28
sep

Xtraits de Luc Dietrich

luc dietrich"Je veux descendre tout entier dans ma phrase. Je voudrais m’y couler comme dans la mer. Je voudrais y crier avec ma bouche. Je voudrais que ma main sorte des lignes. Je voudrais communiquer une telle chaleur que celui qui me lira sentira la force de mon sang , la vie de mon sang."

 

29 mars 1936

 

"Je veux travailler pour aider les autres, ma vie ne m’intéresse pas. Être fort. Vite. Faire quelque chose. Toutes mes forces se perdent dans la vie ordinaire."

 

1942

 

(...). Je veux être préoccupé de la destinée humaine. Je voudrais noter tout ce que je sens, je voudrais leur faire voir avec force tout ce qu’ils ont mal vu, je voudrais qu’ils vivent et entendent avec plus de joie et plus de violence.

Ils parlent de chanter le progrès, la machine qui libère l’homme. Elle ne le libère pas, elle le gonfle et le détraque. Et l’homme pense boîtes d’allumettes et discours électoral : tous de même. Ils ne sont plus eux-mêmes : ils n’ont plus le courage de s’élever seuls avec violence, contre l’injustice, quelle qu’elle soit, d’où qu’elle vienne. (Illisible). Ils vont bientôt tous se coller ensemble. (Illisible). Ils ne savent plus choisir, ils prennent ce qu’il y a de plus facile en eux, de plus rutilant. À la même heure ils voient les mêmes saletés. À la même heure ils pensent en commun. J’aime celui qui apprend tout seul. Le chétif qui s’agrippe, qui encaisse les coups des autres, les brûlures de la faim et du froid et qui, tout seul, apprend à se détacher du ronron des autres. Celui-là comprend les hommes mais n’en sera pas rempli. Il leur voudra du bien et sera traité d’ennemi. J’aime mieux être seul."

 

Luc Dietrich

11:24 28/09/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

27
sep

AutoFiction dans Hep taxi! sur RTBF2

hep taxiPour ceux qui sont venus (merci), pour ceux qui n'ont pas pu (next time), une minute autour de l'événement AutoFiction organisé par EntrezLire, PassaPorta... est diffusée dans le HEP TAXI ! du 26/09/2006
 
où l'on voit les ambiances des ateliers d'écriture créés par Marie-Eve Palin & Milady Renoir.
 
regardez la rediffusion où l'on voit l'Abbé Burion en auditeur religieux de Chloé Delaume, l'animatrice d'atelier Evelyne Wilwerth en auditrice passionnée de Bernard Tirtiaux, où l'on voit la DS crashée, où l'on voit les sourires face à la gouaille de Jacques Darras, où l'on voit Réjane Peigny en lectrice discrète, où l'on aperçoit Dominique Costermans en taxi girl (sans Daniel Darc, snif) s'éloignant vers d'autres aventures (sans plaques d'égouts)...
 
merci à Patrick Van Loo (aussi créateur des ambiances sonores EGO, CRASH, TRAFFIC, MEA CULPA) et Dominique Costermans pour cette minute de souvenir littéraire et leur patience dévouée...
 
Certains textes écrits pendant cet événement sont lisibles sur http://atelier-milady.skynetblogs.be/

11:55 27/09/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : arts, atelier |  Facebook

26
sep

mercredi 27 (et deux autres jours): VIOLET aux tanneurs

Les Tanneurs proposent:

 

Mini-festival 1 - Premières fois…


VIOLET
Création

d 'Après le texte de Jon Fosse


27 – 30 septembre 2006 - 20h30


Jon Fosse est à l’heure actuelle un des dramaturges norvégiens contemporains les plus joués dans son pays et à l’étranger. Dans une écriture minimaliste et dense où les dialogues et les non-dits installent une ambiance sensuelle et inquiétante, le dramaturge explore les étranges relations entre les êtres dont les esprits et les corps se cherchent. Clément Laloy, le metteur en scène, est un observateur scrupuleux de ses contemporains. C’est donc naturellement que le choix de Violet s’est imposé pour cette première fois sur une scène professionnelle. L’urgence des rapports de séduction, la peur d’être rejeté, l’amour à trouver, les compromis impossibles sont au cœur de Violet. Les relations sont érotisées, d’un érotisme violent, animal, échappant aux corps des adolescents, sur fond de rock’n’roll de garage, beau et minimal. La mise en scène allie le trouble, la matière, les corps et les sons. Ce spectacle est à la fois un fil tendu prêt à se rompre et une mélodie douce et harmonieuse.

