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jan

Claudien

Si un jour [le poisson-torpille] absorbe de la nourriture qui camoufle l’airain,

Et sent qu’il est retenu par l’hameçon recourbé,

Il ne se dégage pas ni n’essaie de l’arracher d’une vaine morsure,

Mais par ruse, il se rapproche pour se joindre à la noire ligne

Et se souvient du pouvoir que sa capture lui confère;

Et sur toute la surface de la mer, une noire secousse

Se répand de ses veines empoisonnées.

Sa  puissance se propage en haut de la ligne,

Et quitte les flots pour paralyser le pêcheur à distance.

L’horreur effrayante jaillit des profondeurs marines,

Et grimpant le long de la ligne pendante,

Elle en traverse les nœuds avec un froid mystérieux,

Et encercle la main triomphante de sang coagulé.

Le pêcheur rejette à la mer un fardeau funeste, et une proie rebelle;

Et il rentre chez lui, bredouille et sans canne à pêche.


Claudien, Chants mineurs, 9.

 mermaid


(merci Medellia)

18:52 16/01/2010 Publié dans Général | Lien permanent |  Facebook

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