16
jan

Claudien

Si un jour [le poisson-torpille] absorbe de la nourriture qui camoufle l’airain,

Et sent qu’il est retenu par l’hameçon recourbé,

Il ne se dégage pas ni n’essaie de l’arracher d’une vaine morsure,

Mais par ruse, il se rapproche pour se joindre à la noire ligne

Et se souvient du pouvoir que sa capture lui confère;

Et sur toute la surface de la mer, une noire secousse

Se répand de ses veines empoisonnées.

Sa  puissance se propage en haut de la ligne,

Et quitte les flots pour paralyser le pêcheur à distance.

L’horreur effrayante jaillit des profondeurs marines,

Et grimpant le long de la ligne pendante,

Elle en traverse les nœuds avec un froid mystérieux,

Et encercle la main triomphante de sang coagulé.

Le pêcheur rejette à la mer un fardeau funeste, et une proie rebelle;

Et il rentre chez lui, bredouille et sans canne à pêche.


Claudien, Chants mineurs, 9.

 mermaid


(merci Medellia)

18:52 16/01/2010 Publié dans Général | Lien permanent |  Facebook

ce soir

 lavant2

 







Vs.

m moreau













@ Poème - Saint-Gilles

 

18:49 16/01/2010 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

15
jan

Extrait de STEPPE de Vincent Tholomé

 Christian Weaber sand











Nous serions nés il y a trente ou cinquante ans. Entre les pierres et les os des bêtes ras-du-sol. Humant l’air de nos narines humides. Indéfiniment. Nous serions des mâles en rut. Perpétuellement. Mesurant deux mètres au garot. Le crâne parfaitement lisse. Rasé de près. À la lame Gilette. Pesant deux cents livres et portant des bottes de peaux aux talons compensés. Ressemblant à des bêtes en somme. À des boeufs musqués de la plaine. Aux têtes dures des toundras. Petites fourmis pourtant naviguant dans la steppe. Errant au hasard d’un bord à l’autre de steppe. Transportant nos yeux crevés. Nos cicatrices. Taillant le soir nos dents en pointe. Limant nos barbes de trois jours. Nous roulerions des mécaniques. Avançant d’un pas lent et lourd. Enfonçant nos corps massifs dans les plaines. Les brouillards infinis recouvrant monde. Recommençant l’affaire tous les jours. Petits robots mécaniques ne connaissant ni fatigue ni douleur. Engoncés dans le mouvement perpétuel. La lente progression de la troupe parcourant terre. Un rien pourtant nous distrairait. Nous arrêterait au bord des routes. Des sales pistes gelées. Une canette vide ferait l’affaire. Déclenchant entre nous une guerre franche et sportive. Nous divisant soudain en deux clans. Expédiant alors nous autres des grands coups dans l’espace. Propulsant l’aluminium dans les airs. Tentant nous autres de marquer un but. De vaincre l’adversaire. La moitié d’entre nous torses nus. Les autres vêtus de leur casaque de cuir. Tout toujours se terminant en pugilat. Notre activité physique favorite. Cassant deux ou trois dents. Faisant sauter les plombs. Nous péterions pourtant la santé. Habitués nous autres à la vie saine. Au grand air. Aux longues heures passées tapis dans l’ombre. Observant à la jumelle infra rouge le mouvement des troupes. Nous confondant avec la terre. Laissant pousser sur nous les mousses et les fougères. Attirant sans le vouloir les ruminants. Les vaches maigres et musquées. Les bêtes broutant nos pétoires. Explosant soudain dans les airs. Se répandant alors en miettes. En poussières de bêtes. Entre les fleurs et les graminées. Manquant pourtant nous autres chaque hiver de claquer. Terminer notre course effrénée quelque part. Un lac de bitume ou un trou dans la terre. Une caverne rapidement improvisée. Supposée nous sauver du froid. Du gel et du vent. Épuisant nos réserves de conserves en quinze jours. Regrettant subitement de n’avoir pas fait les courses. De nous être une fois de plus disputés. Divisés sur l’affaire. Ne tenant jamais à jour le nombre de fois où chacun aurait pris sa bécane. Sa superbe moto japonaise. Oubliant dès lors qui se serait rendu dernièrement à l’hypermarché. Chacun accusant l’autre de noyer l’affaire. De chercher comme toujours à carotter. Échapper à la corvée. Suçant nous autres pour tuer le temps des graminées. Affectant ainsi les connections nerveuses. Assoupissant nos pensées. Ralentissant