26.07.2010

Luxe Intérieur - pdf à lire

L'ami Grégory Meurant a co-publié avec sa chérie un texte dans le nouveau PDF des Editions Au Diable Vauvert

voici le lien vers le lecture polymorphe: http://www.luxe-interieur.com/

13:47 Écrit par Milady Renoir Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lis tes ratures |  Facebook

FP Mény et facebook

il y a déjà quelques mois, voire un an que FP Mény est mort?

Je pense à lui souvent, je n'efface pas son adresse électronique de mes contacts, je relis parfois quelques textes et je prête souvent son livre.

Il y a quelques jours, sa soeur, Shanti, me contacte. Elle ouvre une page facebook en hommage aux écrits de son frère.

Je ne sais pas ce que FP Mény aurait dit d'une page facebook à son effigie mais je sais que ses écrits doivent être transmis, lus et mangés à la hauteur et vitesse de sa verve, de son verbe, haut et fort.

Je configure actuellement ma nouvelle boîte mail, je passe de yahoo à Gmail vu que ce premier a su effacer quelques dizaines de courriels, professionnels compris et je retrouve un "vieux" mail de FP Mény.

Même mort, il ne m'en voudra pas si ce texte est publié ici (et les Editions Sulliver qui lui ont fait confiance non plus ne m'en voudront pas).

Homme-mage, FP.


"Ma haine aujourd'hui ressemblait davantage à un point noir sur la cible, comme d'autres de l'alchimie, velours ras ou frisé.
Seuls les fous survivront......... Au milieu du gué de ce pays parti en couille, j'explique à la belle Argentine, ils ont viré les pauvres en prétendant les défendre. Des artistes sans oeuvre, du théatre sans auteurs et des faux marginaux en pagaille. Une odeur de tripot a Macao mais que l'odeur.

Un arbre fruitier produit énormément avant de crever, mécanisme de survie.
De nombreux migrateurs ne migrent plus, tandis que des oiseaux font souche.
Il étaie il est mort il se répand. Oups! Si c'est de l'autofiction, collez lui l'étoile jaune. Fessée cul nul sur la place de l'église.
Pendu haut et court ex abrupto Pan bania ne bronche plus. Ceux dont le style colle a la peau tombent a l'eau. Ténor au sud de l'ile de Pancréas. Homard le pipole mange un bar au basilic apres la nuit passée avec une metisse philippo-hollandaise, laquée plissée floquée safran fushia pine chocolat noir.

D'abord j'irai faire de la barque, ensuite je ferai de la radio, c'est parce que j'avais la radio dans ma barque, je me suis entrainée, ensuite, j'irai a pied au ministère où j'ai mes entrées. Mon Dieu mais quelle horreur coucher pour réussir, il suffit d'être bien hydratée ( je taquine de telle sorte que la barque ne se brisât pas)
Putain, on est plus tranquille nulle part, et si on va dans les bois, on va tomber sur le roi du contre ut, parait qu'il a déja un héritier. Ceux qui donnent des tribunes aussi sont ridicules. Les landais, c'est comme l'eau, l'intelligence existe mais faut avoir envie de la trouver, terre d'ovalie sectaire c'est pas du saint Nectaire.

Les signots du rafiot clignotent. Les systèmes d'alarme retentissent. On nous bassine. On va se révolter. Les travellings sur les rails laissent rarement voir le train, juste un typhon de citron, délire de l'extension, chute libre du bla bla de la pierre factice, still life, Zone de dilution initiale. Les caméras de vidéo surveillance n'ont pas de couleur. Allons cueillir les mures pour faire la confiture.

1 lyricomane solaire
1 lyricomane averti en vaut 2
1 lyricomane inverti avec des moufles
Une ombre dans l'embrasure de la porte
Un vrai croissant de lune avec l'angelot
Pas de lumière
Rien de trop
Le long des barrières, les gueux s'accumulent.

