31
aoû

AutoFiction - événement dimanche 17 septembre

 

Le dimanche 17 septembre, Bruxelles est silencieuse, vidée de ses voitures. Quelques spécimens, les derniers peut-être, sont immobiles et massés rue Antoine Dansaert. Derrière le volant de ces camionnettes, taxis, corbillards, ambulances, mobilhomes et belles sportives, des écrivains vous attendent. Confortablement installés sur le siège passager, vous les écouterez lire des extraits de leurs oeuvres autobiographiques ou autofictionnelles.
Arrêts fréquents.

Avec : Benno Barnard, Diane Broeckhoven, Eva Cox, Jacques Darras, Chloé Delaume, Eric de Kuyper, Gerda Dendooven, Marie Desplechin, Al Galidi, Caroline Lamarche, Chantal Maillard, Mustafa Stitou, Bernard Tirtiaux, Régine Vandamme, Kamiel Vanhole.

La Maison des littératures Passa Porta sera l’aire de repos, de rafraîchissement et d’exposition (oeuvres des auteurs invités, notamment). Des ateliers d’écriture auront lieu au même rythme dans les petits coins de la librairie, ou dans des voitures : Autolouange, avec Emma Rouyer et Le Miroir, Le confessionnal et L’accident, avec Marie-Eve Palin et Milady Renoir.

 

En français et néerlandais

 

Entrée: Entrée libre
Organisation: Passa Porta, Entrez Lire, Het beschrijf, Passa Porta Bookshop
Lieu: Passa Porta, Rue Dansaert 46, B-1000 Bruxelles

15:36 31/08/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : arts, atelier |  Facebook

29
aoû

L'Atelier de la Dolce Vita ASBL - message

de Leur part:

 

"Chers artistes, cher public,

 

Nous partageons tous, nous croyons, le plaisir de nous rendre à l'Atelier de la Dolce Vita ou dans d'autres "petits lieux artistiques" de Bruxelles ou d'ailleurs. Nous aimerions tous voir ces lieux subsister, pour nous et pourquoi pas, soyons optimistes, pour la génération de nos enfants.

 

L'année dernière, nous étions sur le point de glisser la clef sous le paillasson, faute de moyens financiers suffisants pour assurer, ne fussent que les frais de fonctionnement. Et c'est là que vous êtes intervenu. Vous avez contacté Madame Fadila Laanan, Ministre de la Culture, de l'Audiovisuel et de la Jeunesse de la Communauté Française. Et quelques mois plus tard, un montant de 23.000 EUR a pu être débloqué pour venir à notre rescousse.

 

Cette année le problème se pose à nouveau. Le montant débloqué en 2005 était ponctuel, ne s'inscrivait pas dans une politique de soutien à moyen terme, et notre demande de subsides pour l'année 2006 a reçu une réponse négative. Alors que s'amorce la rentrée culturelle de septembre, nous sommes à nouveau balancés entre le désir de poursuivre l'aventure et la crainte de voir le bateau couler.

Nous avons retenu la première option: nous gardons nos portes ouvertes !

Serait-il possible d'obtenir davantage de transparence sur les critères d'octroi de subsides ainsi que sur la politique culturelle au sein de la Communauté Française? Qu'est-ce qui pourrait convaincre la Communauté Française de nous octroyer cette aide dont les "petits lieux de diffusion" comme l'Atelier de la Dolce Vita ont tant besoin ?

 

Nous vous proposons un type de lettre en annexe à envoyer à Me Laanan, Ministre de la Culture pour la Communauté Française.

Libre à vous de la mettre à votre goût presonnel. Cette lettre pétition est également disponible à l'Atelier de la Dolce Vita et sur notre site ( http://www.atelierdolcevita.be).

N'hésitez pas à la diffuser autour de vous et à l'envoyer par fax, par mail ou par envoi postal à Madame Laanan durant tout le courant du mois d'août et septembre 2006.

 

Nous organisons le 26 septembre une conférence de presse à laquelle seront présentes certaines personnalités artistiques désireuses de soutenir des petits lieux de diffusion comme l'Atelier de la Dolce Vita. Vous êtes cordialement invités à y prendre part également. Davantage de détails apparaîtront prochainement sur notre site.

 

Nous vous remercions de votre assiduité à nous soutenir et à défendre une certaine "culture"

 

Pour le conseil d'administration ,

 

Jean-Claude Lefebvre, président"

 

  _____  

L'Atelier de la Dolce Vita ASBL

37A, rue de la Charité

1210 Bruxelles

02/ 223 46 75

www.atelierdolcevita.be

09:50 29/08/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : arts, poli-tique |  Facebook

28
aoû

Emma06 - back in town...

