26
aoû

le paranormal, nous n'y croyons pas, nous l'étudions...


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22:59 26/08/2009 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : place net |  Facebook

Une vie bouleversée

Une vie bouleversée de Etty Hillesum (1914-1943)

Née le 15 janvier dans une famille juive des Pays-Bas, elle vint poursuivre ses études universitaires à Amsterdam. Quand eurent lieu les premières rafles des Juifs par les nazis, elle décida de s’engager au service des internés dans le camp de « transit » de Westerbork. Internée à son tour, elle fut déportée à Auschwitz le 7 septembre 1943 et y mourut le 30 novembre. Son journal, écrit entre 1941 et 1943, est un extraordinaire témoignage sur sa vie intérieure durant ces années terribles. Bien que juive, Etty Hillesum avait comme livres de chevet les Confessions d’Augustin et la Bible, notamment le Nouveau Testament qu’elle citait souvent. Non chrétienne par le baptême, cette âme hors du commun vécut intensément les valeurs chrétiennes par son altruisme et son amour de Dieu.

etty_hillesum

Jeudi 17 septembre [1942] , 8 heures du matin. Le sentiment de la vie est si fort en moi, si grand, si serein, si plein de gratitude, que je ne chercherai pas un instant à l'exprimer d'un seul mot. J'ai en moi un bonheur si complet et si parfait, mon Dieu. Ce qui l'exprime encore le mieux, ce sont ses mots à lui : « se recueillir en soi-même ». C'est peut-être l'expression la plus parfaite de mon sentiment de la vie : je me recueille en moi-même. Et ce « moi-même », cette couche la plus profonde et la plus riche en moi où je me recueille, je l'appelle « Dieu ». Dans le jour­nal de Tide, j'ai rencontré souvent cette phrase : « Pre­nez-le doucement dans vos bras, Père. » Et c'est bien mon sentiment perpétuel et constant : celui d'être dans tes bras, mon Dieu, protégée, abritée, imprégnée d'un sentiment d'éternité. Tout se passe comme si chacun de mes souffles était pénétré de ce sentiment d'éternité, comme si le moin­dre de mes actes, la parole la plus anodine s'inscrivait sur un fond de grandeur, avait un sens profond. II m'écrivait dans une de ses premières lettres : « Et chaque fois que je peux dispenser autour de moi un peu de ce trop-plein de forces, je suis heureux. »

II vaut certainement mieux que tu aies amené mon corps à crier « halte-là », mon Dieu. Je dois absolument retrou­ver la santé pour accomplir tout ce qui m'attend. Ou bien n'est-ce qu'une vision conventionnelle de plus ? Même un corps maladif n'empêchera pas l'esprit de continuer à fonctionner et à porter ses fruits. Ni de continuer à aimer, à être à l'écoute de soi-même, des autres, de la logique de cette vie, et de toi. Hineinhorchen, «écouter au-dedans », je voudrais disposer d'un verbe bien hollandais pour dire la même chose. De fait, ma vie n'est qu'une perpétuelle écoute « au-dedans » de moi-même, des autres, de Dieu. Et quand je dis que j'écoute « au-dedans », en réalité c'est plutôt Dieu en moi qui est à l'écoute. Ce qu'il y a de plus essentiel et de plus profond en moi écoute l'essence et la profondeur de l'autre. Dieu écoute Dieu.
Comme elle est grande la détresse intérieure de tes créa­tures terrestres, mon Dieu. Je te remercie d'avoir fait venir à moi tant de gens avec toute leur détresse. Ils sont en train de me parler calmement, sans y prendre garde, et voilà que tout à coup leur détresse perce dans sa nudité. Et j'ai devant moi une petite épave humaine, désespérée et ignorant comment continuer à vivre. C'est là que mes difficultés commencent. Il ne suffit pas de te prêcher, mon Dieu, pour te mettre au jour dans le cœur des autres. Il faut dégager chez l'autre la voie qui mène à toi, mon Dieu, et pour ce faire il faut être un grand connaisseur de l'âme humaine. Il faut avoir une formation de psychologue : rap­ports au père et à la mère, souvenirs d'enfance, rêves, sentiments de culpabilité, complexes d'infériorité, enfin tout le magasin des accessoires. Dans tous ceux qui vien­nent à moi, je commence alors une exploration prudente. Les outils qui me servent à frayer la voie vers toi chez les autres sont encore bien rudimentaires. Mais j'en ai déjà quelques-uns et je les perfectionnerai, lentement et avec beaucoup de patience. Et je te remercie de m'avoir donné le don de lire dans le cœur des autres. Les gens sont parfois pour moi des maisons aux portes ouvertes. J'entre, j'erre à travers des couloirs, des pièces : dans chaque maison l'aménagement est un peu différent, pourtant elles sont toutes semblables et l'on devrait pouvoir faire de chacune d'elles un sanctuaire pour toi, mon Dieu. Et je te le pro­mets Je te le promets, mon Dieu, je te chercherai un loge­ment et un toit dans le plus grand nombre de maisons possible. C'est une image amusante : je me mets en route pour te chercher un toit. Il y a tant de maisons inhabitées, où je t'introduirai comme invité d'honneur. Pardonne-moi cette image assez peu raffinée.

Le soir, vers 10 heures et demie. Mon Dieu, donne-moi la paix, et la force de venir à bout de tout. Il y a tant à faire. Il faut que je me mette enfin à écrire sérieusement. Mais je dois commencer par m'imposer une discipline de vie. La lumière s'éteint en ce moment dans le baraque­ment des hommes. Mais je rêve, c'est vrai qu'ils n'ont même pas de lumière ! Où es-tu donc allé ce soir, petit frère d’armes ? Je sens déferler parfois une vague de tris­tesse, de ne plus pouvoir ouvrir la porte de mon baraque­ment pour me retrouver sans transition devant la vaste lande. La porte ouverte, je fais un bout de chemin sur le terrain du camp et je n'ai pas longtemps à attendre avant de voir mon compagnon d'armes venir vers moi d'un côté ou d'un autre, le visage hâlé, une ride verticale, inquisi­trice descendant entre ses yeux. Quand la nuit commence à tomber, j'entends dans le lointain les premières notes de la Cinquième de Beethoven.

Je voudrais pouvoir venir à bout de tout par le langage, pouvoir décrire ces deux mois passés derrière les barbelés, les plus intenses et les plus riches de ma vie, et qui m'ont apporté la confirmation éclatante des valeurs les plus gra­ves, les plus élevées de ma vie. J'ai appris à aimer Westerbork, et j'en ai la nostalgie. Lorsque je m'endormais là-bas sur mon étroit châlit, j'avais la nostalgie de ce bureau où j'écris en ce moment. Je te suis reconnaissante, mon Dieu, de me rendre la vie si belle, partout où je me trouve, que chaque endroit que je quitte m'emplit de nostalgie. Mais cela rend parfois la vie pesante et dure à por­ter. Tu vois, il est dix heures et demie passées, les lumières du baraquement s'éteignent, je crois qu'il est temps d'aller me coucher. « La malade doit mener une vie réglée », dit l'impressionnant certificat que l'on m'a délivré. Et je dois manger du riz, du miel et d'autres mets quasi légendaires.

Cela me fait penser tout à coup à cette femme dont les cheveux de neige encadraient le noble visage ovale ; elle avait un petit paquet de toasts dans sa musette. C'est tout ce qu'elle emportait de vivres pour son voyage en Polo­gne : elle suivait un régime très strict. Elle était extrême­ment gentille et calme ; elle était grande et avait une sil­houette de jeune fille. J'ai passé tout un après-midi avec elle, assise au soleil devant les baraquements de transit. Je lui ai donné un petit livre qui venait de la bibliothèque de Spier, Die Liebe, de Johanna Muller, cadeau dont elle parut très heureuse. A quelques jeunes filles qui étaient venues nous rejoindre, elle dit : « Attention, demain matin lorsque nous partirons, chacun d'entre nous n'aura pas le droit de pleurer plus de trois fois. » L'une des jeunes filles répondit : « On ne m'a pas encore distribué mon ticket de rationnement pour pleurer ! »

II est près de onze heures. Comme cette journée a passé vite ; Je crois que je vais tout de même me coucher. Demain, Tide mettra son petit tailleur gris clair et chantera Auf, auf mein Herz, mit Freude au parloir du cimetière. Pour la première fois de ma vie, je prendrai place dans une voiture à petits rideaux noirs. J'ai encore tant à écrire, des jours et des nuits. Donne-moi la patience, mon Dieu. Une patience d'un genre tout nouveau. Ce bureau m'est redevenu familier et l'arbre devant ma fenêtre n'a plus le tournis. En me permettant de me rasseoir à mon bureau, tu dois bien avoir une intention précise, en tout cas je ferai de mon mieux. Et maintenant, bonne nuit, pour de bon.
J'ai si peur que tu aies des moments difficiles, là-bas, Jopie, et je voudrais tant t'aider. Et je t'aiderai. Bonsoir !
Dimanche soir. Traduire en mots, en sons, en images.
Bien des gens sont encore pour moi de véritables hié­roglyphes, mais tout doucement j'apprends à les déchif­frer. Je ne connais rien de plus beau que de lire la vie en déchiffrant les êtres.
A Westerbork, j'avais l'impression d'avoir devant moi l'armature dénudée de la vie. Le squelette même de la vie, dépouillé de tout vêtement de chair. Je te remercie, mon Dieu, de m'apprendre à lire de mieux en mieux.

Je sais qu'il me faudra faire un choix. Un choix très difficile. Si je veux écrire, si je veux essayer de noter tout ce qui se presse en moi et demande toujours plus instam­ment à être exprimé, je devrai me retirer à l'écart des hommes bien plus encore que je ne le fais en ce moment. Alors je devrai fermer ma porte pour de bon et engager une lutte à la fois sanglante et salutaire avec une matière qui me paraît presque impossible à maîtriser. Je devrai me retirer d'une petite communauté pour pouvoir m'adresser 'à une autre, plus vaste. Il ne s'agit peut-être même pas de s'adresser à une communauté. C'est l'urgence d'une impulsion purement poétique de matérialiser au moins une parcelle de ce trésor d'images que l'on porte en soi - enfin c'est une chose si élémentaire qu'on n'a même pas besoin, à vrai dire, d'expliquer ce que c'est. Je me demande parfois si je n'use pas ma vie jusqu'à la corde ; je vis, je jouis de la vie, je l'assume si complètement que je la consume jusqu'au bout, il ne reste plus rien. Et peut-être faut-il, pour pouvoir créer, disposer d'un reste, d'un résidu non consumé qui fasse naître une tension, stimulant indis­pensable à toute œuvre de création.

Je parle beaucoup, beaucoup aux gens ces derniers temps. Pour l'instant, je parle d'une façon beaucoup plus imagée et incisive que je ne pourrais le faire en écrivant. Je me dis parfois que je ne devrais pas me disperser ainsi en vaines paroles, que je devrais me retirer en moi-même et suivre en silence, sur le papier, la voie de ma quête personnelle. Toute une part de moi-même désire cette retraite. Une autre ne peut encore s'y résoudre et se perd en paroles au milieu des hommes.


Hillesum, Etty. Une vie bouleversée suivi de Lettres de Westerbork. éditions du Seuil, Paris, 1995, p.207-211.

22:30 26/08/2009 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

bien Tau

http://imagesdedanse.over-blog.com/article-19525503.html

 

BUTO Gyohei

15:20 26/08/2009 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : arts |  Facebook

25
aoû

Exposition TRANSIT - bien tôt, oh si!

flyers_TRANSIT(clic on pic)







INVIT_TRANSIT_Page_1
Transit.

Prenons l’idée d’un chemin.
D’un Transit pour le monde.
Chemin en avant, en après.

Cycle de trombes d’eaux et de jetées de terre.
Des animaux désordonnés comme restes.

Regardons d’un peu plus proche.

(Tout semble encore possible)

Dis…

Tu vois le hérisson aplati sur le bord du talus ? Crois-tu qu’il a mugi ?
Tu vois la biche effarée, ses yeux de bouc jaillissant sur l’autoroute ? Crois-tu qu’elle a absorbé ?
Tu vois la bouche de l’arbre époumoné de lierre et de brume ? Tu crois qu’il désigne ?

Regardons, regarder.

Le paysage entrevu par inattention est vierge
de toute souillure industrielle *

Exemples.

La fatigue d’un phasme appuyé contre un mur de brique ne ressemble pas à ce que nous connaissons. Il n’est apte à la fin que par le chemin. L’oiseau migrateur parcourant la pluie connait son but et aucune fuite ne lui parcourt l’éreinte. Le vieux chien hurlant devant son maître tombé dans l’escalier ne laissera plus jamais son échine être parcourue d’une contracture finale. Ils savent.

Et nous ?
Regardons, regarder.

Le couple s’enlace sur le toit de l’usine. Leurs pieds touchent le rebord cimenté. L’équilibre n’a pas d’attente. Enflés de trouille, nous disons, ils vont sauter, ils vont se fendre. Pourtant, le couple s’embrasse. Le couple s’aime. Ils ont clos yeux, oreilles, trous. Et pourtant, dans ce couple, tout se dit, de l’un à l’autre. Au milieu d’eux, une petite voix chuchote « ne meurs pas, ne meurs pas, ne meurs pas, ne meurs … ». Ils aiment.

Et nous ?
Regardons, regarder.

Les gamins sales courent sur la corniche, une tempête acerbe les balaie. L’eau les berce, le sel les fige, le remous les plonge. Nous disons, ils sont morts, ils sont commémorés, ils sont remplis. Mais les enfants attrapent leurs corps étoilés, agacent les anémones, pissent dans les flots, puis refont surface après quelques heures de noyade, gracieux comme des exocets argentés. Ils jouent.

Et nous ?
Regardons, regarder.

Les fusillables dorment contre leurs joues émaciées, les lits métalliques pénètrent leurs corps. Les enfermements donnent à l’air un goût de rance. Leurs juges jouissent dans le visage de lolitas inspirées, pendant leur temps libre. Les frontons blancs sont leurs limites, ils fardent leur visage d’albâtre et de sperme fluide et disent « nous sommes hauts et puissants ». Les enfermables, quand le mur est couvert de merde, il ne leur reste plus qu’ongles incarnés pour gratter. Ils résistent.

Et nous ?
Regardons, regarder.

L’homme assis sur l’égout attend le passage du premier métro, sa chaleur ambulatoire. Les passants écrasent le sol sous leurs convictions. Le vide s’articule parfois entre deux visages, et quarante centimètres deviennent démesurés. La dîme à la mode. Des choristes reprennent une litanie dans la nef adjacente aux immeubles vitrés. Les phares filent le fil des Parques dans un tunnel. L’homme assis connait la chanson, il ouvre la bouche pour une note mais une chouette s’envole, jusqu’à la prochaine nuit. Il rêve.

Et nous ?
Regardons, regarder.

Une mère accouche de plusieurs. Elle les place au creux de l’édredon, sous les fougères, leurs bras croisés. Elle appuie doucement sur leurs cœurs, posant la question « es-tu là ? ». L’un d’entre eux, aux yeux noirs, régurgite un œuf plus gros que lui. La mère le cale sous son aisselle, couve. La forêt s’enflamme. Tout le monde prend la route, se fait claquer par les branches en fer, les guitares en bois, les tables en mousse. La mère, trop loin du lieu dit, la fumée dans les narines, décide par cri, de serrer l’aisselle. L’œuf sera le seul prochain. Heureusement elle ne sait pas qu’en courant, son aisselle a écrasé le nouveau premier. Elle ne sait pas.

Et nous ?
Regardons, regarder.

Venons, de la naissance sans contrepoids à la petite décomposition, le voyage est au bout du souffle. Expirons d’un mouvement spinal.
Un chemin invite ou tue.
Accepter le transit permanent pour que ça prenne, ça retourne, ça rebiffe, ça pense, ça regarde, point de suspension ad libitum...

Et nous ?
Et ça ?
Regardons, regarder…

 

« Quand il faudra refermer le livre,

ce sera sans regretter rien. »



 © Milady Renoir, la CoUrBE du CUBE

* Citation de Higelin & Areski
INVIT_TRANSIT_Page_2

10:50 25/08/2009 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : arts, act-u |  Facebook

23
aoû

mue(s)

la soi des mots, le socle des photos...

 

(rien d'autre(s).

23:52 23/08/2009 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

21
aoû

manque de sols à fouler

Track #1 de Sybil Vane - Autophage en bouche en boucle - la maison est vide - 20 personnes sont absentes - 20 jours sont partis - Yoyo Temporel - Ritournelle vagabonde - Les palpitations occulaires s'appaisent comme après un orgasme giratoire - Corps en foi - La voie lactée est une chienne - La Montagne portable magique est sous mon aisselle - Je prends des pans de mur dans mon sac - J'emporte un sol foulé comme dans un suriyachi axé sur une cheville cassée - Voyons si tout a permis ou si tout fuit. Je veux être là.Ce soir, j'écouterai la MalCoiffée et je pêcherai des fichus jaunes pour remplir mon corps, magicien peu malin joue des tours à ma perspective...  - Je suis une marionnette limace cratère -

Chaud devant - Droit devant. ...   ....  ..... ...... ....... Irrati - Voie Lactée 1400 m - Cromley - rituel #3

13:56 21/08/2009 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : ego trip-e |  Facebook

18
aoû

brokeback mountain (genre)

Pau - Août 2009 462 small
"It was very cold before dawn. She lay wrapped in her blanket looking at the stars, listening to her horse shivering, and feeling like a woman who has died and passed beyond. She was not sure that she had not heard, during the night, a great crash at the centre of herself, which was the crash of her own death. Or else it was a crash at the centre of the earth, and meant something big and mysterious."

The Woman who rode away de D.H. Lawrence. (merci B.)
Photo de là où j'étais il y a 4 jours...

00:49 18/08/2009 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : ego trip-e |  Facebook

17
aoû

dis, le vieux mort

gilles_deleuzetu m'aimmerdes!!!

20:30 17/08/2009 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : ego trip-e |  Facebook

9
aoû

cette nuit

j'ai 14 ans
un garçon m'embrasse devant un disc-jockey régional
mon grand-père est vivant
ma mère marche
mon père est plein
les churros coulent dans l'huile
la buvette est comble
les couples en jeans blanc se forment sur le gravier du village
j'ai 14 ans
on m'a touché les seins comme un berger, sa brebis
je ne vais plus jamais dormir
je veux ces 14 ans comme baptême.

Pau - Août 2009 ambiance

02:30 09/08/2009 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : ego trip-e |  Facebook