27
avr

un violoncelle s'éteint... Mstislav Rostropovich est mort à 80 ans et un mois.

Mstislav Rostropovitchun violoncelle s'éteint, toutes les cordes pleurent...

 

ici  ou   et surtout, surtout juste à cet endroit là...

12:14 27/04/2007 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : muse hic |  Facebook

Gardabelle affiche la couleur (Select Montparnasse du 1er au 31 mai)

Gardabelle expose(click on pic!)

Je cherche, je cherche.
Ce que je sais ?
Rien.
Ce que je crains.
Tout.
Ce que j’aime…
Trop facile !

Fêtes. Vos jeux sont des prétextes. Gardabelle annonce « la couleur est un leurre ». Tout de noir vêtu, Son regard noyau amplifie les élévations, décuple les perceptions. Les visages rogues, les mains filtres, les bustes rouille… Chaque morceau de toile stabilisé sur un papier calamistré conte une chronique de voiles.

Noir & Blanc !
C’est tout ?

Le blanc est un piètre compagnon - quand il ne déride pas les bouches. Quant au noir, il jalouse la nuit. L’Exécutante ne se réjouit de l’ombre que parce que le corps cru nu effraie OU que deux peut-être valent mieux qu’une seule vérité.
Mes mots varient selon les grains, je me demande si je peux finalement écrire sur Elle.

Gardabelle
Garde à belle
Guarda bella

(en aparté : Chut, recommence)

Gare à
Belles.
Grrrrr…

Chaque épreuve qu’Elle affiche est une évasion, une fugue d’une maison trop arpentée. Chacun sa déroute. J’aime ce qui ne me rend pas gentille, ni facétieuse, ni douce. Elle fait ça, Gardabelle. Elle me rend malintentionnée, grillée, vacillante.

(Cherche.
Cherche.
Cherche…)

Il y a un lien permanent entre Ses chimères… je les reconnais, ces bohémiennes au sourire las, les gitanes furibondes qui laissent glisser leurs phalanges sur un piano froid, des poupées, pieds liés, qui aiment qu’on les caresse dedans, des vierges mesquines aux doigts houx, des prime donne cheveux chardons qui tombent des faîtes, des Parques aux seins ivoirins qui tissent des cocons. Les fées peuvent aussi porter des fourches, encorner des ballots de paille à bras le corps sans ne jamais crier (pourtant).

MAIS
Je ne saisis l’essence que par sa queue.
Je récidive, je dois esquiver l’image dans l’image.
Quid est Gardabelle ?

Une antenne.
Une antenne sur le toit d’un immeuble abandonné. Fière, seule, gelée, Elle prélève les corps qui volent, accroche les insectes perdus, rogne des oiseaux trop vieux pour traverser la rue, greffent des enfants sur des psychés…
Elle s’amuse, folle Escarbille humaine.

1, 2, 3, nuage !

(Je souffle sur l’écran, la poussière de braise rencontre mes cils).

Trouble, je suis trouble.
Je m’endors, enrobée de ses instantanés. Je rêve que cette femme, Gardabelle, est une robe, cintrée, déchirée aux épaules. Elle est locataire d’un appartement d’eaux, de brumes et de sables.
Elle marche légèrement - le vent découd les âmes sensibles. Elle avance vers moi, une machine noire entre ses mains.
Un volatile sort du tube digestif de cet organe métallique.
Il tourne autour de mes cheveux, dérobe un instant de ma vie, puis s’enfuit en riant.

(J’entends des ailes qui plissent, un trombone qui pleure, une pluie dans un couloir. Je suis dans un film. Des gens dansent en rond.
Le cœur rejoint le poumon, je vis bien avec Elle).

Demain.
Elle nomme « ça » son Auto-portrait, quoique… je me suis bien vue, là, dans son œil cyclonal (non ?). je crois que je suis au beau milieu de l’Avalanche. Oui, c’est ça, je suis coincée dans Ses neiges.
Même pas peur de la chute.
Même pas peur de la chute.
Même pas peur de la …

À moins qu’Elle n’ait renversé la cime.

© Milady Renoir (sous inFLUence)

 

 

 

(Gardabelle, viens, on s'aime...)
(à mondi!)

