28
nov

Entre Sympathique

M&C Saatchi a pensé cette carte postale spéciale pour le Gulf Restoration Network. Utilisant une encre spéciale disparaissant momentanément au contact de la peau, cette création permet d’appuyer le message pour la restauration du Golfe du Mexique suite à la marée noire.



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gulf-restoration-network-we-need-more-hands2

19:22 28/11/2011 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

23
nov

Robert Desnos - les espaces du sommeil

Dans la nuit il y a naturellement les sept merveilles
du monde et la grandeur et le tragique et le charme.
Les forêts s'y heurtent confusément
avec des créatures de légende cachées dans les fourrés.
Il y a toi.

Dans la nuit il y a le pas du promeneur
et celui de l'assassin et celui du sergent de ville
et la lumière du réverbère
et celle de la lanterne du chiffonnier.
Il y a toi.

Dans la nuit passent les trains et les bateaux
et le mirage des pays où il fait jour.
Les derniers souffles du crépuscule
et les premiers frissons de l'aube.
Il y a toi.

Un air de piano, un éclat de voix.
Une porte claque. Un horloge.
Et pas seulement les êtres et les choses et les bruits matériels.
Mais encore moi qui me poursuis ou sans cesse me dépasse.
Il y a toi l'immolée, toi que j'attends.

Parfois d'étranges figures naissent
à l'instant du sommeil et disparaissent.
Quand je ferme les yeux,
des floraisons phosphorescentes apparaissent
et se fanent et renaissent comme des feux d'artifice charnus.
Des pays inconnus que je parcours en compagnie de créatures.
Il y a toi sans doute, ô belle et discrète espionne.

Et l'âme palpable de l'étendue.
Et les parfums du ciel et des étoiles
et le chant du coq d'il y a 2,000 ans
et le cri du paon dans des parcs en flamme et des baisers.

Des mains qui se serrent sinistrement dans une lumière blafarde
et des essieux qui grincent sur des routes médusantes.
Il y a toi sans doute que je ne connais pas,
que je connais au contraire.

Mais qui, présente dans mes rêves,
t'obstines à s'y laisser deviner sans y paraître.
Toi qui restes insaisissable
dans la réalité et dans le rêve.

Toi qui m'appartiens de par ma volonté
de te posséder en illusion
mais qui n'approches ton visage du mien
que mes yeux clos aussi bien au rêve qu'à la réalité.

Toi qu'en dépit d'un rhétorique facile
où le flot meurt sur les plages,
où la corneille vole dans des usines en ruines,
où le bois pourrit en craquant sous un soleil de plomb.

Toi qui es à la base de mes rêves
et qui secoues mon esprit plein de métamorphoses
et qui me laisses ton gant quand je baise ta main.
Dans la nuit il y a les étoiles
et le mouvement ténébreux de la mer,
des fleuves, des forêts, des villes, des herbes,
des poumons de millions et millions d'êtres.

Dans la nuit il y a les merveilles du mondes.
Dans la nuit il n'y a pas d'anges gardiens
mais il y a le sommeil.
Dans la nuit il y a toi.

Dans le jour aussi.

Robert Desnos

Adi Lavy Camp.jpg (Adi Lavy Camp)


Sleep spaces

In the night there are of course the seven wonders
of the world and the greatness tragedy and enchantment.
Forests collide with legendary creatures hiding in thickets.
There is you.

In the night there are the walker's footsteps
the murderer's
the town policeman's light
from the streetlamp and the ragman's lantern
There is you.

In the night trains go past and boats
and the fantasy of countries where it's daytime.
The last breaths of twilight
and the first shivers of dawn.
There is you.

A piano tune, a shout.
A door slams. A clock.
And not only beings and things and physical sounds.
But also me chasing myself or endlessly going beyond me.
There is you the sacrifice, you that I'm waiting for.

Sometimes at the moment of sleep strange figures
are born and disappear.
When I shut my eyes
phosphorescent blooms appear and fade
and come to life again like fireworks made of flesh.
I pass through strange lands with creatures for company.
No doubt you are there, my beautiful discreet spy.

And the palpable soul of the vast reaches.
And perfumes of the sky
and the stars the song of a rooster from 2000 years ago
and piercing screams in a flaming park and kisses.

Sinister handshakes in a sickly light
and axles grinding on paralyzing roads.
No doubt there is you who I do not know,
who on the contrary I do know.

But who, here in my dreams, demands
to be felt without ever appearing.
You who remain out of reach
in reality and in dream.

You who belong to me through my will
to possess your illusion
but who brings your face near mine
only if my eyes are closed in dream as well as in reality.

You who in spite of an easy rhetoric
where the waves die on the beach
where crows fly into ruined factories,
where the wood rots crackling under a lead sun.

You who are at the depths of my dreams
stirring up a mind full of metamorphoses
leaving me your glove when I kiss your hand.
In the night there are stars
and the shadowy motion of the sea,
of rivers, forests, towns, grass
and the lungs of millions and millions of beings.

In the night there are the seven wonders of the world.
In the night there are no guardian angels,
but there is sleep.
In the night there is you.

In the daylight too.

21:45 23/11/2011 | Lien permanent | Tags : humoeurs, lis tes ratures |  Facebook

16
nov

Karen Guillorel, effort ever

Karen G., l'amie, la marcheuse, l'artiste, la femme, dans le désordre d'apparition.

Karen G.jpg

 

et une vidéo d'elle et de l'ami Yann Minh.

IRE.

IRE_extrait.png

17:54 16/11/2011 | Lien permanent | Tags : arts, lis tes ratures |  Facebook

14
nov

Postures.

http://revuepostures.com/

juste ça.

18:46 14/11/2011 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

Manifeste mutantiste

Manifeste mutantiste 1.1 de Mathias Richard et al. « Le mutantisme est un logiciel psychique s'adressant aux personnes voulant penser et créer hors de ce qui est. » Que faire quand on s'emmerde à mourir dans la France des années 2010 ? Réponse : devenir mutantiste ! Le seul avantage d'une époque-désert comme celle-ci, c'est que tout est réinitialisé, et que des zozos peuvent tout reprendre à zéro. Le seul avantage de cet espace lisse désertifié -ce monde- est que des originaux peuvent en récréer les plis. Tout reprendre à zéro. S'organiser. Tout reprendre à zéro. Tout est fini. Rien n'a commencé. Auto-organisation. Mutantisme. Hymne à la création, à la solidarité entre « différants » (voire « inadaptés », ceux qui font « un pas de côté »), Manifeste mutantiste 1.11, de Mathias Richard, exprime les principes du « mutantisme »2. Texte de poésie, de pensée, manifeste littéraire et artistique, manuel, essai transgenre avec liste de protocoles de création (« machines abstraites ») et d'exemples (textes, images...), notice technique, contrepoison à une époque mortifère, rassemblement de singularités utilisant l'environnement technoscientifique et informationnel, le Manifeste mutantiste propose des perspectives créatives et communautaires. Le mutantisme est un réseau asocial (tellement asocial qu'il est toujours en voie d'effondrement, de disparition !) et une cellule de recherche et développement sur la multiplicité des formes et des formats. Certains qualifient cet agrégat de « situationnisme psychédélique ». Du noir, mais en couleur ? Des arcs-en-ciel, mais noirs ! Le livre s'organise en trois mouvements : (1) le manifeste lui-même, constitué dix chapitres modulaires3 très brefs (des modules synthétiques), sauf le dernier, (2) le module « Machines », qui est hypertrophié, atteint d'éléphantiasis, car son principe, matriciel, est d'être développable, augmentable à l'infini, d'être l'objet d'ajouts par qui veut, ouvert à tous vents, [20 auteurs participent à cette partie] (3) un appendice contenant des exemples et des textes de création, trop longs pour être insérés dans le corps même du manifeste, dont le texte « Réplicants » (chronologiquement première oeuvre-application issue des machines mutantistes) qui à lui seul pourrait constituer un livre autonome. Une grande force du Manifeste mutantiste est son aspect synthétique, la qualité de sa synthèse d'éléments civilisationnels, culturels, sa vision transversale traversant les différents champs, s'attardant particulièrement, dans cette version, sur celui de la création (art, littérature...). C'est un texte matriciel qui donne des pistes pour créer. 1/ En art et littérature, le mutantisme déclare une table rase et une reconstruction des genres sous forme de machines. 2/ D'un point de vue social, le mutantisme constitue un appel aux « déviants » à s'allier, ou du moins s'agréger (pour solidarité, amusement, émulation, créativité accentuée accélérée, projets, soutien des uns et des autres à travers la construction d'un réseau). Le mutantisme rêve de créer une zone de solidarité entre ceux qui ne se reconnaissent dans rien et veulent créer, commencer, de nouvelles choses. Les « différants » sont souvent convaincus qu'ils sont des erreurs et frappés d'anomie sociale. Nous sommes divisés pour être mieux régnés, il n'y a plus aucune solution collective. Un début : mutantisme. Mutantisme = 1/ un constat sur une époque ; 2/ une façon de créer ; 3/ un agrégat de personnes se déclarant « mutantistes ». Ce livre déclare une réinitialisation générale, une reconfiguration. « Création, solidarité, liberté », semble-t-il nous dire. « Le mutantisme est un programme de réinitialisation d'où naissent de nouvelles catégories, de nouvelles classifications, de nouvelles formes. » Manifeste mutantiste 1.1 de Mathias Richard et al. Avec la participation de Nikola Akileus, Gabriel Azais, Guénolé Boillot, Philippe Boisnard, Antoine Boute, Lucille Calmel, Cyrill Chatelain, Georges Cl4renko, Yvan Corbineau, Grégoire Courtois, Etienne Dodet, Christophe Esnault, Caroline Hazard, Hypsis, LWO, Méryl Marchetti, Cédric Micchi, Virgile Novarina, François Richard, Yannick Torlini. ________ (1) La numérotation « 1.1 » indique que c'est une version augmentée (et mise à jour) par rapport à la première version « 1.0 » parue en ligne le 10 janvier 2010, sur le site http://mutantisme.free.fr/ (2) Il est question ici de mutation par la pensée (modes de représentation) et non par reproduction biologique. (3) La structure modulaire (et non linéaire avec un début et une fin) du manifeste participe de son sens même : ouverture, non finitude, recombinaisons. Entrées du sommaire Prologue / CONTEXTE / "ISSU DE L'HOSTILITE DU MONDE..." / MULTIPLICITE / L'ENTRE / L'IMAGINAIRE MUTANTISTE / EXTRA-TERRESTRE / ROBOT / INFORMATION / MORFOJEN / MACHINES [20 auteurs] / CONCLUSION PROVISOIRE APPENDICE : Capteurs céphalomorphes / Réplicants / Pouvoirs / Stephen King Kong / Crédits http://www.camerasanimales.com/livre07

