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Archives de catégorie : Knud Viktor

danois-provençal

Jacob Kirkegaard, disciple du précurseur danois et provençal de l'art sonore, Knud Viktor ?

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« Car le silence n’existe pas… »

"Car le silence n'existe pas..." cette phrase souvent attribuée à John Cage, est aussi attribuable à Knud Viktor, modeste "peintre sonore" qui la prononçait fréquemment... tapi dans l'herbe ou juché sur les rochers du Lubéron, depuis lesquels il était, il est vrai, moins audible que le grand maître zen New-Yorkais, élève de Schoenberg, admirateur de Satie et de Duchamp et de Joyce, inventeur-du-piano-préparé, ami de Merce Cunningham, David Tudor, Klaus Schöning, etc.
C'est pourquoi ce titre s'est imposé pour l'article que je lui ai consacré dans le numéro 11 de la Revue Art Nord, parue en 2012 et dédiée aux artistes sonores du nord de l'Europe..(1). Une autre façon (radiophonique cette fois) de savoir si le silence existe ou s'il n'est qu'une vue de l'esprit, est d'écouter, demain 30 octobre, sur Radio Campus Paris, la nouvelle émission "Silence on coud" de la branche parisienne de l'Internationale-Bruitiste-et-Vocaliste  née à Arles en juillet 2012 et qui détourne les ondes de leur bon usage, sous le nom de code apparemment innocent et inoffensif de "La radio cousue main".

(1) toujours disponible sur commande à Phonurgia Nova, par Internet et dans les bonnes librairies d'art.

 
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Knud Viktor à podcaster

Nouveau rebond. Télérama (n° 3325 du 05 au 13 octobre), invite en page 160, à découvrir l'oeuvre de Knud Viktor et à podcaster l'émission que Thomas Baumgartner a consacrée au pionnier de l'art sonore dans son Atelier du son. "Un être émouvant, insatiable de sons vivants et vibrants qui, avec humilité, nous donnait à entendre ce que l'oreille ne pouvait voir" commente avec pertinence une auditrice de Bruxelles."

"Sa voix de mage était déjà sa signature sonore, une signature unique. On a beau dire et entendre, mais ça nous rend juste tristes, sa disparition furtive.. comme je regrette à chaque automne, l’extinction du doux “Hoot” de la chouette hulotte, au lointain dans la forêt des Hautes-Alpes. Chouette Knud…" écrit pour sa part, dans un autre commentaire sur ce blog, le compositeur Michel Redolfi.

 

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Knud Viktor fait son nid dans les Nuits de France Culture

Ce n'est pas courant, et c'est à la mesure de l'émotion suscitée par la disparition au début de l'été, dans un total silence médiatique,  de celui que France 3 avait baptisé en 1979  Le Chantre du Luberon.

France Culture a donc décidé de bouleverser son programmes nocturne de demain pour faire re-surgir "la voix de mage" (l'expression très juste est du compositeur Michel Redolfi) et l'oeuvre furtive de l'artiste sonore danois-provençal, disparu le 10 juin dernier...,  auquel Libé consacrait cependant un papier, le 15 août, dans le creux de l'été,  bientôt suivi de deux émissions, l'une à l'initiative de Thomas Baumgartner, le 13 septembre dernier, sur France Culture, et l'autre le 20 septembre, signée de Thierry Génicot dans Oui-dire sur les ondes de la RTBF la Première (voir billets en date des 16 et 20 septembre sur ce blog).

Ce n'est pas courant, et ceci explique que vous ne trouverez pas, même avec de bons yeux, l'annonce des rediffusions suivantes dans les colonnes tassées des pages radio de Télérama  :  mercredi 25 septembre à 23h,  l'Atelier de la création met le cap sur le Sud du Luberon en proposant deux archives exceptionnelles, à podcaster et partager autour de vous :

