14
nov

"murmuration"

oscillation. murmure. adoration. volute. virevoltage. attention, ça tourne...

shuffle.gif

22:22 14/11/2011 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

10
nov

AR

«Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maëlstroms épais,»

gaz dog.png



00:43 10/11/2011 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

7
nov

Une certaine gaieté (qqpart entre Liège et chez moi)

Chers, gens, amis, autres

voilà, les assises du cul ont eu lieu. Des lectures de Pierre Huson et Jean-Paul Bonjean ont servi d'amuse-bouche, d'entrée et dessert. Je fus peut-être un plat de résistance (ah oui, la résistance, l'état d'être contre, à l'encontre).

En fait, mon ressenti est mitigé. De moi à vous, je vous dis.

L'objectif de cette performance est de tenter et tester la distance entre le public et les moi(s) (émoi) que je mets en scène. Une forte scénographie qui rejoint l'intime (beaucoup des objets sont mes miens, mes fétiches, mes symboliques, mes trucs de chez moi et mon corps de surchargé à la nudité (toute relative vu que je suis fardée, remplie de chairs et de gras et tatouée) à l'extime (ce qui est là, le lieu, les gens, les corps, les odeurs, les bruits extérieurs, le contexte, les lecteurs, le bar..). Aussi, je me charge de provoquer la séduction ou la répulsion à travers des effets du féminin, de l'outrance au sourire humble, de la provocation à l'attente.
Ici, les gens étaient assis, attentifs aux lectures de Pierre & Jean-Paul. De l'humour. Du cul.
Et mon carré de choses rempli de peaux d'animaux, d'animaux morts, d'objets sexués, de livres fondateurs (pour moi), de références à ma vie (de vêtements et cheveux de Cassius aux petits objets rapportés de petits voyages) et des liens (cordons, fils, laines, scotchs, lanières, raphia, fil...) pour que les gens viennent à moi ou que j'aille à eux.
Et pendant la performance, tenter d'être moi même, face à ce qui arrive, de déception à euphorie, être parmi les gens, voir et attendre, ne pas prévoir d'être telle ou telle, être dans le mouvement spontané en pensant à 3 états (animal, golem/matière crue, femme) pour jalonner mes états.

l'idéal, là, résumé.

Mais, à qqs jours de la date, des hésitations face à ma vie personnelle, des objectifs curieux, mêlés. Une forme de retrait du monde et des liens avec lui, avec les gens. Une ambiance de novembre, une envie de me voir plus mince, plus quelque chose, moins comme ça, une insatisfaction dans la vie qui m'a fait hésiter. Si je dois être moi même face à cette performance qui se veut non-spectacle, dans l'état de ce que je suis, pourquoi ne pas annuler, pourquoi ne pas renoncer... était-ce une forme de trac? ou un état plus profond qui m'a dit: ne le fais que si tu consens à tout ce que tu seras.

Mais l'engagement, l'envie de se prouver quelque chose, à soi et aux autres. Et puis, l'enjeu, le jeu: rire de cette fête du cul, rencontrer encore un peu, vivre face à quelques uns. Paradoxe. Complexité.

Ce soir là, donc, aidée, soutenue par les amis Guillaume, Norma, Thomas et aussi Marie et Vincent, me voici accoutrée, sur-enchérie, déguisée en chienne de garde, en Golem, en matière brute et noble, en pute froide, en monstre prude, en chimère. Accoutrée de références SM, fétichistes et de ridicule (comme une précieuse)... Un pied de cochon dans un soutif trop grand, du talc de bébé dans l'autre sein, un collant rose opaque chair timide et frigide, du plastique latex entre papier poubelle et combinaison Maîtresse. Et du fard noir sur les lèvres et les yeux, de la dentelle XIXe S. et un masque à fellation. Autant le dire, j'ai chargé pour être quelque chose, une vision, un appareil à regards, un attrape-badauds. Un théâtre d'anatomies (http://pages.infinit.net/cabinet/anatomie.html).
Seulement, qqpart en moi, le rêve d'une ligne, d'une simple ligne, d'une simple robe "pure" et de pieds nus et de petits pois de marais et des cheveux légers. Paradoxe mal assumé. Je me suis un peu traînée devant les gens, entre les chaises, j'ai un peu joué avec une perceuse, un scalpel (chair coupée en un claquement de doigt, me voici blessée, en sang, et le rose du collant rougit), un mégaphone, un crâne de poulain mort né trouvé dans les Pyrénées... Une mise en vie d'un cabinet des curiosités (http://pages.infinit.net/cabinet/definition.html).
Et puis, mon regard est passé de mes yeux au faîte de mon crâne et je me suis trouvée spectatrice de mon corps... j'ai crains ne pas être ce que je voulais être et j'ai abandonné. Je n'ai plus voulu jouer le jeu, je me suis assise au milieu du bordel, des gens (public ou pas public) et j'ai parlé, exprimé mon doute, mon mécontentement, j'ai alors décidé de ne plus jouer au jeu, de ne plus aller contre mon rôle, de ne plus me théâtraliser. Je me suis dénudée (sauf le collant pour une raison de pudeur après tant d'exposition) et suis restée là, devant la scène,encore un peu joueuse pour sauver une apparence, puis, j'ai caché mes seins derrière le plateau qui avait soutenu la tête de cochon et les feuilles mortes, je me suis mise sur mon séant, j'ai attendu que des gens disent, parlent, partent, aillent boire un verre, se demandent ce qui se passe, se demandent si c'est fini, si c'est que ça, si c'est clair, si c’est brouillé, brouillon.

ce que je retiens.
* se donner en spectacle: jusqu'où?
* donner/prendre avec le public: quelles limites?
* être soi ET/ou être une autre face à...

