17
oct

Pénétrations (4 mains, deux corps, deux âmes et des pénétrations)

Pénétrations RECYCLARTPénétration, fiction rouge.
(Texte premier)

 

Je suis le blanc.

Je suis le rouge.
Je suis le noir.

 

Mes poils grondent. Ma culotte fond. Mes lèvres s’éraflent le long du mur. Mes os s’étiolent. Ma vulve est trop lourde. La matière s’échappera. Cher, compagnon inouï… Reste là ! Pantelant, atterré, vibrant comme un nourrisson écarlate, trop vivant.

 

Je te pénètre de ce qu’il me reste de corps. Nos touts, licenciés de notre droit de regard, sont vindicatifs. Ils subissent l’évacuation de notre appétit.
L’effondrement est mon emballement. La pénétration est mon écorchage.

Le vide est un Graal tout autant qu’un leurre.
Rien n’existe mieux que le vide, et pourtant, la chute reste son accessoire favori.

 

Je place mon doigt dans ton engrenage. J’observe le grouillement avec l’extase d’une bombe sagace. Le tuyau spinal forme un cylindre parfait. Le rachis dévie lorsque je le presse sous mon envie. L’apnée rigoureuse à bras le corps, je plonge dans l’antre ténébreux. Je suis avec toi.

 

L’incidence est palpable, j’existe en lui. Je suis une belle entorse. L’arc osseux s’affale, je lèche sa courbure décadente. Je crache sur ma peau pour délester sa triste logique. Je cherche encore. Je foule son ordinaire. Il doit rester un passage, au milieu de ces chairs. Un tunnel entre quelques viscères, un filet d’eau rougie par l’envie doit couler pas loin. Peut-être y entend-on un morceau de rage jaune sous des rapides de sucs. Sol amoureux, je touche ta braise.

 

Ce chemin, jonché de balises harpies, moqueuses, ce chemin, survolé de fausses sternes, éjacule de frayeur… des percées de bile, des stries se creusent dans la viande, des scories rouges éthérées enrobent ma fabrique. Tu es dans moi. Nous serons calcinés. Petite alchimie féconde.

 

Je vois le blanc.

Je vois le rouge.
Je vois le noir.

 

Ce qui parvient ici est adorable et tout autant friable, telle la voix stridente d’une mère cherchant son enfant éparpillé sous des ruines, telle une femelle louve qui invoque celui qui féconde son bas ventre, tel un hélianthe grillant sous un astre machiavélique. L’envie, le besoin et l’inconnu se mélangent. Je suis là, avec toi.

L’instinct amène le pas qui devance l’évidence. Près d’une orée, entre branchements et ciments, le passage, étriqué à sa gorge, demande grâce. Le piment fétide se languit près de la main pieuvre. Je chine un morceau à croquer, à pincer, à étirer. Le caprice racole. Je suis une dragée poivrée dans un œsophage gourmand. Une bûche froide dans un foyer brûlant. L’ivresse s’aveugle de ma griffe. La névralgique arrogance n’a pas d’usage à ce moment ci. Je suis là, avec toi. Je suis là, en toi.

 

Je noie le blanc.

Je noie le rouge.
Je noie le noir.

 

Nous sommes deux rythmes joués par un seul corps. Le temps est acide puisqu’il balise l’épreuve. La fissure humide. Repenties d’alcools sanguins, mes veines ignées touche en fin son noyau palpitant. L’hymen immigré, dénoyauté s’étale sur mes lèvres. Les disques de son anus mundi ne résistent plus. Je ne veux pas d’une cible, mais d’un dessein. La nuit se fait sueur. Les soles plantaires gravent le drap.

 

Viens, mon aimant, sois digéré. Ma tranchée est un lien, franchissons le débit. Le spasme est un hoquet vital, une diastole venimeuse, amoureuse. Je ronge ma faim. Je garde ton corps pour d’autres brûlures. Mes seins claquent le long de nos cuisses enlacées. Le paroxysme est une pute, laissons la rire au coin de sa rue. Mon talon s’ancre au creux de ton épine. Je me couche sur mon corps, comme un foie trop frais sur une table lisse.

Je bois le blanc.

Je bois le rouge.
Je bois le noir.

Tes flots sont ces serres d’oiseau noctambule qui crèvent mes parois. Je suis avec toi, les yeux clôturés. Il est interdit d’interdire, disent les murs des villes muettes. N’écoutons pas le grondement. Foutons nous de ceux qui parlent.

 

Paralysées dans la pente, nos soles plantaires gravent le drap. Nos nerfs tissent un filet noir. Nous nous recouvrirons de ce piège plus tard. Embrassons nous dans notre brume moelleuse. Il reste encore de l’orage à avaler. Corps sous tensions, nous dérivons sur ce que nous voulons lire. Notre mue s’accomplit. Tu es avec moi. Tu es en moi.

