7
nov

Une certaine gaieté (qqpart entre Liège et chez moi)

Chers, gens, amis, autres

voilà, les assises du cul ont eu lieu. Des lectures de Pierre Huson et Jean-Paul Bonjean ont servi d'amuse-bouche, d'entrée et dessert. Je fus peut-être un plat de résistance (ah oui, la résistance, l'état d'être contre, à l'encontre).

En fait, mon ressenti est mitigé. De moi à vous, je vous dis.

L'objectif de cette performance est de tenter et tester la distance entre le public et les moi(s) (émoi) que je mets en scène. Une forte scénographie qui rejoint l'intime (beaucoup des objets sont mes miens, mes fétiches, mes symboliques, mes trucs de chez moi et mon corps de surchargé à la nudité (toute relative vu que je suis fardée, remplie de chairs et de gras et tatouée) à l'extime (ce qui est là, le lieu, les gens, les corps, les odeurs, les bruits extérieurs, le contexte, les lecteurs, le bar..). Aussi, je me charge de provoquer la séduction ou la répulsion à travers des effets du féminin, de l'outrance au sourire humble, de la provocation à l'attente.
Ici, les gens étaient assis, attentifs aux lectures de Pierre & Jean-Paul. De l'humour. Du cul.
Et mon carré de choses rempli de peaux d'animaux, d'animaux morts, d'objets sexués, de livres fondateurs (pour moi), de références à ma vie (de vêtements et cheveux de Cassius aux petits objets rapportés de petits voyages) et des liens (cordons, fils, laines, scotchs, lanières, raphia, fil...) pour que les gens viennent à moi ou que j'aille à eux.
Et pendant la performance, tenter d'être moi même, face à ce qui arrive, de déception à euphorie, être parmi les gens, voir et attendre, ne pas prévoir d'être telle ou telle, être dans le mouvement spontané en pensant à 3 états (animal, golem/matière crue, femme) pour jalonner mes états.

l'idéal, là, résumé.

Mais, à qqs jours de la date, des hésitations face à ma vie personnelle, des objectifs curieux, mêlés. Une forme de retrait du monde et des liens avec lui, avec les gens. Une ambiance de novembre, une envie de me voir plus mince, plus quelque chose, moins comme ça, une insatisfaction dans la vie qui m'a fait hésiter. Si je dois être moi même face à cette performance qui se veut non-spectacle, dans l'état de ce que je suis, pourquoi ne pas annuler, pourquoi ne pas renoncer... était-ce une forme de trac? ou un état plus profond qui m'a dit: ne le fais que si tu consens à tout ce que tu seras.

Mais l'engagement, l'envie de se prouver quelque chose, à soi et aux autres. Et puis, l'enjeu, le jeu: rire de cette fête du cul, rencontrer encore un peu, vivre face à quelques uns. Paradoxe. Complexité.

Ce soir là, donc, aidée, soutenue par les amis Guillaume, Norma, Thomas et aussi Marie et Vincent, me voici accoutrée, sur-enchérie, déguisée en chienne de garde, en Golem, en matière brute et noble, en pute froide, en monstre prude, en chimère. Accoutrée de références SM, fétichistes et de ridicule (comme une précieuse)... Un pied de cochon dans un soutif trop grand, du talc de bébé dans l'autre sein, un collant rose opaque chair timide et frigide, du plastique latex entre papier poubelle et combinaison Maîtresse. Et du fard noir sur les lèvres et les yeux, de la dentelle XIXe S. et un masque à fellation. Autant le dire, j'ai chargé pour être quelque chose, une vision, un appareil à regards, un attrape-badauds. Un théâtre d'anatomies (http://pages.infinit.net/cabinet/anatomie.html).
Seulement, qqpart en moi, le rêve d'une ligne, d'une simple ligne, d'une simple robe "pure" et de pieds nus et de petits pois de marais et des cheveux légers. Paradoxe mal assumé. Je me suis un peu traînée devant les gens, entre les chaises, j'ai un peu joué avec une perceuse, un scalpel (chair coupée en un claquement de doigt, me voici blessée, en sang, et le rose du collant rougit), un mégaphone, un crâne de poulain mort né trouvé dans les Pyrénées... Une mise en vie d'un cabinet des curiosités (http://pages.infinit.net/cabinet/definition.html).
Et puis, mon regard est passé de mes yeux au faîte de mon crâne et je me suis trouvée spectatrice de mon corps... j'ai crains ne pas être ce que je voulais être et j'ai abandonné. Je n'ai plus voulu jouer le jeu, je me suis assise au milieu du bordel, des gens (public ou pas public) et j'ai parlé, exprimé mon doute, mon mécontentement, j'ai alors décidé de ne plus jouer au jeu, de ne plus aller contre mon rôle, de ne plus me théâtraliser. Je me suis dénudée (sauf le collant pour une raison de pudeur après tant d'exposition) et suis restée là, devant la scène,encore un peu joueuse pour sauver une apparence, puis, j'ai caché mes seins derrière le plateau qui avait soutenu la tête de cochon et les feuilles mortes, je me suis mise sur mon séant, j'ai attendu que des gens disent, parlent, partent, aillent boire un verre, se demandent ce qui se passe, se demandent si c'est fini, si c'est que ça, si c'est clair, si c’est brouillé, brouillon.

ce que je retiens.
* se donner en spectacle: jusqu'où?
* donner/prendre avec le public: quelles limites?
* être soi ET/ou être une autre face à...

Voilà pour le désordre, quelques retours personnels, quelques questions en cours, en chantier.

Il y a un grand mélange de sensations et sentiments, de pourquoi à comment, de quoi à qui. Une déception face à l'idéal et en même temps, une réalisation de la réflexion que cette performance peut apporter qui me fait avancer, qui me rend encore plus moi même, finalement.


Je vous fais part de mes lieux intimes, de mes brols parce qu'à un moment, vous avez, plus ou moins intimement, participé à l'aventure ou vous en avez été curieux.


Aux plaisirs de...


Emmeline
alias
Milady
ou le contraire (encore une question face à la performance. Milady a tuer Emmeline. Emmeline m'a tuer... etc.)
  
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23:02 07/11/2011 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

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