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Fiction d'altitude

atelier japon OTOMO KATSUHIRO Hansel & GretelEnfant colosse a cassé sa planète. Il voulait jouer avec les nébuleuses, pourtant personne ne joue quand les autres mesurent. Les choses punissent facilement quand on les confronte.

Alors, pour le frapper, le punir, elles l'enterrent.

Coincé, son pied dans le sol trop clos. Faille ogresse a saisi les orteils, puis la cheville. Terre mange ses pieds kilomètres.

Docile et serviable, montagne fait bouée, faux frère faux pilier, elle gonfle vers le haut, soude par le bas, tout pour que enfant glisse vers les eaux blanches. Mer se lève, debout au dessus des foyers. Elle gronde, elle mugit, elle se déploie.

Les hommes, ahuris, penauds, larguent des amarres, délivrent quelques fleuves coincés, creusent des rigoles, le sol devrait se calmer. Sinon, eux aussi plongeraient.

Rien n'échappe à la matière molle, noble, généreuse. Mer avale à son tour, elle se venge d'eux et de plus.

Elle déstabilise enfant, le renverse, lui déchire les jambes.

Les arbres poussent encore, leurs racines enserrent ses membres aplatis, avachis. Les branches tricotent un plancher d'épines, l'enfant s'enfonce.

Tout souffre. Lui s'enlise sans hurler.

La ville rit au loin, soulagée d'exister sans compter d'anomalie, elle si pure, si verticale, ne veut pas d'un enfant démesuré aux bras et bouche ouverts, de ce jeune chantre au futur barbouillé, de ce potentiel conciliateur.

Les normes, les centres de lois, les justifications, tous s'emmêlent et l'enfoncent.

Le corps blanc toujours si grand crève enfin. Les organes rabougris, les formes pénitentes, les vibrations humiliées, ce petit tout s'étale, s'écrase sur son petit monde contrit, entortillé sur lui-même.

Montagne et horizon se touchent les doigts, se congratulent. Seuls les astres possèdent encore la raison omnisciente de l'innocence, pour quelques temps limités encore.

Le monde a sabordé enfant, lui et ses fictions d'altitude.

C'est le dernier qui est né qui  périra le premier.

 

© Milady Renoir – Juillet 07 - Texte écrit pendant l'atelier Milady

Illustration by Katsuhiro OTOMO

 

15:43 06/07/2007 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : texte, atelier |  Facebook

28
jui

SKIN - scénographie & Taupes sonores - occupation superficielle dans RDF181

SKIN est une intervention dans l'espace RDF 181.
à voir et à écouter le vendredi 29 juin 07 de 20 à 24h
&
SKIN is een tijdelijke interventie in de ruimte van RDF 181
te zien en te beluisteren op vrijdag 29 juni van 20 tot 24 u
SKIN

rue de flandre - Vlaamse steenweg 181 - 1000 Bxl
 
vous savez? RDF181 est le lieu qui accueille l'atelier Milady cet été (07 & 08)... si, si... tout est lié!

14:00 28/06/2007 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : arts, atelier |  Facebook

25
jui

Expositions/ateliers Echafaudages du 3 au 6 juillet à Ixelles

expo_echafaudages_stellingenAteliers, expositions en collaboration avec le CANEVAS - l'a.s.b.l Sanatia du 3 au 6 juillet.

 

Voici l'annonce d'une exposition remarquable (+ atelier d'écriture), puisqu'elle présentera les créations plastiques, musicales, écrites d'adultes souffrants de troubles psychiatriques, au sein de deux institutions qui collaborent à ce projet : Sanatia et Den Teirling (Ixelles).  Divers ateliers y seront organisés (peinture, soirée contes, écriture, djembé). Le thème en est "Echafaudages", évoquant la construction en équilibre provisoire de nos personnalités.
L'originalité de ce projet est, entre autre, qu'il vise à ouvrir l'institution psychiatrique sur l'extérieur. Ainsi, les gens du quartiers, des artistes, des voisins participent, sur le long terme, aux activités créatives, qu'il s'agisse d'ateliers, de voyages, et une fois par an d'une création théâtrale.  
Un atelier d'écriture "ouvert" sera organisé avec ce public spécifique dans le contexte de l'exposition. Les visiteurs sont cordialement invités  à venir écrire en leur compagnie joyeuse et imaginative :

LE MERCREDI 4 JUILLET A 18 H. CENTRE SCOLAIRE EPERONNIERS-MERCELIS, RUE MERCELIS 36, 1050 BRUXELLES.

 

Venez écrire, lire, voir, regarder, apprendre, comprendre, vivre. (click on picture/flyer)

11:19 25/06/2007 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : arts, atelier, act-u |  Facebook

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jui

Appel à textes - Projet "Ecrits durs comme des murs" autour de l'oeuvre de Jean Rustin - Echéance pour l'envoi ce 15 juin 2007

 
Jean Rustin la-nuit-1984"Ecrits durs comme des murs"  - Projet Rustin'ien - Proposition d'exposition textes (collectif aléatoire d'écrivains) + peintures de Jean Rustin

 

Intention à l'attention de Maurice Verbaet et Corinne van Hövell, co-fondateurs de la Fondation Rustin & Charlotte Waligora, Directrice de la Fondation Rustin:

 

 "Chacun choisit l’image qu’il souhaite donner de lui-même et du monde. Pour moi, le corps mis en scène, théâtralisé par l’espace vide et clos du tableau, est l’image qui me permet d’exprimer avec violence et de la façon la plus directe les sentiments et les désirs conscients et inconscients qui m’habitent et que je ne saurai traduire autrement que par ces images. Images que je laisse à d’autres le soin d’interpréter entre l’érotisme, l’obscène, le pornographique, mais aussi la tendresse, la pitié et le sacré."