 

« EMMA 2006" est la quatrième édition d’une exposition pluridisciplinaire d’art contemporain qui a eu lieu pour la première fois en septembre 2003. Organisée par les asbl Artefakt et Kimera, deux associations actives dans la promotion d’artistes et l’organisation d’expositions, l’événement se déroulera à nouveau cette année les WK du 15/16/17 et 22/23/24 septembre 2006 à la brasserie Atlas à Anderlecht. »

 

un événement à ne manquer que si vos jambes se détachent ... (et encore!)

15:15 28/08/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : arts |  Facebook

25
aoû

3 words

.

I LOV' U!

13:49 25/08/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : ego trip-e |  Facebook

intense soit peu...

un moment, deux photos et trois notes... drôles de mondes!

 

"It's pissing down with rain
The dogs they all do howl
Just beneath the surface, the faces all do scowl
Selling off an empire, they sell it by the pound
The Russians in the market square

Give him 15 Deutschmarks for an old red hat
He will sell you the coat off of his back
And he's looking handsome and he's looking sad
The Russian in the market square

The Russian in the market
The Russian in the market
The Russian in the market square

He'll tell you stories about his past
He'll tell you stories if you ask
And he's looking handsome and he's looking sad
The Russians in the market square

Yes, the Russian in the market
Yes, the Russian in the market
Yes, the Russian in the market square

Yes, the Russian in the market
Yes, the Russian in the market
The Russian in the market square

Yes, the Russian in Frankfurt Square
"

The Tiger Lillies

 

Appuyés contre leurs murs, ils se sourient, ils sont les seules personnes qui les regardent tendrement. De parents trop morts aux enfants trop vivants.

Ils sortent la liste des courses imaginaires, pour croire. Et puis le chien, qui leur va bien.

 

Pendant ce temps

 

Ils se souviennent, ils apprennent à ne se souvenir qu’une fois par jour (plus, ça rend malade).

Ils s’engueulent, ils apprennent à ne s’engueuler que cinq fois par jour (après, ça fatigue)

Ils s’aiment, ils apprennent à ne s’aimer qu’une fois par jour (plus, ça rend optimiste)

Ils marchent, ils apprennent à ne marcher qu’une fois par mois (plus, ça rend nostalgique)

Ils s’animent, ils apprennent à ne pas s’animer plus d’une fois par jour (plus, ça rend trop expressif)

 

Pendant ce temps

 

Le lit s’affale, l’horloge grince, les dents pleuvent, les sacs craquent, le bruit jouit, la vie se moque, les veines grossissent, le tiroir ferme, le train aboie, l’étage est à la cave, la table bascule, le chat saute, les haricots crament, la laine s’enfuit, la fourchette rouille, le sable arrive, les cheveux s’étourdissent, le crâne se pardonne, les mains tremblent, le dos craquelle, les jambes bleuissent, la cuiller ne se lève plus, la soupe est fade, le poil est gras, la vie se moque, l’étagère est plastifiée, la nappe est cuirassée, le matelas s’immunise, la cave est au grenier, les insectes rigolent, les bijoux se déshéritent, la poussière ne se gène plus, le ventre s’étire, les miettes s’enfoncent, les souvenirs se fanent, la vie s’en moque …

 

Comme dans une chanson de Brel, on les regarde parfois avec tendresse mais ils sont toujours appelés ‘ils’ parce qu’on ne les entend pas dire leurs noms.

 

© Milady Renoir

art "poverty in Belgium" by Stephan Vanfleteren

13:17 25/08/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : arts, muse hic, texte |  Facebook

24
aoû

Addendum - Ego Trip (suite et fin) - Corrigendum - Nota Bene et autres rectificatifs

Après consultation arachnéïde sur la Grande Toile, il s'avère que le portrait de la femme mystère à laquelle je ressemblerais et dont je serais la réincarnation (voir article précédent) n'est pas une vedette gothique du cinéma muet mais une cantatrice lyrique (de l'art musical non pas de la poésie champêtre) et qu'elle ne porte non pas un nom aussi érotico-exotique de Theda Bara mais bien plus aveyronnais, c'est à écrire, Emma Calvé... sur laquelle les choses les plus "incroyables" furent écrites...

 

bon, donc, plutôt que porter le karma d'une vamp' gothico-éphémère, je me retrouve (peut-être) avec celui d'une châtelaine esotérico-lesbienne, disciple d’hindouisme, d’occultisme et d’anarchisme, proche d’ Alphonse Mucha et Stéphane Mallarmé!

 

Finalement, je ne suis pas déçue de l'écart.

13:49 24/08/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : ego trip-e |  Facebook

EgoTrip on Theda Bara

Mon HommeMage m'a dit hier soir, (fébrile et encore plus amoureux après 3 Chimay Bleue) que je serais sûrement la réincarnation de Theda Bara (alias, selon une légende, Arab Death), ou la première Vamp’ (un tantinet gothique), sex symbol des masses populaires américaines (et autres) des années folles, ou une sorte de pin up croisée entre une Lydia Lunch et une Marina Abramovic, une Cléopâtre excitée comme une Siouxsie, une Salomé envoûtée comme une Diamanda Galas...

