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Stalker / Ciel/ciels/cieux (Merci Suzy)

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Le saviez-vous, les Cieux sont une pure intériorité, un parfait dedans, large comme l’infini et profond des profondeurs mêmes de l’éternité ; mais encore faut-il pouvoir passer des apparences aux profondeurs de l’être ; dépasser la pesanteur du « Moi je » pour accéder à cet enjeu véritable qui est la vraie vie, par le jeu subtil des voiles, des miroirs et des transparences.

L’alpiniste qui a cette expérience des hauts sommets neigeux, ou le spéléologue aguerri aux profondeurs terrestres le savent, ils ont saisi par la chair autant que par intuition cette réalité-là, ils ont acquis par expériences multiples les données de ce subtil paradoxe : quels que soient le sens du voyage, les allées et venues, le fait de monter ou de descendre, qu’importe ! Ce n’est pas là une question de « logique » ou de sens particulier, mais une épreuve, une véritable épreuve « para - logique », où tous nos repères deviennent obsolètes comme un vélo sur Mars, c’est-à-dire que l’épreuve éprouvée y est la preuve même d’une topologie singulière et d’un voyage tout « intérieur » au cœur des choses.

Seuls les hauts sommets immaculés, couronnés d’épais nuages, peuvent mener à cette profonde intériorité ; seuls les pics montagneux peuvent ouvrir aux grandes profondeurs de l’âme humaine, car ce qui est dehors est aussi comme ce qui est dedans, mais en plus profond !

C’est là même toute la magie des mots qui est aussi celle des belles images, une précieuse alchimie que l’on-dit « du verbe » tellement les mots et les interprétations nous manquent face à de tels paysages ou devant de tels visages, des lieux où la grâce se pose comme la neige au faîte des montagnes.

Il faut semble-t-il se délier des chaînes de montagnes, des couchers de soleil sur l’océan, des enthousiasmes vains et des exaltations passagères pour se détacher de l’illusion de l’extérieur aux allures de miracles, afin de déchainer les apparences de toutes les éminentes convictions qu’elles portent en elles.

Entre le dedans et le dehors se joue une relation unique, parce qu’un grand principe établit qu’un fluide remplissant plusieurs espaces reliés entre eux par un boyau central est soumis à un effet de siphonnage, et ne dit-on pas d’ailleurs que certains hommes sont complètement siphonnés ! Entre les espaces telluriques et célestes, comme entre l’encre et le sang, c’est ce même jeu d’aspiration qui se joue et ce même principe des vases communicants qui règne en maître.

Ce principe coule de source et découle du fait que la pression existentielle entre le dedans et le dehors est proportionnelle à la profondeur de l’âme humaine, quelle que soit la couleur ou la forme de cet humain, l’effet de capillarité proviendrait lui-même de l'étroitesse d’esprit qui nous caractérise comme Homo Sapiens.

(…)

Stalker, le passeur de Ciel (extrait) -

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