11
avr

elle a dit.

"j'ai l'extrême chance ou désobligeance d'être exactement entre deux voies, je ne parviens pas à décrire si elles sont parallèles ou perpendiculaires. La voie dite spirituelle et la voie du pied-à-terre. ça m'est arrivé avant, à des points de vie, de vue variés, accompagnés ou seuls. Ici, une forme de variation. je ne me sens pas à choisir ou être entre deux eaux, juste être devant deux chemins aussi illuminés ou lumineux qu'indéfinis et obscurs.

Family Album 017
Ce qui est embarrassant devant cette perception de ce qui vient, ce n'est pas tant qu'il y a choix à faire puisque je n'ai ni force ni envie ni même obligation de le faire, il n'est pas de dichotomie optionnelle à accomplir, mais c'est la place que je prends face au seuil, ou la place que je ne sens pas. Je n'ai aucun mot, aucune précision quant à la ligne qui invite à ces chemins, je suis incapable de tenir la craie et dire, ici, ce sera les buts, ici, la prison, ici, la marelle, ici, la terre. Question de force, comme déjà dit, question de vision aussi. Je n'ai pour une fois qu'un seul épithète pour compagnon de route: imperceptible.
Et cette division entre le corps présent pesant que j'utilise et l'esprit que je veux changeant et déridé (mais souvent, je suis figée, installée, lourde) permet l'absence de frontière. Oui, il me manque une frontière. Du coup, la zone comme dans The Stalker est exactement partout, au delà ce que son étymologie indique. Un no man's land éthéré, proche d'un concept.
Du coup, quand je dois marcher, parler, manger, dormir, faire, exprimer, bref, effectuer les tâches humaines, être avec sous à côté dans les autres, je ne prends pas position, ni posture, ni pose, je ne sais pas où je suis au sein de ce tout géant et grouillant, je ne dis rien, j'évacue parfois autour d'une Kriek sous un arbre, autour d'un gâteau inventé surnommé l'oreille de Totoro, autour d'une vapeur féminine, autour d'une éjaculation masculine ou interne, mais rien ne me semble familier puisque tout semble si étendu, distendu, tordu. Oui. L'espace trop grand créée une distorsion de l'espace-temps que je croyais connaître puisque j' suis née, j'y grandis et j'y mourrai. Je ne peux pas me sentir puisque tout est tellement plus/trop grand. C'est la souche, ce mot qui me fait chialer hier en lisant une description de composition d'arbre, c'est la souche qui fait défaut, je suis un arbre inversé, à l'envers de la terre, je suis peut-être ça, mais au delà de la hippie symbolique de l'arbre qui prend pied dans le vide, je tente aussi de sentir la sève, de sentir la sève, de sentir la sève, et c'est bien là le plus grand trou dans mon oeil"

 

Badebec

23:11 11/04/2014 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

3
avr

Matins peu bruns

11:45 03/04/2014 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

22
mar

Rares et précieuses.

" Quand la moutarde vous monte au nez, votre registre lexical s'appauvrit et vous vous abandonnez sans vergogne à un flot de jurons horriblement communs? Laissons les insultes vulgaires au vulgum pecus! Préférons les injures rares et choisies. Certaines obsolètes au possible n'en ont que plus de charme. La preuve avec cette sélection dont vous pourrez user et abuser.

  1. Coureuse de rempart!
    Avouez que la périphrase mérite d'être réhabilitée. Elle remplace avantageusement notre "Putain" trop...couru! Le contexte médiéval dans lequel elle était utilisée naguère l'a sans doute condamnée à tomber aux oubliettes. Quel dommage!
  2. Puterelle!
    Dans le même registre, en version plus concise, vous avez le droit de préférer le toujours médiéval "Puterelle" ou "Ribaude" aux sonorités légères et fraîches. Désigne d'ailleurs une jeune prostituée.
  3. Gourgandine!
    On doit encore aux femmes de mauvaise vie cette élégante injure qui pourrait faire partie du bagage du capitaine Haddock.
  4. Orchidoclaste!
    Ah! la belle insulte savante. Littéralement, "casse-couille"! Je ne sais à qui on la doit mais elle fait entout cas les délices du très distingué Gérard Oberlé dont la devise mérite d'être méditée :"Le bagage d'un homme, c'est ce qu'il a lu et ce qu'il a bu".
  5. Nodocéphale!
    L'équivalent de "tête de nœud". Mais l'effet n'est pas le même selon qu'on utilise l'une ou l'autre. Essayez, vous verrez!
  6. Coprolithe!
    Le dictionnaire l'atteste encore. "Merde fossilisée", telle est grosso modo la définition du terme. Un excrément tout ce qu'il y a de plus savant sous cette forme!
  7. Alburostre!
    "Blanc-bec!" a également de la gueule, mais si vous voulez varier les plaisirs...
  8. Fot-en-cul!
    Allons donc! Voilà que je deviens vulgaire! Désigne, vous l'aviez supputé, un sodomite médiéval.
  9. Pisse-froid!
    Pourrait s'appliquer à bon nombre de nos contemporains. Pas besoin de vous faire un dessin.
  10. Fesse-Mathieu!
    Gentil, non ? elle claque bien! "

    http://www.topito.com/top-des-insultes-rares

10:17 22/03/2014 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

décalcification

good catch.jpg


cherche rebouteux sympa
pour recoller corps astral.
merci.

09:57 22/03/2014 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

4
mar

FRANCE CULTURE - ATELIER INTERIEUR (merci Amélie) - Sérendipité

23h et s’ouvre l’Atelier intérieur…au mot serendipity. Serendipité en français. Il est inventé le 28 janvier 1754. Puis oublié pendant un siècle. Puis ré utilisé. Et maintenant prononcé, écrit, dit, répété. Serendipité. Il célèbre dans nos vies, l’inattendu. Comme si on en avait soudain besoin. Comme si d’ordinaire on s’attendait à tout, comme si on était fatigués. C’est l’anglais Horace Walpole qui créé le mot, on pourrait le définir par : découvrir par hasard ce que l’on ne cherchait pas. Des découvertes, beaucoup, ont été faites par des hommes partis à la chasse d’autre chose. Mais voilà la question : est ce que la serendipité, ça arrive à n’importe qui ? Est-ce qu’il faut un talent pour s’ouvrir au hasard ? On a assez de sagacité ? Il faudrait oui, avoir l’esprit préparé. Savoir lire les signes. Y prêter attention. Il faudrait un effort, et tant pis pour les fatigués. L’image de départ ce soir serait celle là : fabriquer un monde à partir du néant. Scène vide. Petit à petit il faut recomposer. Découvrir la lumière, le langage. Antoine Defoort dans Germinal déterre un micro. Le micro fait entendre un bruit. Une voix. Des mots. La parole. Un peu plus tard c’est un ordinateur qui est trouvé, « par hasard ». Aujourd’hui il existe une serendipité programmée. Nos machines tentent de savoir, de faire des liens, de nous faire croire que par hasard on cherche ça mais pourrait cliquer ici. Si on tape une lettre dans un moteur de recherche par exemple : Ceci. Google propose : ceci est mon corps, ceci dit, ceci est la vérité, ceci est une révolution, ceci est un test, ceci est une fiction, ceci est un poème qui guérit les poissons, ceci est un spectacle d’improvisation, ceci est un statut en manque d’inspiration. Nouveau poème avec toutes nos recherches accumulées. Qui a écrit : ceci est une révolution. Qui a écrit assez de fois : ceci est une fiction pour que cela apparaisse ? Ta recherche peut donc être mon hasard. Tu peux être mon hasard. On peut se rencontrer, voilà ce que le hasard permet. Si un mot fait parler son époque, celui-là dit quoi de nous ? Serendipité. Les mots ont de la vérité. Les fictions les inventent et les poussent dans la réalité. Serendipité maintenant ça existe. Nous sommes en chasse de quelque chose, les hommes chassent, sans cesse, peut être à s’épuiser, c’est pour ça qu’il y a des fatigués. Ce soir nous allons déterrer par hasard un micro, apprendre un nouveau mot, et par serendipité, réinventer une façon de parler, pour se rencontrer."

http://www.franceculture.fr/emission-l-atelier-interieur-numero-26-serendipity-2014-03-03

 

11:14 04/03/2014 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

27
fév

lettre à une mère dans une bouteille

Chère Maman,

je vais bien. La famille d'accueil est gentille. Elle aime bien cuire du chou rouge toute la journée et des boulettes de viande des chiens de chasse trop vieux pour chasser mais la sauce hollandaise qui les recouvre est vraiment onctueuse. Parfois, elle déborde de nos gamelles et ça colle un peu à la table.