 

(En aparté :)

Oh pubères, oh putains, je sais pourquoi je le marie, celui-ci !

 

J’ai donc décidé d’entretenir ce soupçon, mi-phantasme, mi-illusion d’optique afin de ne pas déclencher une quelconque frustration de la représentation sexuée et chimérique que mon AUM a de moi…

 

 

 

12:52 24/08/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : ego trip-e |  Facebook

23
aoû

La parole (sage) est à Bernard Noël

Bernard Noël

Bernard Noel

Incursions, Irruptions.
La Culture du mépris en Israël, par Bernard Noël

Le mot "incursion" sert à désigner, dans les derniers bulletins d'information de France-Culture, les opérations militaires israëliennes au Liban. Ce mot saisit parce qu'il est original par rapport au vocabulaire des autres chaînes. D'après Littré, "l'incursion est une course; par conséquent celui qui la fait passe seulement sur le terrain qu'il ravage". Bien que vieille d'un siècle et demi, cette définition décrit assez bien l'action d'Israël, sauf que la "course" viole cette fois l'espace aérien et que le "ravage" tombe ainsi principalement du ciel.
Littré renvoie au mot latin incursio qu'il traduit par "invasion". La consultation du Gaffiot donne "choc , attaque" pour incursio, puis "se jeter sur" pour incursito et "fondre sur, attaquer" pour incurso. Il ne faut pas, dit le Dictionnaire analogique, confondre "incursion" , qui est le fait de pénétrer momentanément dans un domaine qui n'est pas le sien, avec "irruption", qui consiste à pénétrer de vive force et à s'installer...
L'aviation, est l'instrument parfait de "l'incursion" puisqu'elle "se jette sur" son objectif et retourne aussitôt vers sa base. Les chars , les commandos, l'infanterie, par contre, sont obligés de faire "irruption" même si, officiellement, leur commandement n'a pas l'intention de s'installer. L'armée israëlienne, dénommée Tsahal, combine de toute évidence depuis un demi-siècle "incursion" et "irruption" pour le plus grand dommage de ses voisins.
L'histoire de cette période prouve en effet que l'existence et le comportement de Tsahal font de l'incursion et de l'irruption une méthode d'intimidation brutale dont l'exercice est sans cesse nourri d'actions violentes. Cela va du "bouclage" toujours arbitraire à la confiscation des terres, de la destruction des oliveraies et des maisons à l'assassinat ciblé, du bombardement des infrastructures civiles au bombardement des civils, de l'enlèvement et de la séquestration des responsables politiques à l'emprisonnement et à la torture de quiconque a l'infortune d'être au mauvais endroit au mauvais moment. Tout cela au nom d'un droit à l'autodéfense et à la sécurité dont le résultat est de créer une insécurité générale, non seulement autour d'Israël mais dans tout le Moyen Orient.
Devant tant de violences, dont le seul succès est d'en appeler et d'en rappeler d'autres aux références totalitaires fâcheuses, il semble que le simple bon sens aurait dû conduire à demander à la paix ce que ne peut obtenir la guerre. Mais non, l'Etat d'Israël s'obstine à entretenir l'oppression, la peur, la menace quand il ne passe pas à des actes qui visent à terroriser l'ennemi qu'en réalité il fabrique. Pourtant, ces jours-ci, les actes en question ont atteint un degré où l'injustifiable le dispute à la sauvagerie. Une sauvagerie masquée par la technologie guerrière qui métamorphose les tueries en une affaire inhumaine que les communiqués qualifient de "dégâts collatéraux".
L'humanité a sans doute besoin du contact, de la vision directe ou du face à face pour que le tueur ait conscience du droit de mort dont il dispose. On peut croire que tel n'est pas le cas de l'artilleur ou de l'aviateur qui tirent sur un "objectif", mais comment accorder cette circonstance atténuante aux généraux, ministres et chef de gouvernement dont le moins qu'on puisse attendre d'eux est qu'ils sachent ce qu'ils font ? Quand on compare l'importance des "dégâts" et la justification qu'en donnent les responsables israéliens, on se demande ce qui l'emporte chez eux du mensonge ou du racisme dans leur empressement à pousser au crime.
Bien sûr, une bonne partie de leur arrogance dans le déni des faits tient à l'aide constante et à la conduite exemplaire de leur soutien américain, qui a si brillamment réussi la démocratisation de l'Irak et de l'Afghanistan. Les crimes de guerre, la torture des prisonniers, les massacres changent de nature dès lors qu'on les qualifie de lutte contre le terrorisme: ils tirent même de cette qualité une sanctification. Et puis, de toute évidence, les victimes de cette lutte n'ont pas droit à ce statut: il suffit de vous étiqueter "terroriste" pour que vous cessiez d'être un humain.
