27
oct

Bling Bling


Ce matin encore, la décélération de la colère ne me parvient pas, chaque pas sur un pavé entre les immeubles qui se font et se défont, bernant les arbres, les pigeons et les corps humains, chaque mât pénétrant l'espace public tire un trait sur la vision. Et les conducteurs solitaires des voitures de plus en plus bouffies trompent leur déréliction en éclats de gorges et de trompettes. Encore plus fort, ces bruits répétés des tiges métalliques qui ne savourent pas les glaises qu'elles engagent. Aucun temps pris dans le désir de l'incursion des sols. Qui mettra ses mains dans cette terre, maintes fois nommée gravats? Les hommes casqués, menottés à leurs machines, vrillent nos tempes, rouillent déjà. Les contrats enflés de jargon pensant, les lobbys des lobbys des lobbys, les strates spéculatives, les injonctions supranationales, les pertes de signes et de sens, l'emportement de la pulsion, l'âpre furie de la conquête. La guerre est animée de toute part. Les rues mutent en tunnels, les trottoirs en couloirs, les arbres en pivots, les pigeons en vigies, les corps humains en recrues. Il y a quelque chose de pourri au Royaume de (...).

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(Kali en pleine oeuvre)

09:16 27/10/2016 | Lien permanent | Tags : textes, humoeurs |  Facebook

12
jui

ô mother where art thou?

Ni instinct maternel "obligatoire" et "naturel" - ni travail reproductif du ventre capitalisé - ni le "soin" (théorie du care) réservé aux femmes... Sans cesse, sans cesse, réitérer, sensibiliser, éduquer, agir.

liberation.fr/debats/2016/07/10/le-regret-d-etre-mere-ult...

et l'horreur de la pathologisation / stigmatisation des femmes qui "n'allaitent pas - n'accouchent pas par les voies basses - laissent leurs enfants à la crèche (pour travailler? quelle horreur) - ... et les appellations de type "femmes corbeaux"...

la capitalisation du corps des femmes, nécessité de débat, encore, encore.

13:03 12/07/2016 | Lien permanent | Tags : humoeurs, poly-tiques |  Facebook

8
jui

l'avant

avant le corps en tension, il y a le propos qu'on divulgue, ça devient une intention mêlée à un dispositif dans un contexte et un espace-temps à attendre. 
avant le corps en tension, il y a aussi les envies stratifiées d'être complètement dedans, d'avoir à saisir, à assimiler, à engloutir, à intégrer. Chaque facette du corps neuro-transmetteur. 
avant le corps en tension, il y a l'attention aux détails qu'on placera, collera, agencera, proposera, aménagera, chez soi, et qu'on revisitera sur place, avec les choses, les murs, les sols et les creux.
avant le corps en tension, il y a tout ce qu'on aimerait mais qu'on n'a pas, les souhaits de tout gagner, plus de temps, d'espace, de coeur, moins de prévu, moins d'évident, moins de mesuré.
avant le corps en tension, il y a le désir, immarcescible, virulent, équilibré entre le penchant de disparaître et celui de surabonder. 
avant le corps en tension, il y a le retrait, les visions d'anéantissement, la pesanteur des déjà vus, des déjà faits, des avant-goûts, des arrières-salles. Tout comme rien, en résumé.
avant le corps en tension, il y a chaque chose à sa place, organes, membres, objets, mots, dents, heures.
avant le corps en tension.

 

Ars memorativa 1.jpg

22:39 08/07/2016 | Lien permanent | Tags : humoeurs, textes, ego-tripes |  Facebook

7
jui

SMDOP - 2.0 @ Barlok's - 9July2016

Slow Motion with a Disposable Organic Poetess - Long performance

Dans un lieu hors des communs, chaque corps public est invité à danser - doucement, se confronter lentement, bouger avec une poétesse organique vivante quelques minutes (au moins) au milieu de 5 heures de performance

Comment renouer avec les émotions enfouies ou répétitives...
comment s'informer d'un corps sans mettre la parole devant...
comment (se) rencontrer dans un espace-temps lent précis…
comment bouger si lentement que chaque mouvement, chaque odeur, chaque diastole, chaque pas, chaque bruit devient un lieu…
Danser doucement, danser épaule contre tête ou head on shoulder ou danser salon ou danser chanter ou danser préciser ou danser chercher.
Prendre le temps de tout bien sentir - embarras, confusion et plaisir possibles.
Danser l'un.e CONTRE l'autre, l'un.e avec l'autre, l'un.e pour l'autre.

