26
mar

21/04 - Accueil, Hospitalités, Langues, Ecritures, Emission radio...

21/04/2018Émission de radio en public - Langues et hospitalités

Émission de radio en public organisée par Culture & Démocratie et le théâtre de La Balsamine, conçue et animée par Caroline Berliner, avec le soutien de Radio Panik.

En octobre 2017, paraissait « Langues d’exil », le deuxième numéro de la revue Archipels. Cette publication, éditée par Culture & Démocratie et l’Insatiable, proposait un travail de repérage et de mise en valeur de diverses pratiques d’artistes, de compagnies, d’associations qui s’emparent de la question migratoire pour faire apparaître le visage hideux d’une humanité qui refuse l’autre.

La pensée d’Édouard Glissant, fil rouge de ce numéro, affirme un possible où « des différences s’ajoutent sans se détruire, et des identités varient en ne dépérissant pas ». Cette notion de « créolisation » sera aussi la ligne directrice de cette émission de radio où s’exprimeront des voix hétérogènes. Artistes, juristes, enseignants et membres d’associations – ayant ou non une expérience de l’exil –, interrogeront leurs pratiques et ce que recouvre aujourd’hui la notion d’hospitalité en Europe. Comment celle-ci nous engage politiquement et philosophiquement ? Comment la rencontre de l’autre peut devenir un atout, un enrichissement au lieu d’être un obstacle et un sujet de crainte ? Comment construire du lien et du commun malgré tout ?

Avec : Matthieu Lys – avocat notamment spécialisé en droits des étrangers et droits de l’Homme –, Camille Louis – philosophe et dramaturge –, Milady Renoir – performeuse, autrice et animatrice d'ateliers d'écriture –, Marie Poncin – enseignante DASPA (Dispositif d’accueil des élèves primo-arrivants) –, Juliette Pirlet – fondatrice de La Petite École.

Les débats seront ponctués par des lectures et des interludes musicaux en live avec le groupe Nawaris

La soirée se poursuivra avec la diffusion de la pièce radiophonique de Brice Cannavo, Le Voyage.

 ______________________

Infos pratiques :

Le 21 avril 2018, 17h00 à La Balsamine (Foyer)
1B, Avenue Félix Marchal – 1030 Schaerbeek

L’émission sera diffusée sur les ondes de Radio Panik (105.4 FM) le 26 avril de 16h à 18h.

Culture & Démocratie et le théâtre de la Balsamine sont associés au label United Stages.

11:51 26/03/2018 | Lien permanent | Tags : act-u, agendada, poly-tiques |  Facebook

24
mar

Âne Fou et des Bois Bagou - 24 mars

Là...

Promenade poétique en forêt de Soignes. La forêt bruisse des voix qui y passent, celles des poétesses Laurence Vielle, Milady Renoir et Anne Versailles, celles des promeneurs et du musicien Vincent Granger.
Dix étapes, chacune représentant un des dix mots de
La langue française en fête.

La promenade nous conduira au coin du balai pour rejoindre le Carnaval !

(programme complet jusqu'au 25 mars sur villedesmots.be)

10-mots.png

 

 

 

puis, juste après,

à Schaerbeek, lectures indociles poétiques et bilingues de poèmes par des gens qui aiment ça, la poésie. Gratuit, aussi.

Capture d’écran 2018-03-23 à 17.28.39.png

10:41 24/03/2018 Publié dans Actualité, Général, Loisirs | Lien permanent | Tags : act-u, agendada |  Facebook

16
mar

On peut se permettre - lectures debout - vendredi 16 mars @ POK

Ce vendredi 16 mars
en hommage à Fadwa Souleimane
et à d'autres poétesses arabes de luttes et de corps debout (Soulaïma Rahhal, Zineb Laouedj, Joyce Mansour, Naïma Assid, Saïda Menebhi, Al-Khansā, Fadwa Touqan, Andrée Chedid, Najet Al-Oudouani et Yvonne Sterk, ...),
je serai ravie de lire aux côtés d'ami.e.s de la poésie.

Alice Perret (Voix / Violon), Léïla Duquaine, Anissa Rouas et moi avons d'ores et déjà placé quelques poèmes / chants de préférence dans nos gorges pour ce vendredi soir.

