Jean-Baptiste Del Amo & Marcus Malte

Entretien avec Ysaline Parisis

Le premier a écrit Règne animal, le second Le garçon. Deux romans très remarqués de la rentrée littéraire. Une même force vitale, (quasi) animale, unit leurs deux livres. Les deux auteurs se rencontrent pourtant pour la première fois.

25.03 | 15:30-16:30 | La Bellone

 

Aiko Solovkine & Jean-Marc Ceci

Entretien avec Lorent Corbeel

Rodéo et Monsieur Origami ont révélé deux nouvelles voix singulières en Belgique. Comment ces auteurs sont-ils arrivés en littérature ? Et comment trouve-t-on sa plume au moment d'entamer un premier roman ? Réponses croisées.

26.03 | 13:30-14:30 | Tropismes Librairie

 

Caroline Lamarche & Alain Berenboom

Présentation croisée

Ces deux écrivains belges se connaissent et s'apprécient. Du coup, ils ont accepté de lire chacun le nouveau livre de l'autre (respectivement Dans la maison un grand cerf et Hong Kong Blues), et de s'interviewer mutuellement en public.

26.03 | 15:00-16:00 | Tropismes Librairie



Véronique Bergen & Tristan Garcia

Entretien avec Laurent de Sutter

Notre peur du banal gouverne nos vies, notre quête d'intensité est sans répit. Mais cette soif du « fort », de l'intense, assez récente, ne signale-t-elle pas aussi une difficulté à accepter la vie comme elle est ? Les deux auteurs en débattent de "la vie intense".

26.03 | 16:30-17:30 | Beursschouwburg

 

Programme complet sur :

 
 
   
 
 
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13:34 17/03/2017 | Lien permanent | Tags : act-u, agendada, lis tes ratures |  Facebook

6
sep

Littérature, Apocalypse, etc. - Festival en octobre - Lille

Un festival rare, précieux, précis, dense, ... Liste longue de choses et de parcours et de temporalités et de propositions.

http://litterature-etc.com/

J'ai l'honneur et le plaisir et l'honneur et le plaisir et ... d'y participer un peu.
J'animerai les rencontres avec les auteur.trice.s de l'avant-apocalypse et de l'après-apocalypse les 13 & 14 octobre.
Tout est prévu pour que ces fins de mondes soient les plus agréables, vivaces possibles.

Venez, après, il sera trop tard!

13/10/2016 - dès 19h Lille / L’hybride / 18 rue Gosselet République

Avant la fin d’un monde

20h Lectures et Rencontres imaginées respectivement par Fanny Bayard et Milady Renoir

marie redonnetMarie Redonnet, accompagnée de la comédienne Marjorie efther, lira puis parlera de La Femme au colt 45 (éd. Le Tripode, 2016). Marie Redonnet publie des livres depuis 30 ans. Parmi eux, il faut entre autres vraiment lire Forever Valley (éd. Minuit). De son écriture, sa maison d’édition actuelle annonce qu’elle « chemine entre la fable et le scalpel » et c’est exactement ça. Après 10 ans de silence éditorial, elle publie ici un texte-fulgurance qui pose certainement plus de questions qu’il ne donne de réponse.

510_la-femme-au-colt-45 «La forêt s’interrompt brusquement au bord d’une falaise à pic. Au loin on entend des bruits assourdis de tirs de roquette. Lora, la cinquantaine, allure excentrique, est emmitouflée dans un manteau en fourrure synthétique. Elle porte un bonnet et des gants de laine de couleurs vives. Épuisée, elle s’assoit au bord de la falaise, les jambes dans le vide, un sac à ses côtés. Elle sort de son sac un vieux colt 45. Elle l’essuie précautionneusement avec un mouchoir, l’examine comme si elle voulait vérifier qu’il est bien en état de marche.»

 

 

ALJ Anne-Laure Jaeglé, accompagnée de la comédienne Chloé André, lira puis parlera de Demande à la nuit (éd. La ville brûle, 2016). Anne-Laure Jaeglé, avec Demande à la nuit signe un premier texte qui n’a rien d’un jeune premier et écrit en musique (allez écouter ci-dessous la playlist qui l’accompagne!) depuis l’intérieur et sans facilité, le Berlin
underground.

 

 

demandealanuit « Malgré ses improbables couchers de soleil rose vif et ses fréquents arcs-en-ciel que tous s’empressent de poster sur Instagram, Berlin est sous sédatifs. Il paraît que même la Spree y coule plus lentement. Les vivants ne savent que faire de cet état de cessez-le-feu permanent, de cette absence globale de pression qui engourdit l’esprit. Libre de tout dire, de
tout faire, ils restent éberlués et silencieux. Leur énergie se disperse aux quatre coins de la ville, tel un gaz hilarant faisant perdre de vue à chacun ses objectifs. C’est pourtant ici, dans le silence social et la langueur d’une ville qui se redessine chaque nuit, que nous est donnée la chance de déverrouiller nos âmes. »

 

Arkadi Filine lira puis parlera de Oublier Fukushima (ed. du bout de la ville, 2012). Ce texte donne à lire ce qui a été écrit hors discours officiel par les japonais touchés par l’explosion nucléaire. Arkadi Filine est le pseudonyme commun de 3 éditeurs qui vivent dans le Sud de la France où ils font des livres essentiels sur le nucléaire et la dépossession. Arkadi Filine sera également à la médiathèque de Wazemmes (Lille) le samedi 15 octobre (+ d’infos en cliquant ici)

oublier fukushima « Faute d’évacuer les populations sur place ou de « confiner le cœur du réacteur », les spécialistes confinent la discussion sur le terrain du technique. La rationalité technicienne serait la seule manière de dimensionner le nucléaire à l’entendement humain. Elle amène ainsi internautes et journalistes-perroquets à raisonner comme des ingénieurs des Mines. S’inquiéter avec eux de tel ou tel problème d’alimentation électrique nous éloigne d’une compréhension globale du désastre en cours. Et le vocabulaire est d’autant plus technique que, sur place, ce sont des hommes en pauvres combinaisons NRBC qui s’attaquent à la catastrophe nucléaire, armés d’un tuyau d’arrosage. »