 

Entre la tendresse et le sacré...  Jean RUSTIN autour de l'œuvre de Hervé Szydlowski, 1999.

 

Jean Rustin a d'abord percé plusieurs regards autour de moi, puis le mien, violemment.

Ses enfants vieux, ses personnages universels, leurs faciès aux teintes passées - passives? - puis, leurs trous, leurs antres, leurs yeux morts-vivants, leurs murs, tous ces monticules de férocité ont jailli tout droit des peintures comme après une tension insoutenable, incommensurable. Les éclaboussures sont ici, entre autres séquelles, des textes marqués de l'unique impulsion d'un ressenti extrême, d'une réaction singulière. Comme si la vérité des corps anéantis sur la toile avait réveillé l'authenticité du mot, et ce, chez des auteurs de plusieurs âges, territoires et communautés. Ces textes seront déposés à la Société des Auteurs de Bruxelles fin juin, sous couvert d'une identité collective. Chaque auteur soutient ce projet avec la force épaisse du groupe et la délicate distinction de chaque personnalité, de chaque auteur.

 La collection d'une vingtaine de textes, d'une chronique d'un journaliste passionné et possiblement d'une introduction de Jean Broustra, psychanalyste et écrivain, aussi co-fondateur des Ateliers de l'art cru, alimentée par divers médias (Internet, atelier d'écriture, bouche à oreille…) se présente ici dans sa forme la plus fumigée, puisque la proposition est d'accompagner les toiles de Jean Rustin dans une exposition Textes + Peintures au sein d'un établissement dédié au peintre, soit la Fondation Jean Rustin à Paris, soit le MAC (Modern Art Center) situé à Berchem-Anvers.

 L'offre de projet répond à un désir mordant d'inviter Jean Rustin (son œuvre) dans la spirale des mots qu'il exhorte. Exorciser les mots durs comme des murs a été la première étape, le déposer sur la surface du sol terrestre est le prochain pas souhaité.

 

 Au plaisir de nous "entendre".

 

 Milady Renoir,

Coordinatrice de la proposition de projet au nom des auteurs du projet Rustin'ien.


N'hésitez pas à demander les conditions pour votre participation avant le 15 juin sur miladyrenoir@yahoo.co.uk  

 

Pour des idées charnues?

Sites internet

Fondation Rustin : www.rustin.be
BBC :
http://news.bbc.co.uk/hi/englih/entertainment/art/newid_1980000/1980866.stm
Galerie idées d’artistes :
www.idartists.com

13:17 12/06/2007 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : arts, atelier, lis tes rature |  Facebook

1
jui

Portrait de Fernande - (texte pas factice de l'atelier Milady du 29 mai)

en réponse à une des contraintes de l'atelier MiladyRogerio reis The Queen of TRash Rio Favelas, voici le petit portrait tout craché, tout véritable d'une dame de là-bas, pas très loin, et déjà presque partie.

 

 

 

Fernande Percheron, blonde aux yeux bleus mais aussi chanteuse de bals, fille d'agriculteur prospère, charmeuse de vipères, vélocipédiste de mère en fille, tête de mule.

Fernande porte aujourd'hui 88 années de yeux bleus… humides au premier coup de balai, fous au premier coup de fourrage.

Il y a eu chez Fernande, des moissons d'hommes, d'amants, de propositions, mais elle ne partageât, selon la forme digne, la couche en bois d'un seul homme, (pas un homme de paille) le mieux bâti, le plus robuste, comme un Marcel Cerdan un peu cul-terreux.

Il y a chez Fernande, une grande télévision bicolore laquelle hurle au point maximal, peut-être pour remplacer le mieux bâti, ce plus robuste, lequel cultive aujourd'hui des pissenlits dessous les pierres.

Fernande a retourné plus de pyjamas de lapins féconds que de jupons mais sa voix, elle, la montrait nue sous les harmonies des Frehel, Damia ou môme Piaf.  En des temps de guerre plus virulents, elle recouvrait les sons des bombes rien qu'avec un bout de sa gorge blanche. 

Fernande, comme dans les mots de Brassens, monte et descend les vallées de son pays pourtant de moins en moins fleurissant, de moins en moins ensoleillé. Depuis la pose de son bassin en plastique (une marche traîtresse dans une cave aux anfractuosités un peu sous estimées…), son vélo est orphelin, ses jambes moins berceuses, son derrière moins tangué.

Fernande n'abandonne pas ses rituels quotidiens, la promenade. Elle remarque les glissements de terrain, le manque de bosquets, l'assèchement des nappes phréatiques, l'amaigrissement de sa poitrine et le creusement de son postérieur. Fernande arpente les rues au goudron craquelé du village, lequel l'a vue naître, elle chantonne encore des thèmes d'autre fois, seuls les vieux peupliers de l'allée vers le cimetière (ceux près du puits bouché depuis la dernière pollution au chlore d'un agriculteur nouvelle vague (pas un gars du coin) plient d'émerveillement au son de son organe sibyllin.