16:36 14/11/2011 | Lien permanent | Tags : arts, lis tes ratures |  Facebook

19
oct

Un texte dans la revue Syncope

  • Parution du n°1 de  la revue
  • Syncope, MARTYR(E), écrits et visuels, à
  • lire et à voir absolument.

ABSOLUMENT!

 

JU

Ju in Martyr(e).  (par jacques cauda)


Syncope est une revue érotique, pornographique et corporelle (tirée à 100 exemplaires) publiée par les éditions Crimen Amoris, situées à Mons en Baroeul (F-59370). Le numéro #1 est sorti depuis peu. Un de mes textes s'y trouve. J'en suis ravie.

 

21:53 19/10/2011 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures, arts |  Facebook

13
sep

All I don't like, everything I like

no regret.gif
rien de rien...

10:36 13/09/2011 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

Schmitt and I...

full.jpg (ha ha) (qui lui a "monté" sa bibliothèque??)

10:31 13/09/2011 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

8
sep

Les Batis, allez-y.

LES BATIS.jpgclic...

22:44 08/09/2011 | Lien permanent | Tags : arts, lis tes ratures |  Facebook

30
aoû

Livré(s) à Domicile

22:50 - Lundi 12 Septembre
ladeux
  • Durée: 00:30
  • Genre: Magazine
La seule émission littéraire télévisuelle de Belgique francophone, Mille-feuilles, change de forme, de récurrence... et de nom. Dès ce soir, avec la même équipe, la RTBF lance un concept original, unique dans le paysage audiovisuel, afin de rendre le propos sur les livres plus actuel, en phase avec l'évolution de la télévision. Pour cela, l'équipe de « Livrés à domicile » va sortir du studio et emmener ses caméras chez les lecteurs et lectrices. Dans « Livrés à domicile », Thierry Bellefroid continuera à parler de toutes les littératures, tant avec les chroniqueurs : Michel Dufranne, Gorian Delpâture, Ysaline Parisis, Laurent Dehossay et Jacques De Decker, qu'avec les invités et les lecteurs. Pour ce premier rendez-vous : l'émission a élu domicile chez une lectrice schaerbeekoise qui reçoit Eric-Emmanuel Schmitt pour son livre « La femme au miroir ».
Livrés à domicile
  • Journaliste présentateur: Thierry Bellefroid
  • Producteur: Anne Hislaire
  • Chroniqueur: Laurent Dehossay, Michel Dufranne

 

Une lectrice Schaerbeekoise = Emmeline Dolléans (alias Milady Renoir)

11:19 30/08/2011 | Lien permanent | Tags : ego trip-e, lis tes ratures |  Facebook

22
aoû

demain, de 14 à 16h...

je bois le thé avec...

 

lis tes ratures             et en fait, je me réjouis...

10:28 22/08/2011 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

BELA - MIDI... ici. (Femme qui parle avec les genoux)

Femme qui parle avec les genoux

By Milady Renoir

Ce texte fait partie de la série « Bruxelles Midi », proposée en étroite collaboration avec ONLiT.

Je connais des mots. Je sais que parler est signe de vie. Lalala-lallation, articulations, déferlement, siphons, alcools, grosse, rosse, os… Je dis les mots qui me font, les mots que je suis, exemples: j’ai-quarante-et-un-ans-si-si-on-dirait-plus-mais, j’ai soif, j’ai froid, j’ai pas faim, je voudrais, non, oui, putain de bordel, il y a des mots disparus, des mots que je sais prononcer mais que je dis plus, ils sont plus nombreux que ceux que je dis encore, je compte pas mais je sens leur manque, leur absence bien là, y a plus moyen de les récupérer, plus je m’accroche à ceux qui restent, plus les autres effacent leurs pas dans ma neige, j’ai plein d’place dans ma tête, pour les vapeurs, la pollution, les salauds et pour de l’amour bien sûr, ce n’est pas que ces mots qui me quittent deviennent flous, ils sont juste morts, enterrés sous les pierres, parfois l’accident, du jour au lendemain, ou c’est à force de les prononcer, de les balbutier, de leur manquer, que je ne sais plus les reconnaître, comme quand on a la jambe morte, pas les fourmis, d’la vraie mort, j’ai connu des longs, des forts et des étrangers, des mots comme les attouchements, comme les murmures ou comme des rugosités, là, à force de traîner par terre avec tout ce corps qui tient plus que couché, mon dictionnaire fond, les mots persiflent en dehors de ma bouche, ils s’cassent comme du cristal, trahissent, quand il m’en sort un, j’suis saisie, je le crie, je le bave, les gens m’entendent mal, m’écoutent pas, prennent peur ou alors j’ai rien dit, je l’ai senti monter mais il a freiné, palais fermé, je gobe un moucheron, j’laisse le vent m’fuir. Je me retiens ici, du midi au minuit, monticule serré sur trois carrés de ma chambre à nerf conditionné. Fermez les portes! Aux heures de pointe, c’est Waterloo (dép.05:19 arr. 05:37 – voie 11),  un vivier de crabes aux pinces dehors, ils marchent droit, frottent leurs chaussures sur mon tapis dur, laissent des traces que Berta lèchera. Quand vous passez, passez, balancez le sel par d’ssus votre épaule, ça réduira votre mauvais sort. J’mendie pas, j’observe. Gavée d’allers, regavée de retours, j’suis dans mon train train, bien calée, le mur froid dans le dos. Élevée au sol, veillée au grain, grosse, folle (mais j’ai mes papiers).

la suite, là: http://blog.bela.be/?p=671

Susanna Hesselberg man water.jpg(photo by Susanna Hesselberg)

00:03 22/08/2011 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

21
aoû

ramachandran

une version sous titrée d'un ptit talk de ramachandran le neurologue

22:31 21/08/2011 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures, act-u |  Facebook

5
aoû

Le Café-Concert de Gamberra : Saison 2011-2012.


Message de mon ami Alexandre Gamberra, écrivain et autres vices qui organise des soirées salons à Bordeaux. J'ai clotûré leur saison 2011 en mai... http://blackempire.canalblog.com/


Sophie et moi sommes en train d’élaborer la programmation de notre nouvelle saison. Nous voulons mettre en place six « dates ».