Voilà pour le désordre, quelques retours personnels, quelques questions en cours, en chantier.

Il y a un grand mélange de sensations et sentiments, de pourquoi à comment, de quoi à qui. Une déception face à l'idéal et en même temps, une réalisation de la réflexion que cette performance peut apporter qui me fait avancer, qui me rend encore plus moi même, finalement.


Je vous fais part de mes lieux intimes, de mes brols parce qu'à un moment, vous avez, plus ou moins intimement, participé à l'aventure ou vous en avez été curieux.


Aux plaisirs de...


Emmeline
alias
Milady
ou le contraire (encore une question face à la performance. Milady a tuer Emmeline. Emmeline m'a tuer... etc.)
  
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23:02 07/11/2011 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

Dreaming Bali

l’Hôtel Ubdub Hanging Gardens à Bali en Indonésie... Une installation de piscines à débordement sur plusieurs niveaux. L’ensemble de la surface surplombe la forêt luxuriante et la courbe des piscines s’adaptent aux formes des collines environnantes.

 

22:12 07/11/2011 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

rendez-vous sur prises

Agoraphonic a lancé un appel. Nous sommes de plus en plus nombreux à y répondre.

Prenons le temps de prendre rendez-vous. Le prochain jour est férié, encore une bonne raison d'y penser.

RDV...

J'y suis et son autre oeil.

DSCN0832.JPG

21:45 07/11/2011 | Lien permanent | Tags : arts, humoeurs |  Facebook

27
oct

femme des cavernes... unissez-vous.

shipwreck.jpg
là.

10:19 27/10/2011 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

22
oct

Creep, Loser or unfortunate?

Test yourself.


weegee.jpg

12:27 22/10/2011 | Lien permanent | Tags : humoeurs, act-u |  Facebook

Nostalgia

Une série et concept “Abandoned Televisions” par le directeur artistique Alex Beker actuellement basé à Miami. Un mélange de souvenirs nostalgique et d’émotions d’enfance, associés à la culture TV populaire de l’époque comme les séries Mag Gyver, Miami Vice ou Arnold & Willy.



persuaders

columbo

macgyver

starsky-hutch

love-boat

differentstrokes

kojak

kit

miamivice

ingalls

gilligan

genie

loveboat

fantasyisland

curly

chips

mork

muppets

wonderwoman

12:24 22/10/2011 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

19
oct

Fête du cul: la totale!

chaise.jpgNuits du Paradoxe
@ Les Ecuries de la Caserne Fonck : 2, rue Ransonnet 4020 Liège
Du 2 au 5 nov : La Fête du cul – Les Assises du cul

Cette édition mettra à l'honneur la chaise, inséparable alliée de tous les culs du monde.
La chaise – bistro ou Louis XVI – accueille tous les culs, sans distinction de genre, d'âge, de nationalité ou de classe, dans toutes les circonstances de la vie.
La fête du cul lui rendra donc hommage, faisant de celle-ci l'élément central de ces Nuits du Paradoxe.
Nous invitons les artistes, les loufoques, les bricoleurs en tout genre à s'emparer d'une chaise et, partant d'expressions et de formules centrées sur le "cul", à la transformer, la customizer, à en faire l'assise métaphorique de toutes les paires de fesses.
Sélectionner une expression parmi les suivantes, ou suggérez-en une, et contactez-nous pour participer à ces "Assises du cul".

• Avoir le cul entre deux chaises
• Le cul dans le beurre
• Le cul bordé de nouilles
• Avoir le feu au cul
• Avoir la tête dans le cul
• Lèche-cul
• Peigne-cul
• Comme cul et chemise
• Le cul sur la paille
• Se casser le cul
• Cul béni
• Cul terreux
• Trou de cul
• Parle à mon cul, ma tête est malade

Mercredi 2/11

18h30 – vernissage de l’exposition « La chaise parle du cul »
Des artistes, des loufoques, des bricoleurs en tout genre ont transformé et customizé des chaises en partant d'expressions et de formules centrées sur le « cul « pour à en faire l'assise métaphorique de toutes les paires de fesses.
20h00 – « Visions des femmes assises »
Regards de Prostituées

Jeudi 3/11 – 20h « A fond la chaise ! »

Soirée littéraire – lecture par Jean-Paul Bonjean et Pierre Huson
Performance de Milady Renoir
Milady Renoir qui ouvre le bal du cul? Mièvreries et Pruderies à l'épreuve? Vraiment? Elle ouvrira la danse avec une performance autour de thématiques connues et reconnues et inconnues de son répertoire organique: séduction, répulsion, féminité, provocation, indécence, intimité, spectacle, exhibition, introspection, en-jeux, déception, improvisation...
Que sera le public? Qui fera la performance? Qui deviendra intime? Qui créera du lien? Qui chèrera la bobinette? Qui prendra du plaisir? Qui fera l'innocent?

