17
déc

‘tattoo me, meeting you’ - jour de résidence (1/3)

 

Tattoo me, meeting you - blue flyer small.jpgPremier jour réel de résidence à Il Est Une Fois.

La journée a commencé par un moment privilégié face à une dame métallique mais "efficace" de l’ONEM. Mes duplicatas et mes mauvaises nouvelles en poche, je rejoins N au café dans l’immeuble de l’ONEM, en bas. On se raconte les injustices des systèmes, on calcule le nombre d’heures gâchées pour nous (et pour d’autres, nombreux) devant un thé au lait spéculoos. Contraste des matières. Douceur de la boisson, ridicule de la situation. Pendant ce temps, des gens au dessus de nous et galèrent, cherchent, se sauront pas plus. Arrivés avec une question, repartis avec onze.
On se réconforte à la Clé d’Or. Œufs lard pistolet lait russe. On écrit ensemble. N son roman en cours, des idées lancées sur son Ipad avant la mort de la batterie. Moi, sur ce que je veux mettre et remettre sur le tapis pour dimanche. Performance, oui mais quoi moi et ce mot. Tatouage, oui mais quoi moi et cet acte. Lien à l’autre, aux autres, à un public, oui, mais quoi moi et cette obsession. Je parcours les phrases d’autres, des essayistes, des motlibristes, des critiques d’art, d’artistes morts ou vivants. Des citations piochées (qqs unes dans l’art des bruits de Russolo et du John Cage, encore… )

Je ponctue des bouts de phrase, je fais le point. Ils disent :
Performance : une action qui se déroule à l’intérieur d’une forme. elle célèbre l’éphémère de la forme. Elle témoigne d’une volonté formative et d’une intention expressive. Elle met l’accent sur le coefficient humain en soi. Per Forma en latin : pour la forme. (donner forme/former/modeler).
Happening : ce qui arrive, qui célèbre l’existant. Sans instance du résultat, ni du processus, juste être au moment.

Oui. Je repère aussi dans les livres apportés, au hasard, surtout dans L'appel de la transe de Catherine Clément, des notions, des invitations au parallèle.

La performance comme rituel d’initiation, d’auto intronisation, de proclamation d’une idée, d’un état, d’une volonté. Et vivre la poétique de l’instant, du présent. Donner forme à ma pulsion d’être au monde. Allez, hop, je balance des adages dignes d'aimants de frigo… je pourrais me tatouer ça dimanche. Hum. Non. Ne pas oublier l’esthétique que je recherche et la place de Kostek, artiste tatoueur, pas juste assistant performance.

L’heure de la résidence.

Catherine accueille, sourire clair. Un garçon déjà là N. accueille N. et moi. Le poster de Boris Lehman sur la porte recouverte d’un papier reflet. On se voit quand on entre, on ne voit pas (ce) qui est dedans, sauf si … par la vitrine. Le poêle grésille. Le carrelage fleuri donne un air de printemps. Je sors les livres, de Michel Journiac à Matthieu Barney, de Ushio Amagatsu à un article de Michael Kirby tiré de Art of Time. Le N.-déjà-ici est aux Beaux-Arts en sculpture mais surtout pour l’option performance au sein de l’Institut Supérieur des Arts et des Chorégraphies de Bruxelles. Et je découvre leur champ d’exploration, de réflexion, de proposition d’études - ah oui, pourquoi j’ai pas fait d’études au fait ? et un cycle de conférences dont chacun des titres évoque une facette de ma possible envie
« DU SIMULACRE DU CORPS À SES PULSIONS »
Mardi 24 septembre 2013: Le simulacre / Mardi 22 octobre 2013: Le corps anatomique / Mardi 19 novembre 2013: Figure, représentation, portrait / Mardi 10 décembre 2013: Corps – objet – espace / Mardi 28 janvier 2014: Le fragment du corps / Mardi 25 février 2014: La Part Maudite / Mardi 25 mars 2014: Le corps-surface.

