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L'Or (Cendrars) pour moi

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"Un jour, il a une illumination. Tous, tous les voyageurs qui ont défilé chez lui, les menteurs, les bavards, les vantards, les hâbleurs, et même les plus taciturnes, tous ont employé un mot immense qui donne toute sa grandeur à leurs récits. Ceux qui en disent trop comme ceux qui n'en disent pas assez, les fanfarons, les peureux, les chasseurs, les outlaws, les trafiquants, les colons, les trappeurs, tous, tous, tous, tous parlent de l'Ouest, ne parlent en somme que de l'Ouest.
L'Ouest.
Mot mystérieux.
Qu'est-ce que l'Ouest? Voici la notion qu'il en a.
De la vallée du Mississippi jusqu'au-delà des montagnes géantes, bien loin, bien loin, bien avant dans l'ouest, s'étendent des territoires immenses, des terres fertiles à l'infini, des steppes arides à l'infini. La prairie. La patrie des innombrables tribus peaux rouges et des grands troupeaux de bisons qui vont et viennent comme le flux de la mer.
Mais après, mais derrière?
II y a des récits d'Indiens qui parlent d'un pays enchanté, de villes d'or, de femmes qui n'ont qu'un sein.
Même les trappeurs qui descendent du nord avec leur chargement de fourrures ont entendu parler sous leur haute latitude, de ces pays merveilleux de l'ouest, où, disent-ils, les fruits sont d'or et d'argent.
L'Ouest? Qu'est-ce que c'est? qu'est-ce qu'il y a? Pourquoi y a-t-il tant d'hommes qui s'y rendent et qui n'en reviennent jamais? Ils sont tués par les Peaux Rouges; mais celui qui passe outre? Il meurt de soif; mais celui qui traverse les déserts? Il est arrêté par les montagnes; mais celui qui franchit le col? Où est-il? qu'a-t-il vu?
Pourquoi y en a-t-il tant parmi ceux qui passent chez moi qui piquent directement au nord et qui, à peine dans la solitude, obliquent brusquement à l'ouest?
La plupart vont à Santa Fé, cette colonie mexicaine avancée dans les montagnes Rocheuses, mais ce ne sont que de vulgaires marchands que le gain facile attire et qui ne s'occupent jamais de ce qu'il y a plus loin.
Johann August Suter est un homme d'action.
Il bazarde sa ferme et réalise tout son avoir. Il achète trois wagons couverts, les remplit de marchandises, monte à cheval armé du fusil à deux coups. Il s'adjoint à une compagnie de trente-cinq marchands qui se rendent à Santa Fé, à plus de 800 lieues. Mais l'affaire était mal montée, l'organisation peu sérieuse et ses compagnons, des vauriens qui s'égaillèrent rapidement. Aussi bien Suter y aurait tout perdu, car la saison était trop avancée, s'il ne s'était établi parmi les Indiens de ces territoires, aux extrêmes confins du monde civilisé, troquant et trafiquant.
Et c'est là, chez ces Indiens, qu'il apprend l'existence d'un autre pays, s'étendant encore beaucoup plus loin à l'ouest, bien au-delà des montagnes Rocheuses, au-delà des vastes déserts de sable.
Enfin il en sait le nom.
La Californie.
Mais pour se rendre dans ce pays, il doit s'en retourner en Missouri.
Il est hanté."

(Merci B.)

(illustration: Sarah & Annie's Statue of Liberty by Kent Barker)

19:07 30/07/2009 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : ego trip-e |  Facebook

Opéra Electro "Dawn, dawn, dawn - Début de tournée

 

love life
Voilà, l'opéra électro commence sa tournée...

http://www.electroopera.com/

réservations ouvertes pour les dates à Charleroi, théâtre Le Vecteur:  071 27 86 78  071 27 86 78

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 Le spectacle « Dawn, dawn, dawn, (« Aube, aube, aube,) est une création à vocation ‘contemporaine’ et ‘innovante’.
Il prend la forme d’un opéra, car il s’agit d’un texte chanté du début à la fin et électro, car les différentes sources musicales sont remaniées électroniquement grâce
à différents logiciels.

La démarche est née de l’initiative de Chrisvds (Christel Vanderslyen) et de Lilly Vox (Alice Barré). La volonté étant de porter sur la scène le travail d’artistes dont elles estiment le processus créatif innovant, le tout dans un concept ‘porteur de sens’. 
Lilly Vox désirant également expérimenter un esprit de création différent de celui offert par l’opéra ‘classique’.
plaies

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Le projet « Dawn ; dawn ; dawn ; revêt donc une double finalité. Celle de montrer au public un ‘spectacle’, mais également, celle de promotionner les talents gravitant autour de ce spectacle.
A travers ce processus, nous mettons sous le feu des projecteurs le travail d’artistes contemporains dont la vocation première n’est à priori pas destinée à être montré sur une scène de spectacle (sauf pour des intervenants comme la chanteuse lyrique ou le danseur).

 

La singularité de chaque artiste, la complémentarité des disciplines, les ‘énergies’ et
es points de vues’ partagés mènent à l’unité artistique.
Le projet se veut innovant dans la démarche de création ainsi que dans les technologies utilisées pour le spectacle.
Le thème abordé à travers ‘Aube’ est celui du cycle de la vie.
Un être, à travers l’incarnation du phénomène de l’aube en femme, évolue de la naissance à la mort et fait l’expérience des étapes de la vie.
Les sujets sous-jacents sont multiples, ils sont souvent basés sur une série de contrastes ou dualités: ville-campagne, naturetechnologie, douceur-agressivité, certitude-doute, joie-tristesse, monde visible-monde invisible, vie-mort.

 

L’écriture revêt un certain onirisme prenant tantôt une allure ‘innocente’, tantôt agressive. Elle est truffée de symboles et allusions faisant référence à la vie d’aujourd’hui, société de consommation et médiatique à laquelle nous appartenons.

puceron


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Les textes sont de Milady Renoir.. les autres aspects de la création de cette aventure sont des séquences, des invitations, des réussites, des prétextes, des exceptions, des rencontres... Je vous conseille ce spectacle, et pas juste (non, non) parce que mes mots s'y cachent.

14:56 30/07/2009 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : act-u, texte, place net |  Facebook

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et pendant ce temps là...

je serai ...  O Julie Dardey

10:54 29/07/2009 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : ego trip-e |  Facebook

Nous n'avons fait que fuir... (Nwar Dèzir)

Nous n’avons fait que fuir, nous cogner dans les angles,
Nous n’avons fait que fuir,
Et sur la longue route,
Des chiens resplendissants deviennent nos alliés,
J’ai connu des rideaux de pluie à draper des cités souveraines et ultimes,
Des cerceaux déchirés couronnant les chapelles de la désespérance,
Et tourne l’onde,
Et tourne l’onde,
Et tourne l’onde,
Et tourne, et reviens-moi au centuple,
Reste,
Accroche,
Rêche,
Me caresse,
Me saoule,
Et me saborde,
Dérape,
S’enroule,
Pourri malheur,
Pourrie chaleur,
Et devient familier le chant des automates,
On est plombé mon frère des oripeaux de plomb je te dis,
De la tonne superflue,
Carcan,
Jour et nuit,
Carcan,
Fossoyeur,
Carcan,
Tout sourire,
Aux dents vertes,
Et nous consommerons,
Cramés par des soleils de pilule d’apparat,
Cernés par le fatras trop habile,
Et tu pourras ployer,
Personne ne verra rien,
Puis, des anciens charmes qui te remontent enfin du dernier des « je t’aime »,
J’aperçois des caboches saturées de limaille,
Qui replongent leurs yeux encore à l’horizon,
Et les possibles errances à la poitrine fière et toujours en douceur,
On a l’art des ruisseaux,
On a l’art de la plaine,
On a l’art des sommets,
On a l’art des centaines de milliers de combattants de la petite vie qui se cognent aux parois, On a l’art de faire exploser les parois,
On a l’art des constellations,
On a l’art des chairs brutes,
Mais on a l’art de la guerre,
Et on a l’art du fracas,
Et on a l’art de la pente de douceur,
Et on a l’art du silence,
Dis-moi, est-ce que je peux ?
Dis-moi, est-ce que je peux ?
Entourer de ma peau ton joyau de platine,
Je l’ai vu qui palpite sur le bord du chemin,
Je l’ai vu qui palpite sur le bord du chemin,
C’est vrai… c’est pourtant vrai… c’est vrai… c’est pourtant vrai… c’est vrai… c’est pourtant vrai…
Le caveau est immense,
Même la pierre a bondi,
Elle veut se mesurer aux planètes, à la voûte,
Elle peut donner des cours d’une autre architecture building,
Tu l’as vu mon éclat,
Il est du au hasard,
Enfin on dit comme çà,
Ma forme était connue depuis la nuit des temps,
Je parle de maintenant, ici et maintenant,
Allez, allez, salut cousin,
Bonjour à tes nuages,
Un cortège se met en route,
Une kyrielle d’assassins,
Tous insectes de proie,
Ils marchent, ils avancent,
Ils signent du bout des lèvres leur projet pour le siècle,
Oublient les yeux crevés.
ALERTE, ALERTE !
Tous aux abris,
Aux quatre ventres chauds qui te protégeront,
Retourne chez ta mère,
Ta mère,
Ta mère,
Ta mère était blonde,
Blonde comme les blés,
Elle laissait s’écouler des trésors de chaleur de la chair de sa voix,
A moins qu’elle n’ai été demi-princesse indienne,
Te faisant boire la nuit,
Des breuvages cuivrés comme une peau d’iguane,
Et approche tes lèvres… approche… approche tes lèvres… approche… approche tes lèvres…
Approche,
Plonge,
Redis-moi d’où tu viens,
S’écoule au fond du puit le remède ancestral,
Où l’on n’existe pas,
Ou l’on peut tout saisir dans le feu d’un éclair,
Dans les demi clins d’œil,
Et claque ton étendard au vent et chuuuut…
On le garde au secret,
Avale ta langue… maintenant !
On te saisira tout, huissiers, corbeaux, vautours, charognards, tortabess ( ? ), identité, police,
Le milliard de pétales de roses blanches disposé,
Délicat,
Sous nos petits pas, monstres,
Et me nage,
Puis m’énerve…

foule small

Me suis couché,
M’étends,
L’onde parcours mon flanc,
La marche du serpent peut reprendre ses droits,
ALERTE ! ALERTE ROUGE ! ALERTE !
Pourquoi rouge d’ailleurs ?
A-t-on jamais vu des alertes bleu ciel ?
Et le crétin céleste enveloppé dans le cosmos a flotté dans l’éther,
Pénard,
Troué l’azur,
ET MERDE !
Avions fusées en chasse,
Cà pouvait pas durer,
Zèbres acier sans savanes,
Aux sanglantes parures,
Striant la toile et cravache,
Silence,
En bas le sol crevé…en bas le sol crevé… en bas le sol crevé…
En bas le sol crevé,
Offrant sa panse intime à la morsure du ciel,
ALERTE ! ALERTE !
Paraît qu’on est des anges au paradis des octaves,
Qu’on peut gravir facile,
C’est question d’entraînement,
C’est pas pour les potiches,
Sale petite peste,
Pudding,
Cœur bouilli,
Sauce anglaise à la menthe,
Il faudra qu’on t’enseigne l’esquive frontale,
Une muleta blême,
Qui se rêve immobile.
Qu’est-ce qu’y a ?
Qu’est-ce qu’y a, tu dis rien ? Tu as perdu ta langue ? Qu’est-ce qu’y a, tu dis rien ?
Qu’est-ce qu’y a, tu dis rien ? Tu as perdu ta langue ?
Qu’est-ce qu’y a, tu dis rien ? Tu as perdu ta langue ? Bah ouais…
Bah, qu’est-ce qu’y a, tu dis rien ?
Tu as perdu ta langue ?
Alors, ces anges-là,
Alors, ces angelots de la muerte câline,
Se désolidarisent,
Sont engins du désastre,
Harnachés corps et âmes,
Sur leurs armures brillantes,
On peut voir le reflet de nos pauvres carcasses au regard qui s’affaisse,
Oc tac ! Pitié, je n’ai pas…tu sais…pourquoi…souviens-tu…moi aussi j’aurai…on n’y peut…mais bien sûr…j’y vais…d’accord…donc…rassemble-moi…puzzle,
Débris d’éclaboussure,
SOLE MIO !
Raclure,
On a droit au repos à la fin oui ou non ?
Tu perds ta langue, enfant ?
Tu as perdu ta langue ?
Je connais des collines qui s’imaginent reines,
Reines sur l’opéra des orages féminins,
Et tu peux doucement poser ta tête nue,
Sur leurs courbes de pins,
De joie et de misère,
Je connais des collines qui s’imaginent reines,
Reines sur l’opéra des orages féminins,
Et tu peux doucement poser ta tête nue,
Sur leurs courbes de pins,
De joie et de misère,
Ces morsures de poussière,
Mais poussière accueillante,
Des tissus élastiques,
De la chair de printemps,
Un carrousel vibrant sur un axe impétueux,
C’est tout dit !
Le sang mélangé,
C’est tout dit !
Au son des astres morts,
C’est tout dit !
Le sang mélangé,
C’est tout dit !
Prenez-nous pour des cons,
Prenez-nous pour des chiens,
Continuez,
Ne vous gênez pas,
Vos crachats ça nous fait une coquille de cristal,
Il suffit d’empoigner la crinière de l’étoile,
Moi aussi, j’adorais les courses de bagnoles américaines à la télévision,
Et puis les cris stridents des pneus chauffés à blanc,
Tôle froissée sur l’asphalte,
Et tout ce cimetière de la calandre acier,
Cà ne vaut pas c’est sûr,
Des armées de révolutionnaires s’optimisant toc,
C’est bien, et puis c’est pas cher,
Nous clamons,
Morfale,
Notre dose abrutie,
Maintenant je suis lofteur ou lofteux ou loqueteux,
C’est selon,
C’est pas grave,
Cà passera,
C’est qu’on a le fondement à la taille XXL,
Tentons d’organiser les litanies infimes,
C’est pour me dire à moi que je suis son absent,
Que j’appartiens déjà à l’autre rive intime,
Que pour ça je respire plus profondément…
Que pour ça je respire plus profondément…
Que pour ça je respire plus profondément…
Que pour ça je respire plus… plus profondément,
Tentons d’organiser les litanies infimes,
C’est pour me dire à moi que je suis son absent,
Que j’appartiens déjà à l’autre rive intime,
Que pour ça je respire plus profondément…
Que pour ça je respire plus profondément…
C’est que le monde passe vite,
Deux, trois dimanche en pleine lumière,
Et des enfants qui courent,
Les vieux claquent leurs dents sur des vitraux sans Dieux,
Et l’apéritif n’en finit pas de raconter sa vie,
Et la vie est passée,
Et la vie est derrière,
La vie était partout,
Et la vie est nulle part,
lab
Il y a que tout ou presque se passe au bord de l’ombre,
A demi mot perdu,
Au carrefour des mystères,
Effluent souterrain,
Nous n’avons fait que fuir, nous cogner dans les angles,
Nous n’avons fait que fuir, nous cogner dans les angles,
Nous n’avons fait que fuir, nous cogner dans les angles,
Entre les lampadaires,
Des années lumière du salut éternel,
Salut, comment vas-tu ?
Moi ça va, toi ça va ? moi ça va,
C’est bien, c’est très bien, c’est très très bien, oui c’est bien,
On a presque compris,
Les murs sont familiers.
Tu perds ta langue enfin ?
Tu as perdu ta langue ?
Tu perds ta langue ?
Tu as perdu ta langue ?
Pauvre sac d’os et d’excrément,
Tu te pavanes de l’aube au crépuscule,
Et ce n’est pas danser,
Et ce n’est pas esquisser d’un pas,
Et ce n’est pas fouetter l’air d’un geste détaché,
Et ce n’est pas l’élégance,
Loin s’en faut,
Des lignes si fuyantes qu’on les croyait sans fin,
Quasi inexistantes,
C’est marteler encore, et toujours la terre,
L’enfoncer sous ses pas,
Se la coller la glaise,
Sous mes semelles de plomb,
On me fait signe dans un autre hémisphère,
Syndrome chinois,
Fulgurance,
Transperce le noyau de feu et de magma,
On m’appelle sous d’autres latitudes,
Où les fleurs de cactus,
Et de grands magnolias,
Où des palétuviers disputent aux bétonneuses les royaumes ordinaires,
Qu’est ce qu’y a tu dis rien ?
Tu as perdu ta langue ?
Qu’est ce qu’y a tu dis rien ?
Tu as perdu ta langue ?
Et c’est au ralenti,
Que le défilé coule,
Et se répand aux quatre coins de l’écran,
C’est entre parenthèse, dans un temps qui n’existe pas,
Les horloges se sont mises en grève,
En ordre de bataille,
De combat,
Immobiles,
Présentez petite aiguille !
Grande aiguille !
Repos !
Et comment tu leur parles toi aux montres à quartz ?
Il faudra l’inventer le médiateur final,
Foutez-moi tout çà au gnouf,
Et puis à la décharge,
Et puis concassez-moi ces breloques,
Et c’est comme chez Lipp,
Tout çà ma bonne dame,
Au rouleau compresseur,
Oui t’as bien raison de venir du fond du grand bocal,
Des régions qu’ils appellent bassins industriels,
Les mêmes que sur le chemin des guerres,
A l’aller,
Au retour,
Y’en aura pour tout le monde,
Et puis t’auras du boulot,
Jusqu’à ce qu’il n’y en ai plus,
Faut pas rêver oh, faut pas rêver…
Tiens-toi bien à ta barre :
L’horizon c’est des conneries inventées par les utopistes,
Si tu veux la porte,
Elle est là !!!
Des millions de gueules grandes ouvertes,
Qui ont plus faim que toi,
Mais qui sont pas plus fortes que toi,
Car si tu collabores,
Car si tu persévères,
Nous te protègerons de notre bras armé,
C’est que nous on aurait voulu qu’on nous parle gentiment,
Pas qu’on nous mente,
Non… mais qu’on nous parle gentiment,
C’est pour changer des marteaux,
Pour changer des enclumes,
Puis bien sûr, çà recommence,
On s’est fait marteler,
On s’est fait encrimer,
Faudrait qu’on prenne la tangente,
Ouais faudrait qu’on prenne la tangente alors,
La diagonale et zou !
64 cases, et 8 fois 8,
L’infini renouvelé toujours,
Survolé,
Grand format,
On se prend à y croire,
A ces combinaisons des infinis possibles,
Nous n’avons fait que fuir, nous cogner dans les angles.
Maintenant qu’on envisage la voûte céleste,
Et le goût des cerises à défaut de leur temps,
Encore qu’il ne faut pas,
Qu’il ne faudra jamais se départir de ça,
De ce miel,
De ce vent de la fin de l’été,
Et des grands peupliers si doucement courbés,
Les hautes herbes toutes inclinées sous l’évidence tiède,
Mais pas soumises,
Mais pas soumises hein ?
Non !
Verticales dans l’âme,
Seulement reconnaissantes pour le présent offert,
Pour la caresse fauve,
Et les jeunes filles alors,
Sont les sœurs des rubans,
On les dirait flottantes,
Sur une mer de silence,
Et la ville endormie rêve de barricades,
Allez on n’oublie rien !
Allez on n’oublie rien !
Tu perds ta langue enfin ?
Est-ce que tu as perdu ta langue ?
Tu perds ta langue enfin ?
Est-ce que tu as perdu ta langue ?
Tu perds ta langue enfin ?
As-tu perdu ta langue ?
Nous n’avons fait que fuir, nous cogner dans les angles,
Nous n’avons fait que fuir, nous cogner dans les angles.
Mais dans le cercle alors,
On pourrait s’immoler sur des cimes vertiges,
Pas pour tourner en rond,
Comme on le crois parfois,
Non…
Pour créer des spirales,
Des colonnes aspirantes,
Et je tiens mon pégase ?
Je ne le lâche pas,
Je l’ai monté à cru,
Il est aussi sauvage que je suis devenu,
Après avoir appris l’alphabet pourrissant,
Des grands calculateurs,
A hauteur d’escabeau,
A ras des certitudes attablées,
A quoi bon ?!
Chérie, je suis devenu rationnel,
Le jour d’après,
Cynique,
Et je ne sens plus rien,
A présent, tout me glisse dessus,
Me coule à l’extérieur,
Je sais me débrouiller avec le brou ha-ha,
Et avec le bruit des masses,
Je suis intoxiqué volontaire,
Sur adapté chronique,
Prenez-moi comme exemple,
Comme jeune premier,
Comme mannequin vedette,
Je sais me mettre en scène,
Je sais me défiler,
L’ai-je bien descendu ?
Les ai-je bien descendues les marches du palais d’empereur communiquant,
Des charmants chimpanzés,
Aux mimiques de bronze et aux sourires d’ivoire,
Je suis donc un apôtre de la modernité
Je suis donc un apôtre de la modernité lalala…
Je suis donc un apôtre de la modernité… là voilà,
La table est dressée,
Nous sommes tous autour,
Le chef n’est pas là,
Il a été retenu,
Mais… j’ai la croix,
La couronne ( elle est belle),
La multiplication ( efficace),
La climatisation ( hum nécessaire) hum…
Gigolo !
Une minute !
Je sens les eaux qui montent,
Et les troupes en chemin,
A travers champs et villages,.
Il font chialer les bustes,
Et les portrais d’ancêtres,
Socle,
Statues déplacées,
Soc,
Charrue blesse la terre,
Eclate les écorces au coin des cheminées,
Du coup,
C’est après mûre et soutenue réflexion,
Que nous avons voulu prendre de la distance avec la peine perdue,
Celle de chaque jour,
Qui se suffisait bien,
Que nous avons fini de labourer nos chairs,
D’attendre en bons amis et patientes maîtresses,
Qu’on nous visite enfin,
Qu’on nous foudroie d’amour,
Il fallait une flèche autrement décochée,
Une qui se planterait,
Comme on plante une griffe dans les poitrails indiens,
Reliée au grand poteau,
Et ça tourne sans fin,
C’est la danse du soleil,
Eh t’as perdu ta langue ?
Tu as perdu ta langue, enfin ?
Dieu est mort !
Nietzsche est mort !
Désenchanté le monde,
Prends ma main Camarade,
J’aurai besoin de toi,
Les tueurs de merveilleux courent toujours,
Arrêtez-les !
Arrêtez-les !
On voudrait discuter,
Mais manque un relais,
Un maillon de la chaîne,
Ou une catapulte.
Invention ! Invention !
On invente un trésor et pas un dépotoir,
Encore que dans l’ordure poussent des fleurs sacrées,
Ouais, j’y tiens, ouais !
L’or,
Et tout çà, ces parures,
Cette attitude vaine,
Ces poses et compagnie,
On le sait , on le sait,
On le sait qu’il suffit d’un rayon de soleil,
On le sait qu’il suffit qu’un rien de soleil se pose au bon endroit,
Sur ce balcon foutoir,
Pour que le chant,
Pour que le chant s’élève.
Et tu n’y pourras rien,
Et je n’y pourrai rien.
Si tu l’as oublié tu as tout oublié !
Et tu peux te baigner dans les baignoires d’or,
Et tu peux te rouler dans la luxure encore,
Et tu peux te pétrir le membre,
Imperator de l’intellect,
Car je sais que çà tu sais,
Car je sais que tu sais,
Que tu sais, que tu sais, que tu sais, que tu sais, que tu sais,
Que sais….
Mais tu sera toujours pauvre,
Dépenaillé,
Minable et creux,
Caracoleur,
Caricature,
Epouvantail qui ne fait peur qu’aux moineaux,
Je t’aime bien,
C’est pas çà,
Je t’aime bien,
C’est pas çà,
Je fais plus que t’aimer,
Allez ! Allez !
Je suis fait du même bois de sang,
De la même écriture,
Nous sommes entre nous,
Tu as perdu ta langue ? Allez ! Tu as perdu ta langue ? Allez !
Tu as perdu ta langue ? Allez ! Tu as perdu ta langue ?
Tu as perdu ta langue ? Allez ! Tu as perdu ta langue ?
Tu as perdu ta langue ? Tu as perdu ta langue ?
Allez ! Allez !
Tu as perdu ta langue ? Allez !
Tu as perdu ta langue ? Allez !
Tu as perdu ta langue ? Allez !
Tu as perdu ta langue ? Allez ?
Tu as perdu ta langue ?
Nous n’avons fait que fuir, nous cogner dans les angles,
Nous n’avons fait que fuir, mais sur la longue route,
Des chiens resplendissants deviennent nos alliés…
Nous n’avons fait que fuir, nous cogner dans les angles,
Nous n’avons fait que fuir,
Et sur la longue route,
Des chiens resplendissants deviennent nos alliés…
Nous n’avons fait que fuir, nous cogner dans les angles,
Nous n’avons fait que fuir,
Des chiens resplendissants deviennent nos alliés…
Nous n’avons fait que fuir, nous cogner dans les angles,
Nous n’avons fait que fuir,
Et sur la longue route,
Des chiens resplendissants deviennent nos alliés…
Nous n’avons fait que fuir, nous cogner dans les angles,
Nous n’avons fait que fuir,
Et sur la longue route,
Des chiens resplendissants deviennent nos alliés…
Nous n’avons fait que fuir, nous cogner dans les angles,
Nous n’avons fait que fuir,
Et sur la longue route,
Des chiens resplendissants deviennent nos alliés…
Nous n’avons fait que fuir, nous cogner dans les angles,
Nous n’avons fait que fuir,
Et sur la longue route,
Des chiens resplendissants deviennent nos alliés…
Nous n’avons fait que fuir, nous cogner dans les angles,
Nous n’avons fait que fuir,
Et sur la longue route,
Des chiens resplendissants deviennent nos alliés…
Nous n’avons fait que fuir, nous cogner dans les angles,
Nous n’avons fait que fuir,
Et sur la longue route,
Des chiens resplendissants deviennent nos alliés…


(Texte de Bertrand CANTAT) Juillet 2002
illustration: Foule by Doun

10:49 29/07/2009 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

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Message des éditions Sulliver

"Le Sens de la démesure, nouvel essai de Jean-François Mattéi, paraît aux Éditions Sulliver le 15 septembre.

Métaphysicien reconnu, Jean-François Mattéi revient aux origines de la pensée grecque pour analyser l’évolution de la pensée contemporaine. Le constat de l’auteur est le suivant : il est nécessaire de remonter aux sources des notions de mesure et de démesure, de raison et de déraison,  pour cerner la construction et le développement de la pensée philosophique et politique en occident.

Car c’est dans la mythologie et chez les auteurs grecs que s’enracine une civilisation qui a engendré au XXe siècle les actes les plus inhumains. Ce retour sur l’Antiquité permet de comprendre pourquoi le XXe siècle fut celui de la démesure politique, économique, sociale, humaine… et pourquoi le XXIe siècle ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. En somme un retour aux sources qui éclaire la crise morale qui traverse les sociétés occidentales.

Dans la continuité de ses travaux, Jean-François Mattéi livre de nouvelles réflexions sur les formes du monde moderne et un portrait philosophique de notre civilisation. Grâce à sa maîtrise de la langue, il traduit la démesure du monde et de la nature humaine en se référant à la fois aux penseurs grecs et aux philosophes des XIXe et XXe siècles. L’auteur rend ainsi accessible et explicite l’émergence de cette pensée qui aujourd’hui domine le monde. Telle est la particularité de cet essai qui au final, en nous parlant de la Grèce antique, nous parle de notre époque."

16:26 28/07/2009 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : textes |  Facebook

HumOeurs

Une baleine sur un mur
De vagues et d'eau saumure
Tête le lard de sa voisine
Pour se faire un rouge à babaines
C'est de la graisse fraîche de baleine
Colorée d'un rouge sang bien chaud
Naturel.

C'est une Modern Baleine
Qui cherche aussi à évoluer
Et qui se donne la peine

Hier elle est allée
Se faire limer les fanons en pointe
Chez le dentiste de la mer,
D'ailleurs un cousin lointain
Du Commandant Cousteau
Très bien installé sur son îlot.

Regardez la ainsi parée
Faire la grande traversée.

L'élégante propulse un jet
De vapeur scintillante.

De toute son immensité
La voilà prête à plonger
Les lèvres bien ourlées

Oh, la voilà, elle s'apprête
Aux profondeurs encore secrètes
Que les Dieux lui ont données.

15:35 28/07/2009 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

fan de ...

http://www.youtube.com/watch?v=_GOMIo54DEg
ou
http://www.youtube.com/watch?v=ifP-P1B83XI

 

alcool voilà l'ennemi

01:38 28/07/2009 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : place net |  Facebook

25
jui

toutes les mêmes, même ma mère par respect...

Gustave Moreau Jason & Médée
Marina, Ophélie, Lilith, Kali, Pandore, Pandora, Médée, Circé, Calypso, Samantha, Doucette, Isis, Marie-Madeleine, Chantal Nobel, Shakti, Izanami, Gaïa, Hathor, Aphrodite, Vénus, Minerve, Junon, Judith, Thérèse, Hécate, Méduse, Pierrette Brès, Iphigénie, Andromaque, Carla Bruni, Marianne, La marseillaise, Valérie Solanas, Athéna, Juliette, Jane Eyre, Madame du Chatelet, La Tricoteuse de Clichy, Gillette, Georgette la Crevette, (...), toutes les mêmes, même ma mère, par respect.

15:42 25/07/2009 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

20
jui

dis...

Rose Frantzen FLOW

tu crois que les cheveux aussi peuvent se noyer?

00:49 20/07/2009 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

19
jui

je ne suis pas (un) volatile.

pompeuse bacille se pose au coin de ma bouche, compose boue et néant et avale ceux qui respirent du même coffre. je suis l'olivier secoué, sec et limpide comme une petite racine qui fait trébucher le vagabond adouci, amerri, aluni. Le royaume de ceux qui se connaissent m'est fermé, j'ai la caresse épineuse, de celles qui accrochent, de la ronce qui encercle le bras-poignet-doigt... rappelons nous le foetus en spectacle, le placenta qui nous a rendu gaga... faisons le bien pour que la vie continue même si la pâte a des airs de poussière. J'ai la pelade au coeur, le vomi dans la gorge remonte comme une marée d'eaux troubles... tout sort et rien n'entre, on dirait un film porno passé à l'envers. Brebis termites qui courent dans ma tête, le sommeil ne vient pas car ceux qui dorment trahissent, on connait les gens qui dorment, on les voit sur le bord de la fenêtre, la nuit, dire qu'ils dorment quand on sait que leur sommeil est un assassinat mielleux. l'étage où j'habite est une cave avec vue sur le ciel. La semence flagelle encore le bas de mes joues, je mange le sel et laisse le citron sur le bord du verre brisé. Les éclats translucides donnent des reflets au sang. je suis une merveille de société (du spectacle, nous le disions), je jaillis, je souris, je me fébrilise quand l'Homme passe, je rivalise quand la femme circule, je fais ce qu'il y a de mieux pour l'idée, l'envie et la surprise. Je jette mes dés dans la fontaine et le cracheur m'encourage: vas-y, fille, dis haut ce que tu es, sois fière, réclame, pousse... tituslaviniaet j'accouche en un heurt, en une heure. j'en suis au dénuement, ensuite, éreintée de tant de couches, je reviens à celle qui est première, je deviens ma "propre" épluchure, réduite à l'étincelle, l'escarmouche difficile, capricieuse, abandonnitée, je reviens au besoin aride de moi, sans compter les Tu que j'ai crû utiles et agréables. je m'identifie à ce qu'il reste, je deviens le petit, le minuscule qui hurle comme un lion, parce que le rien  fait un clin d'oeil et que cet oeil est noir jais. Comme un égoïste sans ego, je plonge dans l'eau recouverte de gel, nue, sans jouissance, des cathéters dans chaque embouchure, j'analyse mon sang mais aucune mathématique me relie au système solaire, aucun satellite n'accompagne ma descente... je reste là, vidée d'une irréductible faim. ici, rien n'est pourtant atout de la simplicité, on creuse encore, un tente encore, un remue encore. même gisant, on éclabousse. Nous sommes des trop-peu ennuyeux qui piétinent la terre comme des revenants. la salle se rallume, le public est déçu, on attendait plus de mort, qu'il dit. alors, c'est l'insomnie, sans nourriture, sans orgasme, sans jus, on ne dort pas, sans colère, on ne dort pas, sans crachoir, on ne dort pas. on se prend pour je, je réduit, certes mais je quand même... la litanie remonte dans la roue de hamster, pédale, la prière pédale, tout se tourne, tourne, tourne, angoisse du creux, retourne, retourne, plaie dans le couteau, on perd du sens jusqu'au vertige, et l'étoffe de l'amour ne nous offre plus jamais sa chaleur... sans couverture, on est un déjà mort dans un lit de fer blanc. j'aimerais encore un effort, un de ces efforts de corps qui prend le dessus, un buste qui s'allonge jusqu'à la main, un sexe tendu jusqu'à la bouche, un nerf qui sort et dit bonjour à l'oeil, j'aimerais qu'un organe me prenne dans ses bras, pourtant, l'interdit, la logique, la haine,l'ignorance, la différence, l'incommensurable division de soi, ils creusent la langage et rien ne viendra te dire plus, rien ne fera sens encore, rien, et rien, ben rien, c'est bien trop gros pour moi, en fait.

22:47 19/07/2009 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : ego trip-e |  Facebook