Vendredi 4/11 – 20h – 5€
« Des vieux films qui vous laissent le cul par terre »
Interdit aux – de 18 ans

l’empereur patrice propose sa collection de films pornos à travers les âges accompagné par la compagnie « années folles »

samedi 5 novembre - 22h - 5€
« Il vaut mieux là qu'ailleurs »

Fête de clôture (animée par Hugo Freegow - http://www.myspace.com/freegow et ses 40 cousins) et grand tournoi de chaise musicale (présenté par Bob le Marin)

!!! Chaque soir, - chaise musicale en ouverture de soirée. !!!

Les Nuits du Paradoxe, c'est aussi un appartement reconstitué: Venez l'investir, le décorer, y faire votre lessive et y organiser vos repas entre amis!

 

http://www.certaine-gaite.org/index.php?page=posts&mod=post&post_id=109

22:18 19/10/2011 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

Milady Renoir ouvre la fête du cul à Liège - à fond la chaise! (3/11/11)

A fond la chaise fête du cul fly.jpg

Littérature/Conte

Jeudi 3 novembre (de 20 à 23h). (dans 15 jours)

Dans le cadre des Nuits du Paradoxe- "la fête du cul".

Soirée lecture par Jean-Paul Bonjean et Pierre Huson.

Performance de Milady Renoir.

Milady Renoir qui ouvre le bal du cul? Mièvreries et pruderies à l'épreuve? Vraiment?

Elle ouvre la danse avec une performance autour de thématiques connues et reconnues et inconnues de son répertoire organique: séduction, répulsion, féminité, provocation, indécence, intimité, spectacle, exhibition, introspection, en-jeux, déception, improvisation...

Que sera le public? Qui fera la performance? Qui deviendra intime? Qui créera du lien? Qui chèrera la bobinette? Qui prendra du plaisir? Qui fera l'innocent?

Où :

  • rue Ransonnet, 2
  • 4020 Liège

Informations :

Edifié en 1837 pour l'entraînement des régiments de cavalerie, ce manège est un étonnant exemple d'architecture, sinon de génie militaire. Aujourd’hui entièrement rénovée, la Caserne Fonck est sans hésiter l'une des plus belles salles de Liège et le lieu de prédilection des Ardentes Club. D'une capacité modulable de 400 à plus de 1500 personnes, la salle se prête aussi bien aux concerts rock qu’aux soirées électro.

S'y sont déjà produits à l'invitation des Ardentes Club : Editors, Arno, Hooverphonic, Midlake, Puggy, Dr. Lektroluv, Selah Sue, Anna Calvi, Die Antwoord, Kap Bambino, Jamie XX, Miossec, Le Peuple de l'Herbe, MLCD, Mass Hysteria, Daan, Mixhell, An Pierlé, Kap Bambino, Little Mike (Birdy Nam Nam), Boombass (Cassius), Breakbot, PartyHarders, Baloji, Féfé, 65daysofstatic, The Glimmers, Riton, In Flagranti, The Subs, AKS, The Qemists, etc.

Adresse: 
Rue Ransonnet, 2. 4020 Liège.

perf bordal 1.jpg

perf bordal 2.jpg

22:13 19/10/2011 | Lien permanent | Tags : humoeurs, arts |  Facebook

9
oct

gnagnagna

Adi Lavy sponge.jpg

"L'intéressant n'est pas de savoir si je profite de quoi que ce soit, mais s'il y a des gens qui font telle ou telle chose dans leur coin, moi, dans le mien, et si il y a des rencontres possibles, des hasards, des cas fortuits, et pas des alignements, des ralliements, toute cette merde où chacun est censé être la mauvaise conscience de l'autre et le correcteur de l'autre."

Gilles Deleuze.

 

(illustration de Adi Lavy "sponge")

20:55 09/10/2011 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

15
sep

RIGUEUR... à la rigueur.

J'ai participé à un week-end d'écriture cet été organisé par CGé (Changements pour l'Egalité) en tant que coordinatrice de Kalame afin d'évaluer es possibles ateliers d'écriture collective.
Le thème était la rigueur. Entourée d'enseignants, de praticiens des environnements scolaires et associatifs, j'ai écrit et réféchi sur ces données arborescentes que la rigueur apporte. De rigidité à discipine, de contrôle à équilibre, des notions ont fusé et ont su nous faire parcourir (au groupe et à moi) des itinéraires bien ancrés dans notre culture de l'école, de la société, de la création, de l'art. Finalement, la rigueur comme principe peut anéantir ou soutenir.

J'ai aussi rencontré Anne pendant ce week-end. La décrire est insuffisant et presque insultant tant elle est tout ce qu'on ne devine pas quand on la voit.

J'ai aimé la rencontrer là, puis la voir encore, après et recevoir une carte de "gros mots" chez moi. Anne est une valeur modèle qui devrait parler dans les écoles et dans les bureaux de vote de ceux qu'elle rencontre dans les centres sociaux, dans les "organismes" d' accueil de femmes et d'hommes borderline.

Anne m'a beaucoup appris. Un entretien entre elle et moi est publié dans ce numéro de TRACeS, la revue de CGé.

