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oct

Bling Bling


Ce matin encore, la décélération de la colère ne me parvient pas, chaque pas sur un pavé entre les immeubles qui se font et se défont, bernant les arbres, les pigeons et les corps humains, chaque mât pénétrant l'espace public tire un trait sur la vision. Et les conducteurs solitaires des voitures de plus en plus bouffies trompent leur déréliction en éclats de gorges et de trompettes. Encore plus fort, ces bruits répétés des tiges métalliques qui ne savourent pas les glaises qu'elles engagent. Aucun temps pris dans le désir de l'incursion des sols. Qui mettra ses mains dans cette terre, maintes fois nommée gravats? Les hommes casqués, menottés à leurs machines, vrillent nos tempes, rouillent déjà. Les contrats enflés de jargon pensant, les lobbys des lobbys des lobbys, les strates spéculatives, les injonctions supranationales, les pertes de signes et de sens, l'emportement de la pulsion, l'âpre furie de la conquête. La guerre est animée de toute part. Les rues mutent en tunnels, les trottoirs en couloirs, les arbres en pivots, les pigeons en vigies, les corps humains en recrues. Il y a quelque chose de pourri au Royaume de (...).

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(Kali en pleine oeuvre)

09:16 27/10/2016 | Lien permanent | Tags : textes, humoeurs |  Facebook

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