16
mai

pentecôte

ce que c'est de ne pas avoir d'avant, pas une mère vraiment, pas un père pourtant, ce que c'est, c'est une sorte de pointillés des valeurs, de hachure entre je sais et je sais pas, alors évidemment comme tout enfant c'est apprendre des gens toxiques, sentir quelque part qu'ils ne sont pas parents frères soeurs mais s'y accoler quelques minutes années pour sentir la crise le retrait le non à un moment et puis de virages en reculs, apprendre à subsister. lire des histoires des récits intérieurs et étrangers, leur voler les généalogies et les fictions dérogatoires. aux "grands" moments de sa vie, la tentation de rejoindre le nid, le oui, le et si et puis prendre les flèches recevoir les murs et les mots surs. sans croissance ni fenêtre on cherche les gens du banc de remplacement les joueurs en touche. substitutions et projections. qui veut être qui peut être qui saura sera tout ça. cercles vagabonds des miroirs. parades injustes d'attendre tant de ceux qui n'ont pas le même sang... mais âme soeur? ce que c'est de ne pas avoir de lignée, de tracés et de souvenirs changeants. photos figées dans un cadre plaqué or. lien kitsch veine crue. à des moments stratégiques, on joue à je suis, on plait à qui conforte, on donne à qui enrobe. au risque d'étouffer, au risque de se désosser. violences multiples de se cogner dans des entre corps tests. machine à gober. dévorance anti oubli. et puis il y l'après parfois qui surgit. un corps sorti de soi cherchant à dessiner l'arbre l'entreterre. graine de désordre à la recherche d'une logique. pour lui, on simule des vérités des principes des gammes. on se trompe de version, on égare les choix. exprès. invention d'un conte qui tient sa morale dans sa main. recréation des puissances. équilibrage mensonges / réalités. la force est de trouver son chaos valeureux, oui, imaginer Sisyphe heureux. pencher son écriture comme une relecture. valide. sa voix comme antre. son coeur comme cocon. on espère que l'avenir se taira moins. et on tatillonne les yeux moins bandés. 

" Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d'un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d'eux. Et ils furent tous remplis du Saint Esprit et se mirent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer."

— Actes 2:1-4

11:23 16/05/2016 | Lien permanent | Tags : textes |  Facebook

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