Le sommaire est :

TRACeS de ChanGements nº 202 vient de paraitre !
Dossier : « Rigueur »

4 euros/pce
http://www.changement-egalite.be/livres/commande.php
Abonnements
http://www.changement-egalite.be/abonnements/abocommande....

.........................................

La rigueur de l'école est-elle nécessairement trop rigoureuse et sa rigueur source de dominations ? TRACeS explore cette notion multiple et invite à distinguer la rigueur qui s'exerce avec sévérité et celle qui s'exerce avec indulgence, celle d'un cadre qui asservit et celle d'un cadre qui émancipe, celle qui interdit et celle qui autorise...
TRACeS n° 202
http://www.changement-egalite.be/spip.php?rubrique347

Édito 
http://www.changement-egalite.be/spip.php?article2165

Sommaire 
http://www.changement-egalite.be/spip.php?article2166

Articles disponibles en ligne 
« Le monde est plus marrant, en chantant... » Chantal Barbara D’Alvaux
http://www.changement-egalite.be/spip.php?article2172

« Typologie des rigueurs » Sandrine DOCHAIN
http://www.changement-egalite.be/spip.php?article2176

« Rigueurs banales, raideurs sociales » Noëlle DE SMET
http://www.changement-egalite.be/spip.php?article2175

« Match remis » Louiza Brahimi

http://www.changement-egalite.be/spip.php?article2174

« Le milieu, cette rigueur » Jean-Christophe SENNY
http://www.changement-egalite.be/spip.php?article2173

09:44 15/09/2011 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

13
sep

deuxième sexe?

glen edder egg.png

trempe là.

10:28 13/09/2011 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

7
sep

good or evil?

absoument fascinant, là...

Are You Good or Evil?

 

 
Watch on BBC Two (Started at 21:00)

Synopsis

Episode image for Are You Good or Evil?

What makes us good or evil? It's a simple but deeply unsettling question. One that scientists are now starting to answer.

Horizon meets the researchers who have studied some of the most terrifying people behind bars - psychopathic killers.

But there was a shock in store for one of these scientists, Professor Jim Fallon, when he discovered that he had the profile of a psychopath. And the reason he didn't turn out to be a killer holds important lessons for all of us.

We meet the scientist who believes he has found the moral molecule and the man who is using this new understanding to rewrite our ideas of crime and punishment.


Professor Jim Fallon

Professor Jim Fallon looks for signs of psychopathy in the human brain, but his research has become more personal than he could ever have imagined.

U.S. Marines

U.S. Marines in close-combat training. Decades of work has gone into preparing them for the ultimate moral choice.

Professor William Bernet

In the courts of Nashville, Tennessee, forensic psychiatrist Professor William Bernet picks apart the biological basis for evil.

Credits

Series Editor
Aidan Laverty
Director
Nicola Stockley
Producer
Nicola Stockley

 

22:19 07/09/2011 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

1
sep

straight opposed

 

Poses.mov (by yolandadominguez)

In artist Yolanda Dominquez’s interactive installation, “Poses,” a group of real women hit the streets, aping the grotesque, unreal stances of female models. As Dominguez states, this project “exists as a direct criticism of the artificial world that magazines and advertisements present. The highly-distorted image of women that these fashion houses transmit… is virtually the only feminine reference in the mass media and it holds great influence over the gender roles, behavior and thinking of men and women.

women's room.jpg

11:32 01/09/2011 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

31
aoû

yes, I know. (oh yes)

PEIGNE.jpgBrosse. Peigne. Tire.

11:19 31/08/2011 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

21
jui

demain, à l'aube,

j'irais prendre Pa. & Ph. chez elles, nous aurons quelques Tupperware, une ou deux tentes de camping, des livres (découvrir Barrico & Khadra) et des herbes aromatiques, des pâtes de fruits bio (chères) et des noisettes turques (cheap) et puis des chaussettes, des pantalons confortables et un ou deux Tee-Shirts larges parce que nous allons danser. Nous y allons en voiture, avec DM, Yma Sumac, The Ex., Von Magnet, Bourvil, Billie Holiday et Michael Jackson.
Danser un peu de geste, de mouvement et de position. Danser un peu d'immanence ou d'impermanence. Danser un peu en pensant aux arbres et au bitume. Danser comme des animaux ou des bourgeois. Nous danserons. Je tenterai de danser. Mon corps a subi quelques contusions (chutes, coups involontaires, fatigue, et autres yoyos de la vie) alors c'est presque une revanche sur les mois passés et à venir, un entretien avec moi, une prise de position pour être sûre que je peux encore bouger. Oui, c'est ça, retirer l'aphasie similaire à l'oedème de mon mollet, lui faire sa fête, et dégager l'apathie qui s'est greffée à la première. parasitoses, je vous guette.

Je serai donc en Dordogne, chez Ma. que j'aime comme une siamoise détachée à la naissance.

Je vais rencontrer Claude Magne car c'est lui qui va nous faire bouger. Je voudrais (re-)devenir idiote, simple, humble et possible.

à bientôt.

Peau_d_Ane_11.jpg


dans mon prochain épisode, je vous raconterai comment Eric-Emmanuel Schmidt viendra prendre le thé chez moi le 23 août (et ceci n'est même pas une blague conne d'égo).