1 /  Le monde insolite de Knud Viktor (1974) - durée 26'33
Documentaire de Michel Bichebois enregistré auprès du "berger danois", peintre et enregistreur de sons : sa "thébaïde", les enregistrements des bruits de la nature qu'il effectue de jour comme de nuit et qui lui ont inspiré des "peintures sonores".
2 / Photographie/phonographie (une émission de presque 10 ans postérieure, 1982), signée du jeune Jean-Loup Graton (qui venait du GRM pour atterrir à la direction de France Culture). Trente minutes de sons et d'entretiens que les archives de l'INA rangent étrangement dans la catégorie "musique électroacoustique". Un bien curieux classement à vrai dire, quand on sait la revendication têtue de Knud Viktor d'être considéré non comme musicien mais comme un... "peintre sonore"... Il faut admettre cependant, à la décharge des classificateurs hâtifs, que les "peintres du sonore" comme les "artistes du sonore" n'étaient pas légion en ce temps-là, et qu'il n'existait aucun vocable adéquat pour désigner une approche plus plasticienne que musicale des sons du réel, démarche qui aurait pu être qualifiée de "concrète" si ce terme n'avait été précisément pré-empté par les héritiers de Pierre Schaeffer. On se souvient qu'un peu plus tard, confronté à la même épineuse question du "genre de travail" qu'il effectuait en marge de la radio, Yann Paranthoën préféra lui aussi se définir comme "peintre" ou "sculpteur" puis finalement comme "tailleur de sons" pour échapper aux classifications musicales. C'est sous cet intitulé du reste que paraitra - d'abord dans la revue L'Autre Journal, puis en 1990, chez phonurgia nova éditions - Propos d'un tailleur de sons : son fameux entretien avec Alain Veinstein, qui tente de cerner une approche radiophonique du réel, qui elle aussi refuse de se laisser enfermer dans le champ lexical de la musique.

Cette seconde émission de la soirée tente donc de cerner cet "extra-terrestre musical", ce "mutant" (à l'évidence inclassable alors) qu'est Knud Viktor quand le jeune compositeur Jean-Loup Graton (accompagné de Madeleine Sola et de Michel Créïs) franchit le seuil de sa thébaïde provençale. Graton, visiblement très intrigué, l'interroge sur ses drôles de machines qu'il découvre entassées dans la pièce principale d'une bastide "en ruine", dressée dans la pinède, au débouché des Gorges du Régalon -  terrain d'investigation privilégié de l'artiste. Avec son beau phrasé nordique - d'une précision millimétrique - Knud répond au compositeur ébahi qui le toise : il y décrit et explique le fonctionnement  des appareils (micros, paraboles, console de spatialisation) qu'il a inventés et construits (un peu par la force des choses) pour capter des sons pour la plupart "inouïs" des bêtes et des insectes, qu'il fait peu à peu entrer dans sa série Images sonores, des tableaux de dimensions parfois "symphoniques", numérotés de 1 à 10, dont la "composition" a commencé en 1962. Des outils faits maison, tenus parfois par des bouts de ficelle ; des dispositifs techniques inusités, mais performants ; toujours "conçus sur mesure" pour répondre à des besoins précis, et devenus au fil du temps aussi indispensables à l'artiste sonore que la plume pour l'écrivain,  le boîtier pour le photographe ou la caméra du cinéaste. Il faut du reste rappeler que Knud fut aussi photographe, cinéaste (Truffaut lui offrit une caméra) et vidéaste : en témoigne sa Chambre d'images, une installation vidéo basée sur 4 écrans, formant une boîte géante dans laquelle le spectateur pénètre pour se retrouver confronté à la vision fantastique - et quelque peu kafkaïenne - d'insectes géants et muets qui l'observent du haut de leurs pattes. Une boîte à insecte inversée en somme, où le spectateur se trouve pris au piège, que les Provençaux purent découvrir - médusés - tout d'abord au Centre Culturel de Cavaillon en marge du Festival d'Avignon (en 1979 ou 80 ?), et dernièrement, durant l'été 2010,  à Digne-les-bains (04), où elle fut présentée par le Musée Gassendià l'initiative de Nadine Gomez, sa conservatrice, qui entreprend aujourd'hui l'inventaire de la production de cet artiste inclassable et rare. Une démarche de sauvegarde indispensable quand on sait d'une part que les supports divers de son oeuvre (pellicules, négatifs, tirages, mini-cassettes, bandes 1/4 de pouce stéréo et quadriphonique, bandes-vidéo analogiques, etc) sont périssables, et que d'autre part,  l'ermite Provençal n'a jamais eu  grand souci - c'est là un euphémisme - d'un archivage rigoureux de son travail ; toujours tendu vers le prochain projet à démarrer, l'expérience à poursuivre, et ce, jusque dans ses derniers jours, où il s'était équipé en son numérique (lequel comme chacun sait, ne va jamais sans déconvenues). Si les moyens financiers sont trouvés, un chantier de numérisation suivra cet inventaire, passage obligé d'un accès public futur à cette oeuvre insolite de celui que l'on retiendra demain peut-être (pas seulement à cause de ses origines nordiques), comme "le Van Gogh du son". Souhaitons que les institutions culturelles et les autorités politiques ne soient pas sourdes à cette urgence et facilitent la réalisation de ce qui s'annonce assurément comme un travail de... fourmi !