Papa et toi manquez mais je sais que votre voyage aux Seychelles était prévu depuis avant ma naissance, que vous avez besoin de vous retrouver. Je patienterai, ici, même si le froid m'empêche d'attendre dehors.
J'espère que tes nouveaux seins te feront moins mal et que du coup, tu sauras me prendre enfin dans tes bras dans un an, quand on se reverra.

Je pense à vous. Je ne vous écrirai pas trop souvent vu que je dois payer le timbre et que pour l'argent de poche, je dois couper trois stères de bois. Je ne suis pas encore douée pour manier la hache mais je fais des efforts. Comme tu m'as toujours dit. L'effort fait vivre.
Je t'aime maman.

Emmeline

jugend revue 1896.jpg

20:29 27/02/2014 | Lien permanent | Tags : humoeurs, textes |  Facebook

10
fév

Laterite&Trottoir

J'ai rencontré Perrine le Querrec dans un livre. Rien d'un corps avec de la peau et des organes, mais quand même un corps avec esprit révélé et coeur avéré. J'ai perçu ça.
J'ai lu le livre. Je l'ai aimé.
Je l'ai dit à Perrine.
J'allais partir au Burkina Faso.
J'avais écrit des correspondenses avec l'amie Karen avant qu'elle ne parle en Sibérie.
J'ai eu envie de correspondre avec Perrine, avec sa gorge, avec ses yeux.
En plus, elle a le voyage comme tension et le Burkina Faso comme souvenir.
Nous nous écrivons, nous faisons rencontre et corps dans un échange qui peut se lire, comme ça, de bas en haut.

http://laterite.tumblr.com/

The Little Prince (Braille edition).jpg


(édition du Petit Prince en braille)

07:30 10/02/2014 | Lien permanent | Tags : textes, humoeurs, lis tes ratures |  Facebook

8
fév

Glass talks

" Society is breaking apart, which is always a good sign because that’s when the best things happen. I mean, when Allen Ginsberg and William Burroughs began writing during the days of the McCarthy era here in America, it looked like this country was pulling itself into an early grave. When society becomes unhinged, the arts get really good. I’m old enough to have seen that three times.”

-

Philip Glass donne une longue et dense interview à Bryce Dessner de The National. Il y parle de Terry Riley, de la vie en tournée, du temps où on l’accusait de jouer trop fort pour le vénérable Carnegie Hall, de la désintermédiation à l’œuvre entre musiciens et publics et de sa collaboration avec Angélique Kidjo.

muse-hic, arts, humoeurs

 

 

(art by E.V. Baumgarten  1896)

17:00 08/02/2014 | Lien permanent | Tags : muse-hic, arts, humoeurs |  Facebook

2
jan

dédicaresse à une fille et un garçon qui rendent le nid doux, si, si.

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Empreinte de la marche où comment reconnaître ses pas à un endroit qu'on ne connait pas.
Simplement passer là et dire, tiens, lieu, je te reconnais. L'image préconçue, le fantasme de s'y trouver bien, l'esthétique de la poésie de l'espace, l'intention de l'horizon qui se glisse entre les lignes du pas qu'on vient de planter, là. Et puis ce qu'on arrache à ce lieu. Son image, sa précision (qu'on détériora ensuite à coups de subjectivité émotive), les sens qu'il a éveillés, et le temps qu'on a pris quand on y était, en plein dedans, dedans ce lieu, aussi ouverte ou vaste soit-il.
Tous ces instants qu'on passe à regarder ce qui vient devant et à confondre avec ce qui vient de se passer, de nous passer dans le corps.
Bref, il y a des lieux qui ont cet effet là, de nous mettre exactement où l'on est, de nous appeler à nous rappeler ce qu'on est et de nous inviter à être encore plus ce qu'on aimerait être.
Et il y a des gens comme ces lieux, j'en ai deux qui partagent mon antre et mon creux, je les remercie ici.

23:23 02/01/2014 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

Johanna Reich - Line III, 2009 (pour relire)

 

Johanna Reich IV.jpg

Johanna Reich III.jpg

Johanna Reiche II.jpg

Johanna Reich I.jpg

11:45 02/01/2014 | Lien permanent | Tags : humoeurs, arts |  Facebook

Clifford Ross - pour écrire.

HURRICANE SCROLL I
Archival Pigment Print
36 x 17" (paper) 2001

HURRICANE SCROLL II
Archival Pigment Print
36 x 17" (paper) 2001

HURRICANE SCROLL VI
Archival Pigment Print
36 x 17" (paper) 2001

 

Clifford Ross - Hurricanes, 2009

See more Clifford Ross posts here.

- See more at: http://arpeggia.tumblr.com/tagged/clifford-ross#sthash.k9Ym8wrq.dpuf

11:28 02/01/2014 | Lien permanent | Tags : place net, humoeurs |  Facebook

31
déc

allez, hein, c'est qu'un mauvais moment à penser...

là, https://archive.org/details/LuisAnteroJay-deaLopez-TimePa..., des ondes captant le temps qui passe...
avec toi et/ou toi, cette année, j'ai:

aimé traverser un pont, pris le temps de mater un lynx, joui, été tatouée, appris une option de sérendipité, écrit un morceau de texte inabouti, détesté un aéroport, mangé un pastei de nata de dieu, changé la litière des chats, changé une serrure, serré une main douce entre les miennes, cru en l'avenir, mangé des boulettes à la marocaine épicées, reçu des biscuits russes, fait rire trois enfants dont deux blonds dont trois aux yeux bleus, écouté de la musique qui fait bouger le cul sans  cesse, animé un débat sur l'entrée en écriture, gardé mon sang froid, vibré de la culotte, senti un degré supplémentaire de culpabilité ancestrale, pêté une durite et un plomb, amplifié une colère juste, allumé mon feu intérieur avec le souffle de Colin http://www.blogotheque.net/2013/04/30/colin-stetson-3/, écouté un sublime moment de silence, subi un concert mort, dansé devant des lesbiennes metalliques, bouffé une pizza démente, dit oui, répondu non par principe, assimilé le mal, rencontré Lily La Tigresse, vu le diable dans des détails, appris un truc, mâché un chewing gum fraise menthe, franchi un cap, débouché un évier, raconté des conneries de filles écervelées, ri en Alsace, grignoté un sentier, visité une bonneterie, appréhendé la douleur des retours, vécu mieux, su ce que je ne voulais pas devenir, écouté ça http://www.subrosa.net/en/catalogue/electronics/alireza-m... et cru en l'impermanence, comparé HEMA à Monoprix, parlé de la chance d'être noir/black, adoré Pigalle, combattu un moulin, mangé un grillon gaumais, viré mes écoutilles, perdu le sens de ma voix, pleuré comme jamais, revêtu mon habit de bile noire, trempé mon séant dans une baignoire à pieds de lion, bu trop de mojitos dans un bar à salsa (comme quoi), senti mes seins comme des volcans, figuré que tout était vain, mis une culotte sans penser au soir, épilé mes sourcils au fil rouge, vagabondé un creux de nuit, vu un ragondin enflé d'eau flotter sur son dos, visité un château de cartes, compris la notion d'Apocalypse rédemptrice, fugué, subi une crise d'angoisse de premier ordre, pêché ou péché, eu envie de fuir, cru que j'allais te quitter pour de bon, vérifié qui était derrière tous ces complots, applati mon ego, longé le cours d'eau qui n'était plus que ru, abattu des parois, rêvé de retirer du quickstep, projeté y vivre, bronzé sur ta terrasse de rotin, senti la poussière, observé comment on isole un grenier, senti la main de ton nouveau né contre ma glotte, pris un billet d'avion pour le Burkina Faso, animé un autre et un autre atelier, envoyé tout chambouler, regardé comment tu faisais pour être naïf, utilisé l'huile de tournesol plutôt que l'huile de colza, gémi de gêne, énoncé un projet sans me confondre, embrassé ta calvitie, goûté à ton foie gras trop cuit, collectionné des natugraphies, menti pour ma bonne cause, pas répondu à ton SMS qui disait la mort de ta mère, écouté la symphonie des grillons (pas mangés eux), fêté mes 38 ans, lesté ma perte, vrillé ma cellulite, donné du temps pour se dire, dit pardon, pensé à revenir à l'enfance, usurpé une identité, signé un arrêt d'épagneule bretonne, juré de ne plus m'y attarder, joué avec la suprématie du monde, rigolé de mes ventres, écrit, écrit un peu plus, lu Lettre à Helga, humé le jus de ton corps, sali mes draps, filé doux, durci mes yeux, bordé tes tempes contre mes lèvres, senti le roussi, saigné, pissé du haut des marches d'une roulotte, cuit des potirons comme des citrouilles, brûlé l'intérieur de mes cuisses en marchant sous le chaud, charmé un vieux con, cassé un ongle rouge, estimé le temps de pause, compris, vécu, aimé, perdu, appris...

merci.