Je sors les thés, du vert aux algues au prune cannelle en passant par plaisir de tsar. Va pour le second, pour débuter. Et les biscuits à l’Earl Grey et au beurre salé. Je regarde avec N venu avec moi comment ça lui vient comme ça de penser l’espace pour dimanche. Comme ça, la vitrine serait exploitée que ça aurait du sens. Penser aux coussins pour les spectateurs, les amis, les patientants. N venu avec moi s’en va. N-déjà-ici s’installe à la table. Nous allons papoter, parler de nos référents et mentionner Marina Abramovic, encore une belle fois. La notion de présence à soi et à l’autre déjà nous embarque dans la conversation tandis que Catherine fait chauffer l’eau. J’ouvre le sac de biscuits, les fais rouler sur le rond de la table en carton sculpté. Au centre de la pièce, un saree noir et or. Dans la bibliothèque, un nouvel arrivage de curiosités s’offre au regard. Un Crapouillot avec Picasso en couverture. Des impressions des Natugraphies, des photos de fleurs gravées en sérigraphies (on dirait) des éditions Albert de Visscher. Sers-toi dans les tirages individuels, cadeau. Merci Catherine. Grâce, volupté, encrages, impression.
N.-déjà-ici évoque aussi une performance autour de la rencontre qu’il a effectué en Roumanie, dans une petite ville lors d’un séjour Erasmus pendant laquelle lui, les autres étudiants étaient là pendant une période donnée mais ne rencontraient pas vraiment les gens du coin. Alors, des points de rencontre ont été avisés et des notions d’empreinte ont été proposées aux gens qui ont répondu aux invitations. Être peint en blanc, par exemple. Moi, dimanche, je serai encrée de noire. Ce N.-déjà-ici est un frère de l’idée de chercher à savoir l’autre à travers un acte, un moment. Et son nom de famille est Noirhomme. Norma et Guillaume entrent. On s’embrasse. Eau chaude, sachets de prune cannelle, biscuits d’Earl Grey. Clopes dehors tandis que les gens quittent les Puces, des objets râpés au bout des doigts.
Moune rentre. Je lui demande si ça s’écrit Moon. Non, Moune. Catherine le connait, lui, sa guitare et des sons ont déjà joué deux fois à Il Est Une Fois.

Ah oui Milady Renoir, c’est toi qui va te faire tatouer dimanche ? Oui. Ah mais tatouer comment ? Avec une machine, les mains des gens et un tatoueur qui introduira la technique. Ah… (air dans l’air de ne pas y toucher mais de ne pas en penser moins) mais du vrai tatouage pour toujours quoi… et par n’importe qui ? Ben, un peu sauf que faudra quand même me parler un peu, me chercher un peu, me laisser chercher aussi. Donc, celui qui veut me tatouer une bite poilue sur la joue, va falloir qu’il passe de sacrés caps… et pour dire, je choisis le lieu de dessin, de pénétration et la limite sera indiquée. Je ne serai pas qu’un corps mais le derme sera le moyen de me rencontrer… Ah, et t’as pas peur. Pas encore. Je crois pas avoir peur, mais avoir envie, oui. De toute façon, y a que des gens bizarres qui viennent ici.

Sourires. Ébahissements. Qui sait.

Moune s’assied. On refuse ses chips blanches au sel, on préfère nos biscuits à l’Earl Grey.

Il n’a pas d’argent sur lui mais achète un petit livre à Catherine. Prix entre 2 et 4€, tu donneras la prochaine fois. Un livre qui donne la clé de la Paix de l’Âme, un livre italien traduit par un Jésuite en 1851. On joue à bibliomancie. Moune demande si le célibat vaut encore la peine. Catherine demande (ce) qui croisera son chemin avant la fin de l’année. N.-déjà-ici pose aussi sa question, personnelle, spirituelle. Une image allégorique de la paix de l’âme fait surface. Le livre répond avec son lot de morale catholique de plomb mais on prend ce qu’on en veut et on trouve ça bien, les réponses, parfois.
Moune s’en va. N.-déjà-ici, Catherine et moi observons les passants. Ceux qui regardent furtivement. Ceux qui ne voient rien. Ceux qui évitent le chantier d‘en face (l’échafaudage se démonte, dimanche, on aura la paix). Ceux qui cherchent une merveille. Ceux qui font attention aux marches devant la vitrine ou aux pavés foireux.
l’heure de la résidence est épuisée.
Scooter, ville, école, manège, boudin, croustillon, rires, cris, grande roue, tram, bus, bonne nuit les petits. Autre fusil sur l’épaule. Résidence rechargée jeudi…

Jeudi 19 de 10h à 13h
+
samedi 21 de 12h à 19h
puis, dimanche dès 15h

RAPPEL: ‘tattoo me, meeting you’

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Du 19 au 21 décembre 2013, Il Est Une Fois, espace d’art(s) et d’essai(s), accueille Milady Renoir, auteurographe & performateuse, en résidence d’écriture(s). Cette résidence se clôturera par une performance collégiale ‘Tattoo Me, Meeting You’ soit une séance de tatouage réalisée par le public.
Durant cette résidence, chaque personne intéressée à rencontrer une artiste-femme-mère-fille pour discuter de cette expérience de tachisme , de l’art du marquage, de l’empreintage du lien à l’autre, de l’écriture, et /ou pour prévoir la rencontre du dimanche 22 décembre avec la peau et le cœur de la poétesse organique, cette chaque personne, donc, est la bienvenue.

Que vous soyez venu ou non durant la résidence, you're most welcome le dimanche 22 décembre, entre 15h et 22h, pour tatouer/marquer/rencontrer, empreinter VRAIMENT Milady (Renoir) guidé(e) que vous serez par Kostek, co-fondatatoueur de la Boucherie Moderne et sérigraphiste.

Il Est Une Fois, Rue du Chevreuil 20 – 1000 Bruxelles - RDV pour rencontre-papote-thé durant résidence +séance tatouage collégial sur miladyrenoirmiladyrenoir[at]
gmail.com

Tattoo me, meeting you - blue flyer small.jpg

21:42 17/12/2013 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures, arts |  Facebook

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