Ainsi, Black Empire, l’Autre rive fera sa rentrée le samedi 29 octobre à Bordeaux, dans les locaux du Zig-Zag (73, cours de l’Argonne) animé par le sympathique Augustin et son équipe. Cette soirée sera consacrée à Gilles Monplaisir qui sera accompagné par l’excellent groupe Handle with Care.

Pour novembre (date à préciser), nous devrions recevoir notre amie parisienne Marie L. (accord de principe – détails à régler). Marie L. vient de publier une nouvelle édition de Confessée suivi de Quelques lettres au milieu d’elle aux éditions Cartouche (2011).

Début décembre, nous devrions avoir la joie d’accueillir l’auteure suisse Anne-Sylvie Sprenger : Vorace (2007), Sale fille (2007) et La Veuve du Christ (2010), trois récits publiés chez Fayard). Romancière, Anne-Sylvie Sprenger écrit des chroniques littéraires et des articles culturels dans de nombreux journaux suisses. Nous voudrions que pour sa soirée une amie musicienne, Marion D., qui viendrait de Rennes, l’accompagne au violoncelle.

En février 2012, nous reconduirons le partenariat avec AIDES, dans le cadre de « La Semaine des sexualités » (initiée pour la première fois en 2011) et nous proposerons une soirée BDSM. Nous explorons plusieurs pistes pour offrir à notre public des réflexions et des productions artistiques de qualité mais d’ores et déjà nous sommes en mesure d’annoncer une belle exposition de notre ami parisien Jean Fabien ainsi que la présence de son modèle Roxane.

Pour mars, nous attendons les réactions de plusieurs ami(e)s que nous avons sollicité(e)s.

Nous terminerons « l’année » en avril avec un nouveau partenariat : nous montons une « opération » conjointe avec les ami(e)s et le collectif de L’Entre Dit. La soirée permettra la diffusion du numéro 4 de leur revue. Voici d’ailleurs l’Appel à contribution diffusé à cette occasion :

« En vue d'une collaboration avec nos amis de l'association Black Empire pour une soirée spéciale (dans le cadre du café-concert d'Alexandre Gamberra) où l'Entre-Dit sortira sa quatrième revue, nous sommes à la recherche dès à présent de textes (et d'un artiste-plasticien) - à envoyer avant le mois de mars.

La perspective des textes de la revue est celle de l'expression du corps et des chairs dans un rapport original, singulier, violent - etc, à soi et aux discours standardisés contemporains. Expression charnelle à la marge donc, exploration du sujet et de son monde intime.

La soirée quant à elle traitera cette problématique (ou plutôt expression) générale à travers l'angle du masque, sa notion et son emploi. Cela sera le fil d'ariane de l'évènement au Zig Zag, à Bordeaux, avec Black Empire ainsi que de l'exposition plastique dont la soirée sera l'inauguration.

***

       Un corps ne se donne jamais à voir dans une totale nudité, sauf dans la mort ; un corps est toujours "masqué" par le social ; chacun porte un ou plusieurs masques, choisis par le sujet ou induit
par le social.

 Alexandre Gamberra


écriture aux couteaux parler au corps sans mots sans plus de territoire excepté celui redéfini suer la persona la maltraîter lui donner une peau nouvelle l'expliquer la donner à voir nue ou non mais comme seule et arrachée des discours au grand D - peindre quelque chose dans la lutte à soi même -


***

A chacun de lire tous ces mots comme il l'entend et de nous transmettre via notre email ses textes, de quelque nature formelle que ce soit. Si des questions surviennent dans vos messages, nous y répondrons avec toute l'attention possible. Surtout, n'attendez pas.

Au plaisir de vous lire, de vous voir, et avec nos salutations,
email : inter-dit@hotmail.fr »


Nous encourageons tou(te)s nos ami(e)s écrivains, plasticiens, photographes à répondre favorablement à cet appel. La soirée d’avril 2012 pourrait ainsi cristalliser de merveilleux « dialogues » artistiques. Au fil des mois, nous informerons régulièrement notre « réseau » de l’avancée des préparatifs.

Dans le même temps où nous organiserons « Le Café-Concert de Gamberra », Black Empire, l’Autre rive, en partenariat avec l’Atelier Christian Gamaury, proposera une exposition des photographies de Marc Bonnard (sexologue, photographe). Cette manifestation sera placée sous le signe des rapports Ouest/Est, Occident/Inde, et de la quête de spiritualité. Elle se déroulera pendant trois semaines aux Chartrons, à Bordeaux, à l’Atelier Gamaury.

Enfin, mais il est beaucoup trop tôt pour en parler, nous essayons de jeter les bases d’un projet de création et de diffusion culturelle articulant le vecteur informatique et les pratiques artistiques, impliquant notre Association, la Librairie Mollat et (une composante de) l’université de Bordeaux 3. Nous en sommes en la matière aux discussions exploratoires.

15:25 05/08/2011 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

21
jui

Un texte martyr(e) dans un(e) Syncope

Un texte en désordre sera publié dans la prochaine édition de la revue ART Syncope. issue de Crimen Amoris

Ont participé ces gens là:

Michel CegarraFlorence DarpierLaurent BouckenoogheManuel DaullJean FabienGaspard GarciaMaël GuesdonCendres LavyMarc DubordG.M.Renaud LouchartRenaud GayteMathieu LefebvreRaphaël DesquilbetAnne LetoréEric MonbelAgathe DananaïJacques CaudaYves GobartPatrick VaretzFabien GranetRaphaël NealChristophe EsnaultAlexandre LejeuneGeoffroy BogaertMilady RenoirAurian Guerard Des LauriersLauren GlaçonLouis-Charles FumeryMartin BarbierBuck BottleneckStéphane ZoulianiJean-Michel AgrainLaurent Jaffier - Nicolas Deprez -Pierre Lippens - Gabrielle LissotMarie DecarninLaurie PotironBulle DesquiensQuentin BouriezLe café L'ÉcartLa librairie L'Harmattan

La galerie Une poussière dans l'œil

Le numéro zéro y est, là.
net40.jpg

 

 

 

22:52 21/07/2011 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

15
jui

Puissance des mots...

http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/fichelivre.asp?n_liv_cerf=7615

 

La Puissance des mots - « Virtus verborum » Agrandir l'image La Puissance des mots - « Virtus verborum »
Débats doctrinaux sur le pouvoir des incantations au Moyen Âge

13:04 15/07/2011 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

11
jui

J'habite pas loin de la gare du Nord mais j'écris gare du Midi.

BELA, Bibliothèque en Ligne des Auteurs (SCAM/SACD), et ONLiT asbl, plateforme d'édition en ligne, s'associent pour proposer, tout l'été durant, 9 textes inédits autour du thème "BRUXELLES MIDI".

Une gare ? En été ? Un meurtre ? À midi ? Un départ en vacances ? Une chaleur suffocante ? Un train en retard ? Où l’ennui guette ? Une arrivée ? Un dernier verre au bar des habitudes ? Le compte à rebours a-t-il commencé ?

Tout est possible cet été, chaque mercredi du 6 juillet au 31 août, sur http://www.bela.be et http://www.onlit.org !

Carte blanche sera donc donnée à 9 auteurs belges de talent : Daniel Adam, Véronique Bergen, Frédéric Bourgeois, Patrick Delperdange, Caroline De Mulder, Christophe Ghislain, Edgar Kosma, Milady Renoir et Régine Vandamme.

Les textes seront publiés simultanément sur les sites BELA et ONLiT pour la plus grande diffusion des auteurs et la plus grande joie des lecteurs.

ONLiT : http://www.onlit.org

BELA : http://www.bela.be

 

 

Mon texte sera publié cet été, vers le 27 juillet, je crois.

10:28 11/07/2011 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

26
jui

Léon Gontran-Damas

SHINE

Léon GONTRAN-DAMAS

Pour Louis Armstrong

Avec d'autres
des alentours
avec d'autres
quelques rares
j'ai au toît de ma case
jusqu'ici gardé
l'ancestrale foi conique

Et l'arrogance automatique
des masques
des masques de chaux vive
jamais n'est parvenue à rien enlever jamais
d'un passé plus hideux
debout
aux quatre angles de ma vie

Et mon visage brille aux horreurs du passé 
et mon rire effroyable est fait pour repousser le spectre des lévriers traquant le marronnage
et ma voix qui pour eux chante
est douce à ravir
l'âme triste de leur por-
no-
gra-
phie

Et veille mon coeur

et mon rêve qui se nourrit du bruit de leur
dé-
gé-
né-
rescence
est plus forte que leurs gourdins d'immondices brandis

(Pigments, 1939)

  1. - Réalité 
                                                                 (extrait de Pigments)
 
De n'avoir jusqu'ici rien fait
détruit
bâti
osé
à la manière
du Juif
du Jaune
Pour l'évasion organisée en masse
de l'infériorité
C'est en vain que je cherche
le creux d'une épaule
où cacher mon visage
ma honte
de
    la
       Ré
           a
              li
                té.
 