Merde, le génie est sorti, un mastodonte au coeur tendre des iles du pacifique. Laurent Outan en emporte le vent.' Les choses les plus humbles échappent à la représentation et obligent à penser autrement.' Full contact management de la pin up au bord de la piscine(ne pas se contenter de paroles creuses, il ne suffit pas d'avoir une belle façade) Les ouvriers de Noeud les mines ont en rien a branler des plasticines. La météo marine. Phil Spector et Lana clarkson en camping car Chausson. Lana, rongée par un cancer du sein ne résiste que par le seul espoir de revoir son fils ( un écrivain Français) T'as des pays où les écrivains sont des rock stars et des pays où ils sont des tocards accrochés aux schèmes, là, où le creux de sa bouche béait, pour de vrai.
Dans le métro du soir, l'insatiable Elodie, vient de mettre au monde son premier enfant. Elle se couche avec sa grosse couette en plume, elle fait sa comtesse au pieds nus. Elle remarque que les bougies ne tiennent pas dans la purée de carotte alors désenchantée, elle retire son top en crochet...........

Les écolos sont un peu comme les cathos, ils font beaucoup d'enfants, mais eux; butinent les fleurs.

Jolies filles en automne, les géraniums n'ont pas dit leur dernier mot, ne jetons pas aux orties nos fleurs dété. Y'en a une qui se fait encore torréfier. Lui, a un truc, quand il marche pieds nus, il croise les doigts de pieds.
- Non mais Bleu d'Auvergne, c'est pas une couleur
Ils sont cool des fois les baba cool.
- Tu sais le point commun entre un rugbyman et un rappeur...... Leur écrivain préféré s'appelle Paulo Coelho. Ils ont pas la tête bien ronde, ils ont bu trop de Pago.
- Je crois que je vais faire une indigestion de valeurs au confit de canard

Loin du tumulte orageux des guitares electriques, dérangements théatraux et théatre dérangeant, gré à gré et pan par pan, partons de ce postulat là.
Tous à la barque!
Avec la navigatrice, nous mouillons. On va atteindre la terre neutre. Il n'est ensuite pas impossible qu'on la viole avec un archet. 1200 hectopascals soit 38000 à l'ouest du cap prévision par zone mer agitée a forte sud extreme devenant variable 2à 4 dans l'aprés midi, mollissant 4à5@la fin avec des averses orageuses....C'est tout pour ce soir.

Les autocars sont de fabrication Française, les rongeurs viennent se régaler quand tombent les pommes.


Le midi, je mange mon risotto fusion avec les vieux. Ginette crie ' m'attachez pas! m'attachez pas!' Elle réclame sa canne pour manger avec des baguettes, elle bouffe à 1 kilomètre de sa table, par la voie rapide. 1 morceau de pain sur 2 est rassis, incognito. Elle va la fermer l'emmerdeuse! Au quatrième age, sous le chèvrefeuille, les hommes sont pas besef, et d'un coup c'est la fête a neu neu. Les mamies l'encouragent. ' Elle va tomber! Elle va tomber!' Jusqu'à ce qu'elle se casse la gueule
- Demande à l'abattoir s'ils gardent le sang pour faire le boudin noir.
A la porte de ce qui est perdu, abstract female au lait de bougresse, où les gallinacées sont plus proches de la perdrix

Lui, est sourd comme un pot, elle est maquillée comme un camion et ils s'aiment
- Tu dors?
- Non, je pense
Au delà de ce fatras, l'aventure commence au hameau délivrance, les créatures aléatoires sucent les héros ordinaires. Ce qui est avant reste idem. C'est surement plus simple, dés que le monde s'organise. Avec toute l'energie des mariages insolites, des choses un peu brouillonnes, je trouve que ce sanglier me regarde bizarre. Des que les kurdes dansent sur laJungle, il est temps de se barrer, les moustaches bougent toutes seules, la moquerie vire a l'aigre, le rire des truies sur leurs aubergines farcies.

Ignorant tout de mes pratiques russes et Bercé par le spleen d'un quotidien grisâtre, En Waterzoï Zapoï, On dit pas Oï bordel!