Fernande est sourde depuis douze ans, tout le monde l'admet (même le spécialiste des myosotis[1] à la capitale) sauf elle. L'été dernier, elle est allée visiter sa fille au Canada et c'est à cause de leur satané air conditionné qu'elle a attrapé un froid d'oreilles. Depuis, elle ne peut se débarrasser de ces bouchons de froid, elle n'entend plus, sauf peut-être quelques vieilles ennemies, telles la fille du maire (vieille fille qui refuse de prêter le pressoir pour faire de la gnôle) et sa bru radoter au camion de la boulangère, qui distribue le pain.

Fernande a vu partir le rebouteux (la maison est depuis rachetée par des parigots), le garde-chasse (devenu inspecteur des impôts à la ville), le patriarche (mort dans sa pisse), le berger (aujourd'hui éleveur d'autruches et de maïs OGN (Fernande n'aime pas les acronymes) et son audition en moins d'une décennie.

Mais si tout change, si tout va mal, si y a plus de saisons, si les jeunes d'aujourd'hui sont des péteux, elle rentre immanquablement chez elle, chaque soir qu'elle compte, parce que la maison, elle, ne va nulle part. Elle dit que les murs retiennent les souvenirs, que sa solitude et sa mort ne se racontent pas d'histoires, elles. Elle a bien une dernière volonté, de celles qui obsèdent les réveils et les sommeils… surtout, (elle insiste lourdement, le précise à chaque visiteur curieux de sa santé) "il faudra pas qu'on l'emmerde avec des chrysanthèmes sur sa tombe, non seulement ça fait ringard mais surtout ça pue."

 

© Milady Renoir - 29 Mai 2007 – Atelier Superstitions.

Art by Rogerio Reis



[1] "Oreilles" en langue de là-bas.

08:39 01/06/2007 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : texte, atelier, ego trip-e |  Facebook

30
mai

l'été en atelier...non, l'atelier en été!

RDF181 inRDF181 outaaah le click magik...

18:00 30/05/2007 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : arts, atelier |  Facebook

22
mai

Prochains ateliers Milady

  • Atelier "Superstitions, vieilles croyances, écrits de campagne" où comment tomber dans les écrits aux ambiances sombres du pays des mythes, des sorcières, des naturalistes enflammés, des forêts vivantes et des animaux fabuleux? Des auteurs ingénus ou noirs, des écrits hermétiques ou merveilleux, il faudra peut-être retomber dans l'innocence (enfance ou autre état). ---------

Atelier Superstitions la france des croyancesUn effort avant l'atelier?

La contrainte pré-atelier: amener un objet (photo ratée, poupée vaudou, stylo vide, masque initiatique, page blanche, un truc qui fait froid dans le dos...) qui (vous) fait peur!

 

Quand? Mardi 29 Mai de 18h57 à 21h47

 

Où? Café Le Greenwich, rue des Chartreux 7 B-1000 Bruxelles, entre St Géry, Bourse & Rue Antoine Dansaert. Tartines primitives et boissons sur place

 

Pour qui? Ouvert à tous, même les plus pressés de sortir!

Prix: 7 € payables sur place, à la fin de l'atelier - Premier atelier gratuit.

 

  • Atelier Parlons japonais (ou écrivons autour d'univers d'auteurs nippons)

japan writtingQuand? Mardi 26 Juin 2007 de 18h55 à 21h45  

Le thème? Atelier "Ecrivons japonais!" ou pénétrons l'univers de 3 auteurs japonais contemporains... Considérer les écritures ludiques ou dramatiques de ces auteurs nippons, semblables ou opposés à ce que nous pouvons connaître. 3 consignes d'écriture en français  autour d'auteurs coup-de-coeurs du pays du soleil levant.

 

Où? Café Le Greenwich, rue des Chartreux 7 B-1000 Bruxelles, entre St Géry, Bourse & Rue Antoine Dansaert. Tartines primitives et boissons sur place.

 

Pour qui? Ouvert à tous, même les morts qui votent!

Prix: 7 € payables sur place, à la fin de l'atelier - Premier atelier gratuit.

 
 
à bientôt?

10:31 22/05/2007 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : atelier |  Facebook

13
mar

FiEstival Maelström ce samedi!! http://users.skynet.be/maelstromfiestival1/home.htm

 

logoMaelström FiEstival #1 le 17 mars à Bruxelles à partir de 15h30 à l'Espace Senghor
Ce FiEstival est d'abord un Rêve: des années que nous tentions de le réaliser. Il s'agit d'une Fête puis d'un Festival. La contraction des 2 termes nous a donc amenés à le baptiser ainsi: FiEstival !
avec JODOROWSKY, M. BAKERO (Chili), A. BERTOLI (Italie), S. BUYSE (Belgique)
E. BARAN (Iran-Belgique), O. DOMBRET (Belgique), D. GIANNONI (Norvège)
K. GÖRGÜN (Turquie-Belgique), P. GUÉRY (France-Marseille), M. JANTAR (Belgique)
M. PARENTE (Italie), D. SPLEETERS (Belgique), G. STUBBE (France-Belgique)
V. THOLOMÉ (Belgique), L. VIELLE (Belgique), T. ZERBINATI (Italie)

à 16h15 SORTIE Officielle de AUTOPSY
de Sophie Buyse                                       

à partir de 18h01 SORTIE Officielle de
SOLO DE AMOR de Alejandro Jodorowsky & Territoires du COEUR de Antonio Bertoli

entretiens croisés avec l'auteur et: Evrahim BARAN, Olivier DOMBRET & Damien SPLEETERS                                                       lectures performances avec également
M. BAKERO, P. GUÉRY, M. JANTAR, D. SPLEETERS, G. STUBBE, V. THOLOMÉ, L. VIELLE, T. ZERBINATI

à 23h17 concert de Marco Parente + JAM !
INSCRIVEZ-VOUS déjà pour la JAM et venez lire vos textes en public...