                                                                        
                                                                        2. Solde
 
                                                                                                   Pour Aimé Césaire
 
J'ai l'impression d'être ridicule
dans leurs souliers
dans leur smoking
dans leur plastron
dans leur faux-col
dans leur monocle
dans leur melon
 
J'ai l'impression d'être ridicule
avec mes orteils qui ne sont pas faits
pour transpirer du matin jusqu'au soir qui déshabille a
vec l'emmaillotage qui m'affaiblit les membres
et enlève à mon corps sa beauté de cache-sexe
 
J'ai l'impression d'être ridicule
avec mon cou en cheminée d'usine
avec ces maux de tête qui cessent
chaque fois que je salue quelqu'un
 
J'ai l'impression d'être ridicule
dans leurs salons
dans leurs manières
dans leurs courbettes
dans leur multiple besoin de singeries
 
J'ai l'impression d'être ridicule
avec tout ce qu'ils racontent
jusqu'à ce qu'ils vous servent l'après-midi
un peu d'eau chaude et des gâteaux enrhumés
 
J'ai l'impression d'être ridicule
avec les théories qu'ils assaisonnent
au goût de leurs besoins
de leurs passions
de leurs instincts ouverts la nuit
en forme de paillasson
 
J'ai l'impression d'être ridicule
parmi eux complice
parmi eux souteneur
parmi eux égorgeur
les mains effroyablement rouges
du sang de leur ci-vi-li-sa-tion
 
                              
                                                             3. - Limbe
 
                                                                   Pour Robert Romain
 
Rendez-les-moi mes poupées noires
qu'elles dissipent
l'image des catins blêmes
marchands d'amour qui s'en vont viennent
sur le boulevard de mon ennui
 
Rendez-les-moi mes poupées noires
qu'elles dissipent l'image sempiternelle
l'image hallucinante
des fantoches empilés fessus
dont le vent porte au nez
la misère miséricorde
 
Donnez-moi l'illusion que je n'aurai plus à contenter
le besoin étale
des miséricordes ronflant
sous l'inconscient dédain du monde
 
Rendez-les-moi nies poupées noires
que je joue avec elles
les jeux naïfs de mon instinct
resté à l'ombre de ses lois
recouvrés mon courage
mon audace
redevenu moi-même
nouveau moi-même
de ce que Hier j'étais
hier
   sans complexité
              hier
quand est venue l'heure du déracinement
 
Le sauront-ils jamais cette rancune de mon coeur
A l'œil de ma méfiance ouvert trop tard
ils ont cambriolé l'espace qui était le mien
la coutume
les jours
la vie
la chanson
le rythme
l'effort
le sentier
l'eau
la case
la terre enfumée grise
la sagesse
les mots
les palabres
les vieux
la cadence
les mains
la mesure
les mains
les piétinements
le sol
 
Rendez-les-moi mes poupées noires
mes poupées noires
poupées noires
noires
    noires.
 
 
                                                          4. - Blanchi
 
                                                  Pour Christiane et Alioune Diop
 
Se peut-il donc qu'ils osent
me traiter de blanchi
alors que tout en moi
aspire à n'être que nègre
autant que mon Afrique
qu'ils ont cambriolée
 
Blanchi
 
Abominable injure
qu'ils me paieront fort cher
quand mon Afrique
qu'ils ont cambriolée
voudra la paix la paix rien que
la paix
 
Blanchi
 
Ma haine grossit en marge
de leur scélératesse
en marge
des coups de fusil
en marge
des coups de roulis
des négriers
des cargaisons fétides de l'esclavage cruel
 
Blanchi
 
Ma haine grossiten marge
de la culture
en marge des théories
en marge des bavardages
dont on a cru devoir me bourrer au berceau
alors que tout en moi aspire à n'être que nègre
autant que mon Afrique qu'ils ont cambriolée.
 
                                                              
                                                             5. - Obsession
 
Un goût de sang me vient
un goût de sang me monte
m'irrite le nez
la gorge
les yeux
 
Un goût de sang me vient
un goût de sangm'emplit
le nez
la gorge
les yeux
 
un goût de sang me vient
âcrement vertical
pareil
à l'obsession païenne
des encensoirs.
 
 
                                                             6. - Hoquet
 
                                                     Pour Vashti et Mercer Cook
 
Et j'ai beau avaler sept gorgées d'eau
trois à quatre fois par vingt-quatre heures
me revient mon enfance
dans un hoquet secouant
mon instinct
tel le flic voyou
Désastre
parlez-moi du désastre
parlez-m'en
 
Ma mère voulant d'un fils très bonne manière à table
les mains sur la table
le pain ne se coupe pas
le pain se rompt
le pain ne se gaspille pas
le pain de Dieu
le pain de la sueur dit front de votre Père
le pain du pain
 
Un os se mange avec mesure et discrétion
un estomac doit être sociable
et tout estomac sociable
se passe de rots
une fourchette n'est pas un cure-dents
défense de se moucher
au su
au vu de tout le monde
et puis tenez-vous droit
un nez bien élevé
ne balaye pas l'assiette
 
Et puis et puis et puis
au nom du Père
           du Fils
           du Saint-Esprit
à la fin de chaque repas
 
Et puis et puis
et puis désastre
parlez-moi du désastre
parlez-m'en
Ma mère voulant d'un fils mémorandum
 
Si votre leçon d'histoire n'est pas sue
vous n'irez pas à la messe
dimanche
avec vos effets des dimanches
 
Cet enfant sera la honte de notre nom
cet enfant sera notre nom de Dieu
 
Taisez-vous Vous ai-je ou non dit qu'il vous fallait parler français
le français de France
le français du français
le français français
 
Désastre
parlez-moi du désastre
parlez-m'en
 
Ma mère voulant d'un fils
fils de sa mère
 
Vous n'avez pas salué voisine
encore vos chaussures de sales
et que je vous y reprenne dans la rue
sur l'herbe ou la Savane
à l'ombre du Monument aux Morts
à jouer
à vous ébattre avec Untel
avec Untel qui n'a pas reçu le baptême
 
Désastre
parlez-moi du désastre
parlez-m'en
Ma mère voulant d'un fils très do
très ré
très mi
très fa
très sol
très la
très si
très do
ré-mi-fa
sol-la-si
do
 
Il m'est revenu que vous n'étiez encore pas
à votre leçon de vi-o-lon
Un banjo
vous dites un banjo
comment dites-vous
un banjo
laissez donc ça aux nègres.
un banjo
Non monsieur
   vous saurez qu'on ne souffre chez nous
ni ban
ni jo
ni gui
ni tare
les mulâtres ne font pas ça
laissez donc ça aux nègres.
 
damas-f.jpg 
 
                                                                  7. - Bientôt
 
Bientôt
je n'aurai pas que dansé
Bientôt
je n'aurai pas que chanté
Bientôt
je n'aurai pas que frotté
Bientôt
je n'aurai pas que trempé
Bientôt
je n'aurai pas que dansé
chanté
frotté
trempé
frotté
chanté
dansé
    Bientôt
 
 
 
                                                          8. - Ils sont venus ce soir
 
                                                         Pour Léopold-Sédar Senghor
 
 
Ils sont venus ce soir oùle
tam
   tam
         roulait de
                      rythme
                                   en rythme
                                                   la frénésie
des yeux
la frénésie des mains
la frénésie
des pieds de statues
DEPUIS
combien de MOI MOI MOI
sont morts
depuis qu'ils sont venus ce soir où le
tam
    tam
         roulait de
                       rythme
                                  en rythme
                                                 la frénésie
des yeux
la frénésie
des mains
la frénésie
des pieds de statues.
 
 
 
                                                                 9. - Ils ont
 
Ils ont si bien su faire
si bien su faire les choses
les choses
qu'un jour nous avons tout
nous avons tout foutu de nous-mêmes
tout foutu de nous-mêmes en l'air
 
Qu'ils aient si bien su faire
si bien su faire les choses
les choses
qu'un jour nous ayons tout foutu
nous ayons tout foutu de nous-mêmes
tout foutu de nous-mêmes en l'air
 
Il ne faudrait pourtant pas grand-chose
pourtant pas grand-chose
grand-chose
pour qu'en un jour enfin tout aille
tout aille
aille
dans le sens de notre race à nous
de notre race à nous
 
Il ne faudrait pourtant pas grand-chose
pourtant pas grand-chose
pas grand-chose
pas grand-chose.
 