Quand on était jeunes on était des branleurs et maintenant, pour la même chose tu passes au journal de 20 heures"
FP.MENY/ FAITES ADHERER VOS AMIS
CONQUETE DU DESASTRE Editions sulliver avril 2008

13:40 Écrit par Milady Renoir Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lis tes ratures |  Facebook

07.07.2010

Annie Le Brun

toujours émouvantepower of books

12:50 Écrit par Milady Renoir dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lis tes ratures |  Facebook

22.06.2010

smile, don't smile, smile, don't smile


"
Il s'est mis à rire. Je n'ai jamais aimé qu'on rie. L'humour m'est étranger. Je n'ai jamais rien compris aux blagues. J'ai su dès mon enfance que la vie était une histoire sérieuse. Vivre est une odyssée. On doit savoir quelles sont ses armes, et apprendre à connaître les failles dans l'armure des autres. Le charme est une stratégie.Quand on n'a pas vu le jour dans le camp des gagnants, attaquer l'ennemie de front entraînerait une inéluctable déroute."

mime-attachment (15)

 

Régis Jauffret, Sévère, Paris, Seuil, 2010, pp. 52-53. 

(merci JMD)

 

09:48 Écrit par Milady Renoir dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lis tes ratures |  Facebook

21.06.2010

DEDICACE DE BERKOFF A PROPOS DE KVETCH (merci Suzy)

PEURshark

DÉDICACE

Nous vivons tous sous la menace de ta bombe, du cancer, des agents cancérigènes, de la maladie, du chômage, de l'impuissance, de la peur de la peur, des Noirs, des Blancs, de la police, des redevances, des impôts, des PV, d'avoir des trous de mémoire, perdre de l'argent, faire trop d'argent, perdre ses cheveux, devenir gros, devenir laid, être stupide, tomber à plat, être timide, être bête, se préoccuper des baffles qu'il faudrait acheter, comment réparer une voiture, un vélo, apprendre à jouer du piano, la peur d'échouer, ne pas faire bonne impression, la peur de la force des autres, la peur de la faiblesse, la peur d'être dévoilé, ne pas arriver â l'heure au boulot, ne pas avoir de retraite, de sécurité, la vieillesse, mourir, la guerre, être blessé dans un accident de la route, la peur d'être aveugle, d'être sourd, ne pas comprendre la plaisanterie, la peur des gens coriaces, la peur de prendre des risques, la peur de nager, de sauter, de plonger d'un plongeoir, la peur de la maladie, la peur de déménager, la peur de vendre, la peur d'acheter, la peur obsessionnelle des araignées, des armoires sombres, des couteaux, des voleurs à la tire, la peur des gens, des fêtes, de la foule, des gens intelligents, la peur d'affirmer ses opinions, la peur des femmes, la peur des hommes, la peur de la police, la peur de l'angoisse.

Cette pièce est donc dédiée à tous ceux qui ont peur.



 

10:08 Écrit par Milady Renoir dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lis tes ratures |  Facebook

20.06.2010

Soulier de satin de Claudel

Doña Prouhèze monte debout sur la selle et se déchaussant elle met son soulier de satin entre les mains de la Vierge.

"Vierge, patronne et mère de cette maison,
Répondante et protectrice de cet homme dont le cœur vous est pénétrable plus qu’à moi et compagne de sa longue solitude,
Alors si ce n’est pas pour moi, que ce soit à cause de lui,
Puisque ce lien entre lui et moi n’a pas été mon fait, mais votre volonté intervenante :
Empêchez que je sois à cette maison dont vous gardez la porte, auguste tourière, une cause de corruption !
Que je manque à ce nom que vous m’avez donné à porter, et que je cesse d’être honorable aux yeux de ceux qui m’aiment.
Je ne puis dire que je comprends cet homme que vous m’avez choisi, mais vous, je comprends, qui êtes sa mère comme la mienne.
Alors, pendant qu’il est encore temps, tenant mon cœur dans une main et mon soulier dans l’autre,
Je me remets à vous ! Vierge mère, je vous donne mon soulier !
Vierge mère, gardez dans votre main mon malheureux petit pied !
Je vous préviens que tout à l’heure je ne vous verrai plus et que je vais tout mettre en œuvre contre vous !
Mais quand j’essayerai de m’élancer vers le mal, que ce soit avec un pied boiteux ! La barrière que vous avez mise,
Quand je voudrai la franchir, que ce soit avec une aile rognée !
J’ai fini ce que je pouvais faire, et vous, gardez mon pauvre petit soulier,
Gardez-le contre votre cœur, ô grande Maman effrayante !"

(...)