 

 
 
Vous viendrez?
 
c'est au Select Montparnasse, lequel s’ouvre en 1924 et qui ne ferme pas la nuit, d’où son succès auprès des écrivains américains. Un soir des années 1930, Desnos, Hemingway et quelques autres démarrent ici une discussion sur la guerre d’Espagne, qui se poursuit jusqu’à l’aube chez Desnos et Youki, 19 rue Mazarine. Depuis ces folles années, le Select a su garder son cachet et sa chaleur.

10:10 27/04/2007 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : arts |  Facebook

24
avr

Festival PassaPorta - Merci à ceux qui ont cru aux activités estampillées Atelier Milady

Frédéric Coulon merciMerci/Bedankt/Thanks à/…/to :


Pascale
Fonteneau, Brigitte Neervoort, Aurore Picavet, Réjane Peigny, Anne d’Hond, Arnaud Texier, Thyl Van Gyzegem (+ Sophie sa mum), Jean-Baptiste Degives, Marcel Deschrijver, Sera De Vriendt, Yves Liétard, Bob de Backer, Nicolas @ Greenwich, les hommes du Greenwich, Geert Dehaes, Jean-Baptiste Beken, Edith Soonckindt, Bert Cornélis, Skoliad, Bernard Gavilan, Thierry Abel, Inès Delvaux, Axel Cornéliau, Audrey Marsin, Jeff Louviere & Vanessa Brown, Cinéma Arenberg, Absinthe, Arimata, YumYum the Bro, Laurence Bossiroy, Aude Shampoo & Vanessa Conditioner, Audrey @ Shampoo & Conditioner, Chloé Delaume, MozHorus, Monsieur Koala, Nicolas Marchant, Laurence De Greef, Vincent Tholomé, David Giannoni, Laurence Vielle, Théophile de Giraud, Delphine Maenhout, Noël Godin, Reynold Leclercq, La Librairie Brüsel, Marie-Eve Palin, Thomas Burion, Aude Picault, Edmond Baudouin, Placid, Loïc Néhou, Xavier Mussat, Fabrice Neaud, Sylvie Chabroux, Ego-Comme-X, Soeur Charlotte & Frère Alexandre @ L'Association, Daniel Adam, Toni Sancotono, Hubert Blanquet @ PP Café, Delphine Grassot, Malikaïne Sciberras, Stéphane & Jean-Christian & Benoît @ OBJECT, Jérôme Olivier @ Fugues, Sébastien Jacobs, Wouter Hessels, ToRi, Rony Demaeseneer, Hai Chay Jiang, Sébastien Diesner, PassaPorta, Librairie Tropismes, les Autres, les (h)uns,  les rues de Bruxelles (+ pavés), ceux qui n'ont pas de nom, ceux qui en ont trop, ceux qui n'en veulent pas, et moi, et moi et moi…

15:44 24/04/2007 Publié dans Général | Lien permanent |  Facebook

Sarkophage par Onfray

charlie white joshuaLe cerveau d'un homme de droite - Portrait de Nicolas Sarkozy, acte 1. 