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14 octobre

dès 19h Lille / L’hybride 18 rue Gosselet/ Métro République

Après la fin d’un monde / lectures, rencontres, courts-métrages

20h Lectures et rencontres imaginées respectivement par Fanny Bayard et Milady Renoir

(c) Claire Fasulo (C) CLAIRE FASULO

 Fanny chiarello, accompagnée de la comédienne charlotte Bertoldi, lira puis parlera du Tombeau de Pamela Sauvage (éd. La Contre Allée, 2016).
Fanny Chiarello a écrit de nombreux romans, parmi lesquels le dernier intituléLe Zeppelin (éd. de l’Olivier, 2016). Avec Le tombeau de Pamela Sauvage, elle explore notre monde vu depuis un monde qui lui succède sans l’avoir connu. Pour cela, son écriture s’amuse avec les notes de bas de page qui mettent à distance notre époque, comme pour exacerber la non-évidence des traditions qui conditionnent nos quotidiens.

 

couv_tombeau « Jean-Christophe n’a pas beaucoup d’amis, il n’a pas besoin d’avoir beaucoup d’amis et méprise en règle générale les gens qu’il rencontre, leur trouvant des goûts vulgaires et la personnalité de steaks surgelés*

* « L’on conservait des aliments très longtemps en les faisant saisir par le froid. La nourriture était si abondante qu’elle ne faisait pas, loin s’en faut, l’objet d’une consommation immédiate. »

 

 © Thierry Rateau

© THIERRY RATEAU

Emmanuelle Heidsieck, accompagnée de la comédienne Lyly chartiez, lira puis parlera de À l’aide ou le rapport W (éd. Inculte, 2013). Chômage, sanspapiers, privatisation du service public, amitié et classes sociales, Emmanuelle Heidsieck écrit là où ça coince. Avec À l’aide ou le rapport W, elle invente un monde flippant dans lequel les dons, aides, services sont illégaux s’ils ne sont pas monnayés.

 

 

 

a-laide-ou-le-rapport-w1 « Le directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur, P, a tout de suite pensé à A, ils sont de la même promo, les autres candidatures étaient de pure forme. (…) Les pouvoirs publics ont pensé dans un premier temps rattacher cette direction au ministère de l’Économie et des Finances puisqu’il s’agit de traquer tout ce qui, dans le non-lucratif, peut fausser la libre concurrence. Mais la structure démographique de Bercy, une majorité de quinquas, posait problème. Il faut du sang neuf, des esprits purs, sans souvenirs, sans passé. »

 

 

(c) Hermance TRIAY/Opale/Leemage (C) HERMANCE TRIAY/OPALE/LEEMAGE

Vincent Message, accompagné du comédien Yann Lesvenan, lira puis parlera de Défaite des maîtres et possesseurs (éd. du Seuil, 2016). Avec ce 3e livre, Vincent Message, par l’entremise d’une course contre le temps, écrit un monde dans lequel l’espèce dominante n’est plus l’espèce humaine, cette dernière étant traitée comme le sont aujourd’hui les autres animaux.

 

 

Defaite_des_maitres_et_possesseurs « Le plus probable – car c’est la nuit maintenant – c’est que nous continuerons tout droit, à faire ce que nous savons faire en répétant que tout ça n’est pas si grave. Tuer, par volonté ou négligence, on peut dire que nous savons faire : mener à l’extinction les espèces par milliers, en réduire d’autres à l’esclavage jusqu’à ce que l’existence ne mérite plus de porter ce nom. Mais tuer la vie tout de même pas. Il y aura un après. »

 

12:13 06/09/2016 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures, act-u, agendada |  Facebook

Roue des Poètes

21 poètes francophones et néerlandophones feront vibrer le BELGIUM BORDELIO... Dans le cadre de l'expo Arts & Métaux en partenariat avec laProvince de Liège: Culture et le Poëziecentrum de Gent...

Un moment exceptionnel qui réunira des poètes et des écrivains issus de Flandre, de Bruxelles et de Wallonie : Michaël Vandebril, Paul Bogaert, Lies Van Gasse, Hilde Keteleer, Stefaan Van Den Bremt, Peter Holvoet-Hanssen, Els Moors, Laurence Vielle, Vincent Tholomé, David Giannoni, L’ami Terrien, Gioia Kayaga, CeeJay, Anne Versailles, Antoine Boute, Volauvent, Ceejay, Karel Logist, Antoine Wauters, Milady Renoir, Lisette Lombe, Dominique Massaut, Célestin de Meeûs.

Dans les jardins de Jehay, le public sera invité à déambuler et découvrira les interprètes à proximité des œuvres. Un cadre bucolique pour un moment unique en Fédération Wallonie-Bruxelles. Des poètes au service de la tendresse, du beau et parfois de la dérision, à découvrir de toute urgence.

EVT FB : https://www.facebook.com/events/936173163171651/
infos : 085/ 315 232

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12:07 06/09/2016 | Lien permanent | Tags : act-u, lis tes ratures, agendada |  Facebook

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jui

Poem'Art in KUFA - ce samedi 25 juin... oh que ça va être bien!

Si, si, on en / y sera!

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12:06 23/06/2016 | Lien permanent | Tags : act-u, agendada, arts, lis tes ratures |  Facebook