 
 
                                                                 10. - Et caetera
 
                                                        Devant la menace allemande,
                                                     les Anciens Combattants Sénégalais
                                         adressent un câblogramme d'indéfectible attachement.
                                                                   (Les Journaux.)
 
Aux Anciens Combattants Sénégalais
aux Futurs Combattants Sénégalais
à tout ce que le Sénégal peut accoucher
de combattants sénégalais futurs anciens
de quoi-je-me-mêle futurs anciens
de mercenaires futurs anciens
de pensionnés
de galonnés
de décorés
de décavés
de grands blessés
de mutilés
de calcinés
de gangrenés
de gueules cassées
de bras coupés
d'intoxiqués
et patati et patata
et caetera futurs anciens
 
Moi
je leur dis merde
et d'autres choses encore
 
Moi je leur demande
de remiserles
coupe-coupe
les accès de sadisme
le sentiment
la sensation
de saletés
de malpropretés à faire
 
Moi je leur demande
de taire le besoin qu'ils ressentent
de piller
de voler
de violer
de souiller à nouveau les bords antiques du Rhin
 
Moi je leur demande
de commencer par envahir le Sénégal
 
Moi je leur demande

                             de foutre aux « Boches » la paix  

je-ne-sais-en-vérité-graffiti.jpg

22:21 26/06/2011 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

20
jui

Michel Melot, un dieu du livre

Le livre comme forme symbolique

Conférence tenue dans le cadre de l'Ecole de l'Institut d'histoire du livre, 2004

Michel Melot est venu s'entretenir avec Rony Demaeseneer à la Haute Ecole Paul-Henri Spaak des bibliothécaires/Documentalistes. J'ai adoré rencontrer l'historien, l'homme des livres et l'amoureux des pages.

Je trouve sur Internet une conférence proche de ce qui a été apporté lors de cette rencontre bruxelloise.

http://ihl.enssib.fr/siteihl.php?page=219#hautdepage

 

9 bellur (9).JPGphoto du temple de Belur en Inde.

23:30 20/06/2011 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

12
jui

« Je n’aimerais pas être traitée comme on les traite ».

« Je n’aimerais pas être traitée comme on les traite ».

 

Cette phrase pont-levis ba-lancée par une des éducatrices d’un centre d’accueil pour femmes « légèrement handicapées mentales» est le mot d’ordre de l’entretien qui suit. La rigueur prise ici par son pendant péjoratif, confondu avec sévérité, enfermement, rigidité de l’esprit et peur. Mais c’est néanmoins l'histoire de ces femmes, de ce lieu qui est venue à Anne lorsque le mot rigueur a été évoqué lors de ce weekend de réflexion. Cette histoire a quelque chose de désuet, tout droit sortie d’une époque où le ‘dialogue’ se faisait à travers des dommages collatéraux. Anne a une longue expérience des institutions, des organisations et des groupes et cette expérience plutôt courte dans le temps (moins de deux ans en deux fois) a marqué sa vie professionnelle, son psychisme et sa vie de façon irrévocable et brutale. Elle a été engagée dans cette structure en tant que psychomotricienne (psychomotricité globale et relationnelle) remplaçant une amie éducatrice. Ses influences? Maud Mannoni dont les titres d’ouvrages pourraient résumer l’entretien qui va suivre (Un lieu pour vivre; L’éducation impossible; Les mots ont un poids, ils sont vivants. Que sont devenus nos enfants fous?; Elles ne savent pas ce qu’elles disent; D’un impossible à l’autre) et Françoise Dolto.

Mille questions à Anne ne suffisent pas à rendre compte de la précarité sensible à laquelle ses femmes ont été confrontée dans un cadre qui se voulait accueillant. Une maison de maître, un jardin. L’institution d’obédience plutôt catholique créée par une association de parents d’épileptiques. L’idée originelle étant une résidence familiale offrant un encadrement aux jeunes. L’encadrement du temps d‘Anne ? Des éducatrices, un psy, un ancien curé, une infirmière, une assistante sociale et une directrice plus comptable que compétente.
Que s’est-il passé? Quelles sont les Lois et droits d’un tel lieu? Quel regard portons-nous sur les gens « différents »? Quels enjeux pour les institutions parallèles aux institutions publiques? Les dérives sont-elles reconnues publiquement? Socialement? Si oui, que deviennent les résolutions? À qui profitent-elles? Autant de question fondamentales de notre société qui resteront ouvertes ou fermées. Anne parle de son expérience à travers un regard de terrain, un œil au cœur vivant et des vision sensibles.

Jouons quelques instants le jeu des cases et parlons des définitions socio-médicales (à contester ou pas) des différents types d’handicap mental. L’handicap ou retard est un trouble généralisé perçu avant l’âge adulte, caractérisé par un déficit et dysfonctionnement cognitif dans deux ou plusieurs fonctionnements adaptatifs. Il est historiquement défini sous le score de 70 de Quotient Intellectuel. La non-adaptation sociale de l’individu (environnement, contexte, milieu) jalonne également la typologie qui se décline en trois types: handicap léger, handicap modéré et handicap grave (ou lourd). D’autres catégories s’ajoutent dans un cadre orthopédagogique et scolaire.[1]

La Loi est Une (tous égaux) et les droits, multiples, dans ce cas, uniquement justifiable par le fait que ces femmes sont différentes. Comme si l’égalité (et la fraternité/sororité) et la liberté se hiérarchisent. Droits de l’homme, puis ceux de la femme, puis ceux des enfants, puis ceux des animaux, puis ceux des handicapés?

Rencontrons quelques unes des femmes de ce lieu. Écoutons le corps et le cœur d’Anne qui racontent qui elles sont, étaient et non pas ce qu’elles sont, étaient.

Annette, septante ans, mariée puis retrouvée en home, la peau douce comme une pêche mûre. La p’tite Anne-Marie, dix-sept ou dix-huit ans, estampillée quart-monde, jolie et « inadaptée« . Fleur, trente-cinq ans qui a appris à lire à trente, tamponnée « manipulatrice », obsédée par Anne et son écoute.

Trois femmes « légères [2]»… non, débiles légères. Trois destins, trois vies, lesquels au nom (non pas de Dieu mais) de l’ordre, du silence, du calme et de la « quiétude de chacun » ont été traités pour leur bien, contre leur mal.

- Anne, quelle était la loi dans cette institution?

- « Tu fais comme tu le sens » m’a-t-on dit quand j’ai questionné la loi. Mais les règles étaient multiples. Par contre, les lois acceptées pour annihiler leurs « maux » sont connues: médication lourde, stérilisation, déni de leur personnalité, infirmation de leur singularité…

- Face à cet étalage d’impuissance et de retrait, quelle a été ta rigueur?

- Je n’aime pas ce mot, mon côté rebelle sûrement. J’ai fait preuve de peu de rigueur, au contraire. Avec Fleur, toujours derrière moi, j’ai placé quelques limites pour qu’elle me colle moins. Mais je n’avais pas (et encore aujourd’hui) de loi, intérieure ou extérieure. Je me suis permis moult petites libertés contre ce « système » aliénant. L’institution ne m’avait rien demandé mais ce qui est devenu ma force, venant du cœur, c’est l’action contre la violence, la déshumanisation. Disons que ma rigueur (puisqu’il faut bien en parler) a été que l’on n’abandonne personne. Mon autodiscipline, ma force dans cette expérience est d’être entré en empathie, en lien, d’avoir été disponible autant que possible.

- Quels ont été tes garde-fous? Comment se protéger face à certains qui ne connaissent pas la protection (des autres ou d’eux-mêmes)?

- C’est le pendant de toutes ces expériences. Ça n’aide pas pour soi. Je n’ai pas eu de carapace, ni de coquille mais c’est comme ça. Beaucoup d’autres s’enfermaient derrière un bouclier. Je suis passée par la révolte, la tristesse mais j’ai toujours résisté contre le déni et le retrait. Chaque soir, je me sentais démolie mais ce sont ces femmes qui ont été ma sauvegarde. Par exemple, j’ouvrais un espace intime aux femmes durant mes gardes. Ma porte n’était pas fermée à 21h (alors que nous étions de garde jusqu’à 22h) comme celles des autres éducateurs, lesquels me l’ont reproché, invoquant que leur rôle deviendrait celui des méchants, de ceux qui refusent. Je leur ai dit d’assumer leurs actes. Leur rigueur était celle qui les arrange. Fermer sa porte pour délimiter, fermer sa bouche pour taire ses émotions, ses élans, ne plus être mais faire, faire selon des règles sans sens, ni valeur. Faire et faire faire étaient devenus les deux étalons des comportements des éducateurs. Comme à l’école quand on place un cadre. À qui profite le crime? Non, le cadre arrange l’école et ses « responsables ».