La revue Philosophie magazine m'a demandé si, sur le principe, j'acceptais de rencontrer l'un des candidats à la présidentielles pour le questionner sur son programme culturel, son rapport aux choses de l'esprit ou sa relation à la philosophie. Dans la foulée de mon consentement, la rédaction m'a rappelé en me demandant si j'avais une objection contre Nicolas Sarkozy. Pas plus avec lui qu'avec un autre, j'aurais même consenti à Jean-Marie Le Pen tant l'approche de l'un de ces animaux politiques m'intéressait comme on visite un zoo ou un musée des horreurs dans une faculté de médecine. Ce fut donc Nicolas Sarkozy.
Il me paraît assez probable que son temps passé - donc perdu - avec Doc Gynéco ou Johnny Hallyday le dispensait de connaître un peu mon travail, même de loin. Je comptais sur la fiche des renseignements généraux et les notes de collaborateurs. De fait, les porte plumes avaient fait au plus rapide : en l'occurrence la copie de mon blog consacrée à son auguste personne. Pour mémoire, son titre était : Les habits de grand- mère Sarkozy - j'y montrais combien le candidat officiel drapait ses poils de loup dans une capeline républicaine bien inédite S
Je me trouvais donc dans l'antichambre du bureau de la fameuse grand mère Sarkozy, place Beauvau, en compagnie de deux compères de la rédaction de la revue et d'un photographe qui n'en revenaient pas de se retrouver dans cette géographie de tous les coups fourrés de la République. Epicentre de la stratégie et de la tactique politique policière, espace du cynisme en acte, officine du machiavélisme en or d'Etat, et portraits des figures disciplinaires de l'histoire de France représentées en médaillons d'austères sinistres.
Arrivée du Ministre de l'intérieur avec un quart d'heure d'avance, il est 17h00 ce mardi 20 février. Début houleux. Agressivité de sa part. Il tourne dans la cage, regarde, jauge, juge, apprécie la situation. Grand fauve blessé, il a lu mes pages de blog et me toise - bien qu'assis dans un fauteuil près de la cheminée. Il a les jambes croisées, l'une d'entre elles est animée d'un incessant mouvement de nervosité, le pied n'arrête pas de bouger. Il tient un cigare fin et long, étrange module assez féminin. Chemise ouverte, pas de cravate, bijoux en or, bracelet d'adolescent au poignet, cadeau de son fils probablement. Plus il en rajoute dans la nervosité, plus j'exhibe mon calme.
Premier coup de patte, toutes griffes dehors, puis deuxième, troisième, il n'arrête plus, se lâche, agresse, tape, cogne, parle tout seul, débit impossible à contenir ou à canaliser. Une, deux, dix, vingt phrases autistes. Le directeur de cabinet et le porte-plume regardent et écoutent, impassibles. On les imagine capables d'assister à un interrogatoire musclé arborant le même masque, celui des gens de pouvoir qui observent comment on meurt en direct et ne bronchent pas. Le spectacle des combats de gladiateurs.
Je sens l'air glacial que transportent avec eux ceux qui, d'un geste du pouce, tuent ou épargnent. Poursuite du monologue. Logorrhée interminable. Vacheries lancées comme le jet de fiel d'une bile malade ou comme un venin pulsé par le projet du meurtre. Hâbleur, provocateur, sûr de lui en excitant l'adversaire à se battre, il affirme en substance  : « Alors, on vient voir le grand démagogue alors qu'on n'est rien du tout et, en plus, on vient se jeter dans la gueule du loup » !
Je fais une phrase. Elle est pulvérisée, détruite, cassée, interdite, morcelée : encore du cynisme sans élégance, toujours des phrases dont on sent qu'il les souhaiterait plus dangereuses, plus mortelles sans parvenir à trouver le coup fatal. La haine ne trouve pas d'autre chemin que dans cette série d'aveux de blessure. J'avance une autre phrase. Même traitement, flots de verbes, flux de mots, jets d'acides. Une troisième. Idem. Je commence à trouver la crise un peu longue. De toute façon démesurée, disproportionnée.
Si l'on veut être Président de la République, si l'on s'y prépare depuis le berceau, si l'on souhaite présider les destinées d'un pays deux fois millénaires et jouer dans la cour des grands fauves de la planète, si l'on se prépare à disposer du feu nucléaire, si l'on s'expose depuis des années en s'invitant tous les jours dans les informations de toutes les presses, écrites, parlées, photographiées, numérisées, si l'on mène sa vie publique comme une vie privée, et vice versa, si l'on aspire à devenir le chef des armées, si l'on doit un jour garantir l'Etat, la Nation, la République, la Constitution, si, si, si, alors comment peut on réagir comme un animal blessé à mort, comme une bête souffrante, alors qu'on a juste à reprocher à son interlocuteur un blog confidentiel peu amène , certes, mais inoffensif ?