Le 30.09.06 à 23h
Dans le cadre de La nuit blanche, une soirée Slam en collaboration avec l’asbl Lézarts Urbains clôture le 1er mini-festival
 
 
 
Mise en scène: Clément Laloy
Traduction: Terje Sinding, éditeur et agent théâtral du texte représenté : L’Arche
Scénographie: Jean-François Castel et Nicolas Vandenschrick
Création lumière: Aude Ottevanger
Costume: Gélise
Avec: Michaël Magerat(celui qui fait ces reliques là michael magerat relique III, Alice De Visscher, Frédéric Kusiak, Christophe Piette et Pierre Roberti
Groupe de musiciens: R.O.T.
(Benjamin Franklin, Laurent Cartuyvels, Floris Van Hoof, Bram Borloo et Christophe Piette)
 
Une création de Violet asbl en coproduction avec le Théâtre Les Tanneurs

14:13 26/09/2006 Publié dans Général | Lien permanent |  Facebook

22
sep

jeu plagiaire et délétère

Contrainte de l’Atelier Milady autour de l’incipit de Philippe Sollers « Le Cœur Absolu »

 

«  Toujours vivant ?… Oui… C’est drôle… Je ne devrais pas être là… Flot de musique emplissant les pièces… Elle se souvient de moi, la musique, c’est elle qui m’écoute en me traversant… Qu’est-ce que c’est ?… Voyons… Oui… Bien sûr… Saint Jean… Le début… Nuages… Formation des nuages… Rideau soufre… Horizon glissant… C’est lent, et long, et large, et groupé, noir, liquide… Je suis dedans, maintenant, pas de doute… J’ai dû mettre la radio, tout à l’heure, sans m’en rendre compte… En me levant pour faire chauffer le café, odeur de pain grillé, coup sourd du courrier et des journaux derrière la porte… Il faudrait aller les chercher… Mais pas moyen. Je suis paralysé, là, dans mon lit, petit jour fermé dans la chambre. Neuf heures moins vingt. Je repars dans le sommeil. Les voix me portent. Elles descendent avec moi dans l’eau… […] »

 

Il y aurait le chant d’une sirène dans ce songe humide… une proue voyeuse, tirant sur mes fils, telle une Parque hystérique… ce son ne parvient pas à ranimer mon sens primaire… c’est ici le fond ? Non, les autres le disent tous… tunnel, lumière etc. C’est bien connu… encore cette glissade… mes membres tressaillent de peur… il faut basculer pour chuter… le point d’ancrage s’évapore… les draps transpirent… suées ouatées…matière vindicative derrière son apparent miel. Je suis bourré de vie… immobile, à peine contemplatif. Radicalement, je suis impuissant, mal nourri, décadent.

Je tombe sans me faire mal… je suis né il y a longtemps, je les vois… père et mère dans le cadre corbeau, enfants enfermés dans la Grande Roue… la lutte n’est pas le combat que j’opère… soyez teigneuses chères artères, le sang doit suivre la marée… flux et reflux dans la veine centrale… une voiture s’arrête sur le bas-côté… je laisse les âmes doubler… je ne suis pas pressé, allez-y, passez… trépassez… j’ai le Temps posé sur mon terrain de jeu.

Néons clignoteurs… brancardiers harpies… gargouilles en blouses blanches… Je est con de se croire unique… regarde les, cher regard, ils s’embourbent dans les rayures du sol… chaque pas forme une crevasse… nous remontons tous le même ciel dans une faille inversée… la terre est creuse, elle en pleure des océans d’iode saline… mon cœur, ce leurre, tu sais que tu n’existes pas sans le sang… alors laisse le couler…

 

(…) temps (…) pause (…) absence (…) relent (…)

 

Oui ! Je remonte, je redémarre, oui, rien à faire ici (à part s’ennuyer) … je vais vous suivre, je vous écoute, moutons noirs de pacotille… guerriers de jachères putrides… croque-morts hilares aux dents de verrat, je vous connais, je vous suis… suivre ce que l’on connaît est déjà mourir. J’arrive…

 

Cette odeur de pain grillé, j’entends la mie crépiter… Peut-être est-ce un matin ? Sans soleil arbitre, ni lune opiniâtre… rien n’est rassurant dans cette habitude, une chute perpétuelle… l’alarme décline … mes oreilles s’alourdissent… qui peut vivre avec quelqu’un d’autre sans se voir mourir dans ses yeux ?