(...)

 

IMG_0115.JPG(feu de barbecue pendant la nuit du 7 au 8 mai à Huy pendant le week-end écriture/réflexion sur la rigueur)

TRACeS est la revue de Changements pour l'Egalité (CGé), un mouvement socio-pédagogique qui a our but d'améliorer, de réfléchir et de proposer des idées, des élans et des horizons au sein de la pédagogie, des institutions. De nombreux profs et acteurs de terrain tournent leur langue sept fois dans leur bouche et lancent des appels à idées, à pratiques, à textes à travers divers médias. L'un d'entre eux, TRACeS, propose une écriture collective pour rédgier la revue et mélanger les propos et les points de vue. 
En mai dernier, j'ai participé à un week-end de réflexion et d'écriture autour d'un thème imposé "la rigueur" pour le numéro de TRACeS qui sortira cet automne. j'y suis allée en tant que coordinatrice de Kalame (réseau des animateurs d'ateliers d'écriture(s) de Belgique) mais aussi en tant qu'animatrice d'atelier d'écriture en écoles (Schaerbeek 8 et quelques autres plus ponctuellement) et citoyenne (le terme est galvaudé et c'est bien dommage). J'ai eu beaucoup de difficultés à pénétrer un nouveau jargon, des méthodes finalement encore assez scolaires pour des profs réformateurs (au bon sens du terme, ça existe!) et la rigueur avait quelque chose de valide mais de peu valable dans cette société qui se prend pour un éternel remake des Choristes et autre histoires de Grand Chemin d'un retour à l'éducation
 de quand c'était mieux avant ou le regret des badines, des règles sur les doigts et des tables de multiplication. Et en tant qu'artiste (novice et chaotique), la rigueur a quelque chose de l'ordre du support d'action (consigne d'écriture, contrainte...) et de valeur castratrice (manque de souplesse, voie unique, frustration, ...). Le panel de synonymes oscille de rigidité à vision du monde.

J'ai donc bien galéré à écrire trois textes pour cette revue. Ici, je vous fournis un extrait du texte qui m'a le plus marqué, surtout parce qu'il vient d'une rencontre avec Anne. Son allure variant de Jeanne Moreau à Madame Pepperpote (sans oublier l'humour d'Isabelle Mergaux), bref, une gueule, une voix brouillée par ses nombreuses vies et des doigts pétris par les rencontres, bonnes ou mauvaises. Elle a apporté à ce week-end une forme libre, libérée, libertaire. Une liberté de penser qui a traversé de nombreuses clotûres et barbelés, de nombreux murs et de rochers. Une femme qui n'oublie pas les réfugiés, les handicapés, les autistes, les débiles, les folles, les derniers avec lesquels elle travaille/a travaillé. Sa parole dit la vérité, pas celle qui fait les lois, pas celles qui donne des droits, une autre, de celles qu'on entend parfois dans un bar ou une nuit. Anne m'a fait travailler mon regard. On croit et on s'espère souvent bon, à l'aise avec la pauvreté et la précarité alors qu'on ne les a pas forcément rencontrées. Anne m'a fait l'effet d'un boomerang. J'ai mangé ses paroles et sa gueule lors de ce week-end, puis chez moi, quand on a bu ce vin bio dégueulasse et digéré cet entretien (commandé par/pour TRACeS). Anne est une femme facile à comprendre puisqu'elle dit tout CASH... mais elle est impossible à saisir tant ses forces, ses souvenirs, ses actions tournent autour d'horizons que nous cessons d'apercevoir, aujourd'hui, jour après jour. La Liberté comme panorama, Les Droits Fondamentaux comme gaz naturels, et l'Universalité comme marais. (merci Anne, petite fontaine).


[1]              Enseignement type 1 pour « léger » (enfants souvent issus du quart-monde, de l’immigration, adaptés à « leur » monde mais pas au monde normalisé. Enseignement type 2 pour les trisomiques. Enseignement type 3 pour les caractériels (?) et les autistes

[2]              référence subjective faite à un autre classement, celui précédant le travail de Jean-Martin Charcot, le clinicien parisien. Les hystériques étaient considérées comme des filles légères (moralement), des simulatrices et des manipulatrices. L’hystérie (et d’autres troubles neuro-psychiques étaient, avant Charcot (et après lui encore) était considéré comme le privilège des femmes (sorcières, prostituées, femmes stériles, …) grâce aux enseignements d’Hippocrate et Platon (hystérie: utérus en grec).
Cf.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hyst%C3%A9rie

16:01 12/06/2011 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures, poly-tiques |  Facebook

6
jui

Pour la peau (extrait)

 

cuculisation fritzthecat216.jpg(...) bientôt le corps dira je suis perdu, bientôt,

en fait, en effet, il aura perdu la guerre et le temps de la faire,

sans superbe, ce corps et son état, son écrin,
sa peau, ses pores, tous en périphérie de lui, instruments circonflexes, pliés sous le poids de cette pénétration infinitésimale,

après, après après, ah non, on avait dit plus d’après,

imaginons, tout s’inverserait,

le soi passerait inaperçu,

éviction complète du sel, du sang à travers ce petit pore, corps de ruines, corps de l’ennui retrouvé,

les membres sans vie, indigents,

des organes sans écrits, des veines sans mots,

l’encre rouge viendrait à manquer,

le soi-moi-sur-soi-sous-moi éjecté,

tout serait sorti par ce pore,

un pore trop pénétré, trahi, tout sortirait en désordre tout devrait sortir, tout est désordre,

un pore parmi les autres ne suffirait plus,

la peau craquellerait, sous le coup du prurit,

le corps lieu dégorgerait d’une rage primale,

le corps dieu se viderait de celui qui était là avant,

ce serait le corps sans peau avant l’esprit,

avant l’intention,

et si l’on ne croit qu’au sang, on survivrait ?

ne croyons qu’au sang,

ne faisons corps qu’avec le sang,

parce que la peau est une conne,

parce que la peau est une conne ??

parce que la peau est une conne !

sinon, après,

il faudrait,

il faudrait,

il faudrait,

caresser la peau comme la neige, au début,

certains ne savent pas qu’il y a du sang dessous la peau, ne savent pas que les os sont blancs,

en rire, rire du vide, ride de la chute, rire du sang, rire du soi, rire de rire, de rire, rire comme un dadais, être sans la peau, sans sang, faire semblant

choisir le rêve, n’être que quelques os branchés sur le secteur, rire machinalement, rire mécaniquement, systématiquement, rire à en perdre la bouche, rire à en perdre le temps et sa notion,

rire de rien, rire de tout,

que le sang n’ait plus de sens,

placer sa bouche rieuse juste au dessus d’un pore, pénétrer ce pore,

rire là,

être pour la peau, faire rire la peau, grassement,

être là pour elle. Cette vieille peau.

 

© Milady Renoir – mai 2011 – revisite du texte du Marathon pour le Salon Gamberra.

 

20:34 06/06/2011 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

21
mar

copié/collé/copains

Lundi prochain (28/03), je serai bien entourée... des "jeunes" auteurs d'ici ou de pas loin autour d'une oeuvre collectif tchou tchou qui fait du chemin... à la librairie Filigranes... savez, la librairie où il ne manque plus qu'un carwash pour être au service des gens...

 

voici la niousletter du collectif qui m'a accueillie et qui me recueille (au sens propre et figuré) et qui me campte parmi ses fans:

 

Newsletter  // 21 Mars 2011 // ONLiT

Rencontre chez Filigranes le 28 mars de 18h à 20h !

