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"Des excroissances modernes" - duo tacite entre deux automates

Mary Ellen Mark, peritosTexte de Novocaïne:

"Des excroissances modernes"

 

"Nous sommes à des poignées d'humains, ou plus. Des milles, des nerfs, se tordre ou s'en défaire.

Nous vivons des époques miettes mais tangibles. Target, cible, où sont les flèches (qui sont-elles)?

Les humains du vivant et les autres un peu morts, sont doublement bondés ou bien disons g.r.a.n.d.i.s, Allez, soyons ainsi, soyons déraisonnables, élargissons le loin, et brossons-le dans le sens du pole.

Dans sa bouche, il y a le mal de la mer. Celui des tas de bateaux, qui entrent, dans sa bouche, comme en l'évier rigide, ils entrent, dans sa bouche, à distance, à varier, filant contre courant, inversement au sens du pole, sur l'unique brisée, incassable jetée lointaine.

Je pourrais me tordre le cou toute une vie durant, à attendre, qu'elle se défile, la ligne inaltérée, à attendre un pont, d'où naîtrait la chute (mais mourrait... la perspicacité).

Non. L'horizon. Résonne. Et fume encore. La ligne au fond, c'est l'horizon c'est leur cible. Celle qu'ils veulent infinie partie d'eux même. On les observe. On les voit la rêver mentale, et ronde incorporée. Ca les arrangerait bien, les nouveaux "es" savoir, les doubles érectiles.

Dorénavant, ils ne se contenteront plus de bander d'en bas et le monde à leur pied.

- Prépotence, g.r.a.n.d.i.e sois-tu.

Ainsi vont-ils avides d'éviers et d'horizon et de boucles mentales finalement vaincues. Dans sa bouche y a le mal de la mer, d'avaler turgescences en série d'aberration toujours tue, des derniers arrivés, génération dégénérée, intellection monstruée. C'est la cible! Tare get. Le neurone dressé doit toucher à son but, alimenter la gloire, alimenter la glaire, faire coulercoulercouler la sueur, sur leurs grands fronts brillants.

Tant de nausées en boucle lui font vouloir couper des têtes. Rien de plus normal et pourtant rien ne sert de se mouiller. Attendre une miette seulement, et se voir peu a peu inséré en l'érudit latté, l'infini et si mal de ses écarts fardés."

 

"Réponse accessoire" de Milady R.

 

Les gens meurent, girouette synthétique, les gens vivent, vision pathétique.

Les gens s'arrachent les cheveux, les ongles, ILS SOUFFRENT, les gens soupèsent leur corps, il faut ramer, galérer, vider le bahut de toute son eau avant de pouvoir saluer les passeurs, ILS SOUFFRENT MAIS NE GUERISSENT PAS.

les gens s'amusent en rondes clarifiées, les gens tournent en bourrique autour de leur pied central (les hommes d'abord, les femmes ensuite, elles les suivent, lustrant l'organe astral comme une marmite pointue et eux sillonnent les vallées luxuriantes, déposant leur suc primal comme une amorce à poissons crus).

Les gens tournent mal, dans le sens opposé à la loi mais pas au droit, les gens virent au bon, petits humanistes glandeurs enfermés dans un espace réduit par la peur.

Les gens se lèvent tôt, les oreilles dans le beurre, les gens se couchent tard, las de leur patente laborieuse.

Les circuits sont les veines, des gens d'un monde en route pour la gloire, décadence sous l'aisselle, ces gens abeilles visitent les termitières.

les gens aiment les ligaments divins, de ceux qui tirent sur leur scalp en pensant bien fort que demain est un chien, les gens détestent les veines, le sang les accule, il faut ouvrir pour voir et ça ne leur rapporte que la perte et la nostalgie.

Les gens capitulent, leur nature mortelle les encourage à baisser la nuque, les gens se battent contre des moulins, des fours et des grottes.

Les gens usent leurs pouvoirs, ils cueillent la Terre comme un fruit mûr, croque dans l'écorce avec leurs dents acérées, les gens ne croient plus en Rien, ni en Tout, ils virevoltent de chapelles en balcons, inspirés par le ventre ou le doigt, oubliant que derrière la vitre, il y a aussi le(ur) reflet.

Les gens vident leur sac, ça les évince de leur fatale inutilité, les gens évident les vaches, les boyaux dans l'herbe, ils récoltent la Lactance comme une propriété, suçant les glaires de la Nature comme un jeune vin sirupeux.

Les gens sont des cons. Aussi.

 

(Illustration by Mary Ellen Mark)

09:21 25/07/2007 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : texte, arts |  Facebook

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