19
jui

je ne suis pas (un) volatile.

pompeuse bacille se pose au coin de ma bouche, compose boue et néant et avale ceux qui respirent du même coffre. je suis l'olivier secoué, sec et limpide comme une petite racine qui fait trébucher le vagabond adouci, amerri, aluni. Le royaume de ceux qui se connaissent m'est fermé, j'ai la caresse épineuse, de celles qui accrochent, de la ronce qui encercle le bras-poignet-doigt... rappelons nous le foetus en spectacle, le placenta qui nous a rendu gaga... faisons le bien pour que la vie continue même si la pâte a des airs de poussière. J'ai la pelade au coeur, le vomi dans la gorge remonte comme une marée d'eaux troubles... tout sort et rien n'entre, on dirait un film porno passé à l'envers. Brebis termites qui courent dans ma tête, le sommeil ne vient pas car ceux qui dorment trahissent, on connait les gens qui dorment, on les voit sur le bord de la fenêtre, la nuit, dire qu'ils dorment quand on sait que leur sommeil est un assassinat mielleux. l'étage où j'habite est une cave avec vue sur le ciel. La semence flagelle encore le bas de mes joues, je mange le sel et laisse le citron sur le bord du verre brisé. Les éclats translucides donnent des reflets au sang. je suis une merveille de société (du spectacle, nous le disions), je jaillis, je souris, je me fébrilise quand l'Homme passe, je rivalise quand la femme circule, je fais ce qu'il y a de mieux pour l'idée, l'envie et la surprise. Je jette mes dés dans la fontaine et le cracheur m'encourage: vas-y, fille, dis haut ce que tu es, sois fière, réclame, pousse... tituslaviniaet j'accouche en un heurt, en une heure. j'en suis au dénuement, ensuite, éreintée de tant de couches, je reviens à celle qui est première, je deviens ma "propre" épluchure, réduite à l'étincelle, l'escarmouche difficile, capricieuse, abandonnitée, je reviens au besoin aride de moi, sans compter les Tu que j'ai crû utiles et agréables. je m'identifie à ce qu'il reste, je deviens le petit, le minuscule qui hurle comme un lion, parce que le rien  fait un clin d'oeil et que cet oeil est noir jais. Comme un égoïste sans ego, je plonge dans l'eau recouverte de gel, nue, sans jouissance, des cathéters dans chaque embouchure, j'analyse mon sang mais aucune mathématique me relie au système solaire, aucun satellite n'accompagne ma descente... je reste là, vidée d'une irréductible faim. ici, rien n'est pourtant atout de la simplicité, on creuse encore, un tente encore, un remue encore. même gisant, on éclabousse. Nous sommes des trop-peu ennuyeux qui piétinent la terre comme des revenants. la salle se rallume, le public est déçu, on attendait plus de mort, qu'il dit. alors, c'est l'insomnie, sans nourriture, sans orgasme, sans jus, on ne dort pas, sans colère, on ne dort pas, sans crachoir, on ne dort pas. on se prend pour je, je réduit, certes mais je quand même... la litanie remonte dans la roue de hamster, pédale, la prière pédale, tout se tourne, tourne, tourne, angoisse du creux, retourne, retourne, plaie dans le couteau, on perd du sens jusqu'au vertige, et l'étoffe de l'amour ne nous offre plus jamais sa chaleur... sans couverture, on est un déjà mort dans un lit de fer blanc. j'aimerais encore un effort, un de ces efforts de corps qui prend le dessus, un buste qui s'allonge jusqu'à la main, un sexe tendu jusqu'à la bouche, un nerf qui sort et dit bonjour à l'oeil, j'aimerais qu'un organe me prenne dans ses bras, pourtant, l'interdit, la logique, la haine,l'ignorance, la différence, l'incommensurable division de soi, ils creusent la langage et rien ne viendra te dire plus, rien ne fera sens encore, rien, et rien, ben rien, c'est bien trop gros pour moi, en fait.

22:47 19/07/2009 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : ego trip-e |  Facebook

Les commentaires sont fermés.