Marc Jacquin

 
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j’ai mis un micro dans son terrier…

Après France Culture la semaine dernière (l'Atelier du son de Thomas Baumgartner),  la RTBF ce soir nous gratifie d'une émission en hommage à Knud Viktor disparu en juin dernier dans un grand silence radiophonique, phonographique et muséal.

C'est à Pascale Tison productrice de l'émission Par oui-dire sur La Première et au réalisateur sonore Thierry Génicot, auteur et activiste belge de la scène radiophonique créative depuis longtamps, que l'on doit cette belle initiative. Une émission charpentée, truffée de documents.

C'est ce soir de 22h05 à 23 h, mais en avant-première sur "Le Son fait art" le blog de phonurgia nova, qui aurait pu s'appeler... le son fait tôt ou tard !

Car le son fait toujours ce qu'il faut pour arriver jusqu'à l'oreille...

Ce programme exceptionnel sera ensuite disponible durant six semaines en écoute différée et téléchargeable en podcast sur le site www.rtbf.be en suivant ensuite les onglets : Radio / La Première / Emissions / Par ouï-dire / Knud Viktor, 200913.

A noter aussi que le périodique alternatif El Batia Moûrt Soû / Le Bateau Ivre publie dans sa livraison de ce mois de septembre 2013 un long article consacré à Knud Viktor. Si vous ne trouviez pas cette publication chez votre meilleur marchand de journaux, vous pourriez aisément commander votre exemplaire à peu de frais en contactant la rédaction par un simple courriel : poliartserge@yahoo.fr

Bonne écoute et bonne lecture !

 
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Knud Viktor for ever

L'émission spéciale Knud Viktor de Thomas Baumgartner est désormais en ligne sur le site de France Culture, qui rediffusera prochainement (le 25 septembre) plusieurs archives d'émissions consacrées à cet immense artiste auquel on commence (enfin !) à s'intéresser.

En attendant cette date, on peut se faire une petite idée du travail de Knud Viktor en parcourant les billets de ce blog publiés depuis 2009.

Ainsi, on pourra l'entendre ici évoquer Image 10, la dernière pièce de la série commencée en 1962,   dont un fragment figure, sous forme de CD, dans le catalogue de l'expo Chambres d'écho proposée en 2009 par Michèle Moutashar, alors conservatrice du Musée Réattu.
L'entendre encore, toujours en 2009, conduisant une visite à tâtons dans ce Musée. Une visite qui s'achève dans la Chambre d'écoute : un cocon ouaté,  dressé à l'aplomb du Rhône, que j'ai imaginé en 2007 en complicité avec le Musée pour accueillir les artistes sonores du monde entier, et que Christian Lacroix a superbement habillé de moquette en 2008, pour lui donner son visage définitif.

A lire : peu d'ouvrages sont consacrés à l'exceptionnel artiste danois qui vécut 50 ans dans le Luberon, sa deuxième patrie, dans une relative solitude adoucie par la fréquentation et l'observation patiente de la faune. Néanmoins on peut mentionner :

- un numéro récent de la revue d'art contemporain Semaine publiée par les éditions Analogues (excellente petite maison arlésienne) à l'occasion d'une présentation de La Chambre d'images, une installation vidéo de Knud Viktor, au Musée Gassendi de Digne.

le roman de Bertrand de la Peine publié en 2011 aux éditions de Minuit, dont le héros est un artiste-contemporain-danois-spécialiste-des installations-sonores, largement inspiré (avec la licence et la part d'amplification romanesque inévitables) par le personnage éminemment Van Goghien de Knud Viktor...  dépeint ici comme "un grand Vicking adepte de vodka et harengs aimant traquer les tâtonnements des taupes...", etc. Un roman qui se lit "tout ouïe" précise Télérama, qui, selon Le Monde, "se rit des outrances de l'art contemporain et de l'appétence des gens du nord pour le sud provençal..."

- un numéro spécial bilingue (11) de la revue Art Nord (Contemporary Art from the North) paru en 2012, et coordonné par Asdis Olafsdottir et Emeline Eudes, à l'occasion de l'exposition Horizonic dédiée aux artistes sonores du grand nord.

