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Hier nuit, texte 3/3 lu entre 2 autrices/72

 

2013 dec 086.JPGMais qui sont ces femmes qui soufflent dans nos têtes ?

Mélusine, Jeanne d’Arc, Sœur Emmanuelle, Sœur Sourire, Lilith, Colette, Hildegarde de Bingen, Madame Claude, Madame Rêve, Hatchepsout, Cléopâtre, Aung San Suu Kyi, Camille Claudel, Pauline Kergomard, Emmeline Pankhurst, Louise Michel, Grisélidis Réal, Pénélope, Colette, Violette Leduc, Nadia Comaneci, La Goulue, Lady Di, Lucie Aubrac, Mère Denis, Mère Teresa, La Princesse de Clèves ou au Petit Pois, Virginia Woolf, Yma Sumac, Maria Soudaïeva, Марина Ивановна Цветаева, Chloé Delaume, Joséphine de Beauharnais ou Baker, Calamity Jane, Christine Delmotte, Laurence Vielle, Catherine Daele, Valériane De Maerteleire, Pascale Henry, Brigitte Bailleux, Sophie Magerat, Salomé Broussky, Milady Renoir, Astrid Mignon-De Man, Odile Matthieu, Adeline Rosenstein, Selma Alaoui, Isabelle Wéry, Auriane Abecassis, Odile Vansteenwinckel, Laurence Sendrowicz, Stéphanie Mangez, Cathy Min Jung, Julie Annen, Dinaïg Stalle, Christiane Girten, Céline Delbecq, Roxane Lefebvre, Florence Klein, Geneviève Genicot, Elsa Poisot, Céline De Bo,  Aurélie Vauthrin, Odile Ramelot, Céline Ohrel, Dominique Laroche, Alexandra Lazarescou, Karelle Ménine, Alice Ley, Christine Van Acker, Emmanuelle Menard, Fabienne Muet, Stéphanie Blanchoud, Corinne Hoex, Marie-Paule Kumps, Jeanne Dandoy, Nadège Prugnard, Christine Aventin, Suzanne Emond, Ariane Buhbinder, Sophie Landresse, Virginie Thirion, Sarah Brahy,  Aurélie Namur,  Laure Saupique, Julie Gilbert, Marie Fourquet, Claire Gatineau, Chantale Myttenaere, Vinciane Moeschler, Caroline Logiou , Florence Minder , Eve Calingaert, Marie Henry , Anne-Cécile Vandalem, Carole Thibaut, Coline Struyf, Françoise Mazérat,  Marie-Laure Beraud, Rose-Marie François, Geneviève Damas, Layla Nabulsi, Sylvie Landuyt, Frédérique Dolphijn, Veronika Mabardi, Métaphore Muette,  Johanne Saunier, lesquelles d’entre elles seront rappelées à l’ordre… ?
Elles, ces mâles ratés [1], ces morceaux peu choisis de la côte d’Adam. Elles n’ont pas écouté la distribution, la devise, l’ordre : « Tu devras toujours porter le deuil, être couverte de haillons, et abîmée dans la pénitence afin de racheter la faute d’avoir perdu le genre humain… femme, tu es la porte du diable. »[2]

On le sait, on le dit depuis belle lurette, elles sont des (…)(…)(…)(…) etc.
Commettant des fautes par millions, de leurs paroles à leurs actes. Des méfaits par milliers, de leurs bouches trop rouges à leurs vagins trop bavards. Naturellement, leurs menstrues empêchent les plantes de pousser, font rouiller le fer, donnent la rage aux chiens, empêchent la mayonnaise de monter, c’est connu. Le pape Jean XII [3] a dressé la liste des cent deux vices des femmes (bavardes, criardes, querelleuses, insensées, désobéissantes, impudiques, inconvenantes …).
Ces femmes, ces succubes, sont des corps ; des animales, des sensuelles, des tentatrices, des faible(sse)s.
Et nous parlons ici des plus jeunes car dès qu’elles sont engrossées, qu’elles mettent bas, il faut encore les supporter vieillir. Leurs humeurs dangereuses non évacuées (ménopause… men, ô pause ?) les rendent plus nocives que les pires poisons, poisons qu’elles sont. Vieilles, elles revendiquent parfois des droits à l’autorité, à la sagesse, à la gnose.

Heureusement qu’il y a eu des dociles, des convenables, des accommodantes, des gentilles. Les élégantes de Venise montées sur des semelles de cuir de dix-huit centimètres, avec leur deux servantes assistant mesdames pour marcher, les Précieuses Ridicules parfumées au musc de castor et aux petites fleurs afin de combler l’éros et la rose, les geishas, les concubines, les Vestales, les Sabines, les Loana, les Nabila… Quelques Vierges à l'enfant ayant donné et donnant encore des dauphins infantiles, recherchant le sein nourricier qu'une image maternelle toute-puissante voudra bien leur donner. Quelques Vénus « bien » proportionnées (ou callipyges en d’autres temps et lieux), icônes intouchables ou violables, entre les deux, les corps balancent.

Pourtant, rien ne résout le mystère. Qui sont ces hommes qui réussissent ou ratent à tour de bras, qui doivent sans cesse re-conquérir, ré-entreprendre, entrer en formation, faire le Chemin… leur Passion est le Silence [4] de la femme. Cet appel du vide, ce vertige des profondeurs insondables ne demande qu’à être comblé - sauf pour les Deep Throat [5] les plus honorées, les veinardes – et pourtant.
La jouissance des femmes est une vision de l’esprit, un territoire flou, une ombre tapie dans les cuisines, le monstre des placards (à balais).
S’épancher ou s’étancher, les femmes ne savent elles-mêmes pas toujours ce qu’il en est, alors les autres, pensez donc.
L’aliénation a encore des beaux jours devant elle(s).

© Milady Renoir



[1] Propos d’Aristote.

[2] Tertullien v230 – 240 - Genèse.

[3] En 954, Jean XII devient pape à l'âge de 18 ans. Il ne pense qu’à faire la cour aux femmes, à festoyer et à participer aux parties de chasse. Surnommé par les chroniqueurs de l’époque, l’Antéchrist siégeant dans le temps de Dieu.

[4] Synonyme de l’extase chez les moniales

[5] Deep throat (Gorge profonde), film pornographique États-Uniens - Une jeune femme, Linda, consulte un médecin pour lui faire part de ses difficultés à atteindre l'extase lors des rapports sexuels. Il l’informe que sa frigidité s’explique par le fait que son clitoris est localisé au fond de sa gorge. Le remède prescrit est simple : il lui suffira d'avaler un organe masculin pour atteindre la satisfaction - http://fr.wikipedia.org/wiki/Gorge_profonde_%28film%29

 

21:14 14/12/2013 | Lien permanent | Tags : act-u, textes |  Facebook

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