23:36 21/07/2011 | Lien permanent | Tags : humoeurs, healfff |  Facebook

encore, c'est que le début, d'accord, d'accord.

"Qui se tient dans l'instant, fait face dans les deux sens opposés : pour lui le passé et l'avenir courent l'un contre l'autre. Qui se tient dans l'instant, laisse se produire en lui-même le choc de cette rencontre du passé et de l'avenir et tout de même n'arrête point leur course, alors qu'il déploie et endure le conflit de ce qui lui est imposé et donné en partage. Discerner l'instant signifie : s'y maintenir."

Martin Heidegger, Nietzsche, T1

 

the-crucifixion-detail-Matthias_Grunewald.jpg

23:13 21/07/2011 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

Merci monplaisir...(au hasard des cliques)

"La victoire sur le mal n'en est pas l'élimination, mais la reconnaissance de sa nécessité. Tant que le mal n'est que rejeté par dégoût, tant que le mépris ne se détermine que par le dégoût, le fait de mépriser dépend encore de ce qui est méprisable ; là seulement où le mépris jaillit de l'amour voué à la tâche, à la mission, et de la sorte se convertit en un "passer outre", là même naît le grand calme, là se déploie l'ambiance autour de celui qui est aussi devenu lui-même."

 

Martin Heidegger, Nietzsche T1.

singes3.JPG


22:42 21/07/2011 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

11
jui

Crimen amoris


  • Paul Verlaine (1844-1896)

Crimen amoris

(A Villiers de l'Isle-Adam)

Dans un palais, soie et or, dans Ecbatane,
De beaux démons, des satans adolescents,
Au son d'une musique mahométane,
Font litière aux Sept Péchés de leurs cinq sens.

C'est la fête aux Sept Péchés : ô qu'elle est belle !
Tous les désirs rayonnaient en feux brutaux ;
Les Appétits, pages prompts que l'on harcèle,
Promenaient des vins roses dans des cristaux.

Des danses sur des rhythmes d'épithalames
Bien doucement se pâmaient en longs sanglots
Et de beaux choeurs de voix d'hommes et de femmes
Se déroulaient, palpitaient comme des flots.
i_am_half-sick_of_shadows,_said_the_lady_of_shalott-Sidney Harold Meteyard.jpg

Et la bonté qui s'en allait de ces choses
Était puissante et charmante tellement
Que la campagne autour se fleurit de roses
Et que la nuit paraissait en diamant.

Or, le plus beau d'entre tous ces mauvais anges
Avait seize ans sous sa couronne de fleurs.
Les bras croisés sur les colliers et les franges,
Il rêve, l'oeil plein de flammes et de pleurs.

En vain la fête autour se faisait plus folle,
En vain les Satans, ses frères et ses soeurs,
Pour l'arracher au souci qui le désole,
L'encourageaient d'appels de bras caresseurs :

Il résistait à toutes câlineries,
Et le chagrin mettait un papillon noir
A son cher front tout brûlant d'orfèvreries.
Ô l'immortel et terrible désespoir !

Il leur disait : " Ô vous, laissez-moi tranquille ! "
Puis, les ayant baisés tous bien tendrement,
Il s'évada d'avec eux d'un geste agile,
Leur laissant aux mains des pans de vêtement.

Le voyez-vous sur la tour la plus céleste
Du haut palais avec une torche au poing ?
Il la brandit comme un héros fait d'un ceste,
D'en bas on croit que c'est une aube qui point.

Qu'est-ce qu'il dit de sa voix profonde et tendre
Qui se marie au claquement clair du feu
Et que la lune est extatique d'entendre ?
"Oh ! je serai celui-là qui créera Dieu !

" Nous avons tous trop souffert, anges et hommes,
De ce conflit entre le Pire et le Mieux.
Humilions, misérables que nous sommes,
Tous nos élans dans le plus simple des voeux.

"Ô vous tous, ô nous tous, ô les pécheurs tristes,
Ô les gais Saints, pourquoi ce schisme têtu ?
Que n'avons-nous fait, en habiles artistes,
De nos travaux la seule et même vertu ?

"Assez et trop de ces luttes trop égales !
Il va falloir qu'enfin se rejoignent les
Sept Péchés aux Trois Vertus Théologales !
Assez et trop de ces combats durs et laids !

"Et pour réponse à Jésus qui crut bien faire
En maintenant l'équilibre de ce duel,
Par moi l'enfer dont c'est ici le repaire
Se sacrifie à l'amour universel !"

La torche tombe de sa main éployée,
Et l'incendie alors hurla s'élevant,
Querelle énorme d'aigles rouges noyée
Au remous noir de la fumée et du vent.

L'or fond et coule à flots et le marbre éclate ;
C'est un brasier tout splendeur et tout ardeur ;
La soie en courts frissons comme de l'ouate
Vole à flocons tout ardeur et tout splendeur.

Et les Satans mourants chantaient dans les flammes,
Ayant compris, comme s'ils étaient résignés.
Et de beaux choeurs de voix d'hommes et de femmes
Montaient parmi l'ouragan des bruits ignés.

