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oct

horizon sans teint

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ne pas avoir ce qu'on croit, ne pas être aussi loin qu'on pense, être au point de départ, mais un départ sans autre limite que la ligne, laquelle quand on la retourne dans le sens contraire, est aussi l'arrivée, départ reporté à cet autre départ, répété constamment, résolument, comme si tout d'avant n'avait ni incidence ni conséquence sur le pendant, et que ce pendant bientôt nommé après (selon les rumeurs) n'a pas de place dans le processus, ni dans le résultat, que tout ce qui est là n'est là qu'à cet endroit là, sans variété de curseur, sans diversion d'intensité, juste un point, peu importe la couleur ou la profondeur, éternellement là, enfin dire là avec une forme d'optimisme mais savoir qu'en fait de là on parle plutôt d'ici, un ici d'ailleurs expressément sans là, un ici omnipotent, sans volonté de devenir là, en fait, un ici exclusivement petit, contrit, précisément visible, exactement dans le centre du corps, entre tout le mélange, les fluides et les équilibres, juste comme ça, posé au creux du monde, en plein soi, comme une intention perverse contre le temps, contre l'espace, une imperceptible violence qui retire l'élan, annihile le chemin,
oui, il y a bien quelques mouvements, oui, il y a bien quelques indices d'oscillations mais ce sont des courbes qui finissent par n'être que des cercles parfaits, des cercles qui, même agrandis, amplifiés, sont bien obturés, bien scellés, bien clôturés, de sorte que même si on a l'impression d'en pénétrer un pour la première fois, celui-ci finit par se découvrir infiniment connu, par développer en soi un sentiment de déjà vu mais on ne sait rien vraiment, ce déjà vu est un mensonge de l'espoir, une rature optimiste, pour sûr, c'est vérifié, on ne sait pas déceler l'impression de la réalité et ce doute, cette crainte d'avoir raison, 'et si j'avais été là avant d'être ici", cette potentielle faille s'estompe après quelques tours de cage, morte dans son œuf.
On en revient au premier point, petit comme l'infini qui n'existe pas (sinon, on l'aurait digéré) petit comme soi, petit comme le petit centre du grand cercle qui tourne sur lui et sur soi.

15:23 03/10/2013 | Lien permanent | Tags : textes, humoeurs |  Facebook

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