29
sep

Diane Arbus a dit...

DIANE ARBUS : 1923-1971, photographe américaine


"Rien n’est jamais comme on a dit que ce serait. Ce que je reconnais, c’est que je n’ai jamais vu avant."

 

"Ce que j’aime surtout, c’est aller où je n’ai jamais été avant."

 

"Si j’étais simplement curieuse, je pourrais difficilement dire à quelqu’un : " je veux venir chez vous et vous parler et vous faire raconter l’histoire de votre vie." Les gens me répondraient à coup sûr : "Vous êtes folle." En plus, ils seraient bigrement sur leurs gardes. Mais l’appareil photo est une sorte de passeport. Beaucoup de gens tiennent à ce qu’on s’intéresse à eux et ce moyen-là paraît raisonnable. (...)

 

Il se passe toujours deux choses : une impression de familiarité et puis le sentiment que c’est absolument unique. (...)

 

Tout le monde a ce désir de vouloir donner de soi une certaine image, mais c’en est une tout autre qui apparaît, et c’est cela que les gens remarquent. Vous voyez quelqu’un dans la rue et ce que vous remarquez essentiellement chez lui, c’est la faille. C’est déjà extraordinaire que nous possédions chacun nos particularités. Et non contents de celles qui nous ont été données, nous nous en créons d’autres. Toute notre attitude est un signal donné au monde pour qu’il nous considère d’une certaine façon, mais il y a un monde entre ce que vous voulez que les gens pensent de vous et ce que vous ne pouvez pas les empêcher de penser. Et cela a un rapport que j’ai toujours appelé le point de rupture entre l’intention et l’effet. Je veux dire que si vous observez la réalité d’assez près, si d’une façon ou d’une autre vous la découvrez vraiment, la réalité devient fantastique. Vous savez, c’est réellement fantastique que nous ressemblions à ce à quoi nous ressemblons et c’est cela qui ressort très clairement dans une photographie. Il y a quelque chose d’ironique dans la vie et cela vient du fait que l’effet que vous voulez créer ne ressort jamais comme vous l’aurez désiré.

 

Ce que j’essaie de décrire, c’est l’impossibilité de sortir de sa peau pour entrer dans celle d’un autre. Et c’est ce que tout cela tend à dire. Que la tragédie des autres n’est pas la même que la vôtre.

 

Autre chose : une photographie doit être spécifique. Je me souviens, il y a longtemps, quand j’ai commencé à photographier, je me suis dit : "il y a énormément de personnes dans le monde et ça va être bien difficile de les photographier toutes, donc, si je photographie une sorte d’être humain généralisé, tout le monde le reconnaîtra." Ce serait en quelque sorte ce que l’on appellerait "l’homme moyen" ou quelque chose du genre. Ce fut mon professeur Lisette Model qui m’a finalement fait comprendre que plus on est précis, plus on devient général. C’est une vérité qu’il faut regarder en face. Et il y a certaines évasions, certaines pudeurs dont je pense qu’il faut se débarasser.

 

Le procédé lui-même a une sorte d’exactitude, une sorte de pénétration, à laquelle nous ne sommes pas généralement soumis ; à laquelle nous ne soumettons pas notre prochain. Nous sommes plus indulgents envers les autres que l’appareil photo. L’appareil est un peu froid, un peu dur. (...)

 

J’ai beaucoup photographié les phénomènes de foire. Ce furent même les premiers sujets que j’ai photographiés et cela m’a toujours formidablement exaltée. Je les adorais. Et j’en adore encore certains. Je ne dirais pas que ce sont mes meilleurs amis, mais ils me font éprouver un sentiment de honte et de terreur. Il y a une qualité légendaire chez les monstres. Comme un personnage de conte de fées qui vous arrête pour vous demander la réponse à une énigme. La plupart des gens vivent dans la crainte d’être soumis à une expérience traumatisante. Les monstres sont déjà nés avec leur propre traumatisme. Ils ont déjà passé leur épreuve pour la vie. Ce sont des aristocrates. (...)

 

Je ne m’imagine pas qu’on puisse rendre la réalité exactement comme elle est, mais on peut s’en approcher davantage. (...)

 

Une des choses dont j’ai souffert depuis mon enfance, c’est que rien, aucune adversité ne pouvait m’atteindre. J’étais enfermé dans un climat d’irréalité qui pour moi n’était pas autre chose que l’irréalité. Et ce sentiment d’immunité était, aussi ridicule que cela puisse paraître, douloureux. Pendant longtemps, c’était comme si je n’avais pas hérité de mon propre royaume. Le monde me semblait appartenir au monde. Je pouvais apprendre des choses, mais elles ne paraissaient jamais être le fruit de ma propre expérience.

lis tes ratures, humoeurs

 

Je n’étais pas une enfant avec de grands désirs. Je n’avais pas le culte du héros. Je ne voulais pas jouer du piano ni rien d’autres. Je peignais mais je détestais peindre et j’ai abandonné tout de suite après mes études secondaires, parce qu’on ne cessait de me dire que j’étais formidable. C’était l’époque de l’expression individuelle, j’étais dans une école privée et la tendance était de demander : "Que voulez-vous faire ?" Alors vous faisiez quelque chose et ils disaient : "Formidable !" Cela m’a donné le trac. Je me souviens que je détestais l’odeur de la peinture et le bruit du pinceau sur le papier. Quelque fois, je ne regardais même pas, mais écoutais seulement l’horrible bruit du pinceau. Je ne voulais pas qu’on me dise que j’étais formidable. J’avais l’idée que si j’étais aussi douée, la peinture ne valait vraiment pas le coup.

 

Il m’a toujours semblé que la photographie a tendance à traiter de la réalité, alors que le cinéma tend plutôt à traiter de la fiction. (...)

 

Quelque fois, la connaissance de soi-même ne mène nulle part. Quelque fois, cela vous laisse seulement l’esprit vide. Comme : Me voilà, j’ai une histoire. Il y a des choses qui me semblent mystérieuses dans le monde. Il y a des choses qui m’embêtent dans le monde. Mais il y a des moments où tout cela n’a aucune importance.

 

Une autre chose qui m’a amenée à travailler, c’est la lecture. (...)

 

Autrefois, j’avais une théorie sur l’art photographique. C’était la sensation d’intervenir entre deux actions ou entre l’action et le repos. (...)

 

Dernièrement, j’ai découvert avec stupeur à quel point je peux aimer ce que l’on ne voit pas dans une photographie. Une obscurité véritablement physique. Et c’est très exaltant pour moi de retrouver l’obscurité.

 

Ce qui me passionne dans la technique - je déteste employer ce mot qui fait croire à un tour de passe-passe - mais ce qui m’émeut, c’est qu’elle semblait venir d’un endroit profond et mystérieux. Je veux dire que cela peut avoir affaire avec le papier et le révélateur, etc., mais cela vient, la plupart du temps, du choix profond que quelqu’un a fait après de longues réflexions et qui continue à le hanter.

 

L’invention est presque toujours ce genre de chose subtile et inévitable. On a tendance à s’approcher toujours un peu plus de la beauté de sa propre invention. On limite de plus en plus ses choix et on se spécialise. La lumière qui émane de chaque personne, la qualité du tirage, le choix du sujet, tout cela joue un rôle dans l’invention. Il y a un million de choix à faire. C’est une chance dans un sens, ou bien une malchance. Les uns détestent une certaine forme de complexité. D’autres ne veulent que cette complexité. Mais rien de cela n’est vraiment intentionnel. Je veux dire que cela ressort de votre propre nature, de votre identité. Nous avons tous une identité. On ne peut pas y échapper. C’est ce qui reste lorsque tout est enlevé. Je crois que les plus belles inventions sont celles auxquelles on a pas pensé.

 

Certaines photos sont des raids de reconnaissance, sans même que vous le sachiez. Elles deviennent des méthodes. C’est important de faire de mauvaises photographies. Elles peuvent vous faire reconnaître quelque chose que vous n’aviez pas vu d’une façon qui vous le ferra reconnaître quand vous le reverrez.

 

J’ai horreur de l’idée de composition. Je ne sais pas ce qu’est une bonne composition. Je suppose que je dois savoir un peu de quoi il s’agit, car j’ai beaucoup tâtonné pour découvrir ce que j’aimais et ce que je n’aimais pas. Parfois, pour moi, la composition est liée à une certaine luminosité ou à une certaine tranquillité. Parfois, elle est le résultats d’erreurs idiotes. Il y a une certaine façon de bien faire et une certaine façon de mal faire et tantôt je préfère le bien fait et tantôt le mal fait. C’est cela la composition.

 

Récemment, j’ai fais une photo - ce n’était pas la première expérience - et j’en ai tiré une quantité d’épreuves expérimentales. Il y avait quelque chose qui clochait dans toutes. J’ai pensé que c’était plutôt raté et j’allais recommencer. Mais il y en avait une qui était tout à fait particulière. Une vraie photo d’amateur. Un peu comme si le mari de la dame l’avait prise lui-même. C’était terriblement direct et assez laid et il y avait quelque chose d’excitant dans cette image. Je me suis prise à l’aimer de plus en plus et à présent j’en suis secrètement folle. (...)

 

Très souvent, quand vous partez photographier, c’est comme si vous vous rendiez à une fête. Disons un concours de beauté. Vous vous faîtes une vague idée de la chose, il y aura des gens qui seront des juges et choisiront un gagnant parmi tous ces candidats et puis, quand vous êtes sur place, ce n’est pas ça du tout. (...)

 

Dans mon travail, je m’accommode de la maladresse. Par cela, je veux dire que je n’aime pas arranger les choses. Si je me trouve en face de mon sujet, au lieu de l’arranger, je m’arrange moi-même. (...)

 

Une chose curieuse : je n’ai jamais peur quand je regarde le verre dépoli. Une personne pourrait s’avancer vers moi avec un revolver, j’aurai les yeux collés au viseur et ce serait comme si je ne pouvais pas être vulnérable. Je trouverais ça tout simplement passionnant. Je veux dire que je suis sûre qu’il y a des limites. (...) Mais il y a un genre de pouvoir qui émane de l’appareil photo. Je veux dire que tout le monde se rend compte que vous avez un avantage. Il y a dans cet objet que vous portez une certaine magie qui leur fait quelque chose. Cela les fige d’une certaine façon. (...)

 

Les chinois ont une théorie selon laquelle l’ennui mène à la fascination et je pense que c’est vrai. Je ne choisirai jamais un sujet pour sa relation avec moi ou pour ce que j’en pense. Il faut simplement choisir un sujet, et ce que vous en ressentez, ce que cela représente pour vous commence à se préciser si vous vous contentez simplement de le choisir et de le traiter assez souvent. (...)

 

La chose importante à savoir c’est qu’on ne sait jamais rien. On tâtonne toujours pour trouver son chemin.

 

Une chose qui m’a frappée très tôt est que vous ne mettez pas dans une photographie ce qui va en sortir. Ou, vice versa, ce qui ressort n’est pas ce que vous y avez mis.

 

Je n’ai jamais pris la photo que j’avais l’intention de prendre. Elles sont toujours meilleures ou pires.

 

Pour moi, le sujet est toujours plus important que l’image. Et plus compliqué. J’ai de l’intérêt pour le tirage de l’épreuve, mais ce n’est pas sacré pour moi. Je pense vraiment que l’important, c’est ce que cela représente. Je veux dire qu’il faut que cela représente quelque chose. Et ce que cela représente est toujours plus remarquable que ce que c’est.

 

Je sens vraiment que j’ai une vague idée en ce qui concerne la qualité des choses. Je veux dire que c’est très subtil et ça me gêne un peu d’en parler, mais je crois vraiment qu’il y a des choses que personne ne verrait si je ne les photographiais pas."

 

« La photographie est un secret qui nous parle d’un secret. »

 

Toutes les citations précédentes sont tirées du livre "Diane Arbus", octobre 2011, éditions de La Martinière/Jeu de Paume.

10:27 29/09/2014 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures, humoeurs |  Facebook

27
sep

Eluard donne à voir.

Donner à voir - Eluard.jpg

15:08 27/09/2014 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures, humoeurs |  Facebook

Frontière trouble - Itinéraires flous - parcours humain.

Powerful Portraits of Individuals Before and Directly After Their Death

Walter_Schels_Andersen_01

Name: Jan Andersen.
Age: 27
Born: 21st of February 1978
Died: 14th June 2005, at Leuchtfeuer Hospice, Hamburg

Jan Andersen was 19 when he discovered that he was HIV-positive. On his 27th birthday he was told that he didn’t have much time left: cancer, a rare form, triggered by the HIV-infection. He did not complain. He put up a short, fierce fight – then he seemed to accept his destiny. His friends helped him to personalize his room in the hospice. He wanted Iris, his nurse, to tell him precisely what would happen when he died. When the woman in the room next to him died, he went to have a look at her. Seeing her allayed his fears. He said he wasn’t afraid of death. 

“You’re still here?”, he said to his mother, puzzled, the night he died. “You’re not that well,” she replied. “I thought I’d better stay.”

In the final stages, the slightest physical contact had caused him pain. Now he wants her to hold him in her arms, until the very end. “I’m glad that you stayed.”

Walter_Schels_Sangbastian_11

Name: Elmira Sang Bastian
Age: 17 months
Born: 18th October 2002
Died: 23rd March 2004, at her parent’s home

The tumor was probably already present when Elmira was born. Now it takes up almost the entire brain. “We cannot save your daughter”, the doctor told Elmira’s mother. Elmira has a twin sister. She is healthy. Their mother, Fatemeh Hakami, refuses to give up hope: how can God have blessed her with two children, only to take one of them away from her now? Surely God is the only one who decides whether we still breathe or not?

One sunny day, Elmira stops breathing. “At least she lived”, says her mother. She takes a small white dress from the cupboard, Elmira’s shroud. Her parents then read the Ya Sin – the 36th chapter of the Koran which describes the resurrection of the dead.

Photographer Walter Schels was terrified of death, so much so he refused to see his mother after she passed away. Upon entering his 70s, Schels finally decided to overcome his fear through a bold, bizarre project – photographing individuals before and directly after their death. The black and white portraits are a clinical confrontation with the the unknown, the proximity of the lens to subject unflinching and slightly macabre. Images are paired with startlingly frank accounts of the deceased right before their passing, each person dealing with the inevitable in their own way.

Schels and his partner Beat Lakotta began approaching potential individuals at hospices in Berlin and Hamburg, surprised to find few people said no. The pair were on constant alert, at times running out in the middle of the night to shoot before the undertaker would come. Though emotionally draining, Schels recognized that the series became an important epitaph to people before they actually died. With family and friends unable to cope with the looming truth, terminally ill patients often feel completely isolated.

“It’s so good you’re doing this”, Schels quoted a dying man to The Guardian, “No one else is listening to me, no one wants to hear or know what it’s really like.”

Schels is no longer terrified of death and now sees avoidance of the issue as a serious problem in contemporary society, people unable to be truly present for loved ones when they need them most. Life Before Death is an attempt to confront our worst fears and perhaps, to see those nearing the end in a more human light. When facing death, we all stop pretending.

“Everything that’s not real is stripped away,” he told The Guardian, “You’re the most real you’ll ever be, more than you’ve ever been before.”

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Name: Klara Behrens
Age: 83
Born: 2nd December 1920
Died: 3rd March 2004, at Sinus-Hospice, Hamburg

Klara Behrens can tell that she hasn’t got much longer. “Sometimes, I do still hope that I’ll get better,” she says. “But then when I’m feeling really nauseous, I don’t want to carry on living. And I’d only just bought myself a new fridge-freezer! If I’d only known…”

It is the last day of February, the sun is shining, the first bluebells are flowering in the courtyard. “What I’d really like to do is to go outside, down to the River Elbe. To sit down on the stony bank and put my feet in the water. That’s what we used to do when we were children, when we went to gather wood down by the river. If I had my life over again, I’d do everything differently. I wouldn’t lug any wood around. But I wonder if it’s possible to have a second chance at life? I don’t think so. After all, you only believe what you see. And you can only see what is there. I’m not afraid of death. I’ll just be one of the million, billion grains of sand in the desert. The only thing that frightens me is the process of dying. You just don’t know what actually happens.”

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Name: Wolfgang Kotzahn
Age: 57
Born: 19th January 1947
Died: 4th February 2004, at Leuchtfeuer Hospice, Hamburg

There are colorful tulips brightening up the night table. The nurse has prepared a tray with champagne glasses and a cake. It’s Wolfgang Kotzahn’s birthday today. “I’ll be 57 today. I never thought of myself growing old, but nor did I ever think I’d die when I was still so young. But death strikes at any age.”

Six months ago the reclusive accountant had been stunned by the diagnosis: bronchial carcinoma, inoperable. “It came as a real shock. I had never contemplated death at all, only life,” says Herr Kotzahn. “I’m surprised that I have come to terms with it fairly easily. Now I’m lying here waiting to die. But each day that I have I savor, experiencing life to the full. I never paid any attention to clouds before. Now I see everything from a totally different perspective: every cloud outside my window, every flower in the vase. Suddenly, everything matters.”

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Name: Maria Hai-Anh Tuyet Cao
Age: 52
Born: 26th August 1951
Died: 15th February 2004, at Leuchtfeuer Hospice, Hamburg

Maria Hai-Anh Tuyet Cao’s experience of dying would doubtless have been very different, had she not absorbed the teachings of the Supreme Mistress Ching Hai. The Mistress says: “All that is beyond this world is better than our world. It is better than anything we can or cannot imagine.”

Frau Cao wears the portrait of the Mistress round her neck. Under her guidance, she has already visited the afterlife in meditation. Her call to the next world cannot be far off: her pulmonary alveoli are failing. Yet she appears serene and cheerful. “Death is nothing”, says Frau Cao. “I embrace death. It is not eternal. Afterwards, when we meet God, we become beautiful. We are only called back to earth if we are still attached to another human being in the final seconds.” Hai-Anh Cao prepares for this moment every day. She wants to achieve a sense of total detachment at the moment of death.

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Name: Heiner Schmitz
Age: 52
Born: 26th November 1951
Died: 14th December 2003, at Leuchtfeuer Hospice, Hamburg

Heiner Schmitz saw the affected area on the MRI scan of his brain. He realized immediately that he didn’t have much time left. Schmitz is a fast talker, highly articulate, quick-witted, but not without depth. He works in advertising. Heiner’s friends don’t want him to be sad. They try to take his mind off things. At the hospice, they watch football with him just like they used to do. Beers, cigarettes, a bit of a party in the room. The girls from the agency bring him flowers. Many of them come in twos, because they don’t want to be alone with him. What do you talk about with someone who’s been sentenced to death? Some of them even say ‘get well soon’ as they’re leaving. ‘Hope you’re soon back on track, mate!’

“No one asks me how I feel”, says Heiner Schmitz. “Because they’re all shit scared. I find it really upsetting the way they desperately avoid the subject, talking about all sorts of other things. Don’t they get it? I’m going to die! That’s all I think about, every second when I’m on my own.”

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Name: Waltraud Bening
Age: 80
Born: 29th May 1922
Died: 26th January 2003, at Ricam Hospice, Berlin

When her time does come, Waltraud Bening seems to have a presentiment that this is the moment: she has to call her husband to come to her bedside immediately, otherwise it will be too late. She had been putting off this encounter till the very last minute. She would rather have died at home, but her husband didn’t feel he could cope with it. She was hurt. She felt that there was no need for him to come to the hospice at all. “He was always such a tyrant,” says Frau Bening, “I never could stand up to him.” She gets upset just thinking about it.

Frau Bening spends three weeks sitting up in the bed, on four down-filled quilts, just like the Princess and the Pea. She drinks champagne miniatures from her feeding cup, and is happy to be entertained by her children and banter with her carers. Then, one day she becomes restless and tearful. “I want my husband to come,” she says. He is sitting by her bedside soon after. After their final conversation, the contents of which remain a mystery, Frau Bening stops drinking; she dies the following day without any apparent distress.

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Name: Michael Föge
Age: 50
Born: 15th June 1952
Died: 12th February 2003, at Ricam Hospice, Berlin

Michael Föge, tall, athletic and eloquent, was appointed as Berlin’s first Commissioner of Cyclists. He was happy. A hundred guests attended his fiftieth birthday celebration. Soon after, he couldn’t remember his words when he was making a speech. The doctors discovered a brain tumor. Within a matter of months the tumor had destroyed his speech centre, paralyzed his right arm and the right side of his face. In the hospice, day by day Föge is becoming more sleepy. One day he won’t wake up.

Whilst Michael Föge retained the power of speech, he never talked about his feelings or his inner life. Now he is no longer able to do so. “I wonder what is going on inside his head,” his wife asks herself.

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Name: Elly Genthe
Age: 83
Born: 4th August 1919
Died: 11th January 2003, at Ricam Hospice, Berlin

Throughout her life Elly Genthe has been a tough, resilient woman. She has always managed on her own. Often she has said she would rather die than not be able to take care of herself. That time has now come and she remains undaunted. Full of praise for the hospice and the quality of the care she is receiving, she hopes death will come quickly.

A few days later she senses her strength is ebbing away. Suddenly she clutches her granddaughter’s hand: “Don’t go! I’m suffocating!” She begs the nurses: “Please, breathe for me!” Elly Genthe needs morphine – a drug secreted by the kidneys – but because her kidneys have been consumed by cancer, her morphine levels fluctuate: sometimes she sleeps all day; and there are moments when she sees little men crawling out of the flower pots – they’ve come to kill her. “Get me out of here”, she whispers as soon as anyone holds her hand. “My heart will stop beating if I stay here. This is an emergency! I don’t want to die!”

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Name: Michael Lauermann
Age: 56
Born: 19th August 1946
Died: 14th January 2003, at Ricam Hospice, Berlin

Michael Lauermann was a manager. A workaholic. One day he just keeled over. At the hospital they said: “Brain tumour, inoperable.” That was six weeks ago.

Lauermann doesn’t want to talk about death, he’d rather talk about his life. How he managed to escape the narrow confines of his native Swabia and go to Paris. Studies at the Sorbonne. Baudelaire, street riots, revolution, women. “I really loved life,” says Lauermann. “Now it’s over. I’m not afraid of what’s coming.” There is no one by his side, that’s his choice. That’s not the way his life was. But he has no regrets. He even derives a certain enjoyment from this advanced stage of the illness. Free and easy, a kind of weightlessness. He feels as if his body were fading away. He is not in pain. “I will soon die”, Lauermann says.

Three days later there is a candle burning outside the door of his room. It indicates he has passed away.

All images © Walter Schels

14:59 27/09/2014 | Lien permanent | Tags : place net, arts, humoeurs |  Facebook

22
sep

mercredi entre apéro et nuit, il sera question d'ICI (de Christine Van Acker)

rencontre ICI 3 SD.jpg (cliquez sur ce que vous voyez)

21:45 22/09/2014 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures, act-u |  Facebook

18
sep

Des ateliers gratuits, voire pas chers...

Ateliers d'écriture et d'illustration pour toutes les générations... et petit déjeuner à la Librairie 100 papiers, Schaerbeek.

Dimanche 28 septembre, 10:00 – 12:30
Lieu: Librairie 100 Papiers/Papieren, Avenue Louis Bertrand 23, Bruxelles, Belgique (plan)
Cause: Soutien à la Librairie 100 papiers. Les fonds récoltés seront versés dans la cagnotte de la librairie.

Amélie Charcosset & Milady Renoir animeront un atelier d'écritures tous azimuts pour tout humain de 14 à 114 ans et Pauline Dunand un atelier de dessins pour tout humain de 4 à 14 ans le dimanche 28 septembre de 10h00 à 12h30 (un après-midi d'ateliers gratuits pour enfants et adultes peut se perpétuer à la Maison des femmes toute proche: http://www.schaerbeek.be/agenda/participez-gratiferia-maison-femmes)
 

gratiferia_affiche.jpg

Les 3 micro ateliers d'écriture que j'animerai à la Maison des Femmes suivent cette intention ci:

"Un atelier d'écritures peut être un petit espace d'expression libre et libérée, dans une ou plusieurs langues, avec des femmes, des hommes et d'autres genres, d'âges et de corps variés.
Cet atelier d'écriture s'attaquera aux stéréotypes et apprivoisera des archétypes pour en rire, pour en parler, pour se dire, pour évacuer, égaliser, interpréter et composer ensemble.
Chaque séance sera différente. Il est possible de rester pour les 3 séances (14h15 + 15h15 + 17h00).
Apporter ses livres, des textes courts ou longs pour nourrir l'atelier et le groupe est également possible.

En fait, tout y est possible. Écrire ET ne pas écrire aussi, d'ailleurs."

09:44 18/09/2014 | Lien permanent | Tags : atelier |  Facebook

Lettres de Niki de Saint Phalle à son correspondant imaginaire, Pontus

Niki_de_Saint_Phalle_by_Lothar_Wolleh

“ Je passerais ma vie à prouver que j'avais le DROIT D'EXISTER."

Niki de Saint Phalle  (29 octobre 1930 – 21 mai 2002) est l’une des artistes les plus populaires du XXème siècle , plasticienne, peintre, sculptrice  et réalisatrice de films. Son œuvre est marquée par son féminisme et sa radicalité de pensée qui donnent lieu à des créations atypiques et originales, comme « Nanas ». Dans cette lettre autobiographique adressée à son ami imaginaire, cette femme dévoile sa personnalité passionnante, rebelle et féministe…

 
 
 

"Cher Pontus,

Quand devient-on rebelle ? Dans le ventre de sa mère ? A cinq ans, à dix ans ?

Je suis née en 1930. ENFANT de la DÉPRESSlON. Pendant que ma mère m'attendait, mon père perdit tout leur argent. En même temps elle découvrit l'INFIDELITÉ de mon père. Elle pleura tout au long de sa grossesse. J'ai ressenti ces LARMES.

Plus tard elle me dirait que TOUT ÉTAIT DE MA FAUTE. Les ennuis étaient venus avec moi. Je la crus.

Certaines cartes du Tarot me furent distribuées le jour de ma naissance : le Magicien (carte de la créativité et de l'énergie) et le Pendu (réceptivité et sensibilité à tout et à chacun). On me tendit aussi la carte de la Lune (imagination et son contrepoint : imagination négative).

Ces cartes deviendraient le matériau, le canevas sur lesquels je peindrais ma vie.

Je prouverais que ma mère avait TORT ! Je passerais ma vie à prouver que j'avais le DROIT D'EXISTER. Un jour ma mère serait fière de moi devenue riche et célèbre. Le plus important pour moi était de prouver que j'étais capable d'aller au bout de mes projets. Un jour j'accomplirais le plus grand jardin de sculptures jamais fait depuis le Parc de Gaudi à Barcelone.

O.K. Peut-être avais-je précipité la chute de la Banque de Saint Phalle mais je deviendrais beaucoup plus célèbre que la banque de mon père.

Oui je prouverais que ma mère avait TORT et je prouverais aussi qu'elle avait RAISON.

Un jour je ferais une chose impardonnable. La pire chose dont une femme soit capable. J'abandonnerais mes enfants pour mon travail. Je me donnerais ainsi une bonne raison de me sentir coupable.

Enfant je ne pouvais pas m'identifier à ma mère, à ma grand-mère, à mes tantes ou aux amies de ma mère. Un petit groupe plutôt malheureux. Notre maison était étouffante. Un espace renfermé avec peu de liberté, peu d'intimité. Je ne voulais pas devenir comme elles, les gardiennes du foyer, je voulais le monde et le monde alors appartenait aux HOMMES. Une femme pouvait être reine mais dans sa ruche et c'était tout. Les rôles attribués aux hommes et aux femmes étaient soumis à des règles très strictes de part et d'autre.

Quand mon père quittait tous les matins la maison à 8 h 30 après le petit déjeuner, il était libre (c'est ce que je pensais). Il avait droit à deux vies, une à l'extérieur et l'autre à la maison.

Je voulais que le monde extérieur aussi devienne mien. Je compris très tôt que les HOMMES AVAIENT LE POUVOIR ET CE POUVOIR JE LE VOULAIS.

OUI, JE LEUR VOLERAIS LE FEU. Je n'accepterais pas les limites que ma mère tentait d'imposer à ma vie parce que j'étais une femme.

NON. Je franchirais ces limites pour atteindre le monde des hommes qui me semblait aventureux, mystérieux, excitant.

Ma nature optimiste m'y aida.

J'avais besoin d'héroïnes auxquelles m'identifier. A l'école le cours d'histoire n'était qu'une longue litanie sur la supériorité de l'espèce mâle et cela m'ennuyait à mourir. On nous parlait bien de quelques femmes : la Grande Catherine, Jeanne d'Arc, Elizabeth d'Angleterre, mais il n'y en avait pas assez pour moi. Je décidai de devenir une héroïne.

Dans les innombrables contes de fées que ma grand-mère me lisait je m'étais déjà identifiée avec le héros. C'était TOUJOURS un garçon qui faisait toujours des bêtises.

N'écoutant que sa voix intérieure et ne perdant jamais de vue le but final, le héros, après bien des difficultés, finissait par trouver le trésor qu'il recherchait.

Je ne souhaitais pas rejeter entièrement ma mère. D'elle j'ai retenu des choses qui m'ont donné beaucoup de plaisir : mon amour des vêtements, de la mode, des chapeaux, des tenues de soirée, des miroirs. Ma mère avait beaucoup de miroirs dans sa maison. Des années plus tard, les miroirs deviendraient un des matériaux essentiels que j'utiliserais dans le Jardin des Tarots en Italie et dans le Cyclope dans la forêt de Fontainebleau, non loin de Paris. Ma mère était une grande amoureuse de la musique, de l'art, de la bonne cuisine. Toutes ces choses, je les ai reçues en partage et elles m'ont aidée à rester en contact avec ma féminité.

Ma mère avait un certain style et du charme. J'aimais sa beauté et le pouvoir qu'elle lui donnait, j'aimais son No 5 de Chanel, sa coiffeuse en verre des années 30 recouverte de crèmes, de poudres et de rouges à lèvres. J'adorais ses boucles brunes, sa peau lisse et blanche. Elle ressemblait à l'actrice Merle Oberon.

Ma mère, cette merveilleuse créature dont j'étais un peu amoureuse (quand je n'avais pas envie de la tuer) je la voyais comme prisonnière d'un rôle imposé. Un rôle qui se transmettait de génération en génération selon une longue tradition jamais remise en question.

Le rôle des hommes leur donnait beaucoup plus de liberté et J'ETAIS RESOLUE A FAIRE MIENNE CETTE LIBERTE.

Mon frère John fut encouragé à faire des études. Pas moi. J'étais jalouse et pleine de rancune que le seul pouvoir que l'on me reconnût fût celui de séduire les hommes. Personne ne se souciait que j'étudie ou non, du moment que je passais mes examens. Tout ce que voulait ma mère était que j'épouse un homme riche et socialement acceptable.

Adolescente, j'ai refusé mon père et ma mère comme modèles ; j'ai refusé aussi leur position sociale. La seule pièce de la maison où je trouvais confort et chaleur était la cuisine, auprès de la domestique noire.

A huit ans, tout mon argent de poche allait à l'achat de bandes dessinées de Wonderwoman et Batman. (Je n'avais pas le droit de les lire et les cachais sous mon matelas.) Une partie de l'argent que je volais à mon père et à ma grand-mère allait aux mendiants. J'aimais bien les mendiants. Ils avaient souvent l'air plus réels qu'un tas de gens circulant dans les rues de New York. C'était 1940 et j'avais dix ans.

J'allais à l'Ecole du Sacré-Cœur, école religieuse de filles, dans la 91ème rue. Tous les mois on donnait à la meilleure de la classe un superbe ruban rouge. Je ne l'ai jamais eu (quoi d'étonnant, je ne faisais rien). Un jour je décidai de sortir et d'acheter un ruban rouge que je fixai sur mon uniforme, comme si j'avais eu le prix d'excellence. Ce ne fut pas apprécié.

L'uniforme de l'école était vert, un vilain vert foncé avec une blouse beige et une cravate verte. Pas surprenant que je désire ardemment la décoration rouge.

Au Noël de 1940 les nonnes nous conduisirent à HARLEM pour apporter des cadeaux aux pauvres familles noires. Comme je me sentais gênée pour ces gens ! Nous étions une dizaine entourant une nonne qui fit un discours ridicule puis deux dames noires nous remercièrent. Je me rappelle avoir pensé : si j'étais à leur place, je vous haïrais. J'avais honte.

Les rues de New York et leur misère et leur agitation furent une vraie école de la vie.

Dehors nous parlions anglais alors que le français était de rigueur à la maison. En ce temps-là l'éducation française cela voulait dire que les enfants pouvaient se montrer mais pas se faire entendre. Pas de sottises. Finir ce que l'on a dans l'assiette (« Pense aux petits chinois qui n'ont rien à manger »...). Si je répondais (ce qui m'arrivait souvent) je recevais une gifle (pratique courante à l'époque).

Je fus exposée très tôt à des influences culturelles diverses et parfois conflictuelles, ce qui m'amena vite à me faire ma propre idée des choses. Et je choisis ce que je voulais croire.

Ma tante Joy (de Géorgie; donc du côté américain de la famille) était une adorable vielle dame qui me gâtait, me lisant des contes ou m'amenant à des fontaines de soda. J'étais une fanatique des glaces au chocolat arrosées de caramel. Nos sorties parfois se terminaient en drame. Il suffisait qu'il y ait un NOIR dans les parages pour que ma tante Joy batte en retraite à toute vitesse. Pourquoi ne me permettait-on pas de m'assoir à côté d'une dame noire quant à la maison nous avions une domestique noire que je considérais comme une grande AMIE ?

Après avoir rejeté mes parents et leur classe, je serais confrontée à l'ÉNORME PROBLÈME DE ME RÉINVENTER ET DE ME RECRÉER. Je ne ressentais aucun sentiment national. Je ne me sentais ni française ni américaine.

Une chose me sauva durant ces difficiles années d'adolescence : MA BOÎTE MAGIQUE SECRÈTE ET IMAGINAIRE cachée sous mon lit. Elle était faite d'un précieux bois sculpté, incrusté d'émaux aux riches couleurs.

NUL AUTRE QUE MOI POUVAIT VOIR LA BOÎTE.

Quand j'étais seule je l'ouvrais et il en jaillissait toutes sortes de poissons extraordinairement bariolés, de génies, de fleurs sauvages au parfum délicieux.

Dans cette boîte qui n'était qu'à moi je gardais mes premiers poèmes, mes rêves de grandeur.

LA BOÎTE ÉTAIT MON REFUGE SPIRITUEL, le commencement d'une vie où eux, mes parents ne pourraient pénétrer. Dans la boîte je déposais mon âme. Je m'entretenais avec elle. Puisqu'il m'était impossible d'avoir une relation profonde avec ma famille, je commencerais à communiquer avec moi-même. De là vient mon éternel besoin de SOLITUDE. C'est dans cette solitude que me viennent les idées pour mon travail. La solitude est aussi nécessaire à ma création que l'air à mes poumons.

Encore aujourd'hui, Pontus, ma boîte magique est sous mon lit. Je l'ouvre tous les jours. Ma structure, ma colonne vertébrale, mon squelette sont dans la boîte.

Parfois elle est remplie de sable, j'ai cinq ans de nouveau, construis des châteaux et rêve de palais.

Ma boîte remplace le monde des adultes auquel je me suis habituée avec difficulté et dont je ne suis pas folle.

La boîte m'a empêchée de devenir une personne cynique et sans illusion.

C'est la boîte de Pandore. Ce qui demeure en elle, c'est l'espoir."

09:37 18/09/2014 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

Rimes & Blues - 28/10/14

Rimes & Blues : Milady Renoir

Milady Renoir

Mardi 28 octobre 20h

milady-renoir

L’hôte de cette soirée mensuelle : Milady Renoir

Depuis une dizaine d’années, apprivoisant l’écriture par les formes de l’hybride, de l’expérimentation, sans léser le classique, sans nier les influences des autres artistes qu’elle respecte, admire ou abhorre selon la météo, Milady Renoir lit, écrit, performe, investit l’espace et le temps, élève un fils et des chats, fait bien la vaisselle, danse le makossa ou le buto, parle aux plantes grasses avec le même corps. Elle anime des ateliers d’écriture depuis 2003 pour faire écrire, questionner les modèles et investir les champs de création avec des gens. Elle exècre les mots: lâcher prise  / le vivre-ensemble / ouverture des shakras tout en pratiquant leurs applications intrinsèquement. Ses performances proposent une élaboration du lien avec le public, plaçant le curseur de la séduction à la provocation, du grandiloquent à l’intime. Elle est la CoUrBE du CUBE, aussi. Elle est parfois sympa, quand même.

Le trio de musiciens:  Fulvio Cannella (guitare), Farida Amadou (basse) et Lionel Aquilina (batterie).

 

Ce sera à Liège. Au Blues sphère, 37 rue Surlet.

Les mois suivants: Pascal Leclercq, Maxime Coton, ...

09:10 18/09/2014 | Lien permanent | Tags : act-u |  Facebook