Et lui, les bras croisés d'une sorte fière,
Les yeux au ciel où le feu monte en léchant,
Il dit tout bas une espèce de prière,
Qui va mourir dans l'allégresse du chant.

Il dit tout bas une espèce de prière,
Les yeux au ciel où le feu monte en léchant...
Quand retentit un affreux coup de tonnerre,
Et c'est la fin de l'allégresse et du chant.

On n'avait pas agréé le sacrifice :
Quelqu'un de fort et de juste assurément
Sans peine avait su démêler la malice
Et l'artifice en un orgueil qui se ment.

Et du palais aux cent tours aucun vestige,
Rien ne resta dans ce désastre inouï,
Afin que par le plus effrayant prodige
Ceci ne fût qu'un vain rêve évanoui...

Et c'est la nuit, la nuit bleue aux mille étoiles ;
Une campagne évangélique s'étend,
Sévère et douce, et, vagues comme des voiles,
Les branches d'arbre ont l'air d'ailes s'agitant.

De froids ruisseaux courent sur un lit de pierre ;
Les doux hiboux nagent vaguement dans l'air
Tout embaumé de mystère et de prière :
Parfois un flot qui saute lance un éclair.

La forme molle au loin monte des collines
Comme un amour encore mal défini,
Et le brouillard qui s'essore des ravines
Semble un effort vers quelque but réuni.

Et tout cela comme un coeur et comme une âme,
Et comme un verbe, et d'un amour virginal
Adore, s'ouvre en une extase et réclame
Le Dieu clément qui nous gardera du mal.

 

(illustration: i_am_half-sick_of_shadows,_said_the_lady_of_shalott-
Sidney Harold Meteyard)

11:53 11/07/2011 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

27
jui

Christine Beau, c'est ...

Beau travail:

christine beau greffes_5.jpgchristine beau  greffes_2.jpgchristine beau surfaces_n10.jpg

 

 

 


christine beau surfaces_n11.jpghttp://www.pixtil.net/christine beau surfaces16.jpgchristine beau peaux1.jpg

12:27 27/06/2011 | Lien permanent | Tags : arts, humoeurs |  Facebook

21
jui

byssus na bisso...

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tissage de laine de poisson. image illustrant l'image.

 

Steckmuschel-3.jpg

racines n'est pas cordes.

00:02 21/06/2011 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

20
jui

ouvrages vierges

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donner son sang et cracher rouge. pour de faux, bien entendu.

23:51 20/06/2011 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

Butoh itou

CelineAngele_TaProhmCambodia2009_PhJeanDanielFricker_re.JPGarbrisseaux et souricières.

23:46 20/06/2011 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

entre no(e)u(d)s

76401_1729948287215_1193717455_1963897_6766775_n.jpgun point sans chut.

23:42 20/06/2011 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

Yuko Ota, butoka sublime...

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plume.

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griffe.

23:39 20/06/2011 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

6
jui

mystiques...

http://www.rtbf.be/radio/player/lapremiere?id=1043813&e

tuenhocks2007moon.jpg

11:02 06/06/2011 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

7
jan

quand je dis à Gérard que je suis à Istanbul, voici ce que Gérard dit...

Sais-tu que la liaison Méditerranée-Mer Noire n'existe que depuis environ 15.000 ans?
Avant, une barrière montagneuse séparait les deux. Le niveau de la mer Noire était inférieur à celui de la Méditerranée. La barrière Montagneuse s'est écroulée probablement pendant un gigantesque tremblement de terre et les eaux salées de la Méditerranée se sont furieusement déversées dans les eaux douce de la mer Noire, faisant rapidement monter le niveau de celle-ci. C'est probablement ce cataclysme qui a donné naissance à la légende de l'arche de Noé. D'innombrables villages riverains de l'ancienne mer intérieure, pratiquement intacts, sont engloutis sous une épaisse couche de vase à quelques mètres  de profondeur. 

 

Je suis contente de connaître Gérard. Vraiment.

Vue de l'appart de Burcu (1) small.JPG

 

photo prise hier de la terrasse de l'immeuble dans lequel un appart m'a accueillie des 7 jours merveilleux là.

17:58 07/01/2011 | Lien permanent | Tags : humoeurs, lis tes rature |  Facebook

7
déc

Thierry Vernet - Paris, septembre 1993

"Buvant un café ce matin à la terrasse de la Vielleuse, je réalisais combien la faculté de se livrer à une totale sensorialité contribuait au bonheur d'exister. La matité du journal que je lisais, le lisse-droit de la table de marbre, les variations thermiques, entre "le fond de l'air", la chaleur du café, la température intermédiaire du sucre que j'y trempais, l'odeur du café, celle des arbres mouillés ce matin, l'asphalte arrosé à la fois noir-brillant et odorant-frais. Après le poli de la poignée de la porte du métro, l'odeur composite des voyageurs jointe aux couleurs variées de leurs costumes, la remontée de la température, tous ces éléments dont je suis conscient, que je goûte, provoquent une heureuse ébriété. Je pourrais les énumérer sans fin.

