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déc

désordre

Rudolf Schwarzkogler MARRIAGEavec un choix comme rien, on avance dans l'ondulation, on prend la vrille comme une décision, puis tout revient, indécision dans le ventre, on reprend ses guides, on relit les annuaires, les ossuaires, les codex, mais rien ne tourne en ligne droite, la faille pousse, on dévie d'un pouce et c'est le canyon qui ouvre sa gueule. L'huile coule du rouage, de gauche à droite, le corps prend l'onde de face, débordements en façade, la proue parle à la poupe, la tentation du vide grandit dans les bras, on les tend pour partir, mais fuir se définit en destin, on parle vite, on épuise les finances, on faiblit entre les encres, on donne ses envies au voisin, on, le con, vascille, puis, c'est le reviens-y, le décale-toi, le crois-y encore, on lourde les bagages, on leste les nacelles, mais rien revient, avec son lot de quotidien canin, petites gelées matinales à infusions du soir, une journée dans un comble comme une vie dans une cave, tout passe à la poussière, les yeux gris plantés dans un visage jauni, on survit depuis longtemps, trop longtemps, peut-être.
rien, viens, on t'attend, on sait que tu te dissimules, que tu jailliras aussi froidement qu'un cadavre à la surface d'une mare coincée entre deux autoroutes, on te sait vaillant malgré ton néant, viens, rien, viens, tu ne fais plus peur puisque tu es reconnu de ceux qui t'admettent, tu ne crains rien, rien, viens.

(illustration de Rudolf Schwarzkogler)

10:45 10/12/2007 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : texte |  Facebook

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