 

Blanc.

Rouge.

Noir.

 

© Milady Renoir


Pénétrations RECYCLART IIFantaisie interprétative

 « L’intelligence prostatique n’est pas une histoire d’hormone »
(Texte dernier)

 

 

Occurrence « pénétration » sur le moteur de recherche Google : 43 200 000.

 

En priorité : SODOMIE, DOUBLE PENETRATION ou DB (terme acronyme à la justification surprenante), FELLATION ; mais également

« Politique de pénétration en mercatique.

 

 

Voilà de quoi bien plus nous intriguer que les multiples interprétations européennes kama-grotresques consultables sur des sites tels que Q.BE, ou Doctissimo...

 

La « politique de pénétration en mercatique » n’est pas une tendance morale instituée par un état proche de la mer Adriatique sur les techniques de procréation locale. Non, la mercatique est en fait le terme francophone traduisant la notion de Marketing.

 

Pour rappel : « Le marketing (ou plus rarement donc, la mercatique) est une discipline qui cherche à déterminer ses offres de biens et services en fonction des attitudes des consommateurs et à favoriser leur commercialisation. Il comporte un ensemble de méthodes et de moyens dont dispose une organisation pour s'adapter aux publics auxquels elle s'intéresse, et pour utiliser, voire susciter, des comportements favorables à la réalisation de ses propres objectifs. »

 

Et il se  trouve qu’en Marketing comme en pratique sexuelle entre adultes consentants, l’on pénètre. Il s’agit chez l’un de  « marché », et chez l’autre d’anus, de vulves ou de bouches, bref, d’orifices.

Je cite un explicatif concernant la pénétration de marché dans le domaine mercatique:

« Dans le cas d’une politique de pénétration (…) le produit est introduit à un prix intentionnellement bas, voire agressif, afin de conquérir rapidement une part importante du marché. Cette politique doit s'appuyer sur une bonne maîtrise des coûts et la capacité de l'entreprise à baisser encore ceux-ci en exploitant la courbe d'expérience et les économies d'échelle, notamment si le marché est en croissance rapide.

Elle a pour principal avantage de dissuader l'apparition de nouveaux concurrents qui seront découragés devant la faiblesse des marges possibles.

« Produit – introduit – de manière agressive ;  conquérir - exploitation de la courbe d’expérience. »

Ce champ lexical utilisé, belliqueux et guerrier, n’est pas sans me rappeler des termes que l’on pourrait appliquer à l’étude du « viol à destination eugéniste », rencontré en temps de guerre, de tous temps et sous toutes les bannières (Chine au Tibet, Gengis Kahn au Japon et  plus terriblement récemment dans la toute proche Europe de l’Est.)

Il en va ainsi également  des viols de civils, par exemple Irakiens ou Japonais par les soldats Américains (encore très récemment près des bases militaires sur le sol Japonais), à la différence près que ces actes n’ont là aucune justification raciale, mais ont uniquement pour vocation d’avilir, d’humilier, bref, de dominer.

 

Il semblerait que le concept de pénétration représente,  au moins pour les théoriciens de la mercatique (théoriciens pour lesquels je ne place aucun doute au sujet de leur masculinité car je n’imagine aucune femme assez stupide pour se laisser aller à de telles violences conceptuelles), ce concept de pénétration représente donc une notion belliqueuse et agressive alors que les définitions suivantes ne laissent point transparaître ce fait.

 

> pénétrer
(verbe transitif, intransitif et pronominal)


Passer à travers, entrer.

[Sens figuré] Saisir par l'intelligence.

Se pénétrer: remplir son esprit: se pénétrer d'une idée.

 

> pénétration
(nom féminin)
Action de pénétrer. Perspicacité, lucidité d'esprit.

 

Féminin, esprit, perspicacité, intelligence.

 

Il se pourrait, si l’on me permet une interprétation toute personnelle n’ayant comme prétention que celle d’exister, que La pénétration se révèle être, dans le domaine féminin, un acte d’intelligence, décidé en toute lucidité d’esprit ; acte qui se transforme dans le domaine du type lambda à gonades comme une expression violente de domination et de supériorité.

 

Cela nous amène finalement à considérer l’homme sodomite comme plus intelligent et perspicace que le représentant mâle habituel, ignorant et refusant les bienfaits des massages prostatiques.

 

C’est là la fin de ma démonstration, je vous remercie de votre attention ;

Au revoir.

 

© MozHorus – Octobre 2006

 

Pénétrations RECYCLART IIITextes interprétés par MozHorus & Milady Renoir de la Soirée Lecture(s) de la Dolce Vita samedi soir dernier, vers 21h13.

Photos prises dans les couloirs de Recyclart.

12:48 17/10/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : arts, ego trip-e, love |  Facebook

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