Il va sans dire que toutes ces harmoniques sensorielles tournoient et enrichissent l'acte central de prise de possession du monde, qui est, pour un peintre, de le regarder. Pas de le voir mais de le regarder attentivement. Je ne pense pas que, par exemple, le lion dans sa savane ou le condor sur sa montagne soient de grands dépressifs. Parce que sous leur lourde paupière à demi soulevée on apercevrait la lentille brûlante de leur objectif grand-angle à quoi rien n'échappe, qui leur assure leur présence dans la présence du monde, leur densité, leur unité.

Les peintres jouissent d'un bien grand bonheur d'avoir pour vocation de regarder le monde. Et pourtant c'est offert à chacun. Il suffit de s'y mettre. Non pour réaliser de jolis tableaux et dessins à mettre sous verre dans la salle à manger, mais simplement pour augmenter de façon considérable le bonheur d'être né. Rien n'y aide plus que le dessin, ou le regard en vue du dessin. Cela demande de l'attention, mais guère de temps, ça peut se faire partout. Dessiner c'est braver les rapports qui existent entre les choses. Il s'établit alors une relation entre les choses et l'observateur qui, du coup, sort de lui-même. Tolstoï écrivait que "la psychose est le paroxysme de l'égoïsme". On comprend ce qu'il voulait dire par là, dans ce langage qui sent sa longitude. Le dessin n'est pas, ou pas seulement, un acte d'appropriation, mais surtout un acte d'adhésion, de reconnaissance de l'extérieur à soi-même. Je reconnais, dans la maladie, le danger d'enlever ses lunettes, d'adhérer au flou reposant, de perdre le monde.

Mais alors je regarde : la distance entre la cafetière et le sucrier. Combien de fois le sucrier rentrerait dans cette distance. Je regarde cette dame en veste rouge sur fond d'immeuble gris. L'autobus passe derrière elle : rapport nouveau du rouge et du vert, puis un véhicule de la poste jaune citron. Nouveau rapport de couleur. Cette dame se demande ce que je regarde, je change de sujet d'observation de crainte de me faire gifler. A regret parce que je n'avais pas épuisé cette mine. Pas encore observé l'aplomb du géranium sur la fenêtre d'au-dessus. Car le plaisir naît de l'observation des aplombs et des niveaux. Quand l'apprenti renâcle à l'usage du niveau et du fil à plomb que lui conseille son maître, il ne sait ce dont il se prive ! A quoi il faut ajouter le bonheur de la sélection des couleurs : s'exercer à ne voir que ce qui est rouge, ou bleu, ou jaune, etc... Vraiment pas de quoi s'ennuyer à une terrasse de bistrot (ni dans un lit d'hôpital). Regarder est un jeu hautement amusant, du plus utile, indispensable à qui ressent la nécessité de s'accrocher à la rambarde sur le pont du navire en perdition sur lequel nous sommes embarqués."


Thierry Vernet - Paris, septembre 1993

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14:28 07/12/2010 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

16
nov

Expo « tu ne vois pas, alors regarde… » de Véronique Vercheval


Voir sans être vu. Un vieux rêve. Être au milieu de yeux noirs, de cannes blanches, de chiens jaunes, de nappes bleues. Couleurs, formes, voix au pays des paupières creuses. Ici, c’est l’expo photo « tu ne vois pas, alors regarde… », regarde un peu [1]. Véronique boit du vin rouge. Je sais qu’il y a du thon dans le sandwich mou plutôt que du mou de chaton. Je peux éviter de marcher sur la queue de quelqu’un.

J’ai de la chance.

Là. Devant nos yeux, des drames dédramatisés ? Pas vraiment.

Une scénographie sobre, oui, aucun pointillés en relief jusqu’aux murs, comme ceux dans le métro pour éviter de s’envoyer en rail. Le parcours n’est pas fléché. Demmerde toi si t’as pas d’yeux.  Allez, c’est quand même pas drôle d’être aveugle, surtout quand on n’a pas le chien qui va avec. Remarque, j'ai appris que statistiquement, les Golden retrievers sont les chiens qui mordent le plus (parce que c'est le chien que tout le monde a, normal... je veux dire, statistiquement). 

La dame à la rétinite pigmentaire s’appelle Eliane Wouters, elle pose devant son portrait. 

-         Dis-moi où je dois regarder !

Elle lance en l’air.

-         Où tu veux !

Répond l’autre œil, celui qui clique, son élastique vocal dans l’espace. Au-delà d’un réel connu. Dialogue de sourds.

 

Moi, j’ai les questions qu’on se pose. J’ai d’la chance. J’écris, je lis, je mate, je reluque, je zyeute, je voyeuse, je vole un regard, je dissimule, je plisse les paupières, je cligne, je fais la biche, le bisou d’papillons, j’ouvre grand… eux ? 

-         Vous êtes voyante?

-         Oui, moi, je suis voyante. 

 

Mais pas médium hein. Je réponds à Célestin Makeu, l’aveugle écrivain noir qui dit qu’il est dans le noir total. On papote. Je fixe ses lunettes noires des années 80, je tente de mesurer un regard, une réponse en plus du sourire et de ses poils de nez qui frémissent quand il cause ce nez en l’air. Il ne sait pas que je mate ses poils de nez instamment. Si le Vivre Ensemble est un but ultime, inabordé, que faire d’un Ecrire Ensemble. Voilà, je suis animatrice d’ateliers d’écriture pour super-voyants et j’aimerais réfléchir à un atelier d’écriture mixe.

Je cherche une piste illustrant l’envie. Ecrire dans le noir, les yeux bandés, avec une presse en braille, dans le sable blanc ? Célestin a ma carte de visite, j’ai son numéro de portable. Il ajoute quand on cause projets en coure qu'ill a dit à la dame du CPAS le mois dernier :

 

-         Vous ne me reverrez plus !

 

Il n’est pas ici pour chômer. Chômeur et aveugle et noir, c’est pas de cul.

Allez, je me rattrape de ma boutade made in Coluche ringard avec une phrase sympathique ?

Au royaume des borgnes, les aveugles sont rois. 

Tu vois ?

Allez, je le dis. L’émergence d’un atelier aussi fortement, aussi précipitamment arrive souvent. Là, j’aborde une crainte intense, profonde, ancrée face au manque, à l’handicap.

 

Elevée par une-qui-marche-plus-ni-ne-respire-plus-seule, entourée d’un-qui-n’a-plus-toute-sa-tête-sauf-le-jour-du-seigneur, aimée souvent d’un-qui-ne-va-pas-mieux-un-jour-sur-deux, adoptée par une-qui-a-perdu-un-sein-mais-qui-le-vaut-bien, je dois être celle avec les maux « normaux », les maux "allô maman bobos"; une séance psy, un massage aux pierres chaudes, un gommage à l'huile d'argan, un chocolat 89% et hop, ça repart.Je me dis ça, comme ça. Ah si, juste une malformation génétique aux yeux, justement, mon épicanthus à tendance télécanthus, j’en suis si fière que j’en ai remercié mes parents dans une lettre, surtout que mon fils en a hérité. C’est mon défaut qui trompe les apparences. On me croit Eurasienne quand je suis Bourguignonne à tendance Banlieusarde. 

J’ai x fois rêvé de perdre quelque chose, quelqu’un, la face. Ai-je déjà rêvé que je perdais la vue ? Comment deviennent les rêves quand les images s’emmêlent ? Se brouillent ? Les aveugles perdent la face de l’autre ? Du monde ? C’est être ivre sans lumière ? Saoul sans répit. Sophie Calle a demandé ce qu'était le bleu à un aveugle de naissance. Il a répondu, lui.

 

Et ceux qui sont là… d’où leur vient cette forme de compensation ? De vie revisitée ? Emilio Messina, obturé du nerf optique s’est ‘récupéré’ quand il a perdu le 2ème œil, comme si la certitude du manque, de l’absence ne pouvait que créer le remplissage, l’invasion salvatrice (même si j’imagine là un manque de choix, presque, une évidence pleine, sûrement). Quand on a plus rien, on descend pas plus rien.

 

Je reviens à mes yeux. L’empathie ou la trouille ou la curiosité ou l’incompréhension ou la naïveté ou le désir, tous là, à la sortie de ce centre de la jeunesse, digne des outrages urbains de Ceauşescu. Un lieu perdu en plein Bruxelles. Personne n’a jamais vu cet immeuble, une dizaine de personnes cherchait l’endroit quand je suis arrivée.

 

Je suis au Monk, j’écris dans les rabats du livre de l’expo (15€). Tout le monde fume dans ce bar. Je vois le brouillard persistant, son possible, une brume sur la rétine, son possible, un filtre dans l’iris, son possible. Si je perdais ma vue me resterait-il ma vision ? Apprendrais-je à danser le long d’une barre de pompiers? Serais-je ‘enfin’ tactile avec mon fils avec toute sa peau qui pousse et avec ses yeux bleu gemme ? Pourrais-je reconnaître l’empreinte d’un chevreuil juste en plaçant mes doigts dans la boue ? Y a t’il un Braille des horizons ? Une loupe des paysages ? Le shakra du front peut-il s’ouvrir à répétition ?

Ok, je ferme les yeux quelques secondes. Je joue à l’aveugle.

Seulement, je me souviens que mon sac est ouvert. Et si on me pique mon portefeuille. Et si on me verse du Rohypnol dans mon Bailey’s on ice ?

Si je perdais les yeux, je courrais vers la méfiance ? La perméabilité ? L’idée d’un monde extensible ? D’un moi malléable ?

Tout est ouvert.


S’offrir un costume d’aveugle pour Noël mais récupérer ses visions sans dommage au nouvel an. Une obturation d’emprunt.

Comment ça fait ? Comment ça se fait ? Comment fait-on quand on …

La page blanche est couverte, reste la place pour une phrase. Faudrait qu’elle soit dramatique, théâtrale, pimpante, presque étincelante (on approche Noël et ses guirlandes).

Une morale ?

Du genre, y aurait bien dans le monde plus d’aveugles que de non-voyants.

Ouais, pas mal.

 

 

[1] Copyright P. Bruel

 

 

kimberley par véronique v.jpg

Expo: Tu ne vois pas, alors regarde...

30 Portraits de personnes non ou malvoyantes.
Salle de la Jeunesse, Place Sainte-Catherine à Bruxelles
www.v
eroniquevercheval.net
http://veroniquevercheval.blogspot.com/2010/11/tu-ne-vois-pas-alors-regarde.html

20:52 16/11/2010 | Lien permanent | Tags : arts, humoeurs |  Facebook