23
oct

dedans/dehors

mi et cass 10-13 04.jpg

mi et cass 10-13 05.jpg

 

 

 

 

à moi les gestes du quotidien et la promiscuité sans détour.
à moi cette invariable maternité.
à moi les doigts, les orteils, et les cheveux, et les dents, et les ongles.
Ce qui tombe et repousse.
Ce qui arrive et repart.
Ce qui vient et surgit.
Ce qui est là, sans cesse.
 
Amours
(complexes et indélébiles).
 
 

10:58 23/10/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

21
oct

Radeau de Méduses

ape woman julia from mexico.jpg ape woman julia from Mexico


"Le clochard, comme le criminel, le toxicomane et la prostituée, est une des grandes figures de la transgression sociale. Il est la figure emblématique de l’envers ricanant de la normalité et de l’ordre social. Il en est le bouffon et le négatif. Il en est, de par son existence même, le radical critique. De plus, il présente l’apparence d’être libre, sans attaches et sans obligations. En cela, il est séducteur. En cela, il est dangereux. Séduction et dangerosité, dont se protège l’ordre social, en condamnant les clochards, comme les autres marginaux transgressifs, à une souffrance minimale, mais structurelle. Supportable, mais visible.
Il est nécessaire à l’ordre social que la vie des clochards soit structurellement difficile. Il faut que leur « choix » se paie. Tout comme il faut que la vie des prisonniers reste pénible au-delà des simples contraintes de l’enfermement ; que les prostituées aient une vie infernale (proxénètes, violences, absence de protection sociale, etc.) ; que les toxicomanes ne soient pas seulement considérés comme des malades, mais comme des délinquants… Ces souffrances visibles infligées aux transgressifs ont pour fonction de les stigmatiser et, par là, de décourager les vocations, que les fantasmes qu’ils font naître en nous pourraient susciter."

– Patrick Declerck, Les Naufragés, 2001

22:11 21/10/2013 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures, society, humoeurs |  Facebook

Ralentie.

reading girl.jpg

"Ralentie, on tâte le pouls des choses; on y ronfle; on a tout le temps; tranquillement, toute la vie. On gobe les sons, on les gobe tranquillement; toute la vie. On vit dans son soulier. On y fait le ménage. On n’a plus besoin de se serrer. On a tout le temps. On déguste. On rit dans son poing. On ne croit plus qu’on sait. On n’a plus besoin de compter. On est heureuse en buvant; on est heureuse en ne buvant pas. On fait la perle. On est, on a tout le temps. On est la ralentie. On est sortie des courants d’air. On a le sourire du sabot. On n’est plus fatiguée. On n’est plus touchée. On a des genoux au bout des pieds. On n’a plus honte sous la cloche. On a vendu ses monts. On a posé son oeuf, on a posé ses nerfs."

Henri Michaux, La Ralentie, 1938

(merci à Vertébrale)

21:25 21/10/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs, lis tes ratures |  Facebook

11
oct

Canisettes

Humeurs Canines Dehors,
Renifler des culs
Grogner dans des rues,
Aboyer contre des murs,
Agiter queues en guise de sagaies,
Arracher poils contre toute attente
Amores Perros ce matin
Haleine de chien mouillé
Echine sardonique

il ne fera pas bon me demander le chemin.

Pedro Luis Raota dog.jpg (by Pedro Luis Raota)



09:25 11/10/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

10
oct

Music for the eyes.

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(criquet gaumais observé et adoré en septembre)

 

Tu es cigale
Je suis fourmi

Et les vaches sont bien gardées.

09:27 10/10/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

On the road

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4 passages d'une incroyable page de Boulet Corp.

4 moments que je peux relier à mes trajets d'enfance.

De Chelles à Fossoy, de Fossoy à Chelles, de Chelles à Lailly-en-Val, de Lailly à Beaugency, de la Somme à la Sologne, des Pays Cathares à Lailly, de Chelles à Paris, de Gagny à la Pomponette, de Chelles à ... et à ... surtout les odeurs de voiture transperçant les intensités familiales, les tensions entre les passagers, les repas sous vide ou dans boîte déballés, remballés, les paniers de choses entassés, compressés contre les cuisses et les bras, les insoutenables cigarillos de mon grand-père rallumés cent fois par un allume cigares crasseux, les interminables reproches et imperturbables paradoxes de ma grand-mère, les K7 audio de Chantal Goya ou d'Aimable, la queue de tigre en peluche suspendue au rétroviseur, les Comics que je dévorais en préférant Storm et Serval, les doigts entre mes cuisses en cachette, les regards vers les routards dans les camions que nous dépassions, mon envie d'étreinte et de liberté, un jour je conduirais et je prendrais cette route et toutes les autres, un jour, je pourrais être en partance sans qu'aucun but ne me rattrape, les moments où, allongée sur la banquette arrière, en évitant bien les regards des adultes dans le rétroviseur, je cherchais à compter chaque arbre du bord de route, où je pouvais sculpter dans les nuages les chimères les plus absurdes, où les bruits des passages à niveaux, des alarmes, des sirènes, des klaxons, des doubleurs à la Fangio, des râles de mon grand-père fatigué de tous ces autres qui ne savent pas conduire, des imperceptibles notions d'autres à toute vitesse, parfois aussi, observer du coin de l'oeil les autres passagers dans les autres voitures et souhaiter qu'ils soient exactement dans leurs vies comme on les imagine, ces autres forcément sublimes vivant forcément ce que je ne vivais pas...
Être exactement à la place de tous les autres en étant persuadée que ces moments vécus là, sans autre poids que la route à faire, là à ne pas être autre chose qu'une passagère, étaient pourtant privilégiés et tout à fait nécessaires à ma survie.

