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Un striptease... Atelier intérieur.

Ecoutez l'émission 59 minutes

Numéro 44. Un striptease 2

24.06.2013 - 23:00

Orléans, Virgil Vernier  © DR

L'Atelier intérieur s'ouvre à la mise à nu. Et avant ça … au « plus intérieur », à l’intime. Hans Carossa auteur allemand écrivait : L’homme est la seule créature de la terre qui ait la volonté de regarder à l’intérieur d’une autre. Sur cette volonté, de regarder ce qu’on ne voit pas, ce qu’on ne doit pas voir, se forment d’étranges rêveries tendues. On ferait, ce soir, entendre ces rêveries humaines… qui devinent. Pour qui voir ne suffit pas. Je suis face à toi et ça ne me suffit pas. Je te regarde et je ne te vois pas. Répondre : d’accord… et suggérer et ne pas tout montrer. Ne pas tout dire de soi. Manier l’art subtil de l’effeuillage. Dénuder juste ce qu’il faut. Dire non à l’exhibition.  Ce serait au contraire, re théâtraliser les choses. Scénographier. Mettre en scène son corps. Et pas forcément avec l’air du temps. Aller chercher plus loin. Repartir du mythe. L’image de départ ce soir serait celle-là : Joane est stripteaseuse, ou du moins elle apprend, dans un club d’Orléans. Joane regarde droit le visage de Jeanne d’Arc. C’est un corps à corps avec l’image. Les flammes et le rouge. Le nu et l’armure. Les deux sont une cérémonie, dans le film Orléans de Virgil Vernier. On s’excite, on rêve d’un temps de chevaliers. De bûchers. Où la frontière entre : ça boue à l’intérieur  et à ça brûle l’extérieur est infime. Joane fait du striptease mais vise autre chose. Virgil Vernier filme ça. Le corps qui fait / la tête qui pense. Pour atteindre, non pas ce qui est caché mais, plus loin, le plus retiré. Les événements discrets du visage. Au-delà de la nudité. Le mot intime au 18è était utilisé à côté du mot ami. Un siècle après, avec le mot journal. Aujourd’hui on le colle à « vie ». En trois siècles on est donc passé d’un ami à la vie. Nos vies sont intimes, oui. On cherche tous un endroit où être soi. Et on cherche tous à regarder à l’intérieur d’un autre > ce qu’on ne doit pas voir. La mise à nu est aujourd’hui à inventer, elle n’est pas littérale, elle n’est jamais au premier degré. Je ne peux pas être intime seule. Je suis intime avec toi. Nous sommes intimes. En trois secondes on repasse de la vie à l’ami. Mise à nu silencieuse, et à deux et progressive. Et ne te déshabille pas. Je suis face à toi, je te regarde, je te vois et ça me suffira.

Le chemin ce soir regarde par la serrure, pour voir la vie, celle des filles, celle des corps, celle de l’Histoire, le studio se fait boudoir et ça commence maintenant. Pour l’effeuillage ce soir, voilà ceux qui sont là : …

Virgil Vernier, cinéaste, pour son film Orléans entre documentaire et fiction…  deux stripteaseuses sur fond de célébrations de la figure de Jeanne d’Arc. Avec Julie Auchynnikava, comédienne.

Gaëlle Bourges, chorégraphe, pour Strip, Je baise les yeux.

Séquence avec le Cabinet de Curiosités féminines : mini atelier sexualité féminine en direct.

LIVE : Bertrand Belin 

Amélie Bonnin dessine l'émission en direct

Les bols érotiques de Yael Mandelbaum ©

 
 

 

Invité(s) :
Virgil Vernier, réalisateur
Bertrand Belin
Gaëlle Bourges

21:03 06/01/2014 | Lien permanent | Tags : arts |  Facebook

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