D'un côté : Une poétesse volontaire, désireuse de créer un lien doux ou dur, sensoriel jusqu'à sensuel, drôle ou cru – curseur variable entre silence et euphorie jusqu'à épuisement de l'air et du temps (5h sans pause). Only Safe behaviour admitted.

De l'autre : un.e partenaire particulier.e inconnu.e ou reconnu.e qui vient tester sa chance, son risque de se frotter à une poétesse, à une femme confortable mais pas facile, à un corps en expériences sensibles, à une tendresse freehugienne post-hippie, trashy-comique. Only Safe behaviour admitted again.

Toute velléité bienvenue : compromis, développement durable, exutoire, plan QI.
Toute corporéïté attendue.

Pour l'empreinte du temps qui déroule lentement son chemin
pour instaurer une fatigue / pour améliorer la fatigue
pour laisser le corps désirer, résoudre, rejeter, appréhender, pourfendre, attaquer, résister, vivre plus que d'habitude.

22:39 07/07/2016 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

5
jui

saveurs du soir

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Il y a des maisons qui réparent les mauvais souvenirs qu'on avait perdu.

23:39 05/07/2016 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

21
jui

objectif

penser une mère telle Tihange
une grand-mère telle Doel
et son enfance telle Fukushima

sortir de la famille nucléaire.

23:26 21/06/2016 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

trou

ah oui

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je vagabonde entre les humeurs et les failles.
errance urbaine, extase du plomb
indescription vindicative du réseau sanguin,
frapper contre le derme, frapper contre le derme.
au coeur, les voiles,
vrilles cutanées et pores béants.
suées et râles

mais du silence face aux yeux.
mais du silence face aux corps qui déambulent.
rails des moteurs, vrombissent les cadences
et merde, c'est encore de la ville que tu manges ce midi

membres mâchés, organes mous, paupières techniques
se retirent les airs.

je vous raconte le pire pour
que les autres choses me parviennent, finalement.

 

 

 

(photo (c) Milady Renoir @ Verbeke Fondation)

15:36 21/06/2016 | Lien permanent | Tags : textes, humoeurs |  Facebook

27
mai

Mer rousse

à Lisbonne, il y a plus ou moins un an, Norma et moi avons pris un peu de frais dans une église suite à une longue marche errante et joyeuse.
Dedans, quelques kitscheries, bondieuseries et du frais, du silence et des femmes-rondes-petites-habillées-de-noir qui priaient ou papotaient entre elles de celles qui ne viennent plus.
Sous une chaire, un moment de protection.
Un Jésus lilliputien et une longue femme océanique aux cheveux de nid.
Ma transposition m'a laissé croire à une force céleste (je suis athée) enrobant l'humanité, cherchant à jouer avec ses joies et ses déceptions. Sans ironie, sans jugement. Sans faute, surtout.
Quelque chose qui nous dit combien nous sommes des riens organisés, des néants juxtaposés et tout autant des végétaux animaux corps humains âmes esprits minéraux en attente de complétude.


Au delà des croyances, l'image nous a fait du bien, à Norma et à moi. Nous avons souri aux grenouilles de bénitier.
Après, nous avons été dévoré quelques pasteis... pour nous remettre de la métaphysique.