- la "nécro" publiée par Eric Loret (dans l'assourdissant silence culturel de l'été) en page 24 de Libération du 16 août 2013.

Disques : peu de titres édités à l'exception de deux 33 tours de Images sonores et de Image 6, sous-titrée La Symphonie du Luberon, parus sous le label L'Oiseau musicien, et qu'on voit parfois passer sur les sites de vent en ligne

Archives : mentionnons pour finir un assez grand nombre d'émissions en sommeil dans les archives de l'INA, produites par France Musique (du temps où Louis Dandrel en était le responsable) ou par France Culture (dans une moindre mesure)

Vidéo : signalons l'existence  d'une vidéo de France 3, filmée à Cheval Blanc en 1979 sous le titre de Le Chantre du Luberon, disponible depuis le début de l'année sur le site www.ina.fr

Cette liste n'est pas exhaustive et nous vous invitons à nous aider à la compléter.

M.J.

 
Publié dans Knud Viktor, La Chambre d'écoute, Musée Réattu | 2 commentaires

 

Knud Viktor commémoré dans l’Atelier du son

oeuvre photographique

@ Knud Viktor

Ce vendredi 13 septembre à 23h dans l'Atelier du son sur France Culture, il sera question de Knud Viktor, grand absent, depuis longtemps, des ondes et du disque. Thomas Baumgartner m'y reçoit pour évoquer la figure de l'artiste danois, pionnier de l'art sonore,  qui vint en Provence en 1962 pour peindre la lumière qui avait tant fasciné Van Gogh et fut - à son insu - "pris par le son", lequel ne le lâchât plus jusqu'à sa mort (le 10 juin dernier) dans sa 89ème année. "Ermite" (plaçons tout de même des guillemets) à l'écoute du Luberon, Knud Viktor, qui se définissait comme "peintre sonore" et non comme musicien, a ainsi consacré sa vie à enregistrer les sons de la Terre dans une oeuvre singulière qui inaugure, il y a plus de 50 ans, une approche plasticienne non musicale du sonore, et annonce un nouveau rivage de l'art : l'art sonore, dont la vitalité aujourd'hui saute aux oreilles. La rareté de ses apparitions publiques, ajoutée à sa quasi absence de l'édition phonographique et des collections publiques des musées, (à l'exception notable du Musée Gassendi à Digne-les-Bains qui possède 3 des cabines de son installation Allo, la Terre ? et de la Ville de Melle en Poitou-Charente, proche du Futuroscope, qui lui a commandé une installation de grande dimension, toujours audible dans les mines d'argent), font de lui un artiste "connu des artistes" mais largement inconnu du grand public.

Marc Jacquin

 

 
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L’oreille rebondit

La revue de presse du 16/08 de Laetitia Gayet sur France Inter cite Libération (qui cite phonurgia nova) pour regretter "la disparition du Danois Knud Viktor". C'est un joli quizz audio, situé dans la dernière minute de la revue.

 
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L’oreille éberluée

Agile comme l'écureuil, l'âme de Knud Viktor s'est hissée ce matin dans les hautes branches des pages culture de Libération et jusque dans la revue de presse de France Inter. Un conservateur de musée était-il à l'écoute ? Rêvons avec lui...  d'un terrier-musée qui réunirait son bestiaire sonore, son oeuvre photographique solaire et ventée, et ses films  ! Où donc est ce terrier ? Sur Mars ?

 

 

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le peintre sonore a rangé ses micros

 

musée Réattu, Chambre d'écoute

Knud Victor, est parti. Mais les cigales, particulièrement volubiles cet été, se souviendront de lui et nous avec elles.

Sa notoriété est déjà grande, mais son oeuvre de "peintre sonore" reste à découvrir.
Né en 1924 à Copenhague, « pris par le son » en 1962, ainsi qu'il me l'expliqua, alors qu’il venait dans le Midi pour peindre la lumière qui avait fasciné Van Gogh, il est parfois considéré comme le « père » du Field Recording.
Désargenté, inventant par nécessité ses propres outils de capture sonore à partir de composants électroniques et d'ustensiles récupérés dans la Durance, posant son atelier dans une ancienne bergerie du Luberon sur la commune de Cheval Blanc (Vaucluse), il a vécu et travaillé là pendant près de 50 ans, le plus longtemps en solitaire, à la manière d'un ermite, dans une osmose grandissante avec la nature sauvage qui l'entourait.

