23
mar

les micro réparations, la vie dans les interstices...

aller au café l'Espérance et ignorer des journalistes qui cherchent la petite bête le p'tit scoop la parole sensationnelle qui sait? saluer les voisins avec qui on échange deux mots en français turc arabe roumain bulgare albanais truc maroxellois polonais flamand bobo pauvre machin européen oriental perse bidule hein? remercier pour les bonbons et les 5 euros filés à Cassius (sous angine) avec un "bonne chance" du monsieur à la chapka et au complet veste qui boit son café chaque jour là et qui a les yeux tout tristes ce matin tristes hein? et croiser les dames de la Maison des Femmes et évoquer les droits les femmes les choses de la vie les prises de conscience près du restaurant social Sésame qui est blindé de gens à côté du parc rasquinet avec le mâchicoulis hein? tenter de retrouver une forme de langue intérieure avec un psychisme atténué avec colère doute survie et recherche de sens tout ça emballé dans un sac poubelle qui traîne dans Bruxelles toujours belle? rentrer à la maison ouvrir des mails saisir les choses évidentes et tenter de faire ce pour quoi on est payé penser aux ados et aux adultes et aux enfants mélangés dans la mouise du monde entre frontières crues et états-nations trop cuits et sentir l'émergence des suffisances et des indifférences chercher le réveil pour décaler l'endormissement écrire un statut facebook comme athanor réceptacle vide grenier crachoir à balais gueuloir écho vide néant à écran plat et puis divulguer ses états émotions intestins égoïstement viscéralement à brûle gorge et étau tête vagabonder entre SMS paroles (oui papa tout va bien) et fils qui voudrait que Batman règle tout ça marathon des suites et fins et visages des gens morts dans chaque chewing gum sur trottoir empathie radicale envers les mères les pères les frères les soeurs de ces garçons foutus de ces ceintures noires ? sentir le rétrécissement des diaphragmes et des cornées et des libertés (y en avait?) visiter la frise des attentats d'Egypte au Mali de Côte d'Ivoire à Madrid ah oui "j'avais oublié Madrid" de Turquie et là on dit attentat alors qu'en Syrie en Afghanistan et d'autres mille pays on dira guerres attaques ciblées avec des mots des colonies de suprématies de "bons" droits et bonnes lois messieurs-dames couper la télé réalité et chercher la fiction dans une BD de Joann Sfar dans un folio de Lucien Suel trouvé dans une donnerie embrasser un grand garçon même s'il est trop compliqué faire des crêpes crasse avec du chocolat avec ou sans huile de palme et ouvrir la bouche pour (...)*
 
(à vous de remplir non pas la bouche mais l'interstice-gouffre).
 
 

La_grotte_ermite_étude 5 - Fabienne Verdier.png

Art by Fabienne Verdier - Étude n° 5 pour La Grotte de l’ermite, 2011

14:04 23/03/2016 | Lien permanent | Tags : humoeurs, act-u, luv |  Facebook

20
mar

Résumé de la 50ème soirée filles avec un cerveau (chacune) du 18 mars 2016

11 ans - 50 soirées - Environ 800 choses partagées en plus des mets et des breuvages - peut-être 350 filles-femmes venues - participantes âgées de 4,5 ans à 86 ans - diverses nationalités, cultures plurielles, lieux tendres, tièdes ou émus... et des cercles qui circulent, entr'ouverts, refermés...? Peut-être des redondances, des inconsistances et des inconvenances. En tout cas, une épopée féminine qui va encore se perpétuer.

  • Claire : Cervelle (nourriture pour femmes et chien mi-loup gawou) - Pêche au chalut - crevettes grises (pelage)...
  • Margo: Une histoire d'amour en Pologne autour d'un arbre... Chaga Power. Au bouleau!
  • Béatrice: chant de corps et de coeur...
  • Geneviève: Spectacle colon(ia)scopie  - ménagères et anciennes "manières"...
  • Marie: bonheur d'en être - interventions et intérêts...
  • Emma: de la solitude féminine, de la solitude des mères "seules", de la solitude du prince charmant, aussi... 
  • Anissa: Find my love... chant de midinette à trac et sans bile
  • Virginie: Le cake le plus vegan, le plus local, le plus "pur"... huile de sésame, graines de lin, farine d'avoine, yaourt soja EU, zeste citrons, courgettes, sirop de riz, fécule de maïs, poudre à lever homemade... goût inimitable.
  • Deborah: cours d'auto défense féministe (asbl Garance) et défilé de mode
  • Nathalie F.: expo en cours à la Villa Empain - art abstrait coréen...
  • Nathalie C.: Le rangement selon la méthode Marie Kondo... (après les vêtements, les ustensiles de cuisine... et les sex toys?) et les tutus de communiante des tiroirs.
  • Sophie: désir, beauté, corps, miroir, talons, désirs.
  • Delphine: acheter un hijab, le porter, attendre des effets (rires compris)... 
  • Amélie: Du doute et des certitudes - argumentation, convictions, valeurs...=> communication non-violente/BrainGym/EMDR/... + Ito Naga: JE SAIS.
  • Milady: Babayaga éternelle... et qui serons-nous à 85 ans...? Qui sont nos vieilles? Thérèse Clerc, insoumise mise à nue. (moment d'Elisabeth Schneider)
  • Kate: le roman sans nom ou Boulevards tout à fait? + procrastination mon amour.

 à la prochaine, en mai, dans un lieu d'une d'entre elles encore à confirmer...

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22:19 20/03/2016 | Lien permanent | Tags : girlz |  Facebook