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11:24 27/05/2016 | Lien permanent | Tags : humoeurs, textes |  Facebook

17
mai

FB 4 ever

ici, là, oui, je parle de moi, facebook et moi on parle de moi, avec ego et surmoi, cogito ergo sum, sub- et in-conscient, copains comme cochons, nous, on parle de moi, on est comme ça, nous tou-te-s, on évoque sa vie, ses cuisses, son éros, son thanatos, son vis-ta-vie et son vis-à-vis, ses rides et ses bourrelets, vagues à l'âme, oui, ça parle de soi en moi et ça sort de moi en ça, c'est ainsi la vie d'ici, virtuelle assise devant présentielle, y a de l'obsession, bien sûr, assurément, y a de l'addiction, du temps perdu à ne pas écrire, à ne pas contempler, à ne pas faire silence, à ne pas marcher dans la ville, on le sait, on le sent, la nuit, parfois, on a envie d'un mot de passe et du bleu pas Klein pas clean, on pense à ce papyrus infini qui donne du monde, qui donne du leste, des nouvelles légères, des pétitions pour des gens qu'on croisera pas mais qu'on espère sauver, ah oui, bonnes actions en un clic, mais si, c'est de soi qu'on parle quand on fait ça, on précise qu'on existe, on invite aux miroirs, alouette cacahuète, c'est du lien, ici, c'est du vivre ensemble, c'est l'entre-soi qu'on choisit, site de rencontres et de deuils, huggy les bons tuyaux et trolls des montagnes, on se souhaite les dates importantes par murs et par MP, on s'aime quand même, on se parle en vrai des choses qu'on a posté en faux, on dit tout, caca pipi sexy baby, on avale tout aussi, on digère peu, ça va vite, le soi s'en prend plein la gueule, on dit oui à qui veut venir, on accepte, on refuse, on éjecte, on reprend, on s'invite, on cherche la petite bête, on débat ou on s'ébat, on se brouille ou on s'ébroue, c'est de moi de toi de nous d'eux, un monde en soi, avec des limites de l'impossible, société de spectacle et spectacle de société, micro marché et macro cosmos, ici, là, tout le temps, 24/7, 365, archives d'un soi vieillissant, saisi par le froid de l'écran, des nous attendris par chats bébés dauphins humains dans le désordre, strates de soi et de voix, tout est nul tout est bon, on vrille le réel, on crache pas dans la soupe parce qu'on aime ça, on s'aime pas d'aimer ça mais on aime, et on écrira sa propre épitaphe par un statut mortel que tout le monde likera, ça sera comme ça et ça passera.

10:13 17/05/2016 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

21
avr

pli-s

les interstices sont ces plis ouverts vers l'infini. le geste de plier sa vie impose les coulisses, l'arrière pensée, le double jeu. et le mouvement haut-bas, gauche-droite, avant-après. roues et grilles. chaque pli dans le corps et dans le lit précipite le silence. d'abord, le pli est une coupure, un indice-scission, une rupture. il tue la durée et et sa zone de confort. il tue aussi le rythme imposant lourdeur et destin. le pli est des virages que le corps investit. le pli est nid, source, creux, sexe, désir. qu'il soit involontaire ou déclaré, il fait attendre le corps, il lui demande de cesser ce qu'il faisait (dépérir). des gens tueraient pour un pli, d'autres se tueraient pour leur échapper. c'est aussi une question de feuilletage. d'années en nuits, le corps féconde un rôle, un récit, des faux semblants et toute parole s'encombre de ne plus heurter, de ne plus risquer, de ne plus convaincre. avant ça, c'est encore du trouble. les plis comme passion et fiction. à un moment, les plis s'amoncellent (de toute façon). du plâtre mouillé, de l'aliénation, de l'immuable et de l'ombre. aucun sens d'utilisation, aucune pénétration sans amertume, aucune verticale. c'est ce corps plié mais sans dimension qui meurt. puis la ligne émerge, unique et triste. on signe (après quelques heures déjà) d'un X sur la stèle. et la nature - qui n'est que plis, elle - recouvre tout.

 

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15:22 21/04/2016 | Lien permanent | Tags : humoeurs, textes |  Facebook