---------- Message transféré ----------
Capture d’écran 2018-03-16 à 08.39.02.pngCapture d’écran 2018-03-16 à 08.41.35.pngCapture d’écran 2018-03-16 à 08.37.40.png
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Soirée poétique et de désordre
Présentation de la revue
"On peut se permettre"
vendredi 16 mars
20h30
au café-librairie Pok
207, rue Blaes
1000 Bruxelles

Textes et voix:
Léïla Duquaine
Tarek Essaker
Milady Renoir
Saïd Elouizi
Célestin de Meeûs
Tom Nisse
Alice Perret

Entrée gratuite
Prix de la revue: 2 euros

Un mot sur le lieu: Le Pok est une librairie café se qualifiant d’évolutive, mixant ici résidences d’éditeurs indépendants, les projections de films ou là lectures et performances. Leur bibliothèque est composée de livres (neufs) sélectionnés par chaque membre du collectif, ainsi que des livres de seconde main. Le tout, ajusté à un débit des diverses boissons, pas toujours compatible à la lecture, pour assurer le mauvais déroulement des activités.

Un mot sur la soirée: Nous allons présenter notre revue en général, mais en mettant en avant le dernier numéro qui rend hommage à la mémoire de la poétesse Fadwa Souleimane et au-delà à toutes les femmes insoumises qui luttent pour la liberté.

12:32 16/03/2018 | Lien permanent | Tags : act-u, agendada, poly-tiques |  Facebook

9
mar

Mentir-Vrai, fiction du monde, Je est un autre, autofiction, etc.

miparis by ni.jpg

De nombreuses autrices et auteurs évoquent la fiction comme un mensonge nécessaire… la fiction de soi, et d'un soi du monde et d'un monde en soi qu’on entrevoit comme un droit élémentaire au mensonge, mensonge devenant vertueux, créatif, explosif, hors sol.
La fiction, cette nécessité de fabulation (fabuler est d’ailleurs un drôle de verbe, quand on l’emploi au transitif, il est “Construire (une œuvre) sous forme de fable, de récit d'imagination” et quand on l’emploi à l’ intransitif, il est “Présenter comme réels des faits imaginés par l'esprit”) façonne les contours d'un monde qu'on se met à diriger, à mener, à contredire, à signifier.

La fiction, elle encore, devenant le non vrai, validant par sa fonction même l’intensité d’un parallèle à la réalité, sans cependant gommer le pertinent, le dénonçant, le stimulant. Parfois bien au contraire, la fiction révèle, augmente, réalise ce que le témoignage, le documentaire ne situe pas ou démasque moins.

La littérature en gros mot et, en son sein, la science fiction, les hyper- et para-boles (comme dans la Bible et autres textes premiers), le pamphlet, le fantastique et d’autres genres littéraires sont des exploits de la pensée, des paroxysmes de la vision du monde que l’auteur, l’autrice veut partager.


Ces formes d’exagération, d’amplification, de manipulation (jusqu’à la propagande bien entendu), de mystification fondent des strates de notre monde avec une liberté, une libération des cadres dont nous faisons proie et foi et impératif (sans ça, nous serions les robots ou des êtres monocellulaires d'un ennui séculier) et dont il nous est fait fatalité aussi (quand les fake news et des superstitions issues de la peur nous retirent notre sens critique et notre sens du commun).


Personnellement, j’ai appris à lire avec les comics américains et les romans-photos dans le café tabac journaux où j’ai grandi. C’est avec l’amplification des tempéraments, des traits de caractères des super héros et des super héroïnes que j’ai peut-être anticipé la joie d’exagérer, le bonheur de mentir sur moi, sur ce soi bien trop convenable que mes grand-parents (mes parents de substitution) désiraient fabriquer, avec leurs lois sociales très bourgeoises malgré leur origine très modeste. C’est aussi cette famille, enflée de non-dits et de mensonges, qui m’a encerclée. C’est avec leur autorisation tacite, leur modèle structurel de sous-vérité que j’ai entamé ma vie, très vite, dans un bonheur de la fable de soi.