Son œuvre sonore porte  sur l'observation de ce coin de nature dont il décide très vite de faire son studio, un studio phonographique et photographique à ciel ouvert  : à partir de là il consacre son temps (et finalement sa vie) à enregistrer et à filmer l’imperceptible (la vie secrète des insectes,  le rêve du lapin au fond de son terrier,  l'activité des frelons invités dans sa maison), l'infinitésimal (l'action lente et obstinée de l'érosion, les mouvements des vers dans le fruit ou dans le bois) et l’éphémère (le cycle des saisons, la mue de la cigale). C’est en poète émerveillé par cet opéra naturel, plus qu’en entomologiste ou géologue qu’il mène ses explorations, avec une ingéniosité technique et une persévérance hors du commun.

Il est important de souligner que sa série « Image sonore » commencée en 1963, précède le travail sur le « paysage sonore » initié par Luc Ferrari souvent considéré pourtant comme précurseur en ce domaine.

 

Hélas, très peu de titres de son catalogue sont disponibles pour le public car peu ont été édités (deux vinyles pressés en 1972 par le label L’Oiseau-musicien, introuvables sauf chez les collectionneurs, aucun CD par la suite, sauf une édition "pirate"), ce qui paradoxalement n'a pas nui à sa renommée. C’est principalement la radio  de service public – singulièrement France Culture et France Musique – qui l’a fait connaître, dans les années 70 et 80. Grâce notamment à la vigilance de Louis Dandrel et à Laure Adler. Plus tard, dans les années 2000, la Ville de Melle (Haute-Garonne) lui a commandé deux installations, les seules à ce jour toujours audibles : « Eclats d’argent » et « Allo la Terre ». La première est présentée dans une ancienne mine d’argent. La seconde s’écoute dans trois cabines téléphoniques alimentées par l’énergie solaire, trois niches écologiques. En décrochant le combiné, on communique avec des rythmes de vie en pleine activité : un lapin qui rêve, ronfle et soupire ; le chant d’amour des mouches de vinaigrier ; deux escargots qui mastiquent leur salade. Le musée d'art contemporain de Digne (Alpes de Haute-Provence) possède aussi trois de ses cabines.
En 2009, le musée Réattu d’Arles publie  « Chambre d’écho » (le catalogue de l’exposition éponyme dans laquelle sa "Symphonie du Luberon" est présentée conjointement avec 10 "sons de la terre"), ouvrage dans lequel est inséré un CD contenant un extrait de " Image 10" - une pièce étonnante sur l’érosion qui clôture la série inaugurée en 1963.
Bien que très rarement diffusée, son oeuvre jouit d'une aura importante, s'étendant hors de nos frontières. Sa démarche pionnière - que les praticiens de la musique concrète ont d’abord regardé de haut parce qu'elle tourne le dos à l'idée de composition – est maintenant une évidence pour tous les artistes du monde qui s'intéressent au sonore dans sa globalité, sans présupposé musical.

 

Les historiens de l'art devront se pencher sur Knud Viktor pour lui faire une vraie place, comme le fit récemment la très belle exposition itinérante "Horizonic"  venue d'Islande et accueillie en France par l'école des beaux-arts de Caen. En attendant, il faut faire circuler son nom et son oeuvre, pour que ses cigales ne se taisent jamais.

 

Demain mardi, en fin d'après-midi, ses proches et ses amis lui rendront hommage dans le Vaucluse, à Cheval-Blanc, dans ce lieu d'une grande beauté qu'il habitait et duquel il a tiré la substance sonore et visuelle de toute son oeuvre. On trouvera des précisions sur cette cérémonie sur la page Facebook ouverte récemment par ses enfants, Kamilla et Mark (ce dernier, ingénieur du son).

 

France Culture annonce qu'elle lui rendra hommage à la rentrée en rediffusant l'une des émissions dont ses archives gardent trace. Mais les émissions passent et les sons trépassent... Rêvons maintenant d'un musée où sa patiente collecte trouverait refuge... Il doit bien exister quelque part en Provence un conservateur imaginatif et volontaire, faisant fi des cloisonnements académiques et des obstacles administratifs, prêt à accueillir l'oeuvre unique du pionnier ? Quelle ville - ou quel village - du Luberon qu'il à tant aimé offrira à Knud Viktor sa première "Chambre d'écoute" ?

 

Marc Jacquin

21:00 31/12/2013 | Lien permanent | Tags : arts, muse-hic |  Facebook

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