18
mar

Emile, ce Grand Père

enfant de campagnes, garçon sans école, marcheur sur les terres de mâche-fers de glaise et d'étangs, oeufs de grenouilles et lance-pierres, paysan sans terre dont la mère chante d'en haut du village jusqu'en bas et dont le père Aimé est l'taiseux aux yeux mouillés bleu ciel, culture d'une-beigne-ça-tue-personne, pas soldat mais pompier qui monte à Paris avec sa femme (mariée dans une grande ferme avec jeunes mariés volés dans la nuit pour noces et rires), allez, vous montez à Paris, 3 oranges et du brie chaque midi, elle enceinte accouchera d'une prémat' en carences, blindée de maladies qui sont encore là aujourd'hui, de conciergeries en petits Viniprix, des rires encore car toi, enfant de campagnes sans école, tu taquines, tu chipotes, tu aimes taper sur tes cuisses, tu es belle gueule, ton corps est robuste, tu aimes Lino V. et Jean G. et Fernandel et Bourvil, tu as un jour prétexté un incendie pour choper Joséphine Baker dans tes bras et la sortir en bikini bananes sur le boulevard, on dit aussi que tu as brisé le coeur d'une des Soeurs Etienne, en vogue, tu étais le pompier de service du Cirque Médrano. Ta femme (que tu regarderas pendant 53 ans et même que tu la remarieras après un vol de Concorde pour les noces d'or) et toi vous aimez les gens qui ont la classe (bourgeoise) d'au dessus de vous, ça vous attire et ça vous "monte", elle, orpheline de mère et fille de batelier-résistant, vous êtes aimés pour votre pugnacité, votre rigueur, vous bossez grave et on vous propose la gérance d'un grand café parisien, dans le 15ème, puis dans le 17ème, puis dans le 18ème, puis.. ça grandit, les clients vous disent un peu parents, dans vos lieux, les courses de caisses à savon, les batailles d'orange, les déguisements, les caissières et serveuses que vous aidez à sortir de la mouise, et vous aimez le Paris sauvés des nazis, la Mouffetard, vous logez derrière PolytechniK et vot' fille nommée comme une héroïne des misérables matera les jeunes cons expérimenter les corps par la fenêtre. Le jazz vous vous ne foutez, mais la musette et la java, ça vous va, vous dansez la valse à l'endroit ET à l'envers. Mille animaux sont compagnons, pigeons, lapins, tortues, mainates, perruches, même un caméléon crame un jour sur la cuisinière à bois (reste collé), des bergers allemands, des chats roublards, des Citroën (après Panhard et autres voitures gaullistes), et toi, tu décortiques tout, les postes de radio (comme ma chaîne hifi achetée avec mon premier salaire que je vais retrouver un jour TOUTE démontée car tu voulais voir comment c'était fait), tu tires les feux d'artifice des villes et villages qu'on connait, tu chasses, pêches, tu répares les armes, tu collectionnes les livres de guerre et les revues de nature et jardins, tu plantes des cosmos et des glaïeuls pour plaire à ta colonelle, nous, on élève deux chouettes hulottes avec de l'onglet de cheval quand j'ai 8 ans, j'amène un marcassin dans ma classe de CE2 et je le nomme Géo, y a ton cigarillo SENORITAS à ton bec tout le temps, y a les chiottes que tu occupes mille ans en faisant des mots fléchés de télé 7 jours, y a l'odeur de ta sueur dans tes cottes, et tes bretelles que je défais par jeu, y a le tuyau d'arrosage prêt à tirer ou le coq que tu tires jusqu'à ma chambre d'ado pour me réveiller de mon sommeil lourd d'ado, y tes poils drus et noirs sur ton nez, y a tes levers dans la nuit pour monter ton télescope et mater les étoiles, y a tes humeurs dégoutées de ta nature qui s'tue, s'tait, s'fait tuer, y a tes fatigues des gens, tes paroles ignorant les autres, peureuses d'un monde qui te crève, y a les arabes et les noirs que tu veux pas voir en couleurs (manque de pot, ils sont mes seuls potes), y a cette crainte que je sois pas comme ci et comme ça, y a toi et elle qui "m'élevez", qui comblez avec vos craintes, vos âges, les piliers de bar et les mégots du matin, et puis, y a tes regards perdus et tes phrases crues, y a les bons crus et les fusils que tu distribues sans ombrage, y a tes postes à soudure et tes scies et ton tracteur et ton motoculteur qui rouillent un peu même si tu serais capable de faire le grand écart sur le toit comme quand j'avais 8 ans, y a ton corps qui enfle, y a de l'eau et du sang qui vagabondent mal, y a tes veines qui s'altèrent, y a tes artères qu'ont plus d'veine, y a tes bras qui noircissent, y a tes poumons qui s'engorgent, y a ta gorge qui s'suffit plus. 50 ans de café, et 60 ans de bons vins mais surtout, y a la ville que tu veux plus et y a ton monde qui rétrécit... Y a tout ça que j'ai détesté et puis, là, le jour de ta naissance sans toi, 88 ans plus tard, y a ma gorge qui se serre, y a ta figure grand-paternelle qui m'embrasse et j'écris ça d'un café, qui sent pas le tabac et les caves, qui sent pas les moules-frites et le simili-cuir, y a pas de musette, y a pas le requiem de Fauré que j'ai laisser jouer à ta crémation, y a pas le son du feu de ta cheminée ou les pétards que tu me mettais trop près des fesses... y a juste une photo de toi dans mon porte-feuille, ton prénom comme second prénom mis sur la carte d'identité de mon fils et y a des montées de joie à l'idée que tu étais toi, Pépère.

 
 
 

11:53 18/03/2016 | Lien permanent | Tags : humoeurs, family tree, textes |  Facebook

10
mar

TRANSPORT - On y va.

"TRANSPORT: e-Festival de poésie édition 0.0 Lille, Marseille, Montréal, Littérature etc., la revue Muscle et Cousins de personne s’allient pour rapprocher les bords de l’Atlantique lors d’un événement poétique inédit.

Le samedi 19 mars 2016, le temps d’une soirée ou d’un après-midi, nous naviguerons d’une performance à l’autre entre Montréal, Lille et Marseille.

En fonction d’où il se trouve, le public découvrira tour à tour une performance en chair et en os et la retransmission en direct sur grand écran d’une performance venue de l’une puis de l’autre ville. Ce carrousel poétique et numérique rassemblera les voix fortes de la poésie contemporaine pour des lectures qui sauront renverser leurs publics.

Parmi elles, celles de Simon Allonneau, Antoine Boute, Cécile Richard et Eugène Savitzkaya à Lille, Maxime Hortense Pascal, Nat Yot, Annabelle Varaeghe, Arno Calleja et Noémie Lefebvre à Marseille ainsi qu’Hervé Bouchard, Renée Gagnon, Sébastien Dulude, Gabrielle Giasson-Dulude et Shawn Cotton à Montréal. Nous vous invitons à découvrir la programmation de l'événement en détail ici et à en suivre attentivement les préparatifs plutôt là.

Le rendez-vous est donné à 18h30 en France et à 13h30 au Québec (décalage horaire compris)

Lieu de l’événement :

Lille Mutualab 19 Rue Nicolas Leblanc
Marseille Centre de la Vieille Charité 2 rue de la Charité
Montréal Médiathèque Gaëtan Dostie 1214 rue de la Montagne "

 

J'aurais l'honneur-plaisir d'animer la section lilloise... Vous v'nez? (à l'un ou l'autre lieu?)

12:06 10/03/2016 | Lien permanent | Tags : act-u, agendada, place net |  Facebook

7
mar

Black is Beautiful

Quand j'étais ado, mes potines (Sénégal, Congo Brazza, Algérie, Guinée, Guadeloupe, Haïti, Maroc, ...) et moi nous posions les questions de l'esthétique. Poils pas poils. Crème anti acné ou pas. Ongles carrés ou ronds. Quelques unes d'entre elles se lissaient les cheveux. Deux d'entre elles (15 ans environ) allaient dans les MGC centres de Strasbourg-Saint-Denis pour évaluer (avec les cousines, les mères,les soeurs) quelle crème serait la plus efficace pour éclaircir la peau. Dans les rayons des MGC, 1 rayon gigantesque proposait des whitening creams (blanchiment) comprenant des agents oxydants, des produits blindés d'ammoniaque. Une de mes amies s'en badigeonnait le corps régulièrement. Elle se plaignait souvent de démangeaisons, de sensations de brûlures. Un jour, nous avons appris, entre copines dans une chambre, qu'elle se badigeonnait aussi les parties génitales pour que son petit copain (antillais) cesse de lui dire qu'elle était trop black et parce qu'elle voulait qu'il la déflore et craignait qu'il soit dégouté. Dark-Girls-poster-2.jpg
Certains modèles afro-américains dans les séries américaines, le hip hop, la Rn'B étaient claires (métisses ou pas). Dents blanches, peau claire, lentilles oculaires, cheveux lisses (perruques "blondes"). Pas juste un élément de mode ou d'esthétique, mais une réelle mutation lénifiée. Un colonisation "tacite" bordée d'une économie de masse (sous produits l'Oréal et d'autres géants des "soins" esthétiques.
Une loi est passée en France quand j'y habitais encore. Ces produits (enfin, les plus "dangereux pour la santé" seraient retirés du marché. Bien entendu, ils circulaient partout avant et après la "loi".
Suite à la bande annonce de ce film et pour ce que je vous raconte, je suis retournée à l'instant sur le site de MGC et je trouve ça: http://www.mgc.fr/soin-visage/eclaircissants.html

(

les produits éclaircissants se vendent toujours pour les "mêmes" raisons:

"Découvrez nos soins éclaircissants pour le visage, conçus pour atténuer les taches tout en douceur. Ils aident à estomper et à éclaircir les zones les plus foncées, les taches dues à l’âge et au soleil et les petites imperfections. Votre teint sera plus clair et unifié à la perfection."
 

 

)

13:57 07/03/2016 | Lien permanent | Tags : humoeurs, poly-tiques |  Facebook