10
nov

Lumières.

 

À P.

Elle dit tout, si absolue, si résolue à pénétrer partout, même plus que partout, elle arrive par tout, par les bouts et les interstices, elle fait ce qu’elle veut et sait par les intermédiaires, entre chaque plume, chaque morceau, chaque os, chaque fente… chaque révélation est sienne.

Tu la connais mieux que moi.

Ceux qui l’oublient s’oublient, s’éteignent, s’avarient.
Ceux qui la percutent s’arrêtent là, pour toujours.
Ceux qui la volent ne s’en remettent pas, ni à eux-mêmes.

A travers elle, tout passe, rien n’est évité. L’eau, la fange ou l’air savent user de sa puissance pour n’être qu’eux.

Tu la reconnais mieux que moi.

Je n’ai jamais su la regarder, je n’ai jamais pu la regarder en face. Depuis née, je suis dans le repli de ce qu’elle crie. Aucunement je ne saurai lui dire combien j’envie sa distance, son lien à tout, son implacable intégrité.

Tu as l’air de la transporter entre tes tempes, souvent, quand je te vois bouger/danser/parler/regarder/taire/chercher, je me dis qu’elle est ta sœur, cette lumière.

Elle, elle dit tout, si absolue, si résolument complète, entière et toi, en elle, elle en toi, tu reçois, tu perçois, tu virevoltes à son ampleur.

Et tes objets, toi, longue marionnettiste, je les sens cherchant la lumière… je les crois, tes avatars trompant le semblant, ils m’impressionnent tes amis imaginaires battant le vent, je finis par les aimer (car d’abord, ils me troublent dans la peur) tes miroirs articulés...

Et la lumière, quand tu disparais derrière tes extensions palpables, elle n’a plus la même lumière.

 

© Milady Renoir / Ateliers Mommen / Atelier « Ecrire, choisir, … » - Toussaint2013

Hannes Kilian. Light scripture of dance, 1950.jpg

 

(Hannes Kilian. Light scripture of dance, 1950)

10:35 10/11/2013 | Lien permanent | Tags : textes, atelier |  Facebook

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