 PDF sur notre site rubrique "rencontres" cliquez ICI 

 

http://users.skynet.be/maelstromfiestival1/home.htm

 

Petit encouragement admiratif à David Giannoni pour sa tenace application à marquer le coup, avec la qualité et l'éthique du Livre sous le bras...

 

Info informative: Chloé Delaume, Laurence Vielle, Vincent Tholomé, David Giannoni, Damien Spleeters, Théophile de Giraud, participent à une des activités que je produis pour le festival PassaPorta (19-22 avril) le dimanche 22 avril à 17heures @ De Markten (1000 Bruxelles) pour une rencontre autour de la nécessité de la lecture publique, de sortir le livre de son contexte papier... parlez en à vos agendas!!

12:08 13/03/2007 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : lis tes ratures, atelier, arts, place net |  Facebook

6
déc

F A I M

adam szrotek breadRecroquevillé sur ses tendons, le corps poreux, il avance, de pavés en déchets, de rocailles en barbelés. Son pauvre corps pétri par des vents et des pluies sans honte. Il avance, tant mal que pire. Un petit carton mental coincé entre les omoplates, son chapeau vissé sur son désespoir, il ne s’aperçoit pas son piteux état. L’errance n’est plus une sentence, c’est son devoir.

Hier, un chien lui a parlé. Lui et le chien se sont racontés leurs déboires, tous deux assis sur un banc, dans le grand parc à coureurs. Les autres survivants qui passaient ont cru voir une scène bien banale, un vieux monsieur promenant son vieux chien. Personne n’aurait pu se rendre compte qu’il n’y a pas eu d’histoire entre le chien et l’homme. Après plus d’une heure dépensée à lâcher leurs vannes, le chien et l’homme sont partis chacun de leur côté, sans se retourner. Se retourner, c’est regarder en arrière, il faut faire attention, parfois, le cœur, accablé, ne reprend pas son souffle.

 

Les rues sont des putains qu’il emprunte tous les jours, gratuitement. Elles mangent ses ongles sales, ramassent ses cheveux morts, lui massent la plante des pieds, lui laissent des sons dans la tête pour la nuit silencieuse. Des amours.

Il aime particulièrement les vitrines des shops. Chaque néon est un clin d’œil, chaque objet est une histoire, chaque visage cristallin est une ombre. Il reste parfois planté plusieurs minutes, les yeux dans le verre. Il avale les récits, les illusions de ceux qui vivent derrière, de l’autre côté, au chaud, au cœur du monde.

Dans l’étalage, parfois, il revoit un faciès connu ou une trouvaille familière dans la chose qu’il vise, un repas de famille dans un bijou, un prénom aimé dans une chaussure, un moment d’amour dans une plante jaune. Il ne se souvient plus du nom, celui qui lui servait de repère, encore hier. Personne ne l’appelle, ni ne le nomme. Sa naissance n’aurait de trace que sur un papier défraîchi ? Dieu que le silence est mort. Il craint le silence comme la peste alors il avance. Il marche.

 

Une jolie vitrine en or.

Il pose sa main sur la poignée…

 

il poussera la porte vitrée la petite clochette tintinnabulera la boulangère accourra le saluera il indiquera poliment un pain au fromage la quiche aux oignons et le sablé laiteux au miel la boulangère enveloppera tous ces petits délices soigneusement lui demandera s’il désire autre chose il hésitera pour prendre une brioche bien molle mais non il répondra non pas pour cette fois merci heureux qu’il sera alors de se gâter un peu il paiera avec un billet frais la boulangère lui rendra la monnaie en petites pièces brillantes lesquelles il placera nonchalamment dans sa poche les anses du sac en plastique blanc entoureront bien fort ses doigts forts il sentira le léger poids de ses mets il salivera même en pensant à la table sur laquelle il dégustera cette collation la table à quatre pieds avec une nappe en tissu un verre de vin bon marché des couverts qui claquent en cadence avec les aiguilles de la pendule sur un mur dans une pièce chauffée lumineuse il pourra sourire puis se reposer repu et calme

 

Il pose sa main sur la poignée…  La boulangère le regarde de travers, il cherche le courage au fond de sa poche, il mendiera, il osera cette fois. Mais au fond de sa poche, il y a un trou qui le happe. Derrière le trou, tout au fond, un tourbillon, un vide. Il lâche la manette de la porte-machine, fait un pas en arrière. Dans la vitrine suivante, il y a des viandes rouge vif, lascives, dégoulinantes de feu. Il cogne son front contre la vitre, fixe une découpe de porc. Il l’exècre. Il l’adore. Il la désire, voudrait toucher cette tranche écarlate, lui planter les doigts, les dents, lacérer les nerfs, mordre le plaisir, sentir la vie gonfler dans sa gorge. Le boucher, un gros mâle possessif, tient le couteau dans une main et sa proie dans l’autre. Des petits lambeaux rouges collent sur la peau de ses mains massives. Le vieil homme convoite les miettes enflammées. D’un coup sec, le boucher assomme un animal déjà mort.

