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sep

ECLIPSHEAD - Ken Wong (Diversions)

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La série des « passages for lost clouds » est incontestablement un MUST DREAM ! J’ai découvert une œuvre alambiquée, délirante et terriblement ensorceleuse.
Là, des êtres naïfs errent dans cet univers minimaliste, épuré, ils rôdent dans ce
Tartare indolent de ne pas les punir conformément à la vieille règle des enfers, à moins que ce ne soit notre Terre chérie abaissée à son plus stricte souffrance. J’y ai reconnu une touche évidente du dessinateur Cardon pour lequel la dénonciation et l’esprit opposé au système préposent sur le prétexte esthétique. La recherche artistique est politique, calculée.
On aperçoit
ici le personnage qui sombre sous un bloc de béton ou , les couleuvres/orvets/vers de terre avalés par cet être sans expression, bardé d’une étoile en guise de troisième œil. Comme dans Le Petit Prince de St Exupéry, des personnages chimériques, symboliques nous ramènent à notre société, coincée dans ses clichés, ses bordures, ses frontières morales. Les êtres étranges, « anormaux » sont des paraboles de nos angoisses, de nos Ego, ils sont rejetés, persécutés. La limite de la normalité est repoussée jusque dans les tranchées les plus évidentes, les moins risquées, les plus avérées par la masse bien-pensante, moraliste et paternaliste. La femme cible, l’homme compressé, l’homme savon matière éphémère (chair à canon ?), l’enfant consumériste...
Tous les thèmes que l’on y trouve réveillent les consciences, il est temps de retirer les clous qui nous éloignent du
monde, de nous séparer les uns des autres par notre nature unique, pas par notre fonction sociale ou rentable.
Il y a dans cette œuvre insolite une recherche de nouveau goût du genre humain, actuellement coincé entre l’espoir qui fait
vivre, l’inquiétude qui ralentit et notre auto-destruction nous accablant à jamais.
Ken Wong dévoile par des traits purs, distincts, notre manque de substance. C’est une représentation magistrale, incomparable (finalement) et terriblement engagée que nous sert ici l’artiste. Un régal pour l’œil et le cœur, aussi pessimiste (ou lucide ?) que son message puisse être. Chaque fresque raconte notre histoire, bercée d’humour sceptique, de poésie fantasque, de trahison et de tragédie perpétuelle.

Images à conserver précieusement dans un coin de sa tête lors des prochaines élections !

09:33 20/09/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : arts |  Facebook

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