"Qu'ai-je voulu que te donner la joie ! Ne rien garder ! Etre entièrement cette suavité ! Cesser d'être moi-même pour que tu aies tout ! Là où il y a le plus de joie, comment croire que je suis absente ? Là où il y a le plus de joie, c'est là qu'il y a le plus Prouhèze ! Je veux être avec toi dans le principe ! Je veux épouser ta cause ! Je veux apprendre avec Dieu à ne rien réserver, à être cette chose toute bonne... "

Ecstasy-of-Angeles_1-edit

01:59 Écrit par Milady Renoir dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lis tes ratures |  Facebook

19.06.2010

Revue Dissonances

Dissonances #18 Entrailles est sorti

et j'en suis. http://revuedissonances.over-blog.com/


Dissonances 18

 

 

Ce numéro a été mis en images par Erick MASSÉ

 

 

Edito : 

 

LA TRIPE C'EST CHIC


On peut faire les malins avec nos grosses cervelles et nos bonnes manières, on en est tous sortis, petits, fripés, hurlant, êtres de chair, matière, fruits d'entrailles nous-mêmes irrémédiablement. On s'y était sentis bien : logés au chaud, flottant, stupides et innocents sous perfusion copieuse on y avait germé puis forci et grandi: attentives, enveloppantes, elles s'étaient distendues et nous avaient nourris tout ce qu'il avait fallu pour, sans nous avertir, nous expulser soudain et, en contrepartie des services rendus, nous condamner dès lors à devoir composer sans cesse avec les nôtres - leur clones, nos dedans - qu'il faudrait contenter quasi à chaque instant sous peine de les faire se nouer ou s'agiter, d'en souffrir tout de suite et très concrètement, de se mettre en danger : nous serions désormais esclaves de nos tripes. Car, comme les dieux anciens, celles-ci sont capricieuses, puissantes et sans pitié. Elles exigent comme eux de constants sacrifices et se rappellent durement à qui les négligerait. Dissonances 18 au contraire s'en empare, s'en pare et les célèbre, gonflé à trente-deux pages où vingt-et-un auteurs se sont ouverts en grand pour déballer les leurs.


 

Jean-Marc FLAPP

 

 

Sommaire :

 

Rapport d'A. de Guillaume VISSAC

 

Problème Majeur de Lionel FONDEVILLE

 

Vomissures de Michel REYNAUD

 

Genèse de la Procréation in vacuum de Eric DEJAEGER

 

Chant des entrailles qui plus ne chient de Pier Mayer-Dantec

 

L'Entaille de Pierre de Tristan FELIX

 

Celle qui Manque de Cathy GARCIA

 

Mula d'Alban ORSINI

 

Petit Précis de l'Entraille de Yann DALL'AGLIO

 

Nothing Important Happened Today de Rodrigue VERON

 

Les Fruits Gâtés de Vos d'Elodie Le Bail

 

Détricoter mes entrailles de Marlène T

 

Biographie de la Pudeur d'Alban LECUYER

 

Prise de Pouvoir de Marc BONETTO

 

Mes Abats de Cendres LAVY

 

Adoravoration de Basile ROUCHIN

 

Back Inside de Loïc MARCHAND

 

Chiarogne de Sylvio SOBRAL

 

Mon Ventre Rose de Milady RENOIR

 

Ventre à Terre de Jean-Marc FLAPP

 

Dernier Mouvement d'Alain GIORGETTI

 

Questions à : Hubert HADDAD

 

Regards Croisés : Jérôme (Jean-Pierre MARTINET)

 

Fenêtre sur : les Editions HERMAPHRODITE

 

A lire, à voir, à ouïr

 

 

23:39 Écrit par Milady Renoir dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lis tes ratures |  Facebook

13.06.2010

"la dernière pierre" - fiction de Christine Van Acker

avant hier soir, malgré sinusite et fatigue organique, me voici au milieu d'une bibliothèque aussi appelée Maison du Livre. 