Il doit y avoir du lait qui bouille… l’écume sibylline nourrira mon égarement. Je mettrai quatre sucres cassés dans le grand bol miroitant, poserai mes lèvres sèches au bord de la brûlure. Ce sera la preuve, l’attestation de ma place au sein de ce jour, un être vivant parmi les autres.

 

© Milady Renoir (assistée de Philippe Sollers (ça tue de pouvoir dire ça !)

Art by Antonio Lepore

10:29 22/09/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : ego-tripes, atelier |  Facebook

21
sep

ce soir et les autres soirs

d'abord, ce soir, concert de La Caravane Passe @ BULEX JeudiBarS

avec une programmation du Divan du Monde pour le week-end!

donc, pour les fessiers ankylosés, il y a du rythme à manger!

 

Puis de vendredi à dimanche, le second week-end d'Emma06 aux Brasseries Atlas (j'y serai samedi PM)

 

et un peu en avance, entre les élections belges et une réunion de La Collecte de Jouets des Amis de Sophie, le dimanche 8 octobre, il ne faudra même pas louper Ghalia BenAli... (je vous ai déjà parlé d'Elle avec amour, suffit de se laisser convaincre)

 

"Quand la musique se fait danse, voix, beauté et talent,c'est elle qui l'incarne.... Déjà on la dit être la nouvelle Om Kalthoum... C'est en terre tunisienne que Ghalia Benali s'est nourrit de musique classique arabe et indienne pour nous convier le 8 octobre à l'écoute de ses chants sacrés."

Avec Bert Cornelis au sitar (élève du maître Pandit Ashok Pathak), Ghalia compose et improvise sous le nom de" Al Palna "(le berceau). Berceau d'où ils unissent et fondent les sons arabes et indiens en une combinaison originale pour créer un dialogue oscillant du mystique au pétillant... Une musique qui nous ballade entre extase et méditation. Pour ce concert d'exception, ce 8 octobre, ils se joindront à Prahbu Edouard, maître du tabla, disciple du légendaire Shankar Goshn un des plus talentueux joueurs de tablas du continent Européen. C'est "A l'épicerie", chez Mongkon, lieu richement insolite et intime que se produira ce concert ... à ne pas manquer! Vous pourrez également déguster des tartes salées sucrées et autres douceurs à boire et à manger .. Concert « Al Palna » Le 8 octobre 2006 à 20h00 A " l'épicerie ", 56 rue Keyenveld 1050 Bruxelles Entrée : 10 Euros Places limitées, réservation vivement souhaitée au O2 513 71 84 0473 325 876"

12:07 21/09/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : arts |  Facebook

20
sep

ECLIPSHEAD - Ken Wong (Diversions)

Lire  la totalité de l'article sur Ken Wong:

 

(...)

