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OuLiPo (Méga Atelier Kalame du 21/10)


Alors évidemment, quand Môssieur DeMeyer JeanLucdemeyer @ MegaAtelierKalame21Oct07indique sur son étal électronique que je suis une vilaine fille, je saute sur ... l'occasion (pas lui) pour me permettre de laisser mon texte (vérifique ou non, nous n'en sommes plus à la vérité absolue depuis 55 générations dans ce monde) s'exprimer à ma place (moi, je n'aurais exprimé qu'une piètre réplique, un semblant de réponse dans un duel de mots, auquel Môssieur DeMeilleur me surpasse amplement).

attention, le texte indisposant ne peut choquer que les dames de bonne compagnie et les caniches royaux roses, sinon, ça n'est qu'une bonne tranche de rigolade... (c'est pas tous les jours que je peux sortir ici cette expression, reconnaissez). La seule personne à laquelle je présente ici mes plates excuses est la maman du dit deMeyer, tout en restant persuadé qu'elle ne pourra pas contredire chaque épine que je lance... (je précise pour la presse pipole et les curieux de mauvaise augure que la maman du chanteur charismatique n'est pas la dame à lunettes enfermée dehors qui ne sourit pas sur la photo!)

Contrainte du portrait fantasmagorique aux débuts de phrases imposés. 
UWI - Un Waltaire Imaginaire 

Je vois
l'allure ténébreuse, les cheveux et vêtements noirs, ses peaux laiteuses, ses grains de beauté mitigés, ces contrastes de primitifs flamands à l'égard de l'ombre du coin de l'œil.
Je sais que ses chaussures allient le confort à la jouvence, que la marque Caterpillar (chenille en anglais) est sciemment choisie, que ses chaussettes ne sont jamais de tennis mais assorties au slip.
Je note que les veines de ses mains sont des saphènes grandiloquentes, gorgées d'envie de saisir, prête à jaillir hors d'elles-mêmes.
Je remarque que, malgré son âge bien dissimulé derrière l'apparat du "vieux beau qui fait encore jeune", il arbore l'allure d'un athlète de l'après-guerre d'avant la télévision dans chaque foyer.
J'ignore s'il aime les nouilles au bœuf, le zen et le tai-chi mais il doit être du genre à détourner son avion de son survol de l'Asie tout entière par simple lubie ou échec de bandaison matinale.
J'apprécie qu'il n'écoute le requiem de Verdi uniquement s'il est traduit en Ourdou.
Je souligne qu'il rit la bouche fermée, au-delà de son handicap (ces névralgies cervico-brachiales, lesquelles déjà, l'empêchent d'embrasser avec la langue).
Je pense qu'il conduit une voiture digne des pionniers de la ruée vers l'or (option once de noyé - soit un suicidé en nage).
Je suis sûre qu'il se délecte en léchant des loukoums vissés au creux de nombrils de retraitées cacochymes.
Je me demande s'il crie son propre nom lorsqu'il jouit.
J'imagine qu'il réclame que sa compagne porte des strings rose saumon le premier jour des règles.
Je parie qu'il parie sur l'avenir avec des dés pipés. (Hommage à Dédé Pipé, le célèbre joueur de strip poker).
Je refuse de croire que cet homme soit tout à fait homme après minuit.
Je vois l'allure ténébreuse, puis juste derrière, toutes ses failles d'homme chinant la dernière Porte comme une clé à sa vie, ce que je vois est ce que je veux, tant mieux.  
Milady Renoir – Mega Atelier Kalame - OuLiPo - 21 Octobre 2007. 

13:33 09/11/2007 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : humoeurs, atelier, texte, muse hic |  Facebook

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