Car je n'ai contre moi, pour justifier ce traitement disproportionné , que d'avoir signalé dans une poignée de feuillets sur un blog , que le candidat aux présidentielles me semblait très récemment et fort fraîchement converti à De Gaulle, au gaullisme, à la Nation, à la République, que ses citations de Jaurès et Blum apparaissaient fort opportunément dans un trajet d'une trentaine d'années au cours desquelles ces grands noms étaient introuvables dans ses interventions , questions qui, au demeurant, rendaient possible un débat, et que c'était d'ailleurs pour ces raisons que nous étions là, Alexandre Lacroix, Nicolas Truong et moi.
Cette colère ne fut stoppée que par l'incidence d'une sonnerie de téléphone portable qui le fit s'éloigner dans la pièce d'à côté. Tout en se déplaçant, il répondait avec une voix douce, tendre, très affectueuse, avec des mots doux destinés très probablement à l'un de ses enfants. Le fauve déchaîné tout seul devenait un félin de salon ronronnant de manière domestique. En l'absence du ministre, je m'ouvre à mes deux comparses en présence des deux siens et leur dit que je ne suis pas venu pour ce genre de happening hystérique et que j'envisage de quitter la place séance tenante 
J'étais venu en adversaire politique, certes, la chose me paraissait entendue, et d'ailleurs plutôt publique, mais ceci n'excluait pas un débat sur le fond que je souhaitais et que j'avais préparé en apportant quatre livres enveloppés dans du papier cadeau ! Quiconque a lu Marcel Mauss sait qu'un don contraint à un contre don et j'attendais quelque chose d'inédit dans ce potlatch de primitifs post-modernes.
Vaguement liquéfié, et sibyllin, le tandem de l'équipe de Philosophie magazine voyant leur scoop s'évaporer dans les vapeurs du bureau propose, dès le retour du Ministre, que nous passions à autre chose et que j'offre mes cadeaux. Je refuse en disant que les conditions ne sont pas réunies pour ce genre de geste et que, dans tous les sens du terme, il ne s'agit plus de se faire de cadeaux.
« Passons alors à des questions ? A un débat ? Essayons d'échanger ? » tentent Alexandre Lacroix et Nicolas Truong. Essais, ébauche. En tiers bien à la peine, ils reprennent leurs feuilles et lancent deux ou trois sujets. La vitesse de la violence du ministre est moindre, certes, mais le registre demeure : colère froide en lieu et place de la colère incandescente, mais colère tout de même.
Sur de Gaulle et le gaullisme récent, sur la Nation et la République en vedettes américaines - disons le comme ça- de son discours d'investiture , sur la confiscation des grands noms de gauche, sur l'Atlantisme ancien du candidat et son incompatibilité avec la doctrine gaullienne, le débat ne prend pas plus . Il m'interpelle : « quelle est ma légitimité pour poser de pareilles questions ? Quels sont mes brevets de gaullisme à moi qui parle de la sorte ? Quelle arrogance me permet de croire que Guy Môcquet appartient plus à la gauche qu'à la France ? ». Donc à lui.
Pas d'échanges, mais une machine performante à récuser les questions pour éviter la franche confrontation. Cet homme prend toute opposition de doctrine pour une récusation de sa personne. Je pressens que, de fait, la clé du personnage pourrait bien être dans l'affirmation d'autant plus massive de sa subjectivité qu'elle est fragile, incertaine, à conquérir encore. La force affichée masque mal la faiblesse viscérale et vécue. Aux sommets de la République, autrement dit dans la cage des grands fauves politiques, on ne trouve semble-t-il qu'impuissants sur eux-mêmes et qui, pour cette même raison, aspirent à la puissance sur les autres. Je me sens soudain Sénèque assis dans le salon de Néron.
Habilement, les deux compères tâchent de reprendre le cours des choses, d'accéder un peu aux commandes de ce débat qui n'a pas eu lieu et qui, pour l'instant, leur échappe totalement. De fait, l'ensemble de cette première demi-heure se réduisait à la théâtralisation hystérique d'un être perdu corps et âme dans une danse de mort autour d'une victime émissaire qui assiste à la scène pendant que, de part et d'autre des deux camps, deux fois deux hommes assistent, impuissants, à cette scène primitive du chef de horde possédé par les esprits de la guerre. Grand moment de transe chamanique dans le bureau d'un Ministre de l'intérieur aspirant aux fonctions suprêmes de la République ! Odeurs de sang et de remugles primitifs, traces de bile et de fiel, le sol ressemble à la terre battue jonchées d'immondices après une cérémonie vaudoue.