 

L’homme s’enfuit. Il court. Il s’envole. Il s’échappe de la tentation, du doute, de la vrille, de la conscience. À peine deux pavés dépassés, son corps s’agenouille. Rien ne s’acharne plus que la fatigue. Il laisse sa tête tomber en arrière. Il ouvre la bouche, laisse entrer une écharpe de fumée noire sortie d’un bus qui parade sur la route, puis il aspire un nuage d’éther blanc. Il mange, enfin. Alors il vit puisqu’il mange. Il mange.


© Milady Renoir

Texte écrit sous contrainte d'atelier

Art by adam szrotek

22:31 06/12/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : atelier |  Facebook

10
nov

Cycles

Marcus Usherwood  Marcus8Cycles, cycles,

en un jour, comme en cent,

en un jour commençant,

de cycles, nous sommes nourris.

 

MAIS

 

Les fourmis peuvent s’agiter dans toute l’essence, l’étincelle murmurée, mur, murée, cachée derrière l’index, rien ne souffle quand les carrefours tournent sur eux-mêmes. Coupe de bois, soûlerie de peaux, ici, c’est une toute petite vie qui se mort les dents, l’aqueux délire qu’il faut retenir. Noyée entre une pomme d’amour et une poigne dans la gueule, la rive suit son chemin.

Chacun son coin, chacun son destin. On plante son cul dans l’air, patient, on attend le foin. Château de cartes planté dans le sable, voici l’espoir qui vacille au gré des volutes de jour béni.

On boit la levure, on fume le goudron, on palpe la chair, on refait l’immonde.

Mais sous la transparence, le vide !

Balance de gauche à droite, de cortex en index, de corps en cœurs, rien ne vient plus, les enjeux sont faits. Nos mandigotes grelottent dans les chaumières, non, l’époque pique, il n’y a rien à plaire, quelques ébats vers le bas, baiser au bord d’un évier, le sexe : occupation saine entre deux vaisselles, gant rose sur sexe rose, les trains regardent mieux les vaches quand ils sont bien gardés.

Laconiques mouches amères posées sur une merde canine, poussent le gueuleton jusqu’au bout du canon - baiser, fumer, chier, raisonner. L’obsession du plus haut, l’ascension du plus bas, chacun grimpe à l’échelle en croquant les barreaux après lui.

Les vies se conciliant, se rangent dans des valises cintrées d’officiants bienveillants. Quelques règles sur le grand tableau : ramasser les pots cassés, recoudre les cicatrices, recoller les abris, construire des cabanes dans les terriers, et puis ne pas oublier de changer les draps du défunt, c’est important. Puis, en août, étirer ses bras sur une plage, montrer aux égaux que recommencer est tellement revigorant, que le sommeil derrière le pare-soleil est vivifiant, brochettes de réconciliations entre bons humains, salaisons en cure d’iode et de silice, il faudra revenir l’an prochain.

Avant demain, point de procrastination !
Plâtrer le trou dans le pied d’appui, sauter à l’élastique avec une corde à nœuds, là où sont les arbres, on verrait bien des panneaux indicateurs, plutôt, non ?

Nos mains sont des choses obsolètes, on ne bêche plus, on ne caresse plus, on ne rédige plus, parfois, on adresse le ciel avec des bouts de bois croisés, tiens… les nuages persistent, il faudrait sacrifier vingt-quatre musulmans sur un autel en or massif de juif, quelques carats. Il faut croire au pilon céleste quand les colonnes fléchissent.

Bref.

C’est le noir ? Le toboggan géant sous une pluie épineuse ? On glisse sans chuter ? On dérive sans vagues ? La légende du renouveau, la bannière qui rassure, vous ne voyez pas ? Aucune main tendue ?

L’ironie s’épuise, la machine à tickets rend son jus, l’électricité clignote dans la chambre à brouillard, brouter l’épouse, ratisser les vignes, signer son âme d’un X divinatoire. Murmures dans les charnières, les enfants ne doivent pas regarder la télévision planète.

Ne pas allumer la dernière ampoule. Sinon, c’est privé d’air !

Reculer pour tressauter.

Nos veines seront nos liens. Circuler loin ne sert à rien.

 

(En aparté :

Cycles, cycles,

en un jour, comme en cent,

en un jour commençant,

de cycles, nous sommes nourris.)

 

Et quelqu’un rie, comme le dernier des cons, autoproclamé Con Premier…

 

« Quand vous verrez la lumière au bout du tunnel, priez pour que ce ne soit pas un train ! »

 

© Milady Renoir

Art by Marcus Usherwood

00:54 10/11/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : ego trip-e, atelier |  Facebook

23
oct

Invitation à la récriture du monde

gilbert_garcin_home_straightau cas où vous n'auriez rien de mieux à faire...