Pour célébrer cinq années d'existence, ONLIT passe de la toile... au papier ! "25 minitrips en wagon-lit décapotable" vient de paraître : un recueil de 25 textes courts. "ONLIT électronise une tradition belge de collectif surréaliste et décalé" (Sophie Creuz - L'Écho) / "Une diversité de styles et de sujets d'une ampleur vertigineuse." (Estelle Spoto - Agenda BDW) . Disponible dans toutes les librairies ! (Plus d'infos).  La librairie Filigranes nous accueillera ce lundi 28/03 de 18 à 20h, en présence de plusieurs auteurs du recueil. Présentation, dédicaces et lecture. Bienvenue à tous !  Avenue des Arts 39-40 - 1000 Bruxelles / www.filigranes.be

Un nouveau texte sur le site : Pas plus grande que ça  écrit par Christine Sepulchre

On m’a téléphoné à la maison       assez tôt le matin         je suppose que c’était le lendemain de             mais on ne m’a pas précisé quand exactement               juste que   voilà       et on m’a dit qu’elle voulait que je vienne          pour la voir Moi      je n’en croyais pas mes oreilles        je n’arrivais pas à      Elle était très bien suivie     très très très bien      je…  (Lire la suite...)

Qui sommes-nous ?

ONLiT est une association sans but lucratif active en littérature à travers la publication sur le web de textes parfois décalés, souvent drôles et toujours courts ; la création de performances mêlant littérature, musique, arts visuels et de la scène.

Nous contacter : info@onlit.be // Nous proposer un texte : textes@onlit.be (8000 signes max)
Web : www.onlit.org // Rejoignez nous sur Facebook // Suivez-nous sur Twitter

21:54 21/03/2011 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

14
oct

Performance littéraire de Thibault Delférière

Thibault Delférière vous invita à assister à sa performance littéraire.

"Deux ou trois mots à vous dire"
N'hésitez pas à faire suivre pour ceux susceptibles d'être intéressés par ce genre de réjouissances

Trente et unième création scénique, seconde collaboration avec Paul Metzger et première performance presque entièrement d'expression orale. Oui, cette fois, je ne me contenterai pas de vous montrer des choses, je vais surtout vous en dire.

J'interpréterai des textes que j'ai écrits ces dernières années et rassemblés dans deux carnets. Le carnet I (2006-2007), imprimé et diffusé en 2007 et le carnet II (2008-2010) imprimé et diffusé en cette fin d'année 2010.

J'y ai rassemblé des réflexions sur des sujets divers comme la mort, la nourriture, l'érotisme, la pratique artistique, le pouvoir, le commerce humain les putes, les mères de famille, les enfants, les animaux, la nature, les écologistes, les végétariens les militaires, les flics, les curés, les médecins, les infirmières, le pape,  les infirmières, les tyrans d'États et domestiques,...

Je serai donc accompagné par mon ami, l'excellent musicien américain Paul Metzger avec qui j'ai déjà collaboré il y a un an.

Ulrika wedding performance du 28 septembre 2009

Il joue essentiellement des instruments à cordes qu'il a, soit fabriqués lui même, soit transformés pour ses besoins spécifiques. Ses influences sont multiples : folk d'Amérique du nord, tradition indienne et d'Asie en général.

Je vous invite donc à assister à une forme de performance que je n'ai jamais pratiquée jusqu'ici. Cependant, je pense que les gens qui me connaissent et qui connaissent un peu mon travail devraient percevoir la continuité dans la différence. Quant aux autres, ils découvriront une part de mon univers par un biais principalement vocal et musical.

Date :
22 octobre 2010
Lieu :
Ferme du Biereau scavée du Biereau, 8, 1348 LOUVAIN-LA-NEUVE (Bel.)
Heure :
21h


         
Thibault DELFERIERE                          Paul METZGER
Pour en savoir plus sur mon travail : http://thibaultdelferiere.be

11:20 14/10/2010 | Lien permanent | Tags : arts, lis tes ratures |  Facebook

11
sep

Marathon des mots - lecture de Jean Rochefort et lecture de Milady Renoir

me voilà intégrée, fini le statut de réfugiée politique de France, fini le temps du droit au sol, me voici poète belge...

et jeune de surcroît.

Les autres jeunes poètes d'Europe et moi serons à l'Orangerie du Botanique, vers 17h03, sur scène, en train de lire, de dire, de sourire nos mots face aux 100 personnes venues pour nos mots et nos culs, bien entendu...
et si Jean Rochefort est dans la salle (puisque, l'ayant rencontré le 08/10, je lui aurais proposé de venir me voir, et qu'il aura été ravi de me rencontrer et qu'il envisagerait bien de m'épouser, moi, sa belle petite galette de Pont-Aven...), promis, je montre un tétin.

rochefort que la fête commence.jpg

Quand je vais dire à ma mère que je vais récolter le sperme de Jean Rochefort et enfanter de lui un enfant à moustache, elle sera fière, ça oui.

 

00:09 11/09/2010 | Lien permanent | Tags : humoeurs, lis tes ratures |  Facebook

26
jui

Luxe Intérieur - pdf à lire

L'ami Grégory Meurant a co-publié avec sa chérie un texte dans le nouveau PDF des Editions Au Diable Vauvert

voici le lien vers le lecture polymorphe: http://www.luxe-interieur.com/

13:47 26/07/2010 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

FP Mény et facebook

il y a déjà quelques mois, voire un an que FP Mény est mort?

Je pense à lui souvent, je n'efface pas son adresse électronique de mes contacts, je relis parfois quelques textes et je prête souvent son livre.

Il y a quelques jours, sa soeur, Shanti, me contacte. Elle ouvre une page facebook en hommage aux écrits de son frère.

Je ne sais pas ce que FP Mény aurait dit d'une page facebook à son effigie mais je sais que ses écrits doivent être transmis, lus et mangés à la hauteur et vitesse de sa verve, de son verbe, haut et fort.

Je configure actuellement ma nouvelle boîte mail, je passe de yahoo à Gmail vu que ce premier a su effacer quelques dizaines de courriels, professionnels compris et je retrouve un "vieux" mail de FP Mény.

Même mort, il ne m'en voudra pas si ce texte est publié ici (et les Editions Sulliver qui lui ont fait confiance non plus ne m'en voudront pas).

Homme-mage, FP.


"Ma haine aujourd'hui ressemblait davantage à un point noir sur la cible, comme d'autres de l'alchimie, velours ras ou frisé.
Seuls les fous survivront......... Au milieu du gué de ce pays parti en couille, j'explique à la belle Argentine, ils ont viré les pauvres en prétendant les défendre. Des artistes sans oeuvre, du théatre sans auteurs et des faux marginaux en pagaille. Une odeur de tripot a Macao mais que l'odeur.

Un arbre fruitier produit énormément avant de crever, mécanisme de survie.
De nombreux migrateurs ne migrent plus, tandis que des oiseaux font souche.
Il étaie il est mort il se répand. Oups! Si c'est de l'autofiction, collez lui l'étoile jaune. Fessée cul nul sur la place de l'église.
Pendu haut et court ex abrupto Pan bania ne bronche plus. Ceux dont le style colle a la peau tombent a l'eau. Ténor au sud de l'ile de Pancréas. Homard le pipole mange un bar au basilic apres la nuit passée avec une metisse philippo-hollandaise, laquée plissée floquée safran fushia pine chocolat noir.

D'abord j'irai faire de la barque, ensuite je ferai de la radio, c'est parce que j'avais la radio dans ma barque, je me suis entrainée, ensuite, j'irai a pied au ministère où j'ai mes entrées. Mon Dieu mais quelle horreur coucher pour réussir, il suffit d'être bien hydratée ( je taquine de telle sorte que la barque ne se brisât pas)
Putain, on est plus tranquille nulle part, et si on va dans les bois, on va tomber sur le roi du contre ut, parait qu'il a déja un héritier. Ceux qui donnent des tribunes aussi sont ridicules. Les landais, c'est comme l'eau, l'intelligence existe mais faut avoir envie de la trouver, terre d'ovalie sectaire c'est pas du saint Nectaire.

Les signots du rafiot clignotent. Les systèmes d'alarme retentissent. On nous bassine. On va se révolter. Les travellings sur les rails laissent rarement voir le train, juste un typhon de citron, délire de l'extension, chute libre du bla bla de la pierre factice, still life, Zone de dilution initiale. Les caméras de vidéo surveillance n'ont pas de couleur. Allons cueillir les mures pour faire la confiture.

1 lyricomane solaire
1 lyricomane averti en vaut 2
1 lyricomane inverti avec des moufles
Une ombre dans l'embrasure de la porte
Un vrai croissant de lune avec l'angelot
Pas de lumière
Rien de trop
Le long des barrières, les gueux s'accumulent.