soudain nos gestes. Nous fragilisant soudain nous les chiens fous des toundras. Le petits soldats de l’armée Kouropatkine. Parcourant la terre. Effrayant les sédentaires. Les milliers de fermiers dispersés dans la plaine. Les milliers de fermières protégeant leurs arrières. Comme tout le monde nous choperions des maladies. Subirions des attaques en règle de bactéries. Nous moucherions dans nos manches chaque fois que nous prendrions d’assaut une usine chimique. Un laboratoire secret camouflé dans un champ. Une fausse discothèque à néons roses et bleus. Quelquefois nous serions temporairement hors service. Refusant soudainement de nous lever. De quitter la douce chaleur des yourtes. Le doux plaisir des draps. Prétextant n’importe quoi. La perte provisoire de l’usage d’une jambe. Une attaque cardiaque. N’importe quoi. Nos corps seraient tellement mis à rude épreuve. Nous passerions alors des heures au lit. Nous adonnant à la lecture de magazines. De catalogues anciens pour salle de bains. Admirant les tuyauteries. Prenant des notes sur les carrelages. Passant d’incroyables commandes. Nous demandant si tout cela toute cette affaire se réaliserait un jour. Nous adonnant à notre seul vice. Nous cassant parfois une jambe exprès. Gardant le lit. Gavés de bouillons gras. De petits plats en sauce. Habilement préparés par elles. Nos garçonnes. Nos petites chéries d’amour. Nos nanas en sucre d’orge. Nous refilant toujours de génération en génération les mêmes visages carrés. Inexpressifs. Les mêmes mains taillées pour la route. Les mêmes petits yeux porcins. Nous ressemblant tous comme des frères. Des amis sincères. Extraordinaires. Trinquant souvent ensemble dans les bars. Avalant des laits de chèvres. Comparant les nicotines. Les infimes variantes d’additifs et de goudron. Défendant bec et ongles telle ou telle marque. En venant aux poings. Étendant pour le compte l’adversaire. Le laissant pour mort sur les planches friables. L’abandonnant à son sort. Sortant alors nous autres du boui-boui. L’arme à bout de bras. Pétaradant sur les places publiques. Défonçant les fenêtres. Muscles bandés. Nous trébuchant pourtant toujours au retour. Nous prenant nous les pieds dans les tapis indiens vers minuit. Quand nous rentrerions de virée si possible sans bruit. Pénétrant le doigt sur la bouche dans nos yourtes. Nos belles maisons conjugales en toile de plastique blanc. Si étincelantes à l’horizon sous le soleil d’été. Incapables nous autres de lever nos chaussures et nos pieds à plus de cinq millimètres du sol. Recevant alors sur nos têtes un coup de bambou. Un rouleau à tarte. N’importe quoi. Nous expédiant tous sur le sol. Allongés pour le compte. À la merci de nos femmes. Nos garçonnes rieuses et colériques. Ne nous laissant rien passer. Aucun écart. Nous trouant la peau sinon. Diraient-elles. Feraient-elles. Nous envoyant rejoindre nos pères. Nos glorieux ancêtres. Ailleurs. Dans un autre temps.

Vincent Tholomé.

http://remue.net/spip.php?article3469
(illustration by Christian Weaber)

10:11 15/01/2010 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

Le Laid Bidule entre au musée!!!

Mal élevé, impertinent, de mauvais goût, le laid bidule entre (enfin) au musée!

Collectif à géométrie variable constitué de comédiens, de plasticiens, de photographes, de vidéastes,... le Laid Bidule s'illustre depuis une dizaine d'années au travers d'interventions improvisées, de performances et d'expériences vidéo. Pour marquer leur joyeuse entrée au musée Ianchelevici, ses mentors ont créé la LB Company, une vraie-fausse société anonyme, dont ils sont les managers producteurs. Constatant non sans bon sens que le produit de consommation détient aujourd'hui sa place au panthéon des œuvres d’art, le Laid Bidule offre une vision décalée de la production artistique en tant que valeur marchande.  Alors que cette multinationale de l'absurde investit le musée, les salles d'exposition se transforment littéralement/au propre comme au figuré en foire d'art contemporain, sorte de work-show in progress qui évoluera au fil d'interventions dans lesquelles la vraie nature du Laid Bidule refera immanquablement surface.