Tout bascule quand nous entamons une discussion sur la responsabilité, donc la liberté, donc la culpabilité, donc les fondements de la logique disciplinaire : la sienne . Nicolas Sarkozy parle d'une visite faite à la prison des femmes de Rennes. Nous avons laissé la politique derrière nous. Dès lors, il ne sera plus le même homme. Devenant homme, justement, autrement dit débarrassé des oripeaux de son métier, il fait le geste d'un poing serré porté à son côté droit du ventre et parle du mal comme d'une chose visible, dans le corps, dans la chair, dans les viscères de l'être.
Je crois comprendre qu'il pense que le mal existe comme une entité séparée, claire, métaphysique, objectivable, à la manière d'une tumeur, sans aucune relation avec le social, la société, la politique, les conditions historiques. Je le questionne pour vérifier mon intuition : de fait, il pense que nous naissons bons ou mauvais et que, quoi qu'il arrive, quoi qu'on fasse, tout est déjà réglé par la nature.
A ce moment, je perçois là la métaphysique de droite, la pensée de droite, l'ontologie de droite : l'existence d'idées pures sans relations avec le monde. Le Mal, le Bien, les Bons, les Méchants, et l'on peut ainsi continuer : les Courageux, les Fainéants, les Travailleurs, les Assistés, un genre de théâtre sur lequel chacun joue son rôle, écrit bien en amont par un Destin qui organise tout. Un Destin ou Dieu si l'on veut. Ainsi le Gendarme, le Policier, le Juge, le Soldat, le Militaire et, en face, le Criminel, le Délinquant, le Contrevenant, l'Ennemi. Logique de guerre qui interdit toute paix possible un jour.
Dès lors, ne cherchons pas plus loin, chacun doit faire ce pour quoi il a été destiné : le Ministre de l'Intérieur effectue son travail, le Violeur le sien, et il en va d'une répartition providentielle (au sens théologique du terme) de ces rôles. Où l'on voit comment la pensée de droite s'articule à merveille avec l'outillage métaphysique chrétien : la faute, la pureté, le péché, la grâce, la culpabilité, la moralité, les bons, les méchants, le bien, le mal, la punition, la réparation, la damnation, la rédemption, l'enfer, le paradis, la prison, la légion d'honneur, etc.
J'avance l'idée inverse : on ne choisit pas, d'ailleurs on a peu le choix, car les déterminismes sont puissants, divers, multiples. On ne naît pas ce que l'on est, on le devient. Il rechigne et refuse. Et les déterminismes biologiques, psychiques, politiques, économiques, historiques, géographiques ? Rien n'y fait. Il affirme : «  J'inclinerais pour ma part à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie-là. Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés ! Mais parce que génétiquement ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d'autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l'inné est immense ». « Génétiquement » : une position intellectuelle tellement répandue outre-Atlantique !
La génétique, l'inné, contre le social et l'acquis ! Les vieilles lignes de partage entre l'individu responsable de tout, la société de rien qui caractérise la droite, ou la société coupable de tout, l'individu de rien, qui constitue la scie musicale de la gauche. Laissons de côté la théorie. Je passe à l'exemple pour mieux tâcher de montrer que le tout génétique est une impasse autant que le tout social. Face à cet aveu de lieu commun intellectuel, je retrouve naturellement les techniques socratiques du lycée pour interpeller, inquiéter et arrêter l'esprit, capter l'attention de mon interlocuteur qui, de fait, semble réellement désireux d'avancer sur ce sujet.
J'argumente :   Lui dont chacun sait l'hétérosexualité - elle fut amplement montrée sur papier couché, sinon couchée sur papier montré, a-t-il eu le choix un jour entre son mode de sexualité et un autre ? Se souvient-il du moment où il a essayé l'homosexualité, la pédophilie, la zoophilie, la nécrophilie afin de décider ce qui lui convenait le mieux  et d'opter, finalement, et en connaissance de cause, pour l'hétérosexualité ? Non bien sûr. Car la forme prise par sa sexualité est affaire non pas de choix ou de génétique, mais de genèse existentielle. Si nous avions le choix, aucun pédophile ne choisirait de l'être
L'argument le stoppe. Il me semble qu'à partir de ce moment, le candidat aux présidentielles, le ministre de l'intérieur, l'animal politique haut de gamme laisse le pas à l'homme, fragile, inquiet, ostensiblement hâbleur devant les intellectuels, écartant d'un geste qui peut être méprisant le propos qui en appelle aux choses de l'esprit, à la philosophie, mais finalement trop fragile pour s'accorder le luxe d'une introspection ou se mettre à la tâche socratique sans craindre de trouver dans cette boîte noire l'effroyable cadavre de son enfance.