Souvenirs revisités (plusieurs fois, je racontais un souvenir en en intensifiant l’une ou l’autre partie), vie inventée (je me suis auto-proclamée descendante d’une princesse douairière de Mandchourie quand on moquait mon profil eurasien (sachant que par la suite, j’ai découvert dans mon génome une trace signifiante d’ascendance mongole). Ma fiction, cette mise en forme d'un mensonge valeureux, une mise en scène de la pluralité du sens, une problématisation de l'identité et aussi une fuite de la réalité psychopompe.

Du mentir-vrai d’Aragon à l’autofiction de Doubrovsky, la fiction assume le mensonge et le désire même, le mensonge devient un principe esthétique positif que la vérité envie, coincée qu'elle est dans son corset.

Soyons donc fières, heureuses, chères Quenouilles* que le vice du mensonge nous soit octroyé, nous peut-être spécifiquement, nous, les porteuses de la clé de la boîte de Pandore, nous sorcières de l’ombre de la vérité, nous, conteuses crues aux cavernes vaginales dont on dit qu’elles sont les mensonges de Priape (oh la belle image), nous rêveuses hystériques récréant le monde entre les ovaires et les dents en l’air.

Je termine ces quelques élucubrations gothico-éco-féministes, entre évidence et introspection, par mentionner qqs mots d’intro de l’Espèce fabulatrice de Nancy Huston:

Ils disent, par exemple: Apollon. Ou: la Grande Tortue. Ou: Râ, le dieu Soleil. Ou: Notre Seigneur, dans Son infinie miséricorde. Ils disent toutes sortes de choses, racontent toutes sortes d'histoires, inventent toutes sortes de chimères. C'est ainsi que nous, humains, voyons le monde : en l'interprétant, c'est-à-dire en l'inventant, car nous sommes fragiles, nettement plus fragiles que les autres grands primates.

Notre imagination supplée à notre fragilité. Sans elle - sans l'imagination qui confère au réel un Sens qu'il ne possède pas en lui-même - nous aurions déjà disparu, comme ont disparu les dinosaures.

 

* http://www.radiopanik.org/emissions/les-quenouilles/

 

(illu by NM)

00:24 09/03/2018 | Lien permanent | Tags : textes, ego-tripes |  Facebook

droits, lois, corps, esprits, mots. 8.3

Oui, c'est qu'une journée internationale des droits des femmes par an et depuis 0.0003% de l'histoire de l'humanité, c'est rien, c'est peu, c'est pas mieux que... bref, trop court, nul et déjà, encore, tout ça.

"mais"

voilà, des voix en ce jour depuis demain et jusqu'à hier, jusqu'à ce que...

Egrégore de Sorors en Sangs et en Ors. Choix sans limites. Jouissons, Jouerons, (A-)Joutons.

  • Nous les femmes assassinées des villes, toutes fines, déchiquetées dans les crimes transparents, nous sommes rassemblées dans le sous-sol du somptueux palais édifié pour nous. Les unes sur les autres, côte à côte, épaule contre épaule, face à face.
    Nous sommes comme les anges qui se débattent sur place, avec les ailes qu’ils n’arrivent pas à déployer, des anges ivres qui dansent. Nous sommes tellement près les unes des autres que la larme que verse l’une d’entre nous, coule sur la joue de l’autre en laissant des traces couleur de vie
    Nous finirons bien par nous envoler, disons nous en choeur, nous sommes sur la bonne voie. Nos visages seront effacés le jour où nous aurons décidé de revenir. Nous nous disperserons ligne par ligne, lettre après lettre. Nous noircirons des mots, nous essaimerons comme des graines dans le désert, et à l’heure de nous changer en pluie, nous jouerons un mythe dédié à l’éternité.

Aslı Erdoğan

    • SHADI

      Le parfum qui jamais ne dort
      a dit ton nom tout bas.
      Tu t'es arrêté à la grille.
      Le jardin était sombre et frais,
      la nuit était ouverte.
      L'aïeul sous son figuier
      rechargeait son fusil.
      Yvonne Sterk

    • You may write me down in history
      You may trod me in the very dirt
      Why are you beset with gloom?
      Pumping in my living room.
      Just like moons and like suns,
      Just like hopes springing high,

      Bowed head and lowered eyes?

      Weakened by my soulful cries?
      Does my haughtiness offend you?
      ’Cause I laugh like I've got gold mines

      You may cut me with your eyes,
      But still, like air, I’ll rise.
      Does my sexiness upset you?
      That I dance like I've got diamonds

      I rise
      I rise
      Welling and swelling I bear in the tide.
      Leaving behind nights of terror and fear
      Into a daybreak that’s wondrously clear
      Bringing the gifts that my ancestors gave,
      I rise
      I rise.
      I rise
      I am the dream and the hope of the slave.
      I rise
      I rise
      I'm a black ocean, leaping and wide,
      Up from a past that’s rooted in pain
      Out of the huts of history’s shame
      At the meeting of my thighs?
      Does it come as a surprise
      You may kill me with your hatefulness,
      You may shoot me with your words,
      Diggin’ in my own backyard.
      Don't you take it awful hard
      Shoulders falling down like teardrops
      Did you want to see me broken?
      Still I'll rise.
      With the certainty of tides,
      ’Cause I walk like I've got oil wells
      Does my sassiness upset you?
      But still, like dust, I'll rise.
      With your bitter, twisted lies,

      Maya Angelou, "Still I Rise"


    •  L’important ce sont les blancs, les espaces vides entre les mots et les lignes, la transpiration et le sourire […] nous habillons nos mots de lumière et d’eau. Des formes magiques. Émerveillées par les dessins, nous lisons nos désirs et l’envie de vivre. Écris sans crayon sans papier. Écris à nu ou n’écris pas. 

      +

      La fille têtue dépassée écrit toujours hors des choses et du temps. Elle enferme des mots sur une page comme des arriérés cachent dans leurs poches des bouts de papiers, des allumettes grillées une mouche morte, n’importe quoi, les secrets, leur vision, un monde rassurant.
      Qu’est-ce que tu fais ma belle à te laisser ronger par les mots, un cancer, droguée peut-être ? J’écris que j’écris me répondras-tu. Je suis logique, je suis ‘l’Illulogicienne’… Boff, tu ressembles à ces mutilés culs-de-jatte homosexuels, ces fous qui s’accrochent des médailles et des décorations pour survivre sans corps. Tu seras pestiférée ma jolie, mendigote. Sais-tu quand on écrit on est pourchassé, poursuivi. On devient rat, on rampe, on est plus bas que terre. Écrire c’est une maladie honteuse, vénérienne. Mieux vaut souffrir en silence, se cacher. Un peu de pudeur… Écrire c’est avouer qu’on se sent mal, on doute, incapable de vivre. Écrire c’est se donner. Sublimez les mots et vous serez soulagés. Soyez tout petits, mesquins et heureux.
      Quand tu ne supporteras plus la solitude tu arrêteras de composer des roman d’aligner des phrases, de remplir des feuilles blanches. Idiote tu retrouveras les autres simplement. Tu chercheras le bonheur peut-être. La tranquillité au moins.
      Petit tu voulais mourir déjà en avalant les digitales. Tu aimais les longues fleurs violettes jaillissant comme des mains malades des talus bretons. Elles étaient supplication, cri, appel gémi. Ne t’égare pas au pays des littéromanes. Ce n’est que rêve, utopie. Retrouve la Bretagne et les digitales.
      Regarde les littéromanes affublés de chapeau melon, ils te haïront sous prétexte que tu ignores les bonnes manières. Regarde à travers le trou de la serrure et apprend : ils écrivent leurs livres à eux, les livres à lire. Regarde les sauterelles écrivaines des années trente qui s’entre-dévorent et passent à côté. Juste bonnes maintenant à se chicaner les Rois du Pétrole… Tu finiras comme ça, avec des mots ridés économiques. Elles prennent les mots avec des pincettes, la peur de manger avec les mains… Elles ont oublié la langue de toutes les femmes la langue d’une fissure, brisure.
      Ne vous en faites pas, n’ayez pas peur elle s’en ira bien sagement discrètement sans se faire remarquer. Elle promet de ne pas déranger les gendelettres. Et tout compte fait il faut le dire, elle a été déçue par son séjour sur terre. En arrivant elle s’attendait à trouver autre chose. Elle croyait naïvement… Il y a des moments où elle s’est bien amusée, elle le reconnaît. Quand son rire inutile a soulevé son diaphragme et le plafond de sa chambre. Si elle voulait, si, sous les phallus en éruption, les muqueuses tordues les verges malades les vulves révulsées, il y a une petite voix, elle cherche un langage… Regarde les yeux ont des visages autour, tes yeux sont des sexes rouges. Tu as trop pleuré à les attendre… Si elle voulait. L’enfant devait naître dans 177 jours.
      J’ai peur ma belle pour la couleur de tes yeux, la courbe de tes seins. J’ai peur ma belle pour tes narines frémissantes, tes lèvres bien dessinées. J’ai peur pour tes cheveux emplis de lumières, tes mains posées sagement sur tes cuisses. J’ai peur ma belle pour le jour qui reviendra, pour l’enfant que tu auras.
      Tu caresses la rondeur de ton ventre en pensant : ce n’est pas seulement une forme humaine, c’est aussi des idées, une intelligence qui se développe. C’est miracle l’enfant, il découvre le langage. Le secret des mots est dans un ventre de femme.
      Comment es-tu donc arrivée à créer la pensée, souviens-toi… Couchée sous un homme qui te fouillait mouillait avec une sorte de groin. Il t’a jetée à terre. Il est passé sur ton corps sans te voir. Il t’a sucée, léchée, malaxée. Il t’a défigurée. Il a joué à faire pipi en toi. Ou bien grimpé sur ton dos il te perforait les reins, animal vengeur qui ne portera jamais l’enfant. Non ce n’est pas possible, ce n’est pas comme ça… Alors tu décides de ne plus faire l’amour devant une glace. Ça ne te sauvera guère.

      Emma Santos

    • L'homme qui n'est que beau, l'est seulement pendant qu'on le regarde, mais l'homme sage et bon est toujours beau. Pour moi, j'aime une vie molle et voluptueuse ; mais cet amour pour les plaisirs présents ne m'empêche pas de faire des actions brillantes et honnêtes.

      Sappho
    • Le camp de Dibs, la prison des femmes

      Vous ne mourez pas ! Pas quand vous le voulez.
      Pas quand vous voyez votre courageux mari, l’aîné
      de la famille, être frappé jusqu’au sang par un groupe
      d’hommes haineux armés et prêts à tirer.Pas quand votre fils dépérit sur vos genoux
      et crie jusqu’à n’en plus pouvoir, quand la dernière chose
      qu’il vous demande est « un concombre », et vous lui donnez
      un chausson vert à suçoter, parce qu’il n’est plus en mesure
      de voir la différence. Non. Pas même quand
      les enfants qui vous restent grandissent nourris de
      vos vêtements noirs, de vos larmes secrètes, de vos maux de tête
      quand vous sentez le concombre. Vous ne mourez pas.
      Pas quand votre belle enfant adolescente
      est cueillie par des soldats, ne revient jamais.
      Et vous n’avez plus qu’à vous demander jusqu’à la fin de vos jours :
      l’a-t-on vendue comme prostituée ? Vit-elle encore ?

      Choman Hardi

    • Quand j'écris, le temps est au beau fixe du présent. Comme au théâtre. Qui empêche qui que ce soit, quoi que ce soit, d'entrer et sortir? Notre temps à nous est toujours un temps anachronique qui se fiche de la date. Là, c'est ouvert, entrez : c'est ce que nous devons à la littérature. C'est la possibilité d'accueil de tout.

      Écrire est indissociable pour moi du rêve, source d'énergie. J'écris et je vis au rêve. Comme le rêve ne se commande pas, il y a une petite menace toujours là qui me murmure "et s'il n'y avait plus de rêve ?" Voir revenir - ce que les rêves accordent - vivre avec moi des êtres dont la disparition pourrait me désespérer, c'est une promesse. Ce qui fait que chaque fois que je me couche, j'attends, j'espère... Rien n'est perdu.
    • Hélène Cixoushttps://www.franceculture.fr/emissions/par-les-temps-qui-... 

      "Les jours des feux, des tambours et des meutes" raconte la Marche des Femmes Innues ainsi que le Blocus 138, survenus en mars et avril 2012.
      http://www.peuplespourlaterremere.ca/ = > 
      Slam de Natasha Kanapé Fontaine - https://www.youtube.com/watch?v=u2QJzj1sKzo 

    • Fasciste, Fasciste,

Mille fois fasciste.
Un million de fois,
Je voudrais le répéter

Jusqu’à tant
Que je serai rassasiée.

Je suis un volcan en activité,
Et mes laves,
Sur tous les fascistes de Pinochet,
Je veux les cracher.

Fascistes et peureux,
Si vous croyez nous avoir
C’est plus de force que nous avons.
Quand vous nous réprimez
La porte en bois est insuffisante.

Mettez donc un mur,
c’est tout à fait admissible
Étant donné votre nature.
Mais la honte sera sur vos fronts
Demain, lorsque nous vaincrons.

Les mots m’échappent
Comme un feu
Et me brûlent les lèvres.
Criez, n’acceptez plus,
Vous qui êtes là
Derrière la porte en bois.

Nous, nous continuerons
À combattre, à refuser,

jusqu’à l’abattoir.

Et nos têtes,
Sur la lame,
Et jamais, jamais
Dans nos yeux

La crainte, ils verront.

Jamais, la maladie du silence
Ne nous atteindra.
Vous, mes sœurs
Troupeaux de bêtes,
C’est cela que vous semblez.
Et moi, les mains liées,
La gorge nouée, la nausée me prend,
De tous les fascistes et leurs pions.

Oh, vous qui ne comprenez pas,
Je me sens fatiguée,
Les épaules courbées
Par trop de souffrance,
De privation et de répression.

Mais nos pensées et l’envie de lutter,
Ni les années de prison,
Ni leur porte de bois
Et leurs griffes,
Ne me les enlèveront.
Je mourrai marxiste-léniniste.

Saida Menebhi

    • "Des moineaux qui nourrissent leurs petits.
      Passer devant un endroit où l'on fait jouer de petits enfants.
      Se coucher seule dans une chambre délicieusement parfumée d'encens.
      S'apercevoir que son miroir de Chine est un peu terni.
      Un bel homme, arrêtant sa voiture, dit quelques mots pour annoncer sa visite.
      Se laver les cheveux, faire sa toilette, et mettre des habits tout embaumés de parfum. Même quand personne ne vous voit, on se sent heureuse, au fond du coeur.
      Une nuit où l'on attend quelqu'un. Tout à coup, on est surpris par le bruit de l'averse que le vent jette contre la maison."

      Sei Shônagon
      - Choses qui font battre le coeur


    • Europe is lost, America lost, London lost 

Still we are clamouring victory 

All that is meaningless rules 

We have learned nothing from history 

People are dead in their lifetimes 

Dazed in the shine of the streets 

But look how the traffic's still moving 

The system’s too slick to stop working 

Business is good. And there’s bands every night in the pubs 

And there’s two for one drinks in the clubs 

And we scrubbed up well 

We washed off the work and the stress 

Now all we want’s some excess 

Better yet; A night to remember that we’ll soon forget 

All of the blood that was bled for these cities to grow 

All of the bodies that fell 

The roots that were dug from the earth 

So these games could be played 

I see it tonight in the stains on my hands 

The buildings are screaming 

I can't ask for help though, nobody knows me 

Hostile, worried, lonely 

We move in our packs and these are the rights we were born to 

Working and working so we can be all that we want 

Then dancing the drudgery off 

But even the drugs have got boring 

Well, sex is still good when you get it 

To sleep, to dream, to keep the dream in reach 

To each a dream 

Don’t weep, don’t scream 

Just keep it in 

Keep sleeping in 

What am I gonna do to wake up? 

I feel the cost of it pushing my body 

Like I push my hands into pockets 

And softly I walk and I see it, this is all we deserve 

The wrongs of our past have resurfaced 

Despite all we did to vanquish the traces 

My very language is tainted 

With all that we stole to replace it with this 

I am quiet 

Feeling the onset of riot 

Riots are tiny though 

Systems are huge 

The traffic keeps moving, proving there’s nothing to do 

It’s big business baby and its smile is hideous 

Top down violence, a structural viciousness 

Your kids are doped up on medical sedatives 

But don’t worry bout that, man. Worry bout terrorists 

The water levels rising! The water levels rising! 

The animals, the elephants, the polarbears are dying! 

