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déc

‘tattoo me, meeting you’ - jour de résidence (2/3)

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la pluie, les embouteillages, les brasiers, les gens, les choses, les trottoirs... les gants qui se perdent, les cuisses qui se mouillent, les pieds qui coulent, un scooter rouge mais foireux, une ville sans aucun scurpule, des voitures diplomatiques déplaçant dans leurs habitacles des décideurs sans horizon.

Et

Il Est Une Fois. Poêle, encens, thé, livres, copie d'une toile de Picasso plus brute, plus dense, faïence du sud, le vent dehors, ça va (d-)aller.

Un avocat mécène collectionneur esthète arborrant noeud papillon et Loden vient chercher des nouveautés, il dit Ah Oui, Milady... exposition Emma en 2005. BANG. Oui, il est marié à une chanteuse qui faisait partie du collectif qui avait organisé l'expo dans laquelle j'avais... ah oui.

Et puis jolie maman Bulles qui vient, armée d'un manteau de fourrure, chercher quelques impressions, faire connaissance, dire qu'elle a compris l'esprit mais pas saisi l'enjeu...
et quoi, vraiment te faire tatouer?

Mon fils a demandé de se faire percer l'oreille, 11 ans, j'ai refusé... tant que je peux encore.

Alors, on débite de la parole, tatouage et cultures, clans et esthétique, écoles et pédagogies, générations et transmissions, désechantement et retour au rêve, où trouver la vie, la joie et l'amour... en qqs minutes nous nous entendons bien, Bulles doit filer mais reviendra samedi ou dimanche ou...

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N. venu avec moi mardi et qui est/fait surprise là, arrive, m'offre une Bionade au sureau, des baisers, une présence, son genou mis à nu dans un pantalon troué. Il est jeune et vieux en même temps.

Catherine, N. et moi déjeunons/dînons. J'ai apporté des choses roses et oranges (scampis, curry, tomates, raifort betterave, chou rouge, carottes). Et puis viennent les confidences, Catherine et moi explorons nos symboliques, nos schémas, nos systèmes qui nous mettent à mal, de ceux que nous recevons la leçon. Et ces mères dévoratrices à qui nous avons fait l'affront d'accoucher de garçons.

Parler, manger, faire le tour de nos questions, répondre à un couple américain que cette fois il n'y a pas de livres d'art indigène, faire sécher les cuisses, les malléoles, les baskets, le bas de la jupe alourdie par les eaux drues du matin.

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Il est déjà 13h37... filons. Filons. Sauf que juste avant de faire démarrer le scooter, j'achète une oie en paille, en plumes noires et en creux. Pourrie, poreuse. Je l'achète comme si je la sauve. Je l'aime dans le regard de cire et de plastique que l'oeil laisse transparaître. Polluée sûrement par l'exposition de Petrit Halilaj vue/adorée la veille avec Cassius. L'oie va parcourir la ville dans les bras de N. venu avec moi mardi déjà. Parce que le coffre de mon scooter l'aurait décapitée, achevée. Alors il va l'emmener, la présenter aux passants et ce sont eux deux qui sonneront à mon bureau trente trois minutes plus tard.

J'ai un peu écrit en dehors de la résidence papothés à Il Est Une Fois. Des bribes de pensées, d'envies, de poésie que je montrerai sûrement dimanche, à ceux qui viennent, me tatouer, regarder, rencontrer, observer... par exemple.

Prochaine longue séance avant dimanche, samedi de 12h à 19h.

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22:12 19/12/2013 | Lien permanent | Tags : act-u, lis tes ratures, humoeurs |  Facebook

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