Dans la conversation, il confie qu'il n'a jamais rien entendu d'aussi absurde que la phrase de Socrate «  Connais-toi toi-même ». Cet aveu me glace - pour lui. Et pour ce qu'il dit ainsi de lui en affirmant pareille chose. Cet homme tient donc pour vain, nul, impossible la connaissance de soi ? Autrement dit, cet aspirant à la conduite des destinées de la nation française croit qu'un savoir sur soi est une entreprise vaine ? Je tremble à l'idée que, de fait, les fragilités psychiques au plus haut sommet de l'Etat, puissent gouverner celui qui règne !
Lors de sa parution, j'avais lu Le pouvoir et la vie de Valéry Giscard d'Estaing qui racontait ses crises d'angoisse, ses inhibitions le paralysant dans son véhicule militaire de parade le 14 juillet sur les Champs Elysées, ses prétextes pour quitter le conseil des ministres afin de subir une injection de calmant, son désir de se faire psychanalyser (par Lacan !) pendant son septennat, etc. Je me souvenais de confidences faites par tel ami bien informé sur l'état psychique fort peu reluisant de Jacques Chirac après la dissolution et sur le type de traitement psy qu'il suivait à cette époque. Je me rappelais la fin d'un François Mitterrand, entre voyantes et reliques de sainte Thérèse, invocations des forces de l'esprit, croyance en l'au-delà et abandon aux médecines de perlimpinpin.
Et je voyais là, dans le regard devenu calme du fauve épuisé par sa violence, un vide d'homme perdu qui, hors politique, se défie des questions car il redoute les réponses, et qui, dès qu'il sort de son savoir faire politicien, craint les interrogations existentielles et philosophiques car il appréhende ce qu'elles pourraient lui découvrir de lui qui court tout le temps pour n'avoir pas à s'arrêter sur lui-même.
Les soixante minutes techniquement consenties s'étaient allongées d'une trentaine d'autres. Les deux rôles en costumes qui le flanquaient jouaient le sablier. Je trouvais l'heure venue pour offrir mes cadeaux. Au ministre de l'intérieur adepte des solutions disciplinaires : Surveiller et punir de Michel Foucault ; au catholique qui confesse que, de temps en temps, la messe en famille l'apaise : L'Antéchrist de Nietzsche ; pour le meurtre du père, le chef de la horde primitive : Totem et tabou de Freud ; pour le libéral qui écrit que l'antilibéralisme c'est  « l'autre nom du communisme » ( il dit n'avoir pas dit ça, je sors mes notes et précise le livre, la page ) : Qu'est-ce que la propriété ? de Proudhon. Comme un enfant un soir de Noël, il déchire avidement. Il ajoute : «  j'aime bien les cadeaux ». Puis : «  Mais je vais donc être obligé de vous en faire alors ? » Comme prévu.
Dans l'entrebâillement de la porte de son bureau, la tension est tombée. Qui prend l'initiative de dire que la rencontre se termine mieux qu'elle n'a commencé ? Je ne sais plus. Il commente : «  Normal, on est deux bêtes chacun dans notre genre, non ? Il faut que ça se renifle des bêtes comme ça ». Je suis sidéré du registre : l'animalité, l'olfaction, l'odorat. Le degré zéro de l'humanité donc. Je le plains plus encore. Je conçois que Socrate le plongerait dans des abîmes dont il ne reviendrait pas. Du moins : dont l'homme politique ne reviendrait pas. Ou, disons le autrement : dont l'homme politique reviendrait, certes, mais en ayant laissé derrière lui sa défroque politique pour devenir enfin un homme.
Alors que ses cerbères le prennent presque par la manche, il manifeste le désir de continuer cette conversation, pour le plaisir du débat et de l'échange, afin d'aller plus loin. Tout de go, il me propose de l'accompagner, sans journalistes - il fait un mouvement de bras dans la direction des comparses de Philosophie magazine comme pour signifier leur congé dans un geste qui trahit ce qu'il pense probablement de toute la corporation. Je refuse. Une autre fois ? Les deux amis ont leurs deux paires d'yeux qui clignotent comme des loupiotes Voyons donc pour plus tard
Dernier mot de Nicolas Sarkozy en forme de lapsus, il est mouvement vers la sortie : «  Je suis quand même un drôle de type, non ? Je dois convaincre soixante-cinq millions de français, et je vous dis, là, que je voudrais continuer la conversation ! Hein ? Non ? Il n'y a pas autre chose à faire ? Quand même ». Soixante-cinq millions c'est le nombre des français à convaincre d'amour, pas celui des électeurs à convaincre de voter


