13
mai

Pourquoi la fête des mères me parait obsolète?

Que ce soit de mon histoire personnelle où les "mères" naturelles sont des vipères au poing matricielles dont la toxicité se transmet de génération en génération, bordant ainsi les rituels de soin dit "maternel" d'un venin contaminant encore les contours de ma sanité...

Que ce soit dans l'aspect patriarcal des origines de la "fête" où la mortalité infantile (aussi par manque de vision politique pour les femmes) baignait dans le sang de l'étendard "faites des enfants pour la nation, pour "nos" guerres, demandant aux matrices de reproduire des chairs à canon et des sujets à l'économie...

Que ce soit par regret que les visions d'Epinal hétéronormatives et autrement bourgeoises soient encore un modèle réduit mais intégré aux considérations familiales "productives" et "protectrices"...

Que ce soit par rejet immense de l'imagerie domestique que la fonction de mère revêt en ces temps (déjà trop longs) de consumérisme utilitaire...

Que ce soit par manque total d'imagination des partages des "tâches" maternelles/parentales, entre parents, entre femmes, au sein de communautés élargies afin que les liens bilatéraux enfant-parent ne deviennent pas tant des gouffres à malaises, mal-êtres et déterminismes...

Que ce soit par haine viscérale mais assumée des colliers de pâtes et autres gravures sur aluminium...

cette journée me fait cependant penser aux mères-sorors que j'ai choisies durant ma vie, aux femmes "modèles" qui m'ont ouvert des espaces sur la sexualité, la sensualité, la puissance, l'amour et le partage (oh tous les jolis gros mots), aux mères sacrifiées (pas d'autres termes, désolée) sur le calvaire des rôles, des dominations et des viols conjugaux, des postures sociales obligatoires....

Aujourd'hui, être nullipare ou être une "BONNE mère GENTILLE lissée" reste d'un binarisme que je cherche à évaluer, que je tente de ne pas subir dans la relation à celui que je nomme mon fils et qui me nomme mère.

Nous avons eu, il y a deux mois, entre femmes logeant à la Petite Zad de la Borie (Cévennes), une conversation qui cherchait en nous, avec nos véhicules identitaires et nos désirs d'ailleurs, nos injonctions paradoxales.

Des mots nous sont venus pour créditer la relation mère-enfant:

Complices.

Allié.e.s.

Equipe

Compagnie vertueuse

Alors, oui, nous étions entre femmes artistes - de classe moyenne - blanches - quarantenaires... et tout autant, nous avons envisagé ces mots comme pistes.he Unseen, 2015 (detail)  © Tereza Zelenkova .jpg

12:39 13/05/2018 | Lien permanent | Tags : textes, poly-tiques |  Facebook

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