à bientôt

Emmeline

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20:31 31/12/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs, textes |  Facebook

29
déc

deux plus un égale deux

les fins d'années et les boulets de canon dans le coeur, à force de bilans, d'élans et d'envies d'en finir et d'en commencer, voilà qu'on s'y met malgré soi.

J'ai compris ces dernières semaines comment être deux s'applique. Il ne suffit pas d'avoir été deux pour faire un troisième et de dire, on a été deux et celui qu'on a fait sera le troisième.
Au delà de ce qui arrive aux deux du début, le troisième arrive, d'accord et c'est une équation à sans cesse reconsidérer. On le sait.
La vie, banale ou singulière la vie, on l'adapte avec son quotidien et ses projections d'avenir de sorte que soi vive, survive, avive, avise, révise en fonction de l'autre qui est sorti de soi. celui pour qui on fait, on est, on a.
On pense que c'est un (soi) plus un (l'autre, "petit") et que le deux n'est adéquat que dans les relations amoureuses, qu'elles soient horizontales ou pyramidales, que ce second, troisième arrivé, est un apprenti, un particulier mais pas un égal dans la place qu'il prend, veut prendre dans sa vie.
Et puis, voilà, à un moment, ça marche pas le un plus un avec celui là - qui ressemble à l'autre mais le différencie par sa nouveauté, son entièreté et l'identité qu'il acquiert en grandissant, justement à côté de soi - et il faut ajuster le nombre à deux, un plus un.
Je décide lentement d'être à parts égales avec ce petit de moi, à lui et à moi, en lui et en moi, d'être dans un système binaire, qui alterne selon les moyens et les moments. Lui est. Je suis. Nous sommes.
C'est con d'avoir l'évidence lente... mais je l'écris ici pour marquer mon coup.

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18:15 29/12/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

21
déc

'tattoo me, meeting you' - jour de résidence (3/3 = veille)

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22:59 21/12/2013 | Lien permanent | Tags : act-u, textes, humoeurs, agendada |  Facebook

19
déc

‘tattoo me, meeting you’ - jour de résidence (2/3)

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la pluie, les embouteillages, les brasiers, les gens, les choses, les trottoirs... les gants qui se perdent, les cuisses qui se mouillent, les pieds qui coulent, un scooter rouge mais foireux, une ville sans aucun scurpule, des voitures diplomatiques déplaçant dans leurs habitacles des décideurs sans horizon.

Et

Il Est Une Fois. Poêle, encens, thé, livres, copie d'une toile de Picasso plus brute, plus dense, faïence du sud, le vent dehors, ça va (d-)aller.

Un avocat mécène collectionneur esthète arborrant noeud papillon et Loden vient chercher des nouveautés, il dit Ah Oui, Milady... exposition Emma en 2005. BANG. Oui, il est marié à une chanteuse qui faisait partie du collectif qui avait organisé l'expo dans laquelle j'avais... ah oui.

Et puis jolie maman Bulles qui vient, armée d'un manteau de fourrure, chercher quelques impressions, faire connaissance, dire qu'elle a compris l'esprit mais pas saisi l'enjeu...
et quoi, vraiment te faire tatouer?

Mon fils a demandé de se faire percer l'oreille, 11 ans, j'ai refusé... tant que je peux encore.

Alors, on débite de la parole, tatouage et cultures, clans et esthétique, écoles et pédagogies, générations et transmissions, désechantement et retour au rêve, où trouver la vie, la joie et l'amour... en qqs minutes nous nous entendons bien, Bulles doit filer mais reviendra samedi ou dimanche ou...

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N. venu avec moi mardi et qui est/fait surprise là, arrive, m'offre une Bionade au sureau, des baisers, une présence, son genou mis à nu dans un pantalon troué. Il est jeune et vieux en même temps.

Catherine, N. et moi déjeunons/dînons. J'ai apporté des choses roses et oranges (scampis, curry, tomates, raifort betterave, chou rouge, carottes). Et puis viennent les confidences, Catherine et moi explorons nos symboliques, nos schémas, nos systèmes qui nous mettent à mal, de ceux que nous recevons la leçon. Et ces mères dévoratrices à qui nous avons fait l'affront d'accoucher de garçons.

Parler, manger, faire le tour de nos questions, répondre à un couple américain que cette fois il n'y a pas de livres d'art indigène, faire sécher les cuisses, les malléoles, les baskets, le bas de la jupe alourdie par les eaux drues du matin.

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Il est déjà 13h37... filons. Filons. Sauf que juste avant de faire démarrer le scooter, j'achète une oie en paille, en plumes noires et en creux. Pourrie, poreuse. Je l'achète comme si je la sauve. Je l'aime dans le regard de cire et de plastique que l'oeil laisse transparaître. Polluée sûrement par l'exposition de Petrit Halilaj vue/adorée la veille avec Cassius. L'oie va parcourir la ville dans les bras de N. venu avec moi mardi déjà. Parce que le coffre de mon scooter l'aurait décapitée, achevée. Alors il va l'emmener, la présenter aux passants et ce sont eux deux qui sonneront à mon bureau trente trois minutes plus tard.

J'ai un peu écrit en dehors de la résidence papothés à Il Est Une Fois. Des bribes de pensées, d'envies, de poésie que je montrerai sûrement dimanche, à ceux qui viennent, me tatouer, regarder, rencontrer, observer... par exemple.

Prochaine longue séance avant dimanche, samedi de 12h à 19h.

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22:12 19/12/2013 | Lien permanent | Tags : act-u, lis tes ratures, humoeurs |  Facebook

13
déc

Tout, exactement.

Complètement: http://www.franceculture.fr/emission-l-atelier-interieur-numero-15-marina-abramovic-etre-au-present-2013-12-09#xtor=EPR-32280591

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19:14 13/12/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

3
déc

ah donc, les hommes sont vils...

« Si un chien rencontre un chat - par hasard, ou tout simplement par probabilité, parce qu'il y a tant de chiens et de chats sur un même territoire qu'ils ne peuvent pas, à la fin, ne pas se croiser ; si deux hommes, deux espèces contraires, sans histoire commune, sans langage familier, se trouvent par fatalité face à face - non pas dans la foule ni en pleine lumière, car la foule et la lumière dissimulent les visages et les natures, mais sur un terrain neutre et désert, plat, silencieux, où l'on se voit de loin, où l'on s'entend marcher, un lieu qui interdit l'indifférence, ou le détour, ou la fuite ; lorsqu'ils s'arrêtent l'un en face de l'autre, il n'existe rien d'autre entre eux que de l'hostilité - qui n'est pas un sentiment, mais un acte, un acte d'ennemis, un acte de guerre sans motif. ».(Prologue, Editions de Minuit).

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(photo prise près d'une "cage aux ours" de Schaerbeek, dans un café mis en commun entre pop 90's, des albanais, des turcs, des bulgares, des polonais, des gens de langues de gorge et de corps à côté d'un espace où faire l'amour est une vue imprenable)


« Le premier acte de l’hostilité, juste avant le coup, c’est la diplomatie, qui est le commerce du temps. Elle joue l’amour en l’absence de l’amour, le désir par répulsion. Mais c’est comme une forêt en flammes traversée par une rivière : l’eau et le feu se lèchent, mais l’eau est condamnée à noyer le feu, et le feu forcé de volatiliser l’eau. L’échange des mots ne sert qu’à gagner du temps avant l’échange des coups, parce que personne n’aime recevoir de coups et tout le monde aime gagner du temps. Selon la raison, il est des espèces qui ne devraient jamais, dans la solitude, se trouver face à face. Mais notre territoire est trop petit, les hommes trop nombreux, les incompatibilités trop fréquentes, les heures et les lieux obscurs et déserts trop innombrables pour qu’il y ait encore de la place pour la raison. ». (Prologue, Editions de Minuit).