(A suivre...)

Michel Onfray

14:15 24/04/2007 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : poly-tiques |  Facebook

11
avr

en vacances du congélo virtuel et festival al al al

Alone on my rock Spain 2005Je vais épouser le réel, sortir de derrière le paravent virtuel quelques instants, sans nouvel ordre, voulez-vous?

 

 

 

D'abord, le festival PassaPortaLOGO passaporta-festival small et les 7 activités que j'y propose.organise.produis (comme le petit tailleur qui abat 7 mouches-ogres d'un coup) à l'aide des amis et des mercenaires de toutes les littératures. Ensuite, des choses avec la tête en ligne de mire, le corps pas jetable en cible et le coeur en bandoulière pour un voyage signifiant.

 

Vous aimez les informations? Approchez-vous, le petit écran va parler…

 

  1. 22.04 - De l'autre côté de l'écran - Atelier ludique d'écriture créative, à partir de chefs d'oeuvre du grand écran - FR NL EN - atelier 10:00 10:35 & 10:45 11:20 & 11:30 12:05 & 12:15 13:00 @ Cinéma Arenberg, Galerie de la Reine.

Pour passer de l'autre côté de l'écran: entrez dans une salle obscure avec une lampe de poche, un papier et un stylo. Vous avez alors 25 min pour réécrire les dialogues ou le script des films Un chien andalou (L. Buñuel & S. Dali) et Repetition Compulsion (J. et V. Louvière)... Moteur ! Silence ! Écrivez !

Organisation: Atelier Milady, Entrez Lire, Cinéma Arenberg, Cinématique Royale, Jeff Louvière & Vanessa Brown.

 

  1. 22.04 - De l'autre côté de Bruxelles, c'est encore Brussel - Rencontre ludique en Brusseleir et autres langues très vivantes - FR NL Bruxellois - cycle 15:00 17:00 (attention, ceci est le véritable horaire!!) @ Café Greenwich, rue des chartreux.


Georges Lebouc, Marcel Deschrijver et Bob De Backer se réunissent au Greenwich autour de nombreux complices : auteurs, chanteurs, politiciens, Zinneke... L'occasion d'un dialogue autour de la place du Brusseleir dans le Bruxelles d'aujourd'hui. Et le public est invité à jouer avec !


Organisation:
Atelier Milady, Entrez Lire, Le Greenwich, Brussels Volkstejoêter

 

  1. 22.04 - De l'autre côté de la perception - Lectures psychédéliques dans l'antre de la sape pop - FR NL EN - 14:00 14:30 & 15:00 15:30 @ Shop Bernard Gavilan, rue des pierres.


C'est chez
Bernard Gavilan qu'Édith Soonckindt interprète un Best of Pop: des textes psychédéliques, écrits sous influence(s), sortis d'époques où les portes de la perception s'ouvraient sur un autre monde. Ambiance minimaliste ou hallucinogène selon la météo. Avec l'exceptionnelle participation du maître du sitar, Bert Cornélis.


Organisation:
Atelier Milady, Bernard Gavilan, Entrez Lire

 

  1. 22.04 - Vitrine - De l'autre côté de La Télévision - Performance autour de livre j'habite dans la télévision de et par Chloé Delaume – FR - cycle 15:00 15:30 & 16:00 16:30 @ Shampoo & Conditioner shop, rue des chartreux.


Installée dans une vitrine rue des Chartreux, Chloé Delaume - devenue, le temps de l'écriture d'un livre, « sentinelle » de la télévision, ingurgitant le maximum de programmes publicitaires et de divertissements - livre son expérience et ses « propos télé-rapportés », accompagnée de sons ravageurs de sa création.


Organisation:
Atelier Milady, Entrez Lire, Ambassade de France

 

  1. 22.04 - De l'autre côté de l'image de soi - Rencontre avec des auteurs de récits de l'intime, atelier et dédicaces  - FR - Rencontre 15:00 16:00 – Atelier 16:00 17:30 – Dédicaces 17:45 – 19:00 @ Le Palace, Bd Anspach 85 - Lounge baroque


Les dessinateurs Aude Picault, Xavier Löwenthal, Loïc Néhou, Fabrice Neaud, Xavier Mussat, Placid, Edmond Baudoin et les écrivains Toni Santocono, Daniel Adam échangent leurs points de vue sur le témoignage de l'intime. Rendez-vous suivi d'un atelier à 16h et d'une séance de dédicace à 17h45 à la librairie Brüsel.