00:21 10/10/2013 | Lien permanent | Tags : textes, humoeurs |  Facebook

6
oct

rêve(s)

"À la foire de l'est pour deux pommes
Une petite taupe mon père m'avait acheté
À la foire de l'est pour deux pommes
Une petite taupe mon père m'avait acheté

Soudain la chatte mange la taupe
Qu'à la foire mon père m'avait achetée
Soudain la chatte mange la taupe
Qu'à la foire mon père m'avait achetée

À la foire de l'est pour deux pommes
Une petite taupe mon père m'avait acheté
Soudain la chienne
Mord la chatte
Qui mangeait la taupe
Qu'à la foire mon père m'avait achetée

À la foire de l'est pour deux pommes
Une petite taupe mon père m'avait acheté
Soudain la trique
Frappe la chienne
Qui mordait la chatte
Qui mangeait la taupe
Qu'à la foire mon père m'avait achetée

À la foire de l'est pour deux pommes
Une petite taupe mon père m'avait achetée
Soudain la flamme
Brûle la trique
Qui frappait la chienne
Qui mordait la chatte
Qui mangeait la taupe
Qu'à la foire mon père m'avait achetée

À la foire de l'est pour deux pommes
Une petite taupe mon père m'avait acheté

Soudain l'averse
Ruine la flamme
Qui brûlait la trique
Qui frappait la chienne
Qui mordait la chatte
Qui mangeait la taupe
Qu'à la foire mon père m'avait achetée

À la foire de l'est pour deux pommes
Une petite taupe mon père m'avait acheté
Soudain la bête
Vient boire l'averse
Qui ruinait la flamme
Qui brûlait la trique
Qui frappait la chienne
Qui mordait la chatte
Qui mangeait la taupe
Qu'à la foire mon père m'avait achetée

À la foire de l'est pour deux pommes
Une petite taupe mon père m'avait acheté
Et l'égorgeur frappe
Et tue la bête
Qui buvait l'averse
Qui ruinait la flamme
Qui brûlait la trique
Qui frappait la chienne
Qui mordait la chatte
Qui mangeait la taupe
Qu'à la foire mon père m'avait achetée

C'est l'ange de la mort
Qui saigne l'égorgeur
Qui tuait la bête
Qui buvait l'averse
Qui ruinait la flamme
Qui brûlait la trique
Qui frappait la chienne
Qui mordait la chatte
Qui mangeait la taupe
Qu'à la foire mon père m'avait achetée

À la foire de l'est pour deux pommes
Une petite taupe mon père m'avait acheté
C'est enfin le Seigneur
Qui emporte l'ange
Qui saignait l'égorgeur
Qui tuait la bête
Qui buvait l'averse
Qui ruinait la flamme
Qui brûlait la trique
Qui frappait la chienne
Qui mordait la chatte
Qui mangeait la taupe
Qu'à la foire mon père m'avait achetée

C'est enfin le Seigneur
Qui emporte l'ange
Qui saignait l'égorgeur
Qui tuait la bête
Qui buvait l'averse
Qui ruinait la flamme
Qui brûlait la trique
Qui frappait la chienne
Qui mordait la chatte
Qui mangeait la taupe
Qu'à la foire mon père m'avait achetée

À la foire de l'est pour deux pommes
Une petite taupe mon père m'avait acheté"

Angelo Branduardi

 

enfance/rêve/père/dimanche/messe/poney/pie/histoire/gâchis.

Pedro Luis Raota dog.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

(photo : Pedro Luis Raota)

09:15 06/10/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

5
oct

Quignard, au bord de moi

John Goodman, Gene Boynton Times Square Gym, 1993.jpg

Tant qu'il couve, le sentiment de la colère emplit le torse d'énergie, exalte le cerveau, soutient les projets que l'âme a conçus. Soutient le regard. Étaie les heures. Excite le temps.


(Vllla Amalia, p.76, Gallimard/nrf, 2006)

 

 

 

 

 

(Photo by John Goodman: Gene Boynton Times Square Gym, 1993)

09:58 05/10/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

4
oct

litanies et prières et voeux et souhaits et orgasmes

2 ans comme si Mi & Ni 1 oct 2013.jpg

le sucre,
les fluides, le temps, les élans, les douceurs, les influences, les patiences, les caresses, les bras, les sexes, les perfections, les compréhensions, les validités, les évidences,
le sucre (miel ou impalpable), ...

2013 sept 085.JPG

20:30 04/10/2013 | Lien permanent | Tags : luv, humoeurs |  Facebook

3
oct

horizon sans teint

IMG_4238.JPG

ne pas avoir ce qu'on croit, ne pas être aussi loin qu'on pense, être au point de départ, mais un départ sans autre limite que la ligne, laquelle quand on la retourne dans le sens contraire, est aussi l'arrivée, départ reporté à cet autre départ, répété constamment, résolument, comme si tout d'avant n'avait ni incidence ni conséquence sur le pendant, et que ce pendant bientôt nommé après (selon les rumeurs) n'a pas de place dans le processus, ni dans le résultat, que tout ce qui est là n'est là qu'à cet endroit là, sans variété de curseur, sans diversion d'intensité, juste un point, peu importe la couleur ou la profondeur, éternellement là, enfin dire là avec une forme d'optimisme mais savoir qu'en fait de là on parle plutôt d'ici, un ici d'ailleurs expressément sans là, un ici omnipotent, sans volonté de devenir là, en fait, un ici exclusivement petit, contrit, précisément visible, exactement dans le centre du corps, entre tout le mélange, les fluides et les équilibres, juste comme ça, posé au creux du monde, en plein soi, comme une intention perverse contre le temps, contre l'espace, une imperceptible violence qui retire l'élan, annihile le chemin,
oui, il y a bien quelques mouvements, oui, il y a bien quelques indices d'oscillations mais ce sont des courbes qui finissent par n'être que des cercles parfaits, des cercles qui, même agrandis, amplifiés, sont bien obturés, bien scellés, bien clôturés, de sorte que même si on a l'impression d'en pénétrer un pour la première fois, celui-ci finit par se découvrir infiniment connu, par développer en soi un sentiment de déjà vu mais on ne sait rien vraiment, ce déjà vu est un mensonge de l'espoir, une rature optimiste, pour sûr, c'est vérifié, on ne sait pas déceler l'impression de la réalité et ce doute, cette crainte d'avoir raison, 'et si j'avais été là avant d'être ici", cette potentielle faille s'estompe après quelques tours de cage, morte dans son œuf.
On en revient au premier point, petit comme l'infini qui n'existe pas (sinon, on l'aurait digéré) petit comme soi, petit comme le petit centre du grand cercle qui tourne sur lui et sur soi.

15:23 03/10/2013 | Lien permanent | Tags : textes, humoeurs |  Facebook

26
sep

syndrome de...?

"A une époque où Platon puis Aristote règnent en maîtres sur la pensée athénienne, voici que surgit Diogène, l'exilé de Sinope, qui revendique le chien comme emblème philosophique. Il sera "le chien royal", après Antisthène, "le vrai chien", que l'on considère comme le père fondateur de l'école cynique. Diogène crèe le personnage du philosophe vagabond, barbe hirsute, manteau de bure, besace et baton dont il fera grand usage pour convertir ses contemporains à la philosophie, la sienne. Vivant dans une jarre à proximité de l'Agora, interpellant les passants au hasard des rencontres, les raillant et les fustigeant de ses féroces jeux de langage - le rire est sa méthode - il engage ses congénères à vivre selon les lois de la nature. Faisant fi des tabous, des illusions et de toutes les conventions sociales, de provocations en provocations, Diogène vit comme un chien, mangeant au creux de ses mains, pissant et crachant sur les puissants, se masturbant sur la place publique... Sa théatralité fait scandale et perturbe, par un renversement absolu des valeurs, la bonne conscience de ses contemporains et l'ordre de la cité. On l'a beaucoup caricaturé, mais Diogène le subversif intempestif est un penseur qui exprime avec radicalité une vision du monde et une pensée philosophique."

France Culture, Une vie une oeuvre du 20/02/2011 par Matthieu Garrigou-Lagrange, Françoise Estèbe et DominiqueCosta.

http://www.youtube.com/watch?v=epW-8gZwQEk

 

Hans Robertson. Masque. c.1937.jpg

(Hans Robertson. Masque. c.1937)

&

humoeurs

(Beuys & Coyote (pas bip bip)

00:51 26/09/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

20
sep

Humeur de gorge

Quelque chose est lourd, dans la gorge qui lui relie l'utérus à la glotte. Quelque chose de lourd mais dont le poids la soulage. C'est à dire qu'elle a reçu ça en plus d'elle, que c'est quelque chose d'étranger et d'étrange, quelque chose qu'elle n'a ni désiré, ni compris. Pourtant, plus le poids de cette greffe augmente, plus elle sent (bien) que le pire lui passera. Que grâce et à cause de cette nouvelle donne, ce sera vraiment plu simple pour respirer. Bien entendu qu'en envisageant la suite, qu'en comprenant que son corps va devoir vibrer autrement, parfois en cercles fermés, parfois en oscillations épileptiques, elle est fatiguée, bien applatie. Mais que faire avec le poids de ça sinon l'avaler, le digérer, l'accepter en toute somme de vie qu'il est, aussi. Alors, elle se déplace plus lentement. L'allégresse encore récente n'est plus viable. Des questions lui bouchent la vue. Le goût d'agrumes pourris amplifie sa regression. Quelque chose a de la chance, a trouvé une hôtesse. Tous les corps, réunis sans grande volonté, s'approchent d'une porte, ouvrent et laissent entrer la chaleur de l'après.

Milady
avant minuit.

Frida Kahlo's drawings.jpg

23:01 20/09/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs, textes |  Facebook

2
sep

Animal, animal, animal, âme dans des poils?

Roland Carré for special edition of Chi Chis magazine, 1951.jpg(art by Roland Carré for special edition of Chi Chis magazine, 1951)

"I often ask myself, just to see, who I am - and who I am (following) at the moment when, caught naked, in silence, by the gaze of an animal, for example the eyes of a cat, I have trouble, yes, a bad time overcoming my embarrassment.
Whence this malaise?
I have trouble repressing a reflex dictated by immodesty. Trouble
keeping silent within me a protest against the indecency. Against the impropriety that comes of finding oneself naked, one’s sex exposed, stark naked before a cat that looks at you without moving, just to see. The impropriety [malséance] of a certain animal nude before the other animal, from that point on one might call it a kind of animalséance: the single, incomparable and original experience of the impropriety that would come from appearing in truth naked, in front of the insistent gaze of the animal, a benevolent or pitiless gaze, surprised or cognizant. The gaze of a seer, visionary, or extra-lucid blind person. It is as if I were ashamed, therefore, naked in front of this cat, but also ashamed for being ashamed. A reflected shame, the mirror of a shame ashamed of itself, a shame that is at the same time specular, unjustifiable, and unable to be admitted to. At the optical center of this reflection would appear this thing - and in my eyes the focus of this incomparable experience - that is called nudity. And about which it is believed that it is proper to man, that is to say foreign to animals, naked as they are, or so it is thought, without the
slightest inkling of being so."

Jacques Derrida, The Animal That Therefore I Am (More to Follow), in Critical Inquiry, Vol. 28, No. 2

11:52 02/09/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

être le monstre de quel monstre, telle est une bonne question

 

"Regarding language, is it best to be careful with our words and aware of what they do (rather than mean), to weigh the possible connotations, echoes, reverberations, all of which are infinite; or, is it best to be impulsive, overcome with it, even at the risk of catastrophe? What I am asking is: does intentionality perhaps weigh even heavier — “matter more” — to we who eschew it? In my extreme focus on each syllable and signifier, and my recognition of their arbitrariness and fragility, I have only given it (the language I use) and myself a strange power, albeit a false power: the idea that, in being careful with my words, lest I risk meaning recklessly or differently, my words might “mean” anything at all. We are careful because we fear that somehow, impossibly, they might mean."

 

Eva Koťátková Parallel biography.jpg (art by Eva Koťátková)

&

Stan Van DerBeek, ”Breathdeath”, 1963.jpg (art by Stan Van DerBeek, ”Breathdeath”, 1963)

 

Is it better to out-monster the monster or to be quietly devoured?

 

— Friedrich Nietzsche


WHO IS THE MONSTER NOWY?


10:32 02/09/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

Cendres/Feu/Langue

The urn of language is so fragile. It crumbles and immediately you blow into the dust of words which are the cinder itself. And if you entrust it to paper, it is all the better to inflame you with, my dear, you will eat yourself up immediately.



Jacques Derrida, Cinders

 

listen to love.jpg


10:20 02/09/2013 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures, humoeurs |  Facebook

8
aoû

"Je ne suis personne" (ou si peu)

" Je suis parvenu subitement, aujourd'hui, à une impression absurde et juste. Je me suis rendu compte, en un éclair, que je ne suis personne, absolument personne. Quand cet éclair a brillé, là où je croyais que se trouvait une ville s'étendait une plaine déserte; et la lumière sinistre qui m'a montré à moi-même ne m'a révélé nul ciel s'étendant au-dessus. On m'a volé le pouvoir d'être avant même que le monde fût. Si j'ai été contraint de me réincarner, ce fut sans moi-même, sans que je me sois, moi, réincarné.
Je suis les faubourgs d'une ville qui n'existe pas, le commentaire prolixe d'un livre que nul n'a jamais écrit. Je ne suis personne, personne. Je suis le personnage d'un roman qui reste à écrire, et je flotte, aérien, dispersé sans avoir été, parmi les rêves d'un être qui n'a pas su m'achever.

coffe femme.jpg
Je pense, je pense sans cesse; mais ma pensée ne contient pas de raisonnements, mon émotion ne contient pas d'émotion. Je tombe sans fin, du fond de la trappe située tout là-haut, à travers l'espace infini, dans une chute qui ne suit aucune direction, infinie, multiple et vide. Mon âme est un maelström noir, vaste vertige tournoyant autour du vide, mouvement d0un océan infini, autour d'un trou dans du rien; et dans toutes ces eaux, qui sont un tournoiement bien plus que de l'eau, nagent toutes les images de ce que j'ai vu et entendu dans le monde -défilent des maisons, des visages, des livres, des caisses, des lambeaux de musique et des syllabes éparses, dans un tourbillon sinistre et sans fin.
Et moi, ce qui est réellement moi, je suis le centre de tout cela, un centre qui n'existe pas, si ce n'est par une géométrie de l'abîme; je suis ce rien autour duquel ce mouvement tournoie, sans autre but que de tournoyer, et sans exister par lui-même, sinon par la raison que tout cercle possède un centre. Moi, ce qui est réellement moi, je suis le puit sans parois, mais avec la viscosité des parois, le centre de tout avec du rien tout autour. [...]
Pouvoir savoir penser! Pouvoir savoir sentir!"

Fernando Pessoa, Je ne suis personne

Pour Fi-Low

17:59 08/08/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

26
jui

la "bonne" journée des citations faisant écho, merci

In order to suggest, delicately, that I am suffering, in order to hide without lying, I shall make use of a cunning preterition: I shall divide the economy of my signs.

The task of the verbal signs will be to silence, to mask, to deceive: I shall never account, verbally, for the excesses of my sentiment. Having said nothing of the ravages of this anxiety, I can always, once it has passed, reassure myself that no one has guessed anything. The power of language: with my language I can do everything: even and especially say nothing.

I can do everything with my language, but not with my body. What I hide by my language, my body utters. I can deliberately mold my message, not my voice. By my voice, whatever it says, the other will recognize “that something is wrong with me." I am a liar (by preterition), not an actor. My body is a stubborn child, my language a very civilized adult…

— Roland Barthes, A Lover’s Discourse: Fragments

Gerhard Richter Mrs. Wolleh with Children (Frau Wolleh mit Kindern) 1967-68.jpg

Gerhard Richter - (Frau Wolleh mit Kindern) 1967-68


14:08 26/07/2013 | Lien permanent | Tags : arts, humoeurs |  Facebook

Ah si, si...

We can no longer sit idly by as others steal our mouths, our anuses, our genitals, our nerves, our guts, our arteries, in order to fashion parts and works in an ignoble mechanism of production which links capital, exploitation, and the family.
We can no longer allow others to turn our mucous membranes, our skin, all our sensitive areas into occupied territory – territory controlled and regimented by other, to which we are forbidden access.

Felix Guattari, ‘To Have Done with the Massacre of the Body’, trans. Jarred Becker (in Soft Subversions, ed. Sylvère Lotringer)

anonymous LSD, Distorted Eyes 1971.jpg

14:01 26/07/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

pour Lui (et moi avec)

Yes, I do believe in something. I believe in being warmhearted. I believe especially in being warmhearted in love, in fucking with a warm heart. I believe if men could fuck with warm hearts, and the women take it warmheartedly, everything would come all right. It’s all this coldhearted fucking that is death and idiocy.
Yes, I do believe in something. I believe in being warmhearted. I believe especially in being warmhearted in love, in fucking with a warm heart. I believe if men could fuck with warm hearts, and the women take it warmheartedly, everything would come all right. It’s all this coldhearted fucking that is death and idiocy.
Yes, I do believe in something. I believe in being warmhearted. I believe especially in being warmhearted in love, in fucking with a warm heart. I believe if men could fuck with warm hearts, and the women take it warmheartedly, everything would come all right. It’s all this coldhearted fucking that is death and idiocy."
Yes, I do believe in something. I believe in being warmhearted. I believe especially in being warmhearted in love, in fucking with a warm heart. I believe if men could fuck with warm hearts, and the women take it warmheartedly, everything would come all right. It’s all this coldhearted fucking that is death and idiocy.
Yes, I do believe in something. I believe in being warmhearted. I believe especially in being warmhearted in love, in fucking with a warm heart. I believe if men could fuck with warm hearts, and the women take it warmheartedly, everything would come all right. It’s all this coldhearted fucking that is death and idiocy.
ad libitum.

D.H. Lawrence, Lady Chatterley’s Lover

Pierre Jahan. Sans Titre, 1950.jpg (art by Pierre Jahan. Sans Titre, 1950)


13:21 26/07/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

20
jui

Couple? (selon un wiki)

Information mutuelle

Entropies individuelles (H(X),H(Y)), jointes (H(X,Y)), d'une paire de sous-systèmes (X, Y), avec l'information mutuelle I(X; Y).

 

Dans la théorie des probabilités et la théorie de l'information, l'information mutuelle de deux variables aléatoires est une quantité mesurant la dépendance statistique de ces variables. Elle se mesure souvent en bit.

 

L'information mutuelle d'un couple (X,Y) de variables représente leur degré de dépendance au sens probabiliste. Ce concept de dépendance logique ne doit pas être confondu avec celui de causalité physique, bien qu'en pratique l'un implique souvent l'autre.

 

Informellement, on dit que deux variables sont indépendantes si la réalisation de l'une n'apporte aucune information sur la réalisation de l'autre. La corrélation est un cas particulier de dépendance dans lequel la relation entre les deux variables est strictement linéaire.

 

L'information mutuelle est nulle si et seulement si les variables sont indépendantes, et croit lorsque la dépendance augmente.

10:38 20/07/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

19
jui

Une réalité mathématique dessinée en fractales par un homme atteint par le syndrome du savant.

 

JPadgett-fractales1

 

Jason Padgett est un américain qui a acquis, sans le vouloir, des capacités étonnantes en mathématiques après une agression en 2002. Il a été durement touché à la tête et il vit maintenant la réalité sous forme de fractales mathématiques descriptibles par des équations. Il est atteint du syndrome du savant qui lui permet désormais de pratiquer une forme de synesthésie.

 

Image d’entête : “une main quantique à travers mes yeux” (J.Padgett)

 

Avant l’incident, Jason ne possédait aucune capacité particulière en math, il était même plutôt mauvais. Il a copié la plupart des réponses à son examen de géométrie dans l’enseignement secondaire et n’a jamais eu beaucoup d’intérêt pour cette matière. Il est allé à l’université pour la quitter sans finir son cycle. Il a ensuite travaillé dans la vente pendant quelques années et puis s’est installé dans un magasin de meubles fabriqués par son père. L’accident vasculaire cérébral provoqué par son agression a ostensiblement changé l’architecture du cerveau de Jason. Après une période d’introspection d’une durée de trois ans, il a commencé à dessiner ce qu’il voyait juste en face de ses yeux. Les résultats étaient incroyables, une série d’approximations mathématiques, de fractales dessinées à la main, les premières du genre. Les mathématiciens et les physiciens ont été surpris : certains des dessins de Jason dépeignent des équations mathématiques qui, jusque-là, étaient seulement présentables sous forme graphique. D’autres représentent de réels modèles d’interférences électroniques.

 

Ci-dessous : trou noir de Planck”.

 

JPadgett-fractales7

 

Dualité onde-particule

 

JPadgett-fractales2

 

“Une dérive dans l’espace-temps”

 

JPadgett-fractales8

 

Selon la bio de Jason Padgett :

 

La beauté des numéros et leur connexion à la géométrie pure de l’espace-temps et de l’univers sont présentées dans ses schémas de fractales… Il étudie actuellement la façon dont toutes les fractales posent des limites et comment la formule E = MC2 est elle-même une fractale. Quand il a commencé à dessiner, il n’avait aucune formation en mathématiques traditionnelles et ne pouvait dessiner ce qu’il voyait comme des mathématiques. Finalement, un physicien a vu ses dessins et l’a aidé à obtenir une formation en mathématiques traditionnelle pour être capable de décrire, sous forme d’équations, la géométrie complexe de ses dessins. Il est actuellement étudiant en mathématiques dans l’État de Washington, où il apprend les mathématiques traditionnelles afin qu’il puisse mieux décrire ce qu’il voit sous une forme plus traditionnelle. Beaucoup de ses schémas ont été dessinés avant qu’il n’ait eu une formation en mathématique traditionnelle. Son dessin de E = MC ^ 2 est basé sur la structure de l’espace-temps au niveau quantique et sur le concept qu’il y a une limite physique à l’observation qui est l’échelle de Planck. Il montre comment au plus bas niveau, la structure de l’espace-temps est une fractale… Alors, asseyez-vous et appréciez la beauté des mathématiques d’origine naturelle sous forme géométrique pure connectant E = MC2 (énergie) à l’art. Elles sont toutes dessinées à la main en utilisant uniquement un crayon, une règle et un compas.

 

“Cosinus sinusoïdale et ondes tangente”

 

JPadgett-fractales5

 

“Fusion hW=MC^2”

 

JPadgett-fractales6

 

“L’expérience des doubles fentes” (Fentes de Young)

 

JPadgett-fractales3

 

Vous pouvez admirer d’autres œuvres de Jason Padgett sur Fine art america. A partir du Laboratoire de recherche sur la synesthésie de St Louis (Etats-Unis) : St. Louis Synesthesia Lab – Jason.

13:22 19/07/2013 | Lien permanent | Tags : place net, humoeurs |  Facebook

3
jui

Edith Soonckindt interview Milady (alias me)

Noir sur noir, the one and only Milady Renoir !

 

Ceux qui vivent, lisent et respirent en Belgique la connaissent déjà et seront sûrement ravis d’en apprendre un peu plus sur elle ! Pour les autres, préparez-vous à une découverte en profondeur de cette artiste polymorphe, tour à tour performeuse, animatrice d’ateliers et auteur (plus tout ce que j’oublie). L’entretien est à la hauteur du personnage : hors normes, mais que cela ne vous empêche pas de le lire jusqu’au bout en 14 questions, vous y trouverez matière à satisfaire toutes vos curiosités !    

 

Milady Renoir / miladyrenoir.skynetblogs.be

 

  • Tente et tente encore d’être une animatrice d’atelier d’écriture, acharnée & enthousiaste depuis juillet 2003.
  • Organise ici ou là des événements culturels avec les organisations Kalame, EntrezLire, PassaPorta, Le Marathon des Mots, Bulex (OnZE Expo 2009), Le festival OFF du Livre de Bruxelles, MaesltrÖm reEvolution, LeMague.net, AhMonAmour, AuBordElle, Festival ReCycle (Urban Concept asbl), …
  • relit des textes en Compagnie des Lecteurs et des Auteurs (CléA) avec les mains qu’elle a denses, dit-on
  • fait de son mieux pour réduire sa pile de livres à lire avant sa mort
  • a écrit un opéra écolo-trash: http://www.electroopera.com/
  • photographie avec l’œil droit http://son-autre-oeil.tumblr.com/
  • étudie le mouvement à travers des danses et des pensées (Butô et autres considérations intérieures)
  • lit des textes grâce à son corps lors de performances publiques organiques
  • regarde pousser un ogre blond âgé d’environ cinq ans avec l’œil gauche

 

ENTRETIEN(s) :

 

Emmeline/Milady, tu écris (Intérieur cuir & La Musique adoucit les morts, publiés chez Maelström pour les choses personnelles en plus d’injonctions dans des revues et des blogs) et tu animes des ateliers d’écriture depuis 10 ans dont « on » m’a dit le plus grand bien. Vois-tu ces deux activités comme complémentaires l’une de l’autre, voire indissociables l’une de l’autre ?

J’ai commencé à écrire dans un atelier d’écriture en 2002. Auparavant, mon écriture n’était qu’intime, souvent désespérée, incroyablement nombriliste ou terriblementimages-1 abstraite. J’ai vécu...

(la suite sur le site d'Edith Soonckindt là)

23:10 03/07/2013 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures, act-u, humoeurs |  Facebook

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jui

16/01/65 Minneapolis

 

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"Un insecte identifie la lumière avec l'air, la sortie - ainsi un insecte enfermé dans un tube se tuera à force de se jeter contre une paroi de verre éclairée par une lumière, ignorant l'issue qui se trouve derrière lui dans l'obscurité."

Susan Sontag, JOURNAUX- VOLUME II

13:05 10/06/2013 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures, humoeurs |  Facebook

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jui

Hysterical Literature

Visionner ça et/ou ça et puis:

"Le terme d'hystérie vient du médecin grec Hippocrate, qui inventa ce mot pour décrire une maladie qui avait déjà été étudiée par les Égyptiens. Le terme est dérivé du mot grec hystera, signifiant l'utérus. La maladie était donc intimement liée à l'utérus ; la théorie admise étant que celui-ci se déplaçait dans le corps, créant les symptômes. Platon décrivait ainsi ses causes et ses manifestations dans Timée : « L'utérus est un animal qui désire engendrer des enfants. Lorsqu'il demeure stérile trop longtemps après la puberté, il devient inquiet et, s'avançant à travers le corps et coupant le passage à l'air, il gêne la respiration, provoque de grandes souffrances et toutes espèces de maladies. »

Au Moyen Âge, les hystériques (sorcières4, etc.) étaient considérées comme possédées par le diable et souvent brûlées. La célèbre affaire de Loudun à la fin du XVIIe siècle donne une idée de la peur que suscitaient ces femmes et implicitement tout ce qui se rattachait à leur sexualité.

Charles Le Pois fut l'un des premiers médecins à prétendre avoir localisé mentalement l'hystérie en 1618, et cette idée fut défendue âprement par Thomas Willis. Plus tard, le médecin Paul Briquet en décrivit systématiquement les manifestations qu'il a consignées dans son Traité de l'hystérie publié en 1855 et basé sur une clinique de 430 patientes vues à l'hôpital de la Charité à Paris. Il y définit la maladie comme une « névrose de l'encéphale dont les phénomènes apparents consistent principalement dans la perturbation des actes vitaux qui servent à la manifestation des sensations affectives et des passions ». Il dénombra un cas d'hystérie masculine pour 20 cas d'hystérie féminine. Il prétendait que cette affection était absente chez les religieuses mais fréquentes chez les prostituées. Il a aussi mis en évidence une composante héréditaire (25 % des filles d'hystériques le devenaient elles-mêmes). Il a encore mis en évidence que l'affection touchait les couches sociales inférieures et était plus fréquente à la campagne qu'en ville.

C'est ensuite le neurologue Charcot qui - tout en conservant l'idée d'une localisation cérébrale et à son corps défendant - promut l'idée d'une origine psychogène de l'affection en faisant apparaître et disparaître les symptômes par hypnose. Il décrivait les manifestations de la grande crise hystérique en cinq périodes :

    Les grandes attaques hystériques,

    les formes mineures (crise syncopale, la crise à symptomatologie de type extra-pyramidal, l'hystéro-épilepsie, les crises tétaniformes),

    les états crépusculaires et états seconds (l'état crépusculaire hystérique, d'autres états crépusculaires, dits aussi « états seconds »),

    les amnésies paroxystiques,

    les attaques cataleptiques.