Merde, le génie est sorti, un mastodonte au coeur tendre des iles du pacifique. Laurent Outan en emporte le vent.' Les choses les plus humbles échappent à la représentation et obligent à penser autrement.' Full contact management de la pin up au bord de la piscine(ne pas se contenter de paroles creuses, il ne suffit pas d'avoir une belle façade) Les ouvriers de Noeud les mines ont en rien a branler des plasticines. La météo marine. Phil Spector et Lana clarkson en camping car Chausson. Lana, rongée par un cancer du sein ne résiste que par le seul espoir de revoir son fils ( un écrivain Français) T'as des pays où les écrivains sont des rock stars et des pays où ils sont des tocards accrochés aux schèmes, là, où le creux de sa bouche béait, pour de vrai.
Dans le métro du soir, l'insatiable Elodie, vient de mettre au monde son premier enfant. Elle se couche avec sa grosse couette en plume, elle fait sa comtesse au pieds nus. Elle remarque que les bougies ne tiennent pas dans la purée de carotte alors désenchantée, elle retire son top en crochet...........

Les écolos sont un peu comme les cathos, ils font beaucoup d'enfants, mais eux; butinent les fleurs.

Jolies filles en automne, les géraniums n'ont pas dit leur dernier mot, ne jetons pas aux orties nos fleurs dété. Y'en a une qui se fait encore torréfier. Lui, a un truc, quand il marche pieds nus, il croise les doigts de pieds.
- Non mais Bleu d'Auvergne, c'est pas une couleur
Ils sont cool des fois les baba cool.
- Tu sais le point commun entre un rugbyman et un rappeur...... Leur écrivain préféré s'appelle Paulo Coelho. Ils ont pas la tête bien ronde, ils ont bu trop de Pago.
- Je crois que je vais faire une indigestion de valeurs au confit de canard

Loin du tumulte orageux des guitares electriques, dérangements théatraux et théatre dérangeant, gré à gré et pan par pan, partons de ce postulat là.
Tous à la barque!
Avec la navigatrice, nous mouillons. On va atteindre la terre neutre. Il n'est ensuite pas impossible qu'on la viole avec un archet. 1200 hectopascals soit 38000 à l'ouest du cap prévision par zone mer agitée a forte sud extreme devenant variable 2à 4 dans l'aprés midi, mollissant 4à5@la fin avec des averses orageuses....C'est tout pour ce soir.

Les autocars sont de fabrication Française, les rongeurs viennent se régaler quand tombent les pommes.


Le midi, je mange mon risotto fusion avec les vieux. Ginette crie ' m'attachez pas! m'attachez pas!' Elle réclame sa canne pour manger avec des baguettes, elle bouffe à 1 kilomètre de sa table, par la voie rapide. 1 morceau de pain sur 2 est rassis, incognito. Elle va la fermer l'emmerdeuse! Au quatrième age, sous le chèvrefeuille, les hommes sont pas besef, et d'un coup c'est la fête a neu neu. Les mamies l'encouragent. ' Elle va tomber! Elle va tomber!' Jusqu'à ce qu'elle se casse la gueule
- Demande à l'abattoir s'ils gardent le sang pour faire le boudin noir.
A la porte de ce qui est perdu, abstract female au lait de bougresse, où les gallinacées sont plus proches de la perdrix

Lui, est sourd comme un pot, elle est maquillée comme un camion et ils s'aiment
- Tu dors?
- Non, je pense
Au delà de ce fatras, l'aventure commence au hameau délivrance, les créatures aléatoires sucent les héros ordinaires. Ce qui est avant reste idem. C'est surement plus simple, dés que le monde s'organise. Avec toute l'energie des mariages insolites, des choses un peu brouillonnes, je trouve que ce sanglier me regarde bizarre. Des que les kurdes dansent sur laJungle, il est temps de se barrer, les moustaches bougent toutes seules, la moquerie vire a l'aigre, le rire des truies sur leurs aubergines farcies.

Ignorant tout de mes pratiques russes et Bercé par le spleen d'un quotidien grisâtre, En Waterzoï Zapoï, On dit pas Oï bordel!

Quand on était jeunes on était des branleurs et maintenant, pour la même chose tu passes au journal de 20 heures"
FP.MENY/ FAITES ADHERER VOS AMIS
CONQUETE DU DESASTRE Editions sulliver avril 2008

13:40 26/07/2010 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

7
jui

Annie Le Brun

toujours émouvantepower of books

12:50 07/07/2010 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

22
jui

smile, don't smile, smile, don't smile


"
Il s'est mis à rire. Je n'ai jamais aimé qu'on rie. L'humour m'est étranger. Je n'ai jamais rien compris aux blagues. J'ai su dès mon enfance que la vie était une histoire sérieuse. Vivre est une odyssée. On doit savoir quelles sont ses armes, et apprendre à connaître les failles dans l'armure des autres. Le charme est une stratégie.Quand on n'a pas vu le jour dans le camp des gagnants, attaquer l'ennemie de front entraînerait une inéluctable déroute."

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Régis Jauffret, Sévère, Paris, Seuil, 2010, pp. 52-53. 

(merci JMD)

 

09:48 22/06/2010 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

21
jui

DEDICACE DE BERKOFF A PROPOS DE KVETCH (merci Suzy)

PEURshark

DÉDICACE

Nous vivons tous sous la menace de ta bombe, du cancer, des agents cancérigènes, de la maladie, du chômage, de l'impuissance, de la peur de la peur, des Noirs, des Blancs, de la police, des redevances, des impôts, des PV, d'avoir des trous de mémoire, perdre de l'argent, faire trop d'argent, perdre ses cheveux, devenir gros, devenir laid, être stupide, tomber à plat, être timide, être bête, se préoccuper des baffles qu'il faudrait acheter, comment réparer une voiture, un vélo, apprendre à jouer du piano, la peur d'échouer, ne pas faire bonne impression, la peur de la force des autres, la peur de la faiblesse, la peur d'être dévoilé, ne pas arriver â l'heure au boulot, ne pas avoir de retraite, de sécurité, la vieillesse, mourir, la guerre, être blessé dans un accident de la route, la peur d'être aveugle, d'être sourd, ne pas comprendre la plaisanterie, la peur des gens coriaces, la peur de prendre des risques, la peur de nager, de sauter, de plonger d'un plongeoir, la peur de la maladie, la peur de déménager, la peur de vendre, la peur d'acheter, la peur obsessionnelle des araignées, des armoires sombres, des couteaux, des voleurs à la tire, la peur des gens, des fêtes, de la foule, des gens intelligents, la peur d'affirmer ses opinions, la peur des femmes, la peur des hommes, la peur de la police, la peur de l'angoisse.

Cette pièce est donc dédiée à tous ceux qui ont peur.



 

10:08 21/06/2010 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

20
jui

Soulier de satin de Claudel

Doña Prouhèze monte debout sur la selle et se déchaussant elle met son soulier de satin entre les mains de la Vierge.

"Vierge, patronne et mère de cette maison,
Répondante et protectrice de cet homme dont le cœur vous est pénétrable plus qu’à moi et compagne de sa longue solitude,
Alors si ce n’est pas pour moi, que ce soit à cause de lui,
Puisque ce lien entre lui et moi n’a pas été mon fait, mais votre volonté intervenante :
Empêchez que je sois à cette maison dont vous gardez la porte, auguste tourière, une cause de corruption !
Que je manque à ce nom que vous m’avez donné à porter, et que je cesse d’être honorable aux yeux de ceux qui m’aiment.
Je ne puis dire que je comprends cet homme que vous m’avez choisi, mais vous, je comprends, qui êtes sa mère comme la mienne.
Alors, pendant qu’il est encore temps, tenant mon cœur dans une main et mon soulier dans l’autre,
Je me remets à vous ! Vierge mère, je vous donne mon soulier !
Vierge mère, gardez dans votre main mon malheureux petit pied !
Je vous préviens que tout à l’heure je ne vous verrai plus et que je vais tout mettre en œuvre contre vous !
Mais quand j’essayerai de m’élancer vers le mal, que ce soit avec un pied boiteux ! La barrière que vous avez mise,
Quand je voudrai la franchir, que ce soit avec une aile rognée !
J’ai fini ce que je pouvais faire, et vous, gardez mon pauvre petit soulier,
Gardez-le contre votre cœur, ô grande Maman effrayante !"

(...)

"Qu'ai-je voulu que te donner la joie ! Ne rien garder ! Etre entièrement cette suavité ! Cesser d'être moi-même pour que tu aies tout ! Là où il y a le plus de joie, comment croire que je suis absente ? Là où il y a le plus de joie, c'est là qu'il y a le plus Prouhèze ! Je veux être avec toi dans le principe ! Je veux épouser ta cause ! Je veux apprendre avec Dieu à ne rien réserver, à être cette chose toute bonne... "

Ecstasy-of-Angeles_1-edit

01:59 20/06/2010 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook