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The Man by G. Akechi (Black Magazine - Japan, 1971)

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20:15 16/07/2014 | Lien permanent | Tags : humoeurs, arts |  Facebook

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Celan et le poème

 

 

 

 

 

 

 

 

 

«   Certes le poème - le poème aujourd'hui - se révèle, et cela ne tient, je pense, que de façon accessoire aux obstacles - qu'il ne faut pas minimiser - de son vocabulaire, à l'abrupt d'une syntaxe comme à un sentiment plus vif de l'ellipse - le poème se révèle, on ne peut en disconvenir, enclin forcément au mutisme.

 

   Il persiste - qu'on me passe, après tant de formulations extrêmes, celle-ci - le poème persiste aux confins de lui-même ; il se révoque, il se reporte sans relâche, afin de durer, de son Déjà-plus à son Toujours-encore.

 

   Ce Toujours-encore ne sera jamais cependant qu'un Parler.

 

   Non plus parole en soi que "concordance", je crois, fondée sur la parole uniquement. Mais parole délivrée, actualisée, sous le signe - radical - de telle individuation qu'avertie de ses bornes, comme de sa latitude, une parole impose.

 

   Ce Toujours-encore se découvre dans le seul poème de celui qui n'oublie pas qu'il parle dans l'angle d'inclinaison de son existence, dans l'angle d'inclinaison où créature s'énonce.

 

   Le poème serait dès lors - plus que jadis, ouvertement, parole d'un seul devenue figure, - et du plus intime de soi aspirant à une présence. Le poème est solitaire. Il est solitaire et sur le pas. Qui le trace s'avère à lui délié.

 

   Mais le poème alors n'est-il pas manifeste ici, dans la rencontre déjà   - dans le secret de la Rencontre ?

 

   Le poème est tendu vers un autre, éprouve la nécessité d'un autre, une nécessité du vis-à-vis. Il le débusque sans trêve, s'articule allant à lui. Toute chose, tout être, comme il chemine vers l'autre, sera figure, pour le poème, de cet autre.

 

   Le poème, dans l'attention qu'il voue à l'objet de la rencontre - à ce détail, couleur, structure, coupe,qu'il restitue, ces "tressaillements", ces "allusions", n'est en rien tributaire, je crois, de quelque avance du regard rivalisant avec des appareils chaque jour plus perfectionnés - ou avalisant leur progrès - : son attention, ici, à travers nos dates que, toutes, il maintient, est une concentration plutôt. L'attention - je citerai, ici, volontiers, d'après l'essai de Walter Benjamin sur Kafka, un mot de Malebranche - "l'attention est la prière naturelle de l'âme".

 

   Le poème tend - dans quelles conditions ! - au poème de tel qui - à nouveau, et sans trêve - prend garde, fait face à ce qui apparaît, interroge et interpelle ce qui apparaît ; il devient dialogue - il est souvent dialogue éperdu.

 

   C'est dans l'espace d'un tel dialogue que la chose interpellée se constitue, qu'autour de moi qui l'interpelle et lui donne son nom, elle peut se rassembler. Mais convertie - du fait de cette dénomination - aussitôt en un toi, elle introduit dans la présence son altérité. Même dans cette présence, ici, du poème - le poème tient toujours dans cette présence ponctuelle, unique - dans sa proximité immédiate même, elle concède à l'autre une parcelle de sa vérité : le temps de l'autre.

 

   Nous sommes, pour peu qu'avec les choses s'anime ce lien de la parole, sur une interrogation toujours, quant à leur provenance et leur destination : sur une interrogation "ouverte à jamais", "ne parvenant jamais à fin", qui ne désigne que l'accès, vacance, libre étendue - nous sommes loin - dehors. »

 

 

 

Paul Celan, Le Méridien, 1961 (discours prononcé à la réception du Prix Georg Büchner à Darmstadt, trois ans après le Discours de Brême), traduction André du Bouchet, Fata Morgana, 2008. P. 32-35.

 

10:34 14/07/2014 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

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Bons anniversaires mes ateliers

Il y a 12 ans, j'ai mis mes pieds et mes mots pour la première fois dans un atelier d'écriture. Je m'y étais ennuyée tout autant que j'avais découvert une précision à mon propos. Ecrire pouvait se faire simplement, là, devant moi. J'ai fomenté une révolution en mon corps. J'écrirais et j'écrirais avec / au sein des ateliers. Et si je pouvais aussi écrire en dehors, en plus, autour de ces ateliers, c'était bonus.

Il y a eu le Littéméraire, un site d'ateliers d'écriture, une dérive souhaitable de RDV.be. Nous y avons exploré le pire et le meilleur, de l'écriture et des commérages.

Il y a 11 ans, un samedi 14 juillet, j'ai animé mon premier atelier d'écriture vraiment pensé atelier d'écriture.
Il y a 11 ans, il y avait Marine, Suzy, Lalou, Clau, Roger, Waltaire, Caro, Titi, Olivier et d'autres. C'était dans le bel et grand appartement à Matongé que je partageais avec Marine, petite soeur de coeur et beurre.
J'avais compris la nécessité d'être animée (pour moi), la nécessité et la joie d'animer dans un cadre tourné vers l'écriture, la découverte, le jeu. Des choses évidentes, simples ou pas vraiment, finalement.