Joseph Babinski proche collaborateur de Charcot a, lui, déploré le manque de précision des descriptions du trouble hystérique. Il a ainsi distingué ce que n'est pas l'hystérie : « une maladie localisable, susceptible d'une définition anatomo-clinique et d'une description par accumulation de signes » et ce qu'elle était : « les phénomènes pithiatiques qui peuvent être reproduits par la suggestion ». (Babinski forge les termes pithiatique, pithiatisme en lieu et place d'hystérique, hystérie en 1901). À la suite de ses travaux, la névrose est trop souvent devenue ce « qui n'existe pas pour les neurologues ». À l'opposé, Ambroise-Auguste Liébeault et Bernheim de Nancy défendaient l'idée que l'hystérie était d'origine affective et émotive en promouvant le traitement par psychothérapie. Dans la même période, le neurologue Paul Julius Möbius s'est aussi intéressé à l’hystérie en en donnant la définition suivante en 1888, définition qui précédait et annonçait les théories de Freud, Breuer et Janet : « Sont hystériques toutes les manifestations pathologiques causées par des représentations ». Puis : « Une partie seulement des phénomènes pathologiques correspond par son contenu aux idées motivantes, c.à.d. à celles provoquées par des suggestions étrangères et des autosuggestions, dans le cas, par exemple, où l'idée de ne pouvoir mouvoir le bras entraîne une paralysie de celui-ci. D'autres phénomènes hystériques, tout en émanant bien de représentations, ne leur correspondent pas au point de vue du contenu8. » Il prétendait ainsi que les manifestations hystériques sont idéogènes. "

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Peter Stackpole. Elizabeth Taylor and Montgomery Clift. 1950

22:06 03/06/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

auto-adage

Le trouble est mon/l' organe vital le plus indécent, après le coeur.

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21:54 03/06/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

30
mai

de plus en plus (ou de moins en moins)

« Acceptez les plaisirs qui vous sont donnés et n’essayez pas de les retenir. Ils vous rendent dépendants.
Les plaisirs et les centres d’intérêt de l’intellect sont une eau jaillie d’est et d’ouest. Goûtez-la puis laissez-la ruisseler. Quand la douleur survient, n’essayez pas d’imaginer des moyens de l’empêcher de revenir. Elle reviendra.
Le chagrin se condense au-dessus de la tête comme une couverture nuageuse, fait pleuvoir la douleur, se dissipe et s’en va. Et n’envisagez pas votre subsistance comme de simples allocations journalières. Planifiez moins votre vie, soyez moins rationnels. Quand vous tétiez les seins de votre mère, comptiez-vous les alvéoles sur ses mamelons ? Vous aviez tout le lait dont vous aviez besoin. »

Bahauddin Valad (1152-1231), maître soufi persan et père du célèbre poète mystique Rumi.

 

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12:25 30/05/2013 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures, humoeurs |  Facebook

27
mai

Night Mères

 

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“A thinking woman sleeps with monsters.” —Adrienne Rich, from “Snapshots of a Daughter-in-Law”

11:10 27/05/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs, arts |  Facebook

13
mai

Deligny - Le moindre geste

Film: Le moindre geste (en 6 parties)
http://www.youtube.com/watch?v=EjwsMInjKwA
http://www.youtube.com/watch?v=5w8HxbRNasc
http://www.youtube.com/watch?v=E_ERL0YCaPA
http://www.youtube.com/watch?v=G16PqMeX5QY
http://www.youtube.com/watch?v=iPH_HbJKf6E
http://www.youtube.com/watch?v=LUi2DYzYacw

OH OUI. (Demain mardi 14 mai à la Maison du Livre, présentation du Fernand).

Deligny Deligny

12:45 13/05/2013 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures, healfff, humoeurs |  Facebook

7
mai

Under Water Sound

We suffocate under words, images, sounds which have no reason to exist. They come from the void and go toxwards the void. A truly worthy artist should be asked for nothing but this act of sincerity to educate himself to silence.

Gavin Murphy.

ThanXXXX dear.

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23:05 07/05/2013 | Lien permanent | Tags : arts, humoeurs |  Facebook

Dire adieu si souvent que ça devient plus simple que bonjour

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"Que les adieux sont étranges. Ils ont un je-ne-sais-quoi de glaçant comme la mort, et pourtant ils réveillent la force désespérée de la vie. Les adieux fondent peut-être un territoire, ou nous renvoient à l’unique territoire qui nous appartienne en propre, la solitude. C’est comme si on devait retourner de temps à autre dans cette zone, tracer un trait et dire : voici d’où je viens, voilà qui j’étais, de quoi suis-je faite ?"

— Andrés Neuman, Le Voyageur du siècle, p.472

09:21 07/05/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook