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déc

Les Quenouilles - VOL-Age - Panik

quenouilles schéma.jpgDepuis quelques éditions-émissions, je suis honorée d'être une des Quenouilles, l'émission sur Radio Panik 105.4FM.

La dernière portait le doux nom de VOL-AGE. La rediffusion a lieu ce samedi 16 à 11h puis le podcast sera disponible for ever and ever.

Nous avons invité Sonia Verstappen, cofondatrice d'UTSOPI, entre autres. Vol - Volage - Age étaient nos lieux d'échange.

Nous avions aussi demandé à des autrices d'engager un peu de leur temps et langue sur le mot volage. Je les publie ici, certains ont été lus à l'antenne, d'autres pas.

Hymne à Vénus

Immortelle Vénus, fille de Jupiter, toi qui sièges sur un trône brillant et qui sais habilement disposer les ruses de l'amour, je t'en conjure, n'accable point mon âme sous le poids des chagrins et de la douleur.
Mais plutôt viens à ma prière comme tu vins autrefois, quittant le palais de ton père et descendant sur ton char doré. Tes charmants passereaux t'amenaient de l'Olympe à travers les airs qu'ils agitaient de leurs ailes rapides.
Dès qu'ils furent arrivés, ô déesse ! tu me souris de ta bouche divine ; tu me demandas pourquoi je t'appelais ; quels tourments ressentait mon cœur, en quels nouveaux désirs il s'égarait ; qui je voulais enchaîner dans les liens d'un nouvel amour : "Qui oserait te faire injure, ô Sappho ! S'il te fuit aujourd'hui, bientôt il te recherchera ; s'il refuse aujourd'hui tes dons, bientôt il t'en offrira lui-même s'il ne t'aime pas aujourd'hui, il t'aimera bientôt lors même que tu ne le voudrais plus."

O viens, viens donc aujourd'hui, déesse, me délivrer de mes cruels tourments ! Rends-toi aux désirs de mon cœur ! Ne me refuse pas ton secours tout-puissant !

Sappho

labile, changeant, un oiseau sur la branche
là où va le regard, suivra l'esprit
là où va l'esprit, le coeur suivra
et peut-être les lèvres
et l'action qui transformera le regard
alors, fermer les yeux, un moment
pour demander quelle action désire mon regard

Veronika Mabardi
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je vole en permanence vers un autre âge,
non, je ne suis pas instable,
je suis mouvement vers un nouvel équilibre,
mes oscillations sont vives
je suis en vie

Fabienne Bloc

 

Il y a tant à faire et tant à écrire et je suis tentée de ne ni faire ni écrire. Tentée par la peau, la chair, l’air, oui l’air, sur mes joues, la pluie glacée, le tronc de l’arbre, les vagues de vent, les roulis de pluie. Nez en l’air, au sol, pieds gelés, doigts glacés, et rire, parce que je sais que tu penses à moi, nez en l’air, je te regarde entre les nuages. C’est bien. C’est tout.

Fidéline Dujeu

 

Que fais-tu derrière mon dos?

Tu traînes? Tu putes? Tu salopes?

Et si tu ne l'as pas fait tu l'as pensé et si tu ne l'as pas pensé moi je l'ai pensé pour toi.

Perrine Le Querrec

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Plus une écume dans le ciel. La brume de la veille a mit les voiles. Bleu orgasmique, c’est la couleur du jour. Il occupe le présent de tous, lui le désirer. Son absence les a rendu fou. Graziella a revêtu ses ongles de cassis. Elle se balade dans la maison, ses mains battent l’air. Le vernis sèche. Ses doigts de pieds, tendus pour ne pas effleurer la moquette, murmurent des syllabes brûlantes. Le feutre de son corps galope sur le tapis. Elle s’allonge Le long et tout contre la baie vitrée.
Ciel ciel ciel
Graziella connaît toute la gamme des soupirs. Parfois elle en cache dans les boites de spaghettis, contre les rayures dorées du sofa. Solstice d’été
Ciel ciel ciel.
Des rires bouler rouler sur la moquette. Petite robe peau moite glace à la pistache. Ce soir son professeur d’anglais viendra. C’est un ami de Graziella. Ses voisins utilisent des mots opaques : amant e s.
Graziella entre ouvert la baie vitrée, l’air est si gentil.

 

Frédérique Dolphijn

 

Bruits d’avion
D’ambulance
De frigo
D’horloge

Il ne serait pas question de morale
Il ne serait pas question de genre
Il ne serait pas question de limites ou de liberté
Il ne serait pas question de ce que l’on a nommé « moi » et de ce que l’on a nommé « toi» les rendant ainsi séparés
Il ne serait pas question de nos pommes, en fait
Il ne serait pas question de possession, d’appartenance ou de consommation
Il ne serait pas question de conte quelle qu’en soit l’orthographe
Il serait question
Dans chaque mouvement, il serait question
D’une tension
D’une émotion
D’instants inscrits dans d’autres instants
De gens dans d'autres gens
D’une tension entre ce que l’on a nommé « réel » et ce que l’on a nommé « imaginaire »
Entre la maison et le jardin
Il serait question
Elle serait question
Elle a dit : « Danser nous relie au cosmos »
Bruits d’avion
D’ambulance
De frigo
Le ventre s’agite
Les vent dehors résonne avec le souffle dedans

Léïla Duquaine

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Les passantes

Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu'on connait à peine

Qu'un destin différent entraîne
Et qu'on ne retrouve jamais
A celle qu'on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s'évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu'on en demeure épanoui
A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu'on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu'on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main
A la fine et souple valseuse
Qui vous sembla triste et nerveuse
Par une nuit de carnaval
Qui voulu rester inconnue
Et qui n'est jamais revenue
Tournoyer dans un autre bal
A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d'un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D'un avenir désespérant

Chères images aperçues
Espérances d'un jour déçues
Vous serez dans l'oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu'on se souvienne
Des épisodes du chemin
Mais si l'on a manqué sa vie
On songe avec un peu d'envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu'on n'osa pas prendre
Aux cœurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu'on n'a jamais revus
Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l'on n'a pas su retenir

Paroles: Antoine Pol
Musique: Georges Charles Brassens

proposé par Manu Deloeul

 

Celles qui caressent longuement
Celles qui enveloppent chaudement
Celles qui ne s’attardent pas
Celles qui y reviennent
Celles qui tâtonnent
Les mains de C.
Les mains de K.
Les mains de R.
Les mains de T.

Celles du menuisier
Celles du musicien
Celles de l’informaticien
Celles du poète
Celles du cuisinier
Celles du jardinier
Les carrées
Les fines
Les tordues
Les abîmées
Les sensibles
Les douces
Les rugueuses
Je les ai toutes essayées
De l’une à l’autre
De l’autre à l’une
Tu me frisson
Je te catapulte
Tu me souvenir
Je te ciel
Et ensemble nous retrouvons cet instant suspension du temps.

Anne Guinot aka Madame Haïkaï

plume laurie.jpg

16:38 11/12/2017 | Lien permanent | Tags : textes, lis tes ratures, act-u, agendada |  Facebook

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