17
mai

FB 4 ever

ici, là, oui, je parle de moi, facebook et moi on parle de moi, avec ego et surmoi, cogito ergo sum, sub- et in-conscient, copains comme cochons, nous, on parle de moi, on est comme ça, nous tou-te-s, on évoque sa vie, ses cuisses, son éros, son thanatos, son vis-ta-vie et son vis-à-vis, ses rides et ses bourrelets, vagues à l'âme, oui, ça parle de soi en moi et ça sort de moi en ça, c'est ainsi la vie d'ici, virtuelle assise devant présentielle, y a de l'obsession, bien sûr, assurément, y a de l'addiction, du temps perdu à ne pas écrire, à ne pas contempler, à ne pas faire silence, à ne pas marcher dans la ville, on le sait, on le sent, la nuit, parfois, on a envie d'un mot de passe et du bleu pas Klein pas clean, on pense à ce papyrus infini qui donne du monde, qui donne du leste, des nouvelles légères, des pétitions pour des gens qu'on croisera pas mais qu'on espère sauver, ah oui, bonnes actions en un clic, mais si, c'est de soi qu'on parle quand on fait ça, on précise qu'on existe, on invite aux miroirs, alouette cacahuète, c'est du lien, ici, c'est du vivre ensemble, c'est l'entre-soi qu'on choisit, site de rencontres et de deuils, huggy les bons tuyaux et trolls des montagnes, on se souhaite les dates importantes par murs et par MP, on s'aime quand même, on se parle en vrai des choses qu'on a posté en faux, on dit tout, caca pipi sexy baby, on avale tout aussi, on digère peu, ça va vite, le soi s'en prend plein la gueule, on dit oui à qui veut venir, on accepte, on refuse, on éjecte, on reprend, on s'invite, on cherche la petite bête, on débat ou on s'ébat, on se brouille ou on s'ébroue, c'est de moi de toi de nous d'eux, un monde en soi, avec des limites de l'impossible, société de spectacle et spectacle de société, micro marché et macro cosmos, ici, là, tout le temps, 24/7, 365, archives d'un soi vieillissant, saisi par le froid de l'écran, des nous attendris par chats bébés dauphins humains dans le désordre, strates de soi et de voix, tout est nul tout est bon, on vrille le réel, on crache pas dans la soupe parce qu'on aime ça, on s'aime pas d'aimer ça mais on aime, et on écrira sa propre épitaphe par un statut mortel que tout le monde likera, ça sera comme ça et ça passera.

10:13 17/05/2016 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

Les commentaires sont fermés.