 

suivez la contrainte du Méga Atelier Kalame sur le blog de l'Atelier Milady: http://atelier-milady.skynetblogs.be/

13:04 23/10/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : atelier |  Facebook

16
oct

prochains rendez-vous, RENDEZ VOUS!!! (comme un gentil matraquage)

LunettesSepiaDimanche 22 octobre: Méga atelier d'écritures - KALAME

Genre : Quatrième après-midi festive des ateliers d'écriture, dans le cadre de la Fureur de Lire - Vous vous intéressez aux ateliers d'écriture, vous n'y avez jamais participé et désirez vous y essayer, ou vous aimeriez élargir votre palette, découvrir de nouveaux styles, de nouveaux genres, retrouver d'autres partcicipants, de nombreux animateurs, découvrir des livres sur l'écriture, échanger avec des écrivains... le tout gratuitement et dans une mabiance conviviale.
Ouverture des portes de la Tentation (un grand café, avec de nombreuses grandes tables, en plein centre ville) à 13 heures.
A 14 heures précises, chacun reçoit la consigne d’écriture, originale et accessible à tous, écrivants débutants ou chevronnés. Elle a été concoctée cette année par deux animatrices, membres de kalame : Marie-Eve Palin et Milady Renoir.
Vous écrivez selon cette proposition, sur place, pendant deux heures...
A 16 heures, nous vous présentons, via de courtes lectures par Danièle Walgraeve, les écrivains invités : Franz Bartelt, Alain Bertrand, Benoît Coppée, François Emmanuel (à confirmer), Caroline Lamarche, Michel lambert, Ariane Le Fort, Agathe Gosse, Lucien Noullez, Françoise Pirart, Foulek Ringelheim et Régine Vandamme.
Vous participez ensuite à une rencontre, par petits groupes, avec un des ces auteurs. Pendant une heure, vous vous entretenez avec eux à propos de l'expérience du jour, mais aussi de lecture, d’écriture, de littérature... 
&
 

Festival Au Bord Elle


Samedi 18 novembre 06 de 13h à 18h30 :

Après-midi littéraire : «Au tour d'Elles»

De 13h à 15h30 : «Secrets de femmes» - Atelier d'écritures ludiques autour des mots de l'Amour. Pour Elles. Animé par Laurence Oussov.
Inscriptions sur place ou Laurence Oussov 0486 07 79 12 
De 16h à 18h30 : Atelier d'écriture créative autour des auteur(e)s Chloé Delaume, Violette Leduc, Joyce Mansour. Pour tous, hommes, femmes ou autres genres. Animé par Milady Renoir.

Inscriptions sur place ou par SMS : 0494 58 13 04
Participation aux frais : 7 eur / atelier ou 12 eur pour les deux


EMMI tattoo by KOSTEK smallJeudi 23 novembre 06 à 20h :
«Eros, Tattoos, Thanatos ou l'autoérotisation de MON corps à travers le tatouage» Lecture/Performance de Milady Renoir tattouée en live par Kostek de la Boucherie Moderne.


Et d'autres, mais une envie de faire court me prend, j'en profite, c'est rare.

12:55 16/10/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : arts, atelier, ego trip-e |  Facebook

10
oct

Festival Au Bord Elle 17 - 25 Novembre 2006

EMMI tattoo by KOSTEK small

(photo montage réalisé par MozHorus - mes deux tatouages actuels - le prochain en live pendant le festival Au Bord Elle...)

 

Organisée par l’asbl «Ah Mon Amour», «Au Bord'elle» est une manifestation pluridisciplinaire consacrée à l’exploration de l'Erotisme par l'intermédiaire de différents moyens d’expression.

Du vendredi 17 au samedi 25 novembre 06, «Au Bord'elle» s'installera aux Ateliers Mommen à Saint-Josse pour y présenter le travail d'artistes (photographes, peintres, performers…) et de conférenciers (dont la réalisatrice Ovidie) qui ont choisi d’approcher l'Erotisme loin des ghettos du sexe, des étiquettes étriquées ou des néons glauques des sex-shops.

 

Milady Renoir y couchera mots et peaux:

 

Samedi 18 novembre 06 de 16h à 18h30 :
«Lectures d'écrivaines» - Atelier d'écritures créatives autour d'oeuvres des auteur(e)s Chloé Delaume, Virginie Despentes, Violette Leduc, Joyce Mansour...
Tout public de 17 à 97 ans
Inscription sur place ou par SMS au +32 (0)494 58 13 04
Participation aux frais : 7 eur

 

Jeudi 23 novembre à 20h :
«Eros, Tattoos, Thanatos ou l'autoérotisation de MON corps à travers le tatouage»
Lecture/Performance de Milady Renoir, EcrivEine & Animatrice d'atelier d'écritureS Tatouée live par Kostek de la
Boucherie Moderne

 

Autres intervenants:

Ovidie, Claude Io, Nathalie Pirotte, Kathleen Vossen, Oliver Pe, Ernesto Timor, Isabelle Petit-Dufrenoy, Vladimir Schwenner, Pascale Muret, Nicolas Gasnier, Lyzane Potvin, Nathalie de Smedt, Geneviève Voisin, Jean-Marc Daele, Wim Taciturne, Virginie Venticinque, Isabelle Roche, Catherine Timmers, Jean-Pierre Devresse et d’autres…

on s'y verra?

14:23 10/10/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : atelier, arts, ego-tripes |  Facebook

4
oct

Jean Piètre, homme ordinaire.