Il y a 8 ans, j'ai rencontré Réjane Peigny et Pascale Fonteneau et le réseau Kalame. La nécessité de me former, d'intégrer les connivences d'avec des pairs (et d'explorer mes impairs), de chercher à comprendre des méthodologies, des pratiques, d'assimiler une éthique, d'appréhender une philosophie personnelle ET collective.
Je suis devenue membre dite active. Mes ateliers se sont multipliés, renouvelés, amplifiés (qualité pas quantité).

Du café le Greenwich (ancienne version) au cellier du Moeder Lambic (Saint Gilles), d'une salle obscure de l'Arenberg (R.I.P) à une bibliothèque dégarnie à Namur, d'un ancien café de village en Gaume à la Cité de la Musique à Paris, du Château de la famille d'Amélie Nothomb à une caravane devant une église occupée par des réfugiés, d'un hôtel de passe (Le Neutre) à la Maison d'Erasme, d'un squat liégeois à la librairie 100 papiers, de chez Suzy à chez moi, des lieux m'ont ouvert portes et fenêtres et esprits.

Il y a 4 ans, j'ai hérité d'un drôle de poste au sein du réseau Kalame. J'ai même hérité d'un calame de 2 mètres en bambou qui trône dans mon bureau. Coordinatrice du réseau au sein de la Maison des Littératures Passa Porta. Avec ça et des gens bien, j'ai aussi conceptualisé, coordonné, produit, assisté des festivals (Passa Porta, Marathon des Mots, Au Bord Elle, FiEstival, ...) où les textes, les mots, les voix sont amplifiés.

Depuis un an et des..., Kalame réside à la Maison de la Francité, est devenue asbl en octobre 2013, attend son site internet avec impatience et est mon occupation à tête pleine (et à mi-temps).

J'anime des ateliers d'écriture pour:

- faire écrire
- garder mon oeil hagard ou ouvert sur mon processus d'écriture
- partager des marottes, en attraper d'autres
- étudier des textes, des auteurs, des concepts en plus des études que j'ai arrêté "tôt"
- rencontrer des gens en écriture
- assimiler des univers, les digérer, les transformer
- gagner quelques sous en plus
- visiter des espaces temps hors quotidien
- écrire
- lire
- entrer en connivence avec le monde
- écouter gronder ou ronronner des gorges d'autres
- traverser

Je remercie les centaines de participants, la possible cinquantaine de lieux, les livres et ma vie pour tout ça. EN écrivant ça comme si je parlais de moi morte, je me dis que je n'ai encore aucune raison d'arrêter.

C'était la séquence émotion juste avant la grande finale de la coupe du monde de football.

francis-picabia-sans-titre-projet I.jpg (portrait de moi réalisé par Francis Picabia)

19:14 13/07/2014 | Lien permanent | Tags : atelier, ego trip-e |  Facebook

Deux lieux d'à côté

Le blog de la CoUrBE du CUBE est aléatoire.
Il remplit ses fonctions d'agenda, d'archives de ce que j'ai vu et ce que j'aimerais voir.
En greffes, il y a les autres espaces nourris.

y compris Latérite&Trottoir (correspondance avec Perrine Le Querrec)
&
SonAutreOeil (photos d'un oeil oblique peu stratégique).

 

Si jamais.

18:10 13/07/2014 | Lien permanent | Tags : act-u, place net |  Facebook

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tensions variables.

Andreas Vesalius .jpgà force de rage, on implose sur une table.

15:57 08/07/2014 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

la chute comme tentative

 

Les feuilles tombantes ne sont pas des jeunes filles en fleurs. Il n’est jamais question d’aborder la chute comme l’absence ou l’innocence. Ça n’a rien à voir.

Le temps que les choses tombent, l’espace s’esclaffe, la pesanteur s’exclame et la vie ricane. C’est dur mais c’est vrai.

C’est très violent de quitter un lieu connu en haut pour atterrir en bas, aussi soyeux ou humide soit-il. Ce n’est pas parce qu’on dresse la table du sol depuis la naissance qu’il faut omettre l’importance de chaque affaissement, de chaque glissade, de chaque éboulement, de chaque fin de marche.

textes,humoeurs

Si on écoutait les choses de la nature qui tombent constamment, on relativiserait.
Pensez seulement l’incommensurable étendue de notre amertume à vivre, l’impalpable mélancolie qui nous abattrait si on s’entendait être aussi fragile, aussi dérisoire qu’une feuille morte, qu’un point de poussière, qu’un de ces petits principes de vie exterminés par leur propre nature.

Je dois vous dire, je suis beaucoup tombée. J’ai aussi beaucoup vu de choses tomber. Des hommes comme dit une chanson, mais aussi des cailloux lourds, des corneilles pimpantes, des arbres entiers, des exocets brillants, des idées précieuses, des élans et des erreurs, de l’eau en liberté, des étoiles aussi, comme tout le monde.  J’ai toujours été très sensible à la chute, dès le début de mes yeux.

(c) Milady Renoir

 

15:54 08/07/2014 | Lien permanent | Tags : textes, humoeurs |  Facebook