LB invitation mail-1











www.lb-company.com

Linda Vaccarello   Frédéric Blin   Philippe Decressac  Olivier Duriaux   David Greuse   Sébastien Hutse  Pascal Marlier    Gionatan Sicilia    Claudio Forgione

vernissage le vendredi 22 janvier 2010 à 19h au musée Ianchelevici, place communale, La Louvière (Belgique)

10:01 15/01/2010 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : arts |  Facebook

14
jan

Einstürzende Neubauten - Stella Maris

EN - wrong pole

02:11 14/01/2010 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : ego trip-e, muse hic |  Facebook

Marie L. signe

Invitation









Rencontre/Dédicace
RED SOFIA SONG de Marie L.
Samedi 23 janvier 2010
17h30-20h00
Librairie LES CAHIERS DE COLETTE, 23/25 rue Rambuteau, Paris.

Red Sofia Song, je l'ai lu entre Noël cruel et Jour de l'An bienveillant. Je l'ai lu pour savoir, pour rencontrer, pour connaître un visage derrière un ou deux que je connais déjà de S. Marie L. J'ai mangé des phrases sans ponctuation, sans respiration. Il y a eu un creux dans mon sternum, convexe, complexe. Un jeu avec les envies, les espoirs. Il y a eu une dérive, un bord de mer jaune, un ciel rouge. Des images précises comme un rappel d'une vie abordée avec oubli. Le livre a été comme une mémoire, nue la nuit*, avec ce que je peux engendrer de retour. J'ai senti une proximité, un rapport nu au corps cloîtré dans un coeur pur, rude, noueux. J'ai fermé le livre avant la dernière page. J'ai vécu entre temps quelques fuites, quelques débordements, quelques conséquences. Il y a une semaine, j'ai reserré le livre, près d'un lit que je n'habite plus depuis des semaines, sauf pour y ranger le linge, les papiers, les objets trouvés. J'ai lu, enfin, en fin, la dernière page, puis celle qui lui succède, les mercis, les on dit. Une fin heureuse sans prince apprivoisé, ni dragon déchu, juste une putain envie de vivre avec, une salope de vision tournée vers le soleil, aussi brûlant, avide et aride soit-il. Un soleil avec un ver dedans, mais un soleil qui donne photosynthèse et hâle de miel, et finalement, quand le coeur aura cessé de battre, peut-être que nous serons heureux d'avoir un joli teint. Nous aurions le rictus enjoué grâce à cette peau qui se collera bientôt sur les os, fiers de celle qui nous aura le plus rendu service, la peau - nos dermes, nos couches.
Ce livre, S. Marie L., a été une seconde peau lors d'une fin d'année ridicule et puérile, je te remercie, chère, et t'embrasse sur un minuscule bout de cette peau, tatouée à l'or fin.


* et parler de la nuit alors qu'on ne dort jamais, nous le savons, quelle piètre imposture.

00:04 14/01/2010 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : lis tes ratures, ego trip-e |  Facebook

13
jan

de toute façon, j'm'en fous, quand j'srai grande, j'me marierai avec Angelo Branduardi.

Angelo branduardi1 












NA!

22:18 13/01/2010 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : ego trip-e |  Facebook

Sa nuit chez Maud

ma nuit chez Maud - Rohmer









 

Voilà qui est bon.

21:55 13/01/2010 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : arts, ego trip-e, humoeurs |  Facebook

Volar?

http://www.youtube.com/watch?v=-lWyKm6dqCk

21:21 13/01/2010 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : arts |  Facebook

MM Le mot dit... (hum)

Diane Arbus asylum inmates

C'est grâce à quelques hommes qui paraissent inutiles qu'l y aura toujours un certain nombre d'hommes incontestablement utiles. La meilleure partie du bien qu'on fait autour de nous à cette heure, est née d'abord dans l'esprit de ceux qui négligèrent peut-être plus d'un devoir immdiat et urgent pour réfléchir, pour rentrer en eux-mêmes, pour parler.

Maurice Maeterlinck, la sagesse et la destinée.

11:41 13/01/2010 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : ego trip-e, lis tes ratures |  Facebook