Dans la solitude des champs de coton [Bernard-Marie Koltès]

15:29 03/12/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

simply always

Reach out and touch faith
Your own Personal Jesus
Someone to hear your prayers
Someone who cares
Your own Personal Jesus
Someone to hear your prayers
Someone who's there

Feeling's unknown and you're all alone
Flesh and bone by the telephone
Lift up the receiver
I'll make you believer

Take second best
Put me to the test
Things on your shest
You need to confess
I will deliver
You know I'm a forgiver
Reach out and touch faith

Your own Personal Jesus
Feeling's unknown and you're all alone
Flesh and bone by the telephone
Lift up the receiver
I'll make you believer
I will deliver
You know I'm a forgiver
Reach out and touch faith
Your own Personal Jesus
Reach out and touch faith

 

Depeche Mode

(sans foi, ni loi, mais toi, Nicolas)

IMG_8448.JPG            (du haut de nous, encore nos corps)

00:40 03/12/2013 | Lien permanent | Tags : luv, humoeurs |  Facebook

28
nov

Dear Molly

I like your son. Already.
I didn't know where he came from.
Now I meet your voice.
I'm glad you came out of the closet.
Welcome into our ears and soul.

Dear Molly.

music love by.jpg

21:27 28/11/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs, muse-hic |  Facebook

Nadine, come into my playlist

This song is like swimming in deep blue waters without bones... Also reminds me of a sistoeur I used to have regularly and whom I've lost with too many notices.

loving u more.jpg 1960 : L'Avventura,
de Michelangelo Antonioni : Claudia (Monica Vitti)



21:25 28/11/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs, muse-hic |  Facebook

21
nov

The cruel mother... folk song

humoeursA minister's daughter in the north

- Hey the rose and the lindsay-o,

She's fallen in love with her father's clerk,

- Down by the greenwood side-i-o.

He courted her for a year and a day,

Till her the young man did betray.

She leaned her back up against a tree

And there the tear did blind her eye.

She leaned herself against a thorn

- All alone and so lonely,

And there she had two pretty babies born,

- And it's down by the greenwood side-o.

And she took off her ribbon belt,

And there she bound them hand and leg.

“Smile not so sweet, by bonny babes,

If you smile so sweet, you'll smile me dead.”

She leaned her back up against a thorn

And that her bonny boys she has born.

She had a pen-knife long and sharp,

And she pressed it through their tender heart.

She's taken out her little pen-knife

And she has twined them of their life.

She digged a grave beyond the sun,

And there she's buried the sweet babes in.

She stuck her pen-knife on the green,

And the more she rubbed, more blood was seen.

She threw the pen-knife far away,

And the further the threw the nearer it came.

As she was going by the church,

She seen two pretty babies in the porch.

She laid them beneath some marble stone

Thinking to go a maiden home.

As she came to her father's hall,

She seen two pretty babes playing at ball.

As she looked over her father's wall

She saw her two bonny boys playing ball.

“Oh babes, oh babes, if you were mine,

I'd dress you up in the scarlet fine.”

“Oh bonny boys, if you were mine

I would dress you in silk so fine.”

“Oh mother, oh mother, we once were thine,

You didn't dress us in scarlet fine.”

“You took a pen-knife long and sharp,

And pressed it through our tender heart.”

“You dug a grave beyond the sun,

And buried us under a marble stone.”

“Oh cruel mother, when we were thine

We didn't see aught of your silk so fine.”

“Oh babes, oh babes, what have I to do,

For the cruel thing that I did to you?”

“Oh bonny boys, come tell to me

What sort of death I'll have to die?”

“Seven long years a bird in the wood,

And seven long years a fish in the flood.”

“Seven years as a fish in the flood,

And seven years a bird in the wood.”

“Seven long years a warning bell,

And seven long years in the deeps of hell.”

“Seven years a tongue in the warning bell,

And seven years in the flames of hell.”

“Welcome, welcome, fish in the flood,

And welcome, welcome, bird in the wood.”

“Welcome, tongue to the warning bell,

But God keep me from the flames of hell.”

There was a lady near the town,

- Low so low and so lonely,

She walked all night and all around,

- Down in the greenwoods of ivy.

She's laid down all below a thorn" humoeurs

16:54 21/11/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

14
nov

vivre le secret et le dévoilement, constamment...

Nils Breiner. Special date.jpg

"Qu’est-ce que l’amour ?
Ce n’est pas l’excitation sexuelle. C’est le besoin de se trouver tous les jours dans la compagnie d’un corps qui n’est pas le sien.
Dans l’angle de son regard.
À portée de sa voix."

Pascal Quignard - Vie secrète

(art by Nils Breiner. Special date)

23:05 14/11/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs, luv |  Facebook

pause joie

Réflexions d'une grenouille de Kazuo Iwamura.jpg Réflexions d'une grenouille de Kazuo Iwamura
en cours de sourire par A.

22:11 14/11/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

merci vertébrale

tree man.jpg

«Je n’aime pas l’homme; j’aime ce qui le dévore. »

(Gide)

18:37 14/11/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

8
nov

La Raison au risque de la pensée magique par Nayla Farouki - SPS n°304, avril 2013

La Raison au risque de la pensée magique

par Nayla Farouki - SPS n°304, avril 2013

L’existence, le rôle et l’importance de la raison ne peuvent être appréciés sans référence préalable à la pensée magique. Archaïque et toujours présente, celle-ci est le mode de pensée naturel, spontané1, de l’être humain. La raison n’en émane, ni n’en découle. Elle s’y oppose2.

La pensée magique est de nature sociale3, collective. Elle consiste, selon une formule rendue célèbre par Max Weber4, en un « enchantement du monde ». Ce n’est pas un émerveillement, loin de là. L’enchantement signifie la prise de possession par le sacré d’une étendue aussi grande que possible des actions et des croyances.

Aux origines, la pensée magique

Cette prise de possession – comme celle par les démons – engendre des émotions fortes qui incitent le collectif à se regrouper et à se défendre face aux ennemis réels ou supposés ; sur le plan social, cela aboutit à l’unification du groupe au travers de comportements d’insertion (au-dedans) et de répulsion (au-dehors). Les modalités d’action et les valeurs qui en découlent, nous ne les connaissons que trop bien : vendetta, désignation de boucs-émissaires, ritualisation de la vie sociale, surenchères, etc.

Sur le plan intellectuel, ces mêmes émotions fortes permettent de « remplir » le monde d’entités animées (forces du bien et forces du mal5), et de lier tout avec tout (holisme, culte des ancêtres), engendrant respect et servitude face aux puissances mystérieuses qui nous entourent. Respect, car elles nous dépassent. Servitude, car – comme elles nous dépassent – nous avons intérêt à leur obéir.

Enfin, et ceci découle de ce qui précède, sur le plan politique et social, la pensée magique entraîne la soumission – non réfléchie et non analysée – à ceux qui disent détenir une part du sacré (rois, sorciers, prêtres, astrologues, devins, etc.).

La pensée magique est accompagnée par des « préconcepts », formés d’une manière archaïque, une sorte de superstructure que l’on retrouve identique à elle-même, sous des formes variables. On y rencontre pêle-mêle le fatalisme et la croyance en une destinée préétablie, le sentiment du sacré face à la Nature et aux détenteurs du Pouvoir, l’animisme, le totémisme, une causalité débridée (faite de connaissances valides et de superstitions), la croyance aux pouvoirs cachés (vaudou, mana), à l’existence d’êtres anthropomorphes (divinités, esprits) et enfin, à l’efficacité surnaturelle ou sociale des sacrifices6. Si tout cela est mélangé, c’est que sans rationalité, pas de pensée analytique et par suite, pas de catégorisation.

Cette emprise serait-elle un jour devenue insupportable ? Toujours est-il que, un peu moins d’un millénaire avant notre ère, autant que les textes peuvent l’attester, la raison est née quelque part sur les bords de la Méditerranée.

Qu’est-ce que la raison ?