ATYPYK lost timeJean Piètre abhorre le futur, cette petite chose fragile qui transforme les vivants en morts, et les morts en carences. Pour reléguer cette ridicule facilité castratrice au rang de l’anémie, il ne marche qu’en arrière ou en se déplaçant sur le côté, tel un crabe têtu défiant les ondes des cycles. Il remonte chaque pendule à l’envers, parfois jusqu’à en casser leur mécanisme, ce qui lui procure une érection, laquelle il ne satisfait jamais, par principe de préservation. Les horodateurs sur son chemin sont des obstacles, il les réduit en petits débris qu’il piétine ensuite sans se soucier du regard des passants honnêtes. Il ne lit pas les journaux, ni les livres car ceux-ci ne peuvent s’empêcher de poinçonner l’Histoire avec leur chronologie oppressante et leurs références tièdes aux annales d’une planète qui ne cesse de tourner.  

 

Jean Piètre ne se lie pas aux autres. Ni femme, ni enfant. Aucune amitié potentiellement durable, donc lassante. Tout doit résister au courant des sens. Jean s’acharne parfois à annihiler les émotions dévorantes mais il résiste avec le soutien de ses cauchemars dévolus et ses illusions perdues.
Il vote pour le Parti Conservateur, mange les aliments en boîte dont les dates d’expiration ne sont plus lisibles, porte les mêmes habits depuis qu’il a décidé de ne plus se laisser grignoter par les dates, nie son anniversaire, tire des coups de plomb dans le cul de ce facteur pataud qui amène les calendriers en fin d’année, ne supporte que Patrick Poivre d’Arvor à la télé parce qu’il est éternel et le Saint-Esprit pour sa rigoureuse immuabilité.

 

Le soir, pour ne pas penser à cet astre couchant et rébarbatif, il médite sur sa paresse, son oisiveté, et contemple sa torpeur avec un béguin irrésolu.

Chaque matin, le rituel de son bain se répète sans une onde de modification. Il dérive son regard de la vitre, laquelle joue au petit miroir, petit transporteur d’âge sans autre discipline que de plagier l’ego. L’ego, ce supplice paternaliste qui l’enferme dans cette philosophie mortelle. Il n’y pense plus.

Il aurait voulu ne jamais avoir entendu le son de sa voix, ni s’être aperçu des ridules de ses dermes jaunes. Heureusement, son acuité visuelle est devenue quasi nulle, c’est de son propre gré qu’il ne consulte pas ni oculiste, ni docteur, ni tout autre charlatan de la vie à tout prix. Quand il sera aveugle, rien ne pourra alors empiéter sur sa vision absolue d’un horizon parfaitement plan.

 

Sa poésie, il la trouve en observant les platanes, ces seigneurs immobiles disposés en rang d’oignons entre la mairie et l’église. Il aime les piafs et les pigeons, puisqu’ils se ressemblent tous entre eux, et qu’on ne voit jamais la différence entre les jeunes et les vieux, qu’ils sont là tous les jours, ces inlassables créatures dociles et vulgaires.

 

Jean Piètre est un homme ordinaire, qui survit d’exigences répétées et de journées plagiées. Jean Piètre ne s’aperçoit pas que son cœur s’est converti en sac à prostate bien trop rempli. Il est un pendu qui s’ignore. Son existence est une potence qu’il polit chaque jour avec la ferveur d’un croque-mort. Mais toutes ces préoccupations n’empiètent pas sur son humeur puisque la couleur de l’inertie recouvre les murs de son caveau portatif.

 

© Milady Renoir

"réponse" à la contrainte de l'atelier Milady du 21 septembre.

Art by Atypyk

13:59 04/10/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : atelier |  Facebook

27
sep

AutoFiction dans Hep taxi! sur RTBF2

hep taxiPour ceux qui sont venus (merci), pour ceux qui n'ont pas pu (next time), une minute autour de l'événement AutoFiction organisé par EntrezLire, PassaPorta... est diffusée dans le HEP TAXI ! du 26/09/2006
 
où l'on voit les ambiances des ateliers d'écriture créés par Marie-Eve Palin & Milady Renoir.
 
regardez la rediffusion où l'on voit l'Abbé Burion en auditeur religieux de Chloé Delaume, l'animatrice d'atelier Evelyne Wilwerth en auditrice passionnée de Bernard Tirtiaux, où l'on voit la DS crashée, où l'on voit les sourires face à la gouaille de Jacques Darras, où l'on voit Réjane Peigny en lectrice discrète, où l'on aperçoit Dominique Costermans en taxi girl (sans Daniel Darc, snif) s'éloignant vers d'autres aventures (sans plaques d'égouts)...
 
merci à Patrick Van Loo (aussi créateur des ambiances sonores EGO, CRASH, TRAFFIC, MEA CULPA) et Dominique Costermans pour cette minute de souvenir littéraire et leur patience dévouée...
 
Certains textes écrits pendant cet événement sont lisibles sur http://atelier-milady.skynetblogs.be/

11:55 27/09/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : arts, atelier |  Facebook

22
sep

jeu plagiaire et délétère

Contrainte de l’Atelier Milady autour de l’incipit de Philippe Sollers « Le Cœur Absolu »

 

«  Toujours vivant ?… Oui… C’est drôle… Je ne devrais pas être là… Flot de musique emplissant les pièces… Elle se souvient de moi, la musique, c’est elle qui m’écoute en me traversant… Qu’est-ce que c’est ?… Voyons… Oui… Bien sûr… Saint Jean… Le début… Nuages… Formation des nuages… Rideau soufre… Horizon glissant… C’est lent, et long, et large, et groupé, noir, liquide… Je suis dedans, maintenant, pas de doute… J’ai dû mettre la radio, tout à l’heure, sans m’en rendre compte… En me levant pour faire chauffer le café, odeur de pain grillé, coup sourd du courrier et des journaux derrière la porte… Il faudrait aller les chercher… Mais pas moyen. Je suis paralysé, là, dans mon lit, petit jour fermé dans la chambre. Neuf heures moins vingt. Je repars dans le sommeil. Les voix me portent. Elles descendent avec moi dans l’eau… […] »