J'y retrouve Christine, Thierry qui m'ont accueillie récemment chez leur chez eux doux, vert et ombré. Leur maison d'hôte est une recommandation, autant que leur table.

la soirée est une lecture. Deux parties. Je ne mentionnerai que la première (je suis pourtant restée pour la seconde mais je préfère ignorer celle-ci).

trois jours avant la lecture sus-mentionnée, j'avais trouvé par hasard à Pêle-Mêle un exemplaire de ce livre que je voulais découvrir ce soir là. Entre Garcia-Lorca et Lautréamont, Christine Van Acker. 

ce livre, petit mais costaud est La dernière pierre.la dernière pierre

La lecture est audio sans visuelle. On écoute les voix et on entre dans cette pierre, dans cette vague qui tourne dans le granit. On devient le pied, la main, le coeur qui marchent au creux de cette pierre. On (re-)devient la pierre qui roule, qui subit le frottement. On devient la poussière humaine que le sol recueille. C'est une histoire, une lecture, un texte infernal, moulé comme un poing. Ci-dessous, les choses autour du texte et là, la fiction en toutes oreilles qui dure 27 minutes. Prenez votre temps.

*****************************

Christine Van Acker – La dernière pierre.
Illustrations : 
Stéphanie Buttay. Préface : Chantal Couliou. Collection Pleine Lune. 38 pages sur Bouffant crème. Couverture sur Keay Colour.           Format 14 x 16 cm.
ISBN : 978.2.930.235.89.9. Prix : 
9,00 €

(Il y a longtemps, à Sintra, au Portugal, un homme fut emprisonné à vie dans une tour. La seule chose qu'il pouvait y faire c'était marcher en rond. Il a tant tourné que le sol, aujourd'hui, en garde la marque ronde et creuse.)

Christine Van Acker est née avec l'invention de la « priorité de droite » en 1961. Elle a vécu son enfance sur un bateau et, aujourd'hui, elle n'est pas encore certaine d'avoir tout à fait le pied terrien. La dernière fois qu'on l'a vue, elle habitait dans un joli village qui s'appelle Lacuisine, en Belgique. Son tempérament nomade nous empêche de vous en dire davantage à ce jour.
Lauréate du Grand Prix SGDL 2009 de la Fiction Radiophonique pour « La dernière pierre ».

Née en 1968 au bord du Léman, Stéphanie Buttay traversa le lac et découvrit les auteurs de la Collection de l’art brut (Lausanne). Elle commença alors à jeter ses fils et ses lignes sur le papier. En 2005, elle a présenté son travail dans le cadre des Visions et Créations Dissidentes du Musée de la Création Franche (Bègles, Gironde), où elle figure désormais en tant que « créatrice concernée ».

Editions 
Les Carnets du Dessert de Lune, 67 rue de Venise, 1050 Bruxelles -B- dessertdelune@skynet.be  http://www.dessertdelune.be 
ou chez l'auteur : 
les.grands.lunaires@skynet.be 

Un extrait : 

 Je suis autour, je ne suis pas dedans.
Il est dedans, dedans la tour.
Il tourne, il tourne. Il ne se retourne pas.
Droit devant.
Chaque pas est le premier.
Il en fait un, il en fait dix, il en fait cent.
Et un autre qu'il n'a pas encore fait.

Je suis dehors, je ne suis pas lui.
Il tourne depuis cent ans.
Le sommeil, il ne le trouve plus. Le sommeil, c'est
derrière lui.
Il ne se retourne pas. Droit. Devant. Il tourne.
C'est de l'air traversé, c'est de l'évasion bon marché.
Quand on marche comme ça, on va forcément quelque part.
Il y va.
Je suis entrée. Non, je ne suis pas lui.
Pour les pierres de sa cellule, des tailleurs ont tapé fort,
coups après coups, ils sont venus à bout de la roche
brute, de la veine sauvage.
Ils lui ont donné une forme.
Alignées, ajustées, ces dalles sont faites pour durer plus
que ne durent les hommes, les fils des hommes, les
petits fils des hommes.
Lui, il tourne, il marche, il court, il appuie ses pas, il les
glisse, il les frotte.
Et la pierre commence à s'émouvoir. Elle s'use, elle
cède, se laisse prendre par cet homme qui oublie de
dormir, qui a tant de chemin à accomplir devant lui
avant qu'on ne vienne, peut-être, demain, le sortir de là, les pieds devants.

La pierre s'incline sous cette route infinie qui le mène depuis un an, depuis dix ans, depuis cent ans.

