6
mai

Poète nu, encore.

death to unicorn.jpg

"Quand j’aurai retiré mon poète
Mon pédé ma barbe mon bâtard
Mon algérien mon sommeil
Mon soleil (slip minimum) mon
Bavardage ma mer,
Dévêtu comme un pape sur le seuil de Dieu,
Nu
Comme un empereur pour le sacre,
(Ouvrier sous la douche)
— mon mendigot —,

Vous me verrez.
Avec une poitrine capable d’accueillir l’espérance et l’espace.
Des épaules pour le temps
Des poumons un cœur réguliers
Pour une marche souple
Parmi la vigoureuse tendresse du matin
(Genou intact, Rimbaud sauvé),
Vous m’aimerez.
En attendant, avec tous ces mots de nylon,
Je transpire et je feins."

—    Jean Sénac -  Alger, 17 octobre 1970

22:37 06/05/2013 | Lien permanent |  Facebook

Les commentaires sont fermés.