Stop crying. Start buying 

But what about the oil spill? 

Shh. No one likes a party pooping spoil sport 

Massacres massacres massacres/new shoes 

Ghettoised children murdered in broad daylight by those employed to protect them 

Live porn streamed to your pre-teen's bedrooms 

Glass ceiling, no headroom 

Half a generation live beneath the breadline 

Oh but it's happy hour on the high street 

Friday night at last lads, my treat! 

All went fine till that kid got glassed in the last bar 

Place went nuts, you can ask our Lou 

It was madness, the road ran red, pure claret 

And about them immigrants? I can't stand them 

Mostly, I mind my own business 

They’re only coming over here to get rich 

It’s a sickness

England! England! 

Patriotism!

And you wonder why kids want to die for religion? 
It goes 
Work all your life for a pittance 
Maybe you’ll make it to manager 
Prayor a raise 
Cross the beige days off on your beach babe calendar 
The anarchists are desperate for something to smash 
Scandalous pictures of fashionable rappers in glamorous magazines 
Who’s dating who? 
Politico cash in an envelope 
Caught sniffing lines off a prostitutes prosthetic tits 
And it's back to the house of lords with slapped wrists 
They abduct kids and fuck the heads of dead pigs 
But him in a hoodie with a couple of spliffs – 
Jail him, he’s the criminal 
Jail him, he’s the criminal 
It's the BoredOfItAll generation 
The product of product placement and manipulation 
Shoot em up, brutal, duty of care 
Come on, new shoes 
Beautiful hair 
Bullshit saccharine ballads 
And selfies 
And selfies 
And selfies 
And here’s me outside the palace of ME! 
Construct a self and psychosis 
And meanwhile the people are dead in their droves 
But nobody noticed 
Well some of them noticed 
You could tell by the emoji they posted 
Sleep like a gloved hand covers our eyes 
The lights are so nice and bright and lets dream 
But some of us are stuck like stones in a slipstream 
What am I gonna do wake up? 
We are lost 
We are lost 
We are lost 
And still nothing 
Will stop 
Nothing pauses 
We have ambitions and friendships and courtships to think of 
Divorces to drink off the thought of 
The money 
The money 
The oil 
The planet is shaking and spoiled 
Life is a plaything 
A garment to soil 
The toil the toil 
I can't see an ending at all 
Only the end 
How is this something to cherish? 
When the tribesmen are dead in their deserts 
To make room for alien structures 
Develop 
Develop 
And kill what you find if it threatens you 
No trace of love in the hunt for the bigger buck 
Here in the land where nobody gives a fuck