Je suis là. L'homme n'y est plus.
Il y a si longtemps de ça.
C'était du temps des histoires de princesses qui
dorment cent ans, des princes libres de venir les
embrasser et de repartir au loin, droit devant, tout
droit, plus loin que le bout de la terre tant leurs coeurs s'emballent quand ils aiment.

Je regarde la pierre creusée, le cercle étroit, parfait, sur le sol de la prison.
J'y place mes pieds. J'avance. Je tourne.
Je ne suis pas là.
Je ne suis pas lui.
Je suis entrée, non, je ne suis pas lui.
Je suis là.
Il y est.
Encore.
Nous y sommes. Nous tournons.
Ensemble.
Un an, dix ans, cent ans.
Un pas, un autre.
Jamais.
Le même. 

18:38 Écrit par Milady Renoir dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lis tes ratures |  Facebook

ah oui, j'ai oublié de vous dire que... je me sens écrire.

j'ai participé joyeusement à une ouvre collective (Avec Colette Nys-Masure, Nicolas Ancion, Veronika Mabardi, Rejane Peigny, Christine Van Acker, Alain Helissen, Vincent Tholomé, Vinciane Moeschler, Chantal Myttenaere, Françoise Lison-Leroy, Anne Schmitt) suite à la douce et enthousiaste invitation de Christine Van Acker. 
D'une phrase de môme, d'une réflexion, d'un sujet, ce livre(t) est né (merci Indications).

http://blog.lesgrandslunaires.org/je-me-sens-ecrire.html<...

je-me-sens écrire

Ce livre est distribué gratuitement. Si vous désirez le recevoir, c'est simple, vous envoyez les timbres. Contact : Christine Van Acker, les.grands.lunaires@skynet.be 

 

18:25 Écrit par Milady Renoir dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lis tes ratures |  Facebook

03.06.2010

"un homme qui dort" (Perec)

 

« Tu as tout à apprendre, tout ce qui ne s'apprends pas: la solitude, l'indifférence, la patience, le silence ». p62

 « Tu es seul, tu apprends à marcher comme un homme seul, à flâner, à voir sans regarder, à regarder sans voir. Tu apprends la transparence, l'immobilité, l'inexistence ».p64

FRAN HERBELLO ear wax
 
" En face du monde, l'indifférent n'est ni ignorant ni hostile. Ton propos n'est pas de redécouvrir les saines joies de l'analphabétisme, mais lisant, de n'accorder aucun privilège à tes lectures". p74

 « Qu’il fasse beau, qu'il fasse laid, que la pluie tombe ou que le soleil brille, que le vent souffle en rafales ou que nulle feuille ne bouge aux arbres...que tu sois perdu dans la foule ou seul sur une place déserte, tu marches encore, tu traines encore ».p79

 « Tu trouves, dans cette vie sans usure et sans autre frémissement ...un bonheur presque parfait, fascinant, parfois gonflé d'émotions nouvelles ».p87

 « Avec le temps, ta froideur devient fabuleuse ».p 97

 « Tu ne dis jamais s'il vous plait, bonjour, merci, au revoir. Tu ne t'excuse pas. Tu ne demandes pas ton chemin ».98

 « Tu n'es jamais pressé, jamais perdu. Tu ne regardes pas l'heure aux horloges. Tu n'as pas sommeil. Tu n'as pas faim. Tu ne bailles jamais. Tu n'éclates jamais de rire ».p98

 « L’indifférence n'a ni commencement ni fin: c'est un état immuable, un poids, une inertie que rien ne saurait ébranler ». p102

 « L’indifférence dissout le langage, brouille les signes. Tu es patient, et tu n'attends pas, tu es libre et tu ne choisis pas, tu es disponible et rien ne te mobilise »p103

 « Parfois, tu rêves que le sommeil est une mort lente qui te gagne, une anesthésie douce et terrible à la fois, une nécrose heureuse, le froid monte, lentement, t’engourdit, t’annihile » p148

 « Quelle merveilleuse invention que l’homme ! Il peut souffler dans ses mains pour les réchauffer et souffler sur sa soupe pour la refroidir ». p156

 « Le monde n’a pas bougé et tu n’as pas changé. L’indifférence ne t’a pas rendu différent ».p161

 

21:10 Écrit par Milady Renoir dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lis tes ratures, ego trip-e |  Facebook

Toutes les notes