Très prosaïquement, il s’agit d’une méthode dont le but est de libérer l’être humain, à la fois sur le plan social et sur le plan intellectuel, de la domination de la pensée magique7. Sa finalité : vider le monde de tout ce qui produit de l’« enchantement » en réduisant à néant les entités listées plus haut et les comportements qui les accompagnent. Son commandement : n’ayez pas peur ! Sa principale activité : la connaissance et l’action dénuées de tout surnaturel et du poids excessif des émotions puissantes, mais non dénuées de méthode, de valeurs et – surtout – d’idéaux.

L’un des premiers livres rédigés dans une démarche rationnelle est La Guerre du Péloponnèse8, l’histoire d’un conflit entre Sparte et Athènes où, contrairement à l’Iliade et à l’Odyssée, on ne rencontre aucune divinité, aucune force surnaturelle, aucun destin écrit d’avance, rien que la grandeur et la misère de la condition humaine, avec ses passions et ses aspirations.

Comment la raison permet-elle de se dégager de la pensée magique ? Selon l’expression heureuse de Karl Popper, « en laissant nos hypothèses mourir à notre place ». En d’autres termes, la raison permet de créer des systèmes que nous allons « essayer » sur le monde en théorie, avant de les appliquer en pratique. Ces systèmes sont au départ un jeu de l’esprit. Ils sont vrais lorsqu’ils sont en adéquation avec le réel, mais ils peuvent également être faux9 ou approximatifs. Quand ils sont efficaces, ils donnent au monde une cohérence que la pensée magique n’autorise jamais (puisqu’elle fonctionne sans aucune méthode). On peut alors les utiliser d’une manière opérationnelle pour créer des outils, conceptuels ou matériels, qui permettent d’aller là où nos seules forces physiques ne nous permettent pas d’aller.

Aller au-delà de soi (de sa communauté, de son moi ou de sa pensée présente), voilà ce que la raison propose. Avec le risque de se tromper, bien entendu et avec la nécessité de la limite (savoir jusqu’où on peut aller), du doute (savoir qu’on peut se tromper) et de la réflexivité (savoir qu’on doit évaluer sa propre démarche à mesure)10. L’usage de la raison est donc par définition l’exercice conscient d’une méthode bien précise (inversement, l’usage hors champ ou hors méthode des conclusions atteintes par la raison, ou leur transformation en dogmes, est un retour vers l’irrationnel).

Le philosophe et le sophiste

Toute sortie intellectuelle de soi est une quête de transcendance11. Celle-ci n’est pas nécessairement divine. Elle peut être philosophique, scientifique, éthique, politique et même artistique. Dans tous les cas, elle équivaut à une appropriation de la raison. Sans transcendance, l’être humain ne peut pas penser (pas de concepts abstraits), ne peut pas planifier (pas de projet). Il est condamné à se débattre dans les aléas du quotidien, avec pour seules armes ses « forces obscures », les émotions puissantes qui l’habitent, ses superstitions, et sa culture collective, auxquelles il ne peut opposer aucun outil contradictoire, et éventuellement libérateur.

La recherche de transcendance a immédiatement été adoptée avec enthousiasme par les philosophes dès la première heure, suivis par les scientifiques pour qui cette démarche est devenue une condition sine qua non. Penser le Cosmos, sa logique, ses modes de régulation ; penser la Cité, ses institutions, penser la place de l’Homme dans tout cela, sont des projets qui ont été investis avec bonheur depuis le jour où Thalès puis les présocratiques, puis Platon, puis Aristote, etc. ont vu la potentialité immense de la conceptualisation et de la rationalité.

Cependant, et presque paradoxalement, en venant à l’existence, la raison a produit son alter ego, son côté sombre, incarné par le Sophiste. Le sophiste et le philosophe ont en commun la sortie de la pensée magique, qu’ils n’évoquent même plus ; ils s’affrontent en revanche sur la légitimité ou même l’opportunité de la quête de la transcendance (voir l’encadré « Le sophiste et le philosophe »).

Si le philosophe et le scientifique cherchent, en prenant le risque de commettre des erreurs, le Sophiste enseigne l’art de la parole, pour défendre tous les arguments, puisque la distinction entre le vrai et le faux n’a pour lui aucune signification, même partielle, même approximative. Chacun sa vérité !

Le sophiste et le philosophe

Alors que le philosophe (pratiquement tous, de Platon à Kant) construit un système dialectique de progression vers une Vérité postulée mais inconnue, ou un Idéal (le Beau, le Juste, le Bien) espéré, le Sophiste nie jusqu’à la possibilité d’une telle progression.

La confrontation entre Platon et certains sophistes est permanente, tout le long des Dialogues. Platon leur reproche deux choses : d’une part, d’enseigner la dialectique (argument et contre-argument) sans ambition d’en tirer une vérité ; d’autre part de donner à penser que la rhétorique seule (la force du langage) peut amener une conviction, sans tenir compte du contenu du discours. Les principaux dialogues où des sophistes sont représentés : Gorgias, Protagoras ou Le Sophiste.

Alors que le philosophe ou le scientifique est en recherche d’un sens au Monde, d’une signification qui soit autre chose qu’une description, le Sophiste ramène tout discours à la subjectivité, aux intérêts privés, ou à la seule rhétorique. Alors que les premiers produisent du sens, le Sophiste reste indifférent au contenu du discours, engendrant nihilisme et cynisme.

Il existe aujourd’hui des tentatives pour réhabiliter la pensée sophiste sous prétexte qu’elle était moins pernicieuse que Platon n’a bien voulu le dire. La principale critique faite à Platon est qu’il a exagéré – jusqu’à la caricature – le caractère nocif de la pensée des Sophistes. On met en avant le fait que cette École a engendré une longue tradition d’enseignement, utile et constructive.

Quel que soit l’apport des sophistes, de tout temps, leur immense erreur est d’avoir oublié l’existence de la pensée magique, d’avoir oublié la condition humaine qui veut que si on néglige la quête obstinée d’une forme quelconque de transcendance, on retombe dans les affres de cette forme de pensée, faisant ainsi courir à l’humanité un risque bien plus grand que celui de se tromper... celui du retour aux peurs et aux haines collectives, jamais réellement disparues. Car, il est toujours utile de le répéter, la pensée magique n’est pas un fait de civilisation, mais bien l’état naturel de l’être humain. C’est d’ailleurs ce qui rend difficile, voire impossible, l’espoir de la déloger d’une manière définitive.

Les Lumières

Les perspectives élaborées ci-dessus rendent simples et logiques les réponses à la question : qu’est-ce que les Lumières ? LES réponses, car un tel élan de pensée ne pouvait qu’être riche et diversifié. Ceci n’empêche pas les points communs.

Premièrement, les Lumières ont été l’expression d’un immense optimisme et d’une foi jamais égalée dans l’Homme et dans ses capacités à connaître le monde et à améliorer sa propre condition. On peut comprendre cet optimisme et cette nouvelle confiance lorsqu’on se met à la place de ceux qui, au XVIIIe siècle, s’aperçoivent que par la force de la pensée rationnelle, on pouvait expliquer, prédire et développer un système fait d’observations, d’expérimentations et d’élaborations mathématiques d’une sophistication et d’une efficacité jamais atteintes auparavant.

Grâce à la Mécanique et à ses succès en cascade, les penseurs des Lumières ont donc vu s’ouvrir une voie royale pour se dégager des carcans de la vieille rhétorique stérile des scholastiques, mais aussi pour libérer les esprits (et par suite les peuples) du joug d’anciens régimes incompatibles avec cette liberté de pensée soudain retrouvée.

Si – comme Newton le dit – on peut aller sur la Lune, pourquoi ne pourrait-on pas construire des États, et des systèmes économiques dans lesquels s’investirait cette énergie et cette liberté renouvelées ? Pourquoi ne pourrait-on pas imaginer que le futur puisse être meilleur que le présent ? Pourquoi ne lutterait-on pas pour que cela soit possible ?

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Présentation des membres de l’Académie Royale des Sciences par Colbert à Louis XIV en 1667.
Henri Testelin (1616–1695)

Deuxièmement, les penseurs des Lumières avaient inscrit la pensée de l’État, du pouvoir et de l’éthique au cœur de leurs programmes théoriques. Malgré leur enthousiasme et leur optimisme, ce n’étaient pas de grands naïfs. Ils savaient qu’il y aurait des difficultés à fonder des États en justice, alors que les pouvoirs en place s’accrochaient à leurs privilèges. Aussi la question de la légitimité politique était-elle au cœur de leurs réflexions. De même, ils avaient compris que toute connaissance se doit d’être accompagnée d’une éthique pour engendrer une action. D’ailleurs, il n’y a pas un philosophe qui, tout en construisant son propre système de science et de métaphysique, n’ait pas aussi rédigé sa propre théorie morale. On oublie souvent par exemple de mentionner le fait qu’Adam Smith12 n’était pas simplement l’adepte de la « main invisible ». Pour lui, pas de liberté de marché qui tienne si elle n’est accompagnée de droiture et d’honnêteté.

Troisièmement, l’institution de l’homme – de la personne humaine par la rationalité, la dignité et la liberté individuelles13 a été si bien mise au cœur du programme des Lumières que, dans un opuscule de 1784 intitulé Réponse à la question : Qu’est-ce que les Lumières ?, Kant en a fait la définition même – autant dire l’essence – de ce programme.

« Les Lumières, c’est la sortie de l’homme hors de l’état de tutelle dont il est lui-même responsable. L’état de tutelle est l’incapacité de se servir de son entendement sans la conduite d’un autre. On est soi-même responsable de cet état de tutelle quand la cause tient non pas à une insuffisance de l’entendement mais à une insuffisance de la résolution et du courage de s’en servir sans la conduite d’un autre. Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Voilà la devise des Lumières. »

Kant cherche à libérer l’être humain des autorités qui, à son époque encore, continuaient à imposer l’arbitraire de leur pouvoir. Il ne connaissait pas l’anthropologie, il ne connaissait pas la pensée magique. Il ne pouvait imaginer le degré d’esclavage et de soumission que l’être humain peut s’imposer à lui-même, face aux choses qu’il ignore, qui le terrifient, qui constituent le sacré par lequel il est enchaîné.

La raison sacrifiée

La détérioration du statut de la raison et des idéaux des Lumières14 est arrivée très vite et pour des raisons diverses, la première et non des moindres étant son instrumentalisation dans le Culte de la Raison à l’époque révolutionnaire.

Après l’idolâtrie, vint la critique et en premier lieu celle des Romantiques qui – depuis Jean-Jacques Rousseau, l’un des philosophes des Lumières ! – ont glorifié le bon sauvage et insisté, d’une manière de plus en plus poussée à mesure que le romantisme prenait forme au XIXe siècle, sur le caractère essentiellement « bon » de la Nature, de la vie selon ses règles et en harmonie avec elle. La Nature sacrée est ainsi revenue en force.

Puis, ce fut le tour des anthropologues, qui ont mis au jour le caractère ubiquitaire de la pensée magique en tant que fond commun de tous, le seul véritable universel humain, incitant ainsi à considérer les Lumières comme un moment particulier de la civilisation occidentale et d’elle seule.

Ensuite, ce sont les « philosophes du soupçon » – Marx, Nietzsche et Freud – qui expliquèrent que les évidences de la raison cachent des motivations de nature autre, non dites, parfois non conscientes : volonté de puissance, pulsions ou rapports de domination. Les découvertes, inventions et théories des Lumières devenaient ainsi toutes entachées d’un mal invisible, mais partout présent.

Au XXe siècle, arrivèrent les glissements sémantiques permettant la confusion entre rationalité et rationalisme15, entre raison et rationalisation (mot utilisé par Taylor et ses successeurs pour qualifier l’organisation soi-disant « scientifique » du travail). On se mit à confondre raison et calcul16 comme si l’on n’utilisait sa raison que pour calculer ou – pire – comme si les ordinateurs, machines à calcul, devenaient des êtres rationnels à part entière.

Enfin, nombreux furent ceux, de Jeremy Bentham aux penseurs des temps présents en passant par des anthropologues tels que Claude Lévi-Strauss, qui menèrent une attaque en règle, certes pour des raisons diverses, contre le Sujet cartésien, sous prétexte que ce sujet17 n’existe pas et que Descartes l’a inventé.

La pensée des Lumières, malgré sa richesse et sa diversité, fut ainsi perçue comme une idéologie que l’on se devait de démonter pièce par pièce.

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L’Académie de Platon.
Mosaïque de la ville de Pompéi.

Mais il restait la science ! Avec sa méthode, sa prétention à l’universalité, son ambition de dire le vrai, elle était le dernier bastion de la raison platonicienne, cartésienne, kantienne – celle qui permet aussi de croire en l’être humain et en ses capacités d’aller au-delà de sa condition.

Il ne restait plus qu’à saper les fondements de la science : cette opération se produit tous les jours18 sous nos yeux, d’autant plus facilement que certains scientifiques, parfois, s’en font complices au nom de la tolérance, de la diversité des opinions et du respect dû à chacun !

1 L’être humain est un animal social dont la survie dépend de son intégration au groupe. Son intégration passe par son adhésion à la pensée (rituels, mythologie, symboles) de son collectif.

2 Ceci est une innovation colossale. Car les pensées magiques des diverses cultures, tout en étant différentes, acceptent volontiers le syncrétisme (ce qui est considéré comme une marque de tolérance de nos jours !)

3 L’un des ouvrages les plus fondamentaux écrits sur ce sujet est celui de Marcel Mauss Esquisse d’une théorie générale de la Magie.

4 Le Savant et le Politique.

5 Le dualisme symbolique est inhérent à la pensée magique. Ses représentants les plus célèbres sont le mazdéisme (religion perse de la dualité) et le pythagorisme (pensée holistique et duale de l’école pythagoricienne).

6 Le sacrifice étant le stade ultime de la pensée magique, puisque le sacré – in fine – est ce pourquoi on tue ou on accepte d’être tué.

7 Deux systèmes de « sortie de la pensée magique » sont apparus simultanément. Ils ont tous les deux pour finalité la libération de l’Homme par l’institution. Le premier, d’origine grecque, institue la Cité et la Connaissance. Le second, d’origine sémitique monothéiste, institue la Personne humaine individuelle. La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (1789), tente la synthèse des deux. Je ne développerai pas ici la rationalité monothéiste, mais nous aurons à revenir sur son impact au siècle des Lumières.

8 De Thucydide.

9 Contrairement aux mythologies, grandes ou petites, qui énoncent toujours le vrai mais ne connaissent pas l’erreur.

10 Ces trois critères sont essentiels à la raison. Le doute, la réflexivité et le positionnement de limites sont inconnus dans la pensée magique où tout est immédiatement existant, immédiatement vrai, et sans limitation a priori.

11 C’est bien là la signification première de l’Allégorie de la Caverne, de Platon. Elle permet de transcender (d’aller au-delà de) l’opinion (doxa) vers la véritable connaissance (épistémè). Ce faisant, Platon indique le chemin vers la connaissance véritable. Il ne prétend nullement l’avoir atteinte.

12 Outre Le Traité sur la Richesse des Nations, Smith a écrit La Théorie des Sentiments Moraux, que l’on mentionne rarement, alors que les deux ouvrages sont complémentaires et ne vont pas l’un sans l’autre.

13 La liberté individuelle est une invention/découverte du monothéisme, à visée universelle (tous naissent libres et égaux en droits). Les Anciens Grecs ne connaissaient que la liberté collective, celle de la Cité. L’éthique du citoyen d’Athènes était donc une éthique soumise au politique. La liberté individuelle du monothéisme se définit par une relation unique et privilégiée avec la Transcendance (Dieu, dans ce contexte).

14 Il convient de relativiser ce dernier point. L’attachement aux valeurs des Lumières est encore profondément ancré dans les esprits des peuples. Leur démolition en règle ne vient que de certaines écoles de pensée académiques et de certains médias.

15 Mouvement philosophique du XVIIIe siècle ; pro-cartésiens, les rationalistes, principalement continentaux, s’opposaient aux empiristes, principalement britanniques. Leibniz et Spinoza sont considérés comme des rationalistes. Bien entendu, les empiristes eux aussi étaient rationnels.

16 ... de même qu’on confond, dans la même veine, « technologie » et « technocratie ».

17 Le sujet (personne libre, dotée de volonté et de raison) est un concept issu du monothéisme. C’est Saint Augustin qui, le premier, a dit « je doute, donc je suis »... bien avant Descartes.

18 Principalement sous la forme du relativisme, résurgence (postmoderne !) du sophisme des concitoyens de Platon.

14:38 08/11/2013 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures, humoeurs |  Facebook

5
nov

Numerologie.ch

linea curve.jpgVOS RESULTATS:

" Votre nombre d'expression, le 9, synthèse de votre prénom et de votre nom, détermine votre nature émotive et passionnée. Vous avez le sens du service et du dévouement et un désir ardent de communiquer (pas toujours assouvi). Vous avez un besoin fondamental d'apprendre et également de transmettre, d'enseigner, d'utiliser vos connaissances pour aider les autres. Vous avez un tempérament idéaliste, souvent coupé des réalités. Vous éprouvez une attirance naturelle pour les voyages à l'étranger. À surveiller: Votre hypersensibilité et votre tendance au déséquilibre nerveux ou psychique en cas de déception ou de désillusion... Bref: Le besoin d'amour (donner et recevoir) est la clé de votre nombre souvent empreint d'une grande spiritualité... À vous de jouer!

Votre prénom, Emmeline, caractérisé par le chiffre 4, révèle une incroyable puissan ce de travail. Vos qualités d'organisation ainsi que votre sens de l'ordre font malheureusement des jaloux... On vous trouve, injustement, carrée et à cheval sur les principes.

Le nom dont vous avez hérité, Dolléans, caractérisé quant à lui par le chiffre 5, recèle une allure vaillante, voire hardie... D'où votre goût pour la lutte et les défis... D'après votre nom, vous êtes probablement également douée d'une grande souplesse et d'une grande mobilité (cela peut se lire de plusieurs façons...)

Votre nombre intime, le 4, issu des voyelles de votre prénom et de votre nom, renseigne sur la personnalité vécue de l'«intérieur», sur vos aspirations, vos motivations... Dans votre cas, vous aspirez clairement à vous réaliser dans le travail ou, en tous les cas, dans une certaine sécurité matérielle. Votre quête perpétuelle de la sécurité affective dans un cadre serein et stable, votre besoin de vous ouvrir à l'autre et de bien communique r, trouvent également leur origine dans votre nombre intime.

Issu des consonnes de votre prénom et de votre nom, votre nombre de réalisation, le 5 révèle vos talents sur un plan matériel et/ou professionnel. Chez vous, il révèle une grande adaptabilité. Vous êtes douée de mobilité et savez faire preuve de persuasion dans les contacts et les transactions. Votre 5 révèle également votre habilité et votre rapidité. Dans votre cas, l'indépendance est nécessaire. Vous avez d'ailleurs le sens du voyage.

Votre nombre psychique, le 13, vous a dotée d'une personnalité très sensible. Vous avez un lien profond avec la terre, et vous êtes probablement à l'aise dans un métier en relation avec la terre, le sol, la construction ou le bâtiment. Vous êtes attachée aux valeurs familiales traditionnelles. Seule ombre à ce beau tableau, vous éprouvez des difficultés à exprimer vos sentiments et faites montre de réactions trop vives lorsque les mots vous manquent... On vous perçoit du coup comme un esprit borné...

Ce sont vos qualités de responsabilité, d'engagement et d'ouverture (au niveau humain et social) qui vous permettent d'avancer dans la vie. C'est ce que révèle en tout cas votre nombre d'évolution, le 6. Il confirme aussi votre grande capacité d'amour, votre sens du don et du partage ainsi que votre énergie créatrice et votre sens du beau. Si vous savez accepter vos responsabilités en évitant de culpabiliser et en cherchant systématiquement la conciliation en cas de litiges et si ce n'est déjà le cas, vos réalisations seront solides, au sein d'un foyer sécurisant avec une vie affective de qualité.

Votre table d'inclusion

Nombre manquant : 2, 7, 8

  • 2 : Le 2 en manque est à l'origine de vos difficultés relationnelles avec les proches (aussi bien dans votre vie privée que dans votre vie professionnelle). Peut-être souffrez-vous (ou avez-vous souffert) également de problèmes dans votre couple? Vous manquiez de confiance en votre partenaire? Votre susceptibilité, votre manque de patience et votre nervosité trouvent leur origine ici... Mais pas de panique: ça se travaille!
  • 7 : Votre manque de 7 pourrait également se dire «Manque de confiance en soi»... Voici l'origine de vos peurs, de vos angoisses et de votre pessimisme. Vous souffrez souvent d'isolement car vous éprouvez des difficultés à comprendre autrui et parfois même à aimer la vie... Si vous n'avez déjà entamé un tel processus, il est grand temps de trouver un moyen de dépasser vos problèmes.
  • 8 : Manque de 8 ou manque de jugeotte à l'égard des choses matérielles et de l'argent? Ce manque de 8 est clairement la cause de votre peur de saisir les opportunités, de votre désintéressement pour l'argent et le pouvoir. Les conséquences du manque de 8 se révèlent parfois très violentes, il conv ient donc pour vous de rechercher rapidement à vous accomplir en misant sur votre sens de l'équité.

Nombres dominants : , 5

  • 5 : Vos qualités d'adaptation, votre indépendance, votre mobilité, votre amour du voyage et de la nouveauté ainsi que votre charme, votre talent de persuasion et votre don de la parole suggèrent une brillante carrière en tant qu'avocate, actrice, politique ou éventuellement militaire. Ou un métier à forte mobilité.

Cycle de vie

Votre chemin de vie, le 1, issu de votre date de naissance, donne de précieuses indications sur votre destin, de manière plutôt détachée de tout contexte. Le 1 est un chemin qui ne cesse de monter et qui mène très loin. En bref, il s'agit du chemin des meneuses, résolues et endurantes. Il explique en grande partie votre enthousiasme et votre volontarisme. Plus vous avancez dans votre chemin et plus toute tendance à la timidité ou à l'indécision tend à disparaître. Les obstacles présents sur votre chemin sont une tendance à l'autoritarisme à l'égard de vos proches, tendance que vous devez absolument maîtriser, tout en vous efforçant d'être un modèle.

Votre cycle de vie, le 4, indique vous êtes faite pour bâtir, au sens propre comme au figuré, en mettant en place des fondations solides. Vous êtes en cycle productif depuis le 13 Fevrier 2002, et ce, jusqu'au 12 Fevrier 2029. Cela signifie que votre longue période de galère pour mettre en place des fondations solides (ce que votre entourage ne comprenait pas toujours) est aujourd'hui terminée! Place désormais à la concrétisation de vos idées! Bien entendu, le parcours est encore semé d'embûches et votre infinie patience n'a pas fini d'être sollicitée, mais vous avez toutes les chances de vous aménager la vie stable aux fondations solides à laquelle vous aspirez depuis toujours. Gare cependant à ne pas sombrer dans la monotonie, c'est le dang er qui vous guette en ce moment...

Votre cycle de vie compte au total 4 réalisations majeures. Jusqu'au 12 Fevrier 2019, vous devrez accomplir votre deuxième réalisation, qui a la valeur 8, marquée par l'accomplissement professionnel et/ou matériel... En tenant compte de votre chemin de vie, le 1, on peut aisément imaginer que vous crouliez sous les responsabilités sans vraiment pouvoir compter sur de l'aide extérieure. Vous vous en sortez probablement remarquablement bien. Ne perdez pas de vue toutefois qu'il n'y a pas que la carrière dans la vie. Pensez également à vous investir autant que possible auprès de vos proches, votre famille, vos amis!

Cycles temporels

En numérologie, il existe 9 années personnelles. Chacune d'entre elles indique la tendance générale de l'année en cours. En ce qui vous concerne, vous êtes en année 3, symbole d'expression et de chance. Si vous pensez vous recycler dans un métier de communication, c'est le mome nt! Ceci dit, quel que soit votre métier, cette année est propice à l'évolution et à la promotion. Petit conseil: n'hésitez pas à remplir une grille de loterie pendant cette période, la chance pourrait bien tourner de votre côté! Mais pas la peine de passer tous vos week-ends au casino ou de risquer votre fortune, la prudence reste de mise. Côté coeur, si vous avez eu des soucis les années précédentes, c'est le retour de la stabilité affective.

Votre maison astrologique (ou secteur) donne un complément d'information intéressant à votre année personnelle. Si la première est valable du 1er au 31 décembre, la seconde en revanche, change à chacun de vos anniversaires. Vous êtes actuellement en maison 12, symbole de hasard... Si vous ne comprenez pas trop ce qui vous arrive, rien de surprenant... Vous êtes dans l'année des aléas avec tout ce que cela a d'absurde.

Votre mois personnel, le 5, indique la tonalité générale du mois en cours: c'est un mois de changements. L'occasion d'exposer vos idées et de prendre des décisions.

Vous êtes en jour personnel 1. C'est une journée propice aux initiatives personnelles. Si vous êtes sûre de votre coup, n'hésitez pas, agissez!"



*****¨¨¨¨*****¨¨¨¨¨*****

YOUPI, je peux continuer à vivre "normalement"!

humoeurs

 

("I’ve atoned for my guilt. There’s no turning back". Soviet propaganda poster, 1957)

12:26 05/11/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

1
nov

gamberger et lambiner

mes deux mamelles du quotidien...
Gamberger & Lambiner.

beliefs.jpg


heureusement, il reste le hasard.

22:51 01/11/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

Ironie du sort...

 

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"La maïeutique, du grec μαιευτικη, par analogie avec le personnage de la mythologie grecque Maïa, qui veillait aux accouchements, est une technique qui consiste à bien interroger une personne pour lui faire exprimer (accoucher) des connaissances. La maïeutique consiste à faire accoucher les esprits de leurs connaissances. Elle est destinée à faire exprimer un savoir caché en soi. Son invention remonte au IVe siècle av. J.-C. et est attribuée au philosophe Socrate, en faisant référence au Théétète de Platon. Socrate employait l'ironie (ironie socratique) pour faire comprendre aux interlocuteurs que ce qu'ils croyaient savoir n'était en fait que croyance. La maïeutique, contrairement à l'ironie, s'appuie sur une théorie de la réminiscence pour faire ressurgir des vies antérieures les connaissances oubliées.

On attribue à la maïeutique un lien avec l'enfantement, faisant de Maïa une déesse de l'accouchement et des sage-femmes. Maïa, l'une des Pléiades, était mère d'Hermès, lui-même père de Pan, Dieu du Grand Tout, au cœur de la tradition orphique. On attribue à tort le terme maïeutique à Socrate, du fait que sa mère était sage-femme.

Cette technique est une évolution des savoir-faire orphiques, lesquels se fondaient sur la croyance en la réminiscence et la pratique de la catharsis, notamment par Pythagore.

Chez Platon, Socrate explique que la sage-femme n'enfante pas elle-même, elle se contente de faire accoucher la femme; le philosophe fait de même des opinions de ses interlocuteurs. Cependant, une fois ces opinions accouchées, encore faut-il s'inquiéter de savoir si l'enfant est viable, ou bien s'il renferme une contradiction, s'il est mort-né. Ainsi, dans le Ménon, le petit esclave de Ménon accouche de certaines vérités géométriques. En revanche, Ménon ne sait rien dire de valable du juste et de l'injuste. Pourtant, son âme a bien dû, autrefois, contempler, de près, ou peut-être de loin, ces Idées. Cependant, l'accoucheur ne connaît pas lui-même, il se contente d'éprouver la rationalité et la cohérence des prétendus savoirs; si Socrate est le plus sage des hommes c'est seulement en ce sens qu'il sait qu'il ne sait rien.

La maïeutique est appliquée aux personnes qui ignorent qu'elles savent.
"


merci à tous les acronymes, les anagrammes, les logogrammes qui me tombent dessus, constamment. (et à Pierre pour me dérironiser parfois)

 

 

20:40 01/11/2013 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures, humoeurs |  Facebook

Satan - Louise Ackermann, Poésies Philosophiques

Ernst Haas jesus or chaos.jpg (Ernst Haas)

"Nous voilà donc encore une fois en présence,

Lui le tyran divin, moi le vieux révolté.

Or je suis la Justice, il n’est que la Puissance ;

A qui va, de nous deux, rester l’Humanité ?

Ah ! tu comptais sans moi, Divinité funeste,

Lorsque tu façonnais le premier couple humain,

Et que dans ton Éden, sous ton regard céleste,

Tu l’enfermas jadis au sortir de ta main.

Je n’eus qu’à le voir là, languissant et stupide,

Comme un simple animal errer et végéter,

Pour concevoir soudain dans mon âme intrépide

L’audacieux dessein de te le disputer.

Quoi ! je l’aurais laissée, au sein de la nature,

Sans espoir à jamais s’engourdir en ce lieu ?

Je l’aimais trop déjà, la faible créature,

Et je ne pouvais pas l’abandonner à Dieu.

Contre ta volonté, c’est moi qui l’ai fait naître,

Le désir de savoir en cet être ébauché ;

Puisque pour s’achever, pour penser, pour connaître,

Il fallait qu’il péchât, eh bien ! il a péché.

Il le prit de ma main, ce fruit de délivrance,

Qu’il n’eût osé tout seul ni cueillir ni goûter :

Sortir du fond obscur d’une étroite ignorance,

Ce n’était point déchoir, non, non ! c’était monter.

Le premier pas est fait, l’ascension commence ;

Ton Paradis, tu peux le fermer à ton gré ;

Quand tu l’eusses rouvert en un jour de clémence,

Le noble fugitif n’y fût jamais rentré.

Ah ! plutôt le désert, plutôt la roche humide,

Que ce jardin de fleurs et d’azur couronné !

C’en est fait pour toujours du pauvre Adam timide ;

Voici qu’un nouvel être a surgi : l’Homme est né !

L’Homme, mon œuvre, à moi, car j’y mis tout moi-même :

Il ne saurait tromper mes vœux ni mon dessein.

Défiant ton courroux, par un effort suprême

J’éveillai la raison qui dormait en son sein.

Cet éclair faible encor, cette lueur première

Que deviendra le jour, c’est de moi qu’il ta tient.

Nous avons tous les deux créé notre lumière,

Oui, mais mon Fiat lux l’emporte sur le tien !

Il a du premier coup levé bien d’autres voiles

Que ceux du vieux chaos où se jouait ta main.

Toi, tu n’as que ton ciel pour semer tes étoiles ;

Pour lancer mon soleil, moi, j’ai l’esprit humain !"

Louise Ackermann

(fragment - merci Céleste)

11:37 01/11/2013 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures, humoeurs |  Facebook

28
oct

Divinations, mancies et autres mots en -tionismies.

humoeurs, ego-tripes, society

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  • Palmomancie : divination par les gestes instinctifs
  • Palomancie : divination par le jet de baguettes
  • Papyromancie : divination par le froissement d'une feuille de papier
  • Pégomancie : divination par les sources
  • Pétromancie : divination par les formes des rochers
  • Phyllomancie : divination par les feuilles d'arbres ou de plantes
  • Pissomancie : divination par le jet de pois secs
  • Plastromancie ou chéloniomancie : divination sur les écailles du plastron de la carapace de tortue
  • Podomancie : divination par l'examen des pieds
  • Potamomancie : divination par les fleuves
  • Pyromancie : divination par le feu ou les flammes
  • Radiesthésie : méthode de divination fondée sur la réceptivité particulière à des radiations qu'émettraient différentes matières (sources, trésors, mines, etc.), permettant ainsi de les localiser à l'aide d’une baguette ou d’un pendule
  • Rhabdomancie : divination par les baguettes de sourcier
  • Sauromancie : divination par les lézards
  • Scapulomancie : divination par l’examen d'omoplates brulés d’animaux
  • Scatomancie : divination par l’examen de matières fécales
  • Sciomancie : divination par l'observation des ombres des morts
  • Sidéromancie : divination par un fer chauffé au rouge
  • Skiamancie : divination par l'étude des ombres
  • Spathomancie : divination par la lame d'une épée
  • Spondanomancie : divination par les cendres
  • Stichiomancie ou stichomancie ou bibliomancie : divination par l'ouverture au hasard d'un livre
  • Sycomancie : divination au moyen de questions écrites sur des feuilles de figuier
  • Taromancie : divination par le jeu de tarot
  • Tératomancie : divination par les prodiges et les monstres
  • Thalassomancie : divination par l'aspect de la mer et des vagues
  • Théomancie : divination par l'inspiration supposée d'une divinité
  • Tyromancie : divination par les fromages
  • Uranomancie : divination par l'observation du ciel
  • Vitréomancie : divination par le sable
  • Xylomancie : divination par les branches et les écorces
  • Zoomancie : divination par le comportement des animaux

humoeurs, ego-tripes, society

22:57 28/10/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs, ego-tripes, society |  Facebook