La série des « passages for lost clouds » est incontestablement un MUST DREAM ! J’ai découvert une œuvre alambiquée, délirante et terriblement ensorceleuse.
Là, des êtres naïfs errent dans cet univers minimaliste, épuré, ils rôdent dans ce
Tartare indolent de ne pas les punir conformément à la vieille règle des enfers, à moins que ce ne soit notre Terre chérie abaissée à son plus stricte souffrance. J’y ai reconnu une touche évidente du dessinateur Cardon pour lequel la dénonciation et l’esprit opposé au système préposent sur le prétexte esthétique. La recherche artistique est politique, calculée.
On aperçoit
ici le personnage qui sombre sous un bloc de béton ou , les couleuvres/orvets/vers de terre avalés par cet être sans expression, bardé d’une étoile en guise de troisième œil. Comme dans Le Petit Prince de St Exupéry, des personnages chimériques, symboliques nous ramènent à notre société, coincée dans ses clichés, ses bordures, ses frontières morales. Les êtres étranges, « anormaux » sont des paraboles de nos angoisses, de nos Ego, ils sont rejetés, persécutés. La limite de la normalité est repoussée jusque dans les tranchées les plus évidentes, les moins risquées, les plus avérées par la masse bien-pensante, moraliste et paternaliste. La femme cible, l’homme compressé, l’homme savon matière éphémère (chair à canon ?), l’enfant consumériste...
Tous les thèmes que l’on y trouve réveillent les consciences, il est temps de retirer les clous qui nous éloignent du
monde, de nous séparer les uns des autres par notre nature unique, pas par notre fonction sociale ou rentable.
Il y a dans cette œuvre insolite une recherche de nouveau goût du genre humain, actuellement coincé entre l’espoir qui fait
vivre, l’inquiétude qui ralentit et notre auto-destruction nous accablant à jamais.
Ken Wong dévoile par des traits purs, distincts, notre manque de substance. C’est une représentation magistrale, incomparable (finalement) et terriblement engagée que nous sert ici l’artiste. Un régal pour l’œil et le cœur, aussi pessimiste (ou lucide ?) que son message puisse être. Chaque fresque raconte notre histoire, bercée d’humour sceptique, de poésie fantasque, de trahison et de tragédie perpétuelle.

Images à conserver précieusement dans un coin de sa tête lors des prochaines élections !

09:33 20/09/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : arts |  Facebook

19
sep

ECLIPSHEAD : 1 an déjà - jeu du bilan!

2005 en cultures, voici le début:

 

A comme AVALANCHE de sons nouveaux coulés dans mes tympans, de choses ordinaires réécoutées mais ô combien de paraboles électroniques découvertes… avalanche aussi de références spectacles, théâtre et autres diversions… je me suis laissée emporter, souvent, beaucoup.

 

B comme Le BONHEUR, une épicerie AudioVisuelle bruxelloise, corne d’abondance des choses qu’on ne trouve pas ailleurs. Grâce au « Director » Thierry, mes neurones ont pu dériver, entre autres, sur ALIO DIE, de l’ambiant italienne éthérée ! Il faut se newsletterer, c’est bon pour la santé !

 

C comme CINEMA, (C facile !) toujours omniprésent. S’il fallait ne citer qu’une source viable, aimée et confirmée, ce serait l’excellente boîte de distribution post-salle obscure, je nomme ED Distributions (introuvable chez ED L’Epicier !) où Guy MADDIN, les Frères Quay, Alex van WARMERDAM, Jos STELLING, Bill PLYMPTON et le très dérangeant Elias Merhige trouvent asile douillet.

 

D comme DAVID Ho (oui, je triche un peu !) son univers est identique à celui que je créerais (si j’étais douée !). Mes images favorites sont issues de « block series » & « contemplation series ».

 

E comme MC ESHER ou le dieu des mondes parallèles, un homme d’élégance et d’imaginaire transcendé. L’homme écrase les mystères du dessin, de la gravure, du monde qu’il entrevoit derrière ses lunettes de solitaire avec une appréhension lunaire. Sa maison musée à La Haye (NL) est un must see !

 

et la suite là!

13:53 19/09/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : arts, ego tripes |  Facebook

18
sep

merci(s)

pour hier...

 

Merci à Marie-Eve, mon z'homme, Pascale, Réjane, TomTom, Chloé, Marie, Tori, Do', Patrick, Josiane, Clau', Ada, Arno, Thyl, Paula, Evelyne, José, Thomas, et les Autres...

 

pour les gentils participants qui veulent poster le texte écrit brutalement ou en douceur pendant les 3 modules d'écriture d'hier, ils doivent cliquer ...

14:11 18/09/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : arts, atelier |  Facebook

15
sep

Machine de rouge

Je suis bouleversée par ce petit livre vert que Marie-Eve m'a fait découvrir!

 

Boule-versée...

merci Marie-Eve,

merci Daniel Adam.

10:19 15/09/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : arts, lis tes ratures |  Facebook

13
sep

au fer et au poulain

Peu d'écriture(s), peu de lecture(s) (quoique!)

mais que d'événements!!

 

Collecte de Jouets, c'est reparti, mes Kiki!

 

et

 

AutoFiction, à fond!

14:39 13/09/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : arts, poly-tiques |  Facebook