Kate Tempest

  • Potentia Gaudendi

    Viens,                          on aborde les sommets par le haut
    Viens,                          on serre les dents, les fesses, on rit 
    Viens,                          on conflue
    Viens,                          on pleut dans les gargouilles
    Viens,                          on s’assied sur le bord de (nos) corps
    Viens,                          on ferme nos bouches, le contraire pour nos cul
    Viens,                          on vit dans le grenier tirant plomb sur pigeons
    Viens,                          on se sent atrocement folles
    Viens,                          on se suce le sérum doucement, tout doucement
    Viens,                          on vit des galaxies, toutes ces allégories
    Viens,                          on se fait remarquer, on s’éclabousse d’eau bénite
    Viens,                          on met nos pieds dans leurs plats
    Viens,                          on exhibe nos corps chauds, inconvenants, imperceptibles
    Viens,                          on gigote comme des anguilles hystériques électriques 
    Viens,                          on expectore nos bonnes résolutions
    Viens,                           on se dit rien, tout ira bien
    Viens,                          on agrandit le lit, on réduit l’effort
    Viens,                          on ne peut pas tout avoir mais tout être
    Viens,                          on compte 300 muscles exprès pour tenir debout
    Viens,                          on griffe les falaises, griffes bien vernies
    Viens,                          on échange nos groupes sanguins
    Viens,                          on croise nos bras les uns avec les autres
    Viens,                          on psalmodie l’Orient et la lumière
    Viens,                          on bazarde nos cosmogonies, par-dessus l’épaule
    Viens,                          on enfle nos contextes, leurs contresens
    Viens,                          on stimule nos excentriques idéaux
  • Viens,                          on expérimente nos hallucinations toutes réveillées
    Viens,                          on alimente nos buts
    Viens,                          on fixe des vertiges au seuil de la porte,
    Viens,                          on s’absente à chaque requête, pour voir
    Viens,                          on tombe enceintes, amoureuses, des nues
    Viens,                          viens allez viens mais viens allez viens
    Viens,                          on s’autoproclame NO APORIE
    Viens,                          on amour, philosophie et imagination
    Viens,                          on alphabétise nos poussières
    Viens,                          on déracine les frontières, permaculture profane
    Viens,                          on enfourne le pain dans nos rides
    Viens,                          on épaissit les brumes pour perdre le fil
    Viens,                          on cherche la merde et des corps vastes
    Viens,                          on additionne, soustrait, multiplie ces possibles péchés
    Viens,                          on enclume et martèle
    Viens,                          on vrille nos paradoxes, nos alarmes
    Viens,                          on maintient nos extériorités
    Viens,                          on lance nos puérilités sur tous les autres
    Viens,                          on crayonne des bites et des chattes sur leurs fronts
    Viens,                          on déchausse nos laines, nos sphères
    Viens,                          on dynamise nos membranes ultérieures
    Viens,                          on change la mort de place
    Viens,                          on traite les passions comme les angoisses
    Viens,                          on se connait
    Viens,                          on panthéïse, on pansexualise, on panpanculculise
    Viens,                          on intensifie notre espèce
    Viens,                          on détermine ce qui n’a rien à voir
    Viens,                          on distingue la cruauté de la vérité
    Viens,                          on enivre nos devenirs, comme si
    Viens,                          on irrévérence les indolences
    Viens,                          on rappelle nos molécules au désordre
    Viens,                          on intervertit croyances et phénomènes
    Viens,                          on se renverse
    Viens,                          viens allez viens viens allez viens
    Viens,                          on se bestialise
    Viens,                          on se proscrit des zones de passage
    Viens,                          on (se) féconde nos provinces
    Viens,                          on se contamine
    Viens,                          on converge nos miroirs
    Viens,                          on retourne le plan des simulacres
    Viens,                          on chante notre hymne, sa gloire
    Viens,                          on se soucie de l’impossible
    Viens,                          on est baroque
    Viens,                          on disperse nos plis
    Viens,                          on n’en a rien à foutre
    Viens,                          on harponne le soleil dans nos raies
    Viens,                          on entre on entre on entre
    Viens,                          on illumine nos fêlures
    Viens,                          on ankylose les sens interdits
    Viens,                          on écartèle nos éventails, nos ovaires, nos crises
    Viens,                          on brame jusqu’à l’informe
    Viens,                          on renforce nos crêtes et arêtes
    Viens,                          on n’est que consistantes, que consistantes
    Viens,                          mais viens allez viens mais viens viens
    Viens,                          on survole les distances comme des canadairs
    Viens,                          on se bombarde d’extases, pures les extases
    Viens,                          on mute orques méduses mérules joyeuses
    Viens,                          on se redoute
    Viens,                          on théâtralise notre jouissance, non, on la performe
    Viens,                          on hallucine - on kiffe - on surkiffe - on surpète le feu
    Viens,                          on est des on bipolaires
    Viens,                          on les connait bien les putains
    Viens,                          on décachète
    Viens,                          on castre les analyses, les expertises
    Viens,                          on pourparle pour ne rien dire de ce qui doit
    Viens,                          mais viens allez viens mais viens allez viens
    Viens,                          on combat l’abominable sans scrupule
    Viens,                          on s’éclaire nos visages
    Viens,                           on se surenchéries
    Viens,                          on libidine avec indiscrétion
    Viens,                          on fermente
    Viens,                          mais viens allez viens mais viens allez viens

    Milady Renoir (à Christine Aventin)


etc.


+++++++++++ orlan_baiser.jpg+++++++++++++++

Prochaine soirée filles avec un cerveau (chacune) (la 60ème)

 le vendredi 30 mars de 18h58 à 1h07 

à la Maison des Femmes de Schaerbeek 

avec le soutien du café féministe Le Poisson Sans Bicyclette. 

Gardez la date!

00:00 09/03/2018 | Lien permanent |  Facebook