 

Il y aurait le chant d’une sirène dans ce songe humide… une proue voyeuse, tirant sur mes fils, telle une Parque hystérique… ce son ne parvient pas à ranimer mon sens primaire… c’est ici le fond ? Non, les autres le disent tous… tunnel, lumière etc. C’est bien connu… encore cette glissade… mes membres tressaillent de peur… il faut basculer pour chuter… le point d’ancrage s’évapore… les draps transpirent… suées ouatées…matière vindicative derrière son apparent miel. Je suis bourré de vie… immobile, à peine contemplatif. Radicalement, je suis impuissant, mal nourri, décadent.

Je tombe sans me faire mal… je suis né il y a longtemps, je les vois… père et mère dans le cadre corbeau, enfants enfermés dans la Grande Roue… la lutte n’est pas le combat que j’opère… soyez teigneuses chères artères, le sang doit suivre la marée… flux et reflux dans la veine centrale… une voiture s’arrête sur le bas-côté… je laisse les âmes doubler… je ne suis pas pressé, allez-y, passez… trépassez… j’ai le Temps posé sur mon terrain de jeu.

Néons clignoteurs… brancardiers harpies… gargouilles en blouses blanches… Je est con de se croire unique… regarde les, cher regard, ils s’embourbent dans les rayures du sol… chaque pas forme une crevasse… nous remontons tous le même ciel dans une faille inversée… la terre est creuse, elle en pleure des océans d’iode saline… mon cœur, ce leurre, tu sais que tu n’existes pas sans le sang… alors laisse le couler…

 

(…) temps (…) pause (…) absence (…) relent (…)

 

Oui ! Je remonte, je redémarre, oui, rien à faire ici (à part s’ennuyer) … je vais vous suivre, je vous écoute, moutons noirs de pacotille… guerriers de jachères putrides… croque-morts hilares aux dents de verrat, je vous connais, je vous suis… suivre ce que l’on connaît est déjà mourir. J’arrive…

 

Cette odeur de pain grillé, j’entends la mie crépiter… Peut-être est-ce un matin ? Sans soleil arbitre, ni lune opiniâtre… rien n’est rassurant dans cette habitude, une chute perpétuelle… l’alarme décline … mes oreilles s’alourdissent… qui peut vivre avec quelqu’un d’autre sans se voir mourir dans ses yeux ?

Il doit y avoir du lait qui bouille… l’écume sibylline nourrira mon égarement. Je mettrai quatre sucres cassés dans le grand bol miroitant, poserai mes lèvres sèches au bord de la brûlure. Ce sera la preuve, l’attestation de ma place au sein de ce jour, un être vivant parmi les autres.

 

© Milady Renoir (assistée de Philippe Sollers (ça tue de pouvoir dire ça !)

Art by Antonio Lepore

10:29 22/09/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : ego-tripes, atelier |  Facebook

18
sep

merci(s)

pour hier...

 

Merci à Marie-Eve, mon z'homme, Pascale, Réjane, TomTom, Chloé, Marie, Tori, Do', Patrick, Josiane, Clau', Ada, Arno, Thyl, Paula, Evelyne, José, Thomas, et les Autres...

 

pour les gentils participants qui veulent poster le texte écrit brutalement ou en douceur pendant les 3 modules d'écriture d'hier, ils doivent cliquer ...

14:11 18/09/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : arts, atelier |  Facebook

31
aoû

AutoFiction - événement dimanche 17 septembre

 

Le dimanche 17 septembre, Bruxelles est silencieuse, vidée de ses voitures. Quelques spécimens, les derniers peut-être, sont immobiles et massés rue Antoine Dansaert. Derrière le volant de ces camionnettes, taxis, corbillards, ambulances, mobilhomes et belles sportives, des écrivains vous attendent. Confortablement installés sur le siège passager, vous les écouterez lire des extraits de leurs oeuvres autobiographiques ou autofictionnelles.
Arrêts fréquents.

Avec : Benno Barnard, Diane Broeckhoven, Eva Cox, Jacques Darras, Chloé Delaume, Eric de Kuyper, Gerda Dendooven, Marie Desplechin, Al Galidi, Caroline Lamarche, Chantal Maillard, Mustafa Stitou, Bernard Tirtiaux, Régine Vandamme, Kamiel Vanhole.

La Maison des littératures Passa Porta sera l’aire de repos, de rafraîchissement et d’exposition (oeuvres des auteurs invités, notamment). Des ateliers d’écriture auront lieu au même rythme dans les petits coins de la librairie, ou dans des voitures : Autolouange, avec Emma Rouyer et Le Miroir, Le confessionnal et L’accident, avec Marie-Eve Palin et Milady Renoir.

 

En français et néerlandais

 

Entrée: Entrée libre
Organisation: Passa Porta, Entrez Lire, Het beschrijf, Passa Porta Bookshop
Lieu: Passa Porta, Rue Dansaert 46, B-1000 Bruxelles

15:36 31/08/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : arts, atelier |  Facebook