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oct

tu n'est pas je

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tu es un oiseau
tu fonces sur les immeubles, tu remarques les vitres, tu esquives, tu te prends un virage, un courant d'air chaud, tu remontes, tu virevoltes, tu rigoles en matant les hommes en bas s'entasser dans les rues au dessus des égoûts et tu attends le printemps, toujours, la mort jamais

tu es un chien
tu circules entres les jambes, tu renifles des entre deux (raies, cuisses, creux), tu dégorges ta langue pour te rafraîchir ou te lécher les poils, tu gémis quand tu veux l'amour, tu gémis quand on te pince les babines, tu sais que tu es chien, on te le dit tout le temps

tu es un crabe
tu lis tout en diagonale, tu as le sablier pour univers et le calcaire pour structure, tu avances sans te retourner, sauf si un prédateur te pique en plein coeur, là, tu trépignes tel une tortue renversée et tu cherches l'eau de la mer comme le sel, tu es malheur pour ceux qui te porte

tu es un éléphant
tu n'épargnes aucune herbe, aucun tronc, tu as mille défenses et mille histoires, on mentionne ta mémoire et ta vision de ta propre mort comme d'une réussite, un mystère, finalement, tu dois bien t'emmerder avec tout ce poids légendaire, ton nez est un priape, tes yeux disparus sous l'écorce, tu es le château fort, la tour d'ivoire, le comble de la puissance, pourtant bientôt éteint

tu es un enfant
tu dis maman avec la salive au bord du nez à chaque pas, tu t'accroches aux jupes comme les tiques aux chiens de chasse, tu touches ton zizi, tu touches ton palais avec ton pouce préhenseur, tu penses en deux teintes et en deux temps, tu aimes les balles, les lignes droites et les obstacles pour les sauter, tu as le soleil dans les yeux et la main dans le slip, tu vas grandir te dit-on mais toi tu aimes déjà rester où tu en es, ça peut toujours servir de ne pas en faire plus

tu es un homme
tu as ce qu'il te faut la plupart du temps, ce qui équivaut à quelques plaisirs, quelques pulsions et quelques vérités ancrées entre tes poings, tu cherches, tu trouves, tu nies, tu pilles, tu mérites, tu parais, tu sais de moins en moins, tu vieillis, tu saisis des opportunités et eu crois que le vent ne t'entend pas avoir peur.

19:33 04/10/2013 | Lien permanent | Tags : textes |  Facebook

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