Organisation:
Atelier Milady, Entrez Lire, Passa Porta, Le Palace, Editions Ego-Comme-X (groupe Flammarion), Librairie Brüsel, L'Association, Ambassade de France

 

  1. 22.04 - De l'autre côté de la lecture - De la nécessité de sortir le texte du livre: points de vues d'écrivains – FR - 17:00 18:00 @ De Markten - Witte Zolder


Les impressions à chaud de Chloé Delaume, Laurence Vielle, Vincent Tholomé, David Giannoni, Damien Spleeters et Théophile de Giraud à propos des performances autour du livre, dont les fameuses « vitrines de la rue des Chartreux » du Festival Passa Porta. Rencontre animée par Laurence De Greef, libraire, passionnée de la littérature jeunesse, amie des fées.


Organisation:
Entrez Lire, Atelier Milady, avec la collaboration de De Markten, Indications, Maelström

 

  1. 22.04 - De l'autre côté du son - Atelier d'écriture à partir d'un concert performance - FR EN - atelier concert 20:00 21:30 @ PP Café, proche place St Géry


Écrire « dans » un concert post-punk et une installation vidéo, c'est ce que proposent le collectif Fugues et le groupe Object au spect-acteur! Une expérience unique d'écoute active et d'écriture créative à partir de tout ce que ce voyage des sens aura évoqué de plus intime...


Organisation:
Atelier Milady, collectif Fugues, groupe Object, Entrez Lire, Ambassade de France

 

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Oui, c'est un ego-trip-e, mais c'est ici chez moi, je mets le chauffage… pour les restes, denses, riches, éclatants, ludiques ou appliqués, suffit de cliquer un peu partout et là, si ça peut aider.

 

A bien-thôt!

 

10:28 11/04/2007 Publié dans Général | Lien permanent |  Facebook

10
avr

je voudrais la lumière plutôt que la conserve au VITRIOL

Claude Cahun Frye-ActingOut

La formule 'Visita Interiora Terrae, Rectificandoque Invenies Occultum Lapidem' n'est pas toujours magique.

(art by Claude Cahun)

11:46 10/04/2007 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : ego trip-e |  Facebook

9
avr

car'aime

steven assael_dancing-figures

 

le Jésus que je connais (bien) m'apprend aujourd'hui même que la résurrection n'existe pas...

mais que les tombeaux, eux, résistent à la lumière.

15:17 09/04/2007 Publié dans Général | Lien permanent |  Facebook

3
avr

ces fleurs

 

Blueback WOUNDCes fleurs donnent envie, elles offrent leurs sexes ouverts, balançant leurs effluves

Autrui peut croire qu'elles estiment

 

Pourtant, calomnies sous-jacentes, elles giclent d'amertume, de leur colère sécateur, à la face de celui qui les enveloppe de sollicitude

 

Elles enrobent les jeunes poitrines de tiges saillantes, pratiquent ce shibari aliénant, comme des pygmalions avariés, des aigles affamés

 

Elles étouffent les femmes qui les hument, contaminent les hommes qui les offrent aux amantes, empuantissent les enfants dans les espaces verts

 

Leurs épines, pointées vers les corps vierges, lacèrent l'eau transparente de ces jeunes acteurs, le liquide coulera, les nourrira

ces fleurs, petites harpies vivides, resteront à observer la fuite des  liqueurs corporelles, leur pistil nerveux

Ces fleurs tressaillent de leurs membranes indociles, elles hurlent de rage sous la caresse des souffles

Ces fleurs rugissent devant l'orgueil du sexe brandi, elles violent le regard du peintre mâle, pourtant aguerri, elles découpent l'endurance de la brise avec leurs barbelés gemmes

 

Les cris des insectes ingérés ne traversent plus la masse terreuse qui les féconde

Les feuilles étouffent nos aspirations, nos quintessences

 

Les fleurs, angoisses propres, marais fragiles, influences banales, flagrantes visions d'un monde blêmi dont elles sont les limites malades

10:11 03/04/2007 Publié dans Général | Lien permanent |  Facebook