13
nov

dialogue de sourds

altamiraFred* a écrit ça:

[Lis] Paliers d'autres en confusion
En elle s'étirent des pulsions flagellant, sèches et brûlantes, sous l'enveloppe à l'âme défendant offerte. Des genèses, des trépas, des finalités sans confiance qui vibrent et s'alimentent...

Il y a des autres sous sa peau, des flammes, des rejets, de ces effrois qui durent et
l’épuisent.

Elle est l’hôte d’oscillations hystériques qui ont oublié que deux pôles opposés suffisaient à leur manège. Leur déraisonnable amnésie engendre des générations spontanées de dimensions profusionnelles qui lui échappent et la happent toutes dents bandées.
Elle est à genou, tremblante, empalée par le chaos, elle vogue entre les absolus étirés vers un trou noir de félicité éblouissante et le vital minimum, celui du « continue ! ». C'est, ça enfle et s'étire, s'instille comme une membrane pulse et s’alimente.
Elle est étant, feu dans le sang, déflagrations dans le crâne, ses envies de mordre et déchiqueter embrasent ses humeurs, ses envies de n'être qu'amour s'y accolent.

Il y a des autres sous sa peau, il y a des flammes enragées sous sa peau.

Elle est survivante, ses paradoxes font orgies jusqu’en ses plus intimes et noires évasions, ça baise, ça viole, ça s'enlace et se mélange, et ça fait mal.
Elle vit dans l'ailleurs qui veut s'échapper de l'ici. Une ermite illusionniste.

Elle est lâche, elle s’ignore vaillante. Le pire d'elle, l'oppression de ses dissemblables, tout l'oblige à être parfaite, droite et exemplaire jusqu’en ses différences. Si vous pouviez voir les traits fétides que les torsions de ses déviances peignent sur sa face. Et ce ne sont jamais de banales convenances que de se contorsionner. Plus le temps passe et plus les automatismes oublient de se faire oublier.
Elle les porte avec une fausse aisance douloureuse, ré-agrafant souvent des lambeaux arrachés au nom de son ébriété, au seuil des déliriums qui lui échappent.

Il y a des autres sous sa peau, des effrois mesurés à l’aune de la colère qui sort d'elle pour l'étouffer.

Elle est naissante, ouate dans les veines, air limpide sous la crinière ravagée .
Elle voit et ne voit pas, comprend sans entendre, sent la terreur de l'obscurité éteinte par le jour.
Elle retourne à l'aurore, martelée, ahurie, s'étant une nuit encore retrouvée disséquée, quelques parts d'elle-même facticement réunies en une carcasse maigre, de rapaces encerclée. Somme de fragilités et maîtresse es abandon elle se sait s’oublier, s’effacer du festin d’automutilation, se tranchant des écarts de sa fascination, protégeant ses envols de ce glorieux déclin.

Enfin elle a peur, encore, mantra-sangsue!
Elle était étrangement détachée pour une morte piquée à vif.

Il y a cet autre sous sa peau.

Elle est encore vivante... Encore.

*- http://lireestunplaisir.skynetblogs.be/post/4816260/meandres-dominants
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http://www.maisondelapoesie.be/auteurs/auteur.php?id_auteur=1289  
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http://c-d-ego4.blogspot.com/

Je "réponds" ça:

il ne devrait pas, entrer avec son bras, son gland, son géant, son creux, ses cris, il ne devrait pas, il le fait, parce que les choses volent, le cri fixe le désert, le monologue du chat qui ne remue pas au bord de la route, c'est le bref qui dure trop, c'est le dur qui embrase, il ne devrait pas, il va trop loin, il en revient, il y va, il en vient, bref, il dévie, il, déviant, ça lui passe le commentaire, ça les coince dans l'inconstance, la banalité de la violence, les uns jugent, les autres ignorent, lui, sous le néon, colle son corps à la vitre, frotte l'arbre, il est un scum bag, un doggy bag, un triste sir, un fier à bras, les mots jaillisent, la salive coule, il aime, il n'aime pas, il jouit, il a peine à rejouer le morceau, il glisse contre la gouttière, met la main trop loin, creuse une tranchée dans la chair, tais toi qu'elle pense, vide toi, qu'elle feinte, il est là, les autres ne le savent pas, rouge décanté, blanc acide, chewing gum contre glotte, on colle tout, on n'annule rien, il ne devrait pas, bref, toujour bref, coincé conte lui même, jouir et peiner, ne dis rien, vise ça, quel jour de merde, oh un brin de pisse contre l'asphalte, dis, belle, tu aimes le corps? bref, être bref, invisible, puissant sur le départ, nier les vidanges, il compte, il ne devrait pas, mais rien n'y fait, le calcul supplante l'instant présent, dire oui quand on pense non, c'est ne pas être soi, être soi, c'est être là, trop là, il ne devrait pas, il doit pourtant, le membre réclame, l'odeur persise, même après l'ablution, le besoin, lui, crèche dans le lavabo, l'envie, dans le miroir, il voit bien qu'il a besoin, il sait, ils savent, il ne devrait pas, il se retourne dans les draps, il perce l'oreiller de son visage rougeaud, aimer l'autre, ça passe par donner le corps, entrer le corps dans l'autre corps, tout est corps, la ville, le soir, le ciel, la télévision, la voiture, ça vibre, ça pue, ça fait bon au dedans, tout est corps, terrible omnipotence de la chair, scolopendre rose, il serpente jusqu'au lieu, commun à ceux qui savent, il ne devrait pas, la faute excuse la faute, la faute à qui, à quoi, il devrait taire, penser à mais ne pas acter, entrer dans le corps avec sa voix, crier dans la gorge de l'autre, il avance, se dit, j'y suis, allons y, il ne devrait pas, mais c'est comme de l'amour de premiers jours, une envie de viande, un départ vers le loin, un retour à soi, être là, en plein dans leur mille, visé, ciblé, attendri, il y est, il ne devrait pas... à peine, il entre, il le sait, mais il pousse son corps un peu plus loin dans ce qu'il sait être le meilleur.

22:59 13/11/2008 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : atelier, lis tes ratures |  Facebook

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