Depuis des années, et les témoignages abondent à ce propos, on assiste en Israël à un entraînement au mépris. Au mépris du Palestinien, jour après jour humilié aux check-points, privé de travail, privé d'eau, d'électricité, de nourriture, malmené pour un oui pour un non, emprisonné sans jugement... Encore n'est-ce là que les formes les plus douces d'une oppression qui n'hésite pas à recourir aux obus, aux bombes, aux fusillades à Gaza ou au fameux "Mur" qui est en train de transformer la Cisjordanie en camp de concentration.
La gravité de la situation ainsi créée s'accompagne de milliers de morts avec un fort pourcentage de femmes et d'enfants. Tout cela a été dénoncé en vain par des articles, des documentaires, des livres, mais rien ne dénonce la dégradation morale qu'entraîne chez les Israéliens l'exercice régulier de l'oppression. Si l'artilleur et l'aviateur ne voient peut-être pas ce qu'ils font, l'oppresseur le voit fort bien quand il laisse des malheureux attendre des heures durant un passage, quand il enfonce les portes, casse les meubles, quand il écrase une maison avec son tank ou son bulldozer, quand il tire sur des enfants. Pour supporter ce face à face, il faut avoir pratiqué longuement le mépris et même en avoir fait sa culture. On sait à quel point il faut déshumaniser l'Autre pour le traiter comme un être inférieur.
Le gouvernement israélien organise cette déshumanisation et le mépris raciste qui en découle. Il s'étonne de la résistance qu'il rencontre dans le temps même où il s'efforce d'en finir avec elle. D'où ce redoublement de violence, qui prouve un désir de génocide latent, et la rage de ne pas oser l'accomplir. Cette rage aveugle monsieur Olmert et sa clique puisqu'elle les fait agir à l'inverse de l'intérêt de leur peuple également aveuglé par leur propagande. Ainsi, après la destruction du Liban avec des bombes américaines dans le but de provoquer le rejet du Hezbollah cause, soit disant, de tout ce malheur, un sondage révèle aujourd'hui que 87% des Libanais voient dans le Hezbollah un mouvement de résistance qui les honore.
La bêtise politique est criminelle: on le voyait en Irak, en Afghanistan, on le voit hélas en Palestine et au Liban. Le plus accablant est que cette bêtise ne rencontre aucune opposition dans un Occident qui se déshonore en lui trouvant des motifs respectables. Les pays arabes ne font pas mieux mais ils ont l'excuse, grâce encore à l'Amérique, d'avoir des gouvernements qui sont étrangers aux aspirations de leurs peuples. Il n'est pas nouveau de traiter de terroristes des mouvements de résistance, mais les utilisateurs de cette rhétorique apparemment inusable devraient savoir qu'il est dangereux de précipiter la résistance dans le désespoir.
L'honneur n'a jamais été le fort des diplomates et des commerçants, mais il fut longtemps la règle du jeu des militaires. Quel honneur pourrait-il y avoir à bombarder une usine de lait, les pistes d'un aéroport civil ou les immeubles de l'autorité palestinienne? Il est dommage que Tsahal et ses généraux n'aient jamais eu à méditer ce vers classique devenu proverbial: "A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire". L'honneur d'Israël ne tient plus qu'aux quelques "refuzniks" qui refusent de massacrer des innocents, mais pour Tsahal, il est trop tard, cette armée d'élite n'est entraînée qu'à écraser plus faible qu'elle aussi doit-on la considérer désormais comme la plus lâche du monde.

 
Copyright © Bernard Noel / La République des Lettres
mardi 15 août 2006

13:07 23/08/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : poli-tique, act-u, lis tes ratures |  Facebook

22
aoû

une Autre: Chloé D.

 

puisqueue queue queue puisse puisse pisse pisse

jemennuiedediversdébileries

me voici branchée (esgourdes et tremplins fessiers)

sur ça

 

soit 11.50 de traversée de ravin

soit 11.50 de ferraille dans le bas ventre

soit 11.50 de gratin dauphinois sans sauce

soit 11.50 de talons aiguilles sur les orteils

soit 11.50 de bonheur avauglant

soit 11.50 de miaulements de siamoise en chaleur

soit 11.50 de points de suture sur le sexe tendu

soit rien que du bonheur par Chloé D.

dis, Chloé, tu m'entends, là???

 

parait que la curiosité est un vélo défunt...

17:54 22/08/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : muse hic, arts |  Facebook

21
aoû

le bourreau (le Henri Michaux)

 

"Vu la faiblesse de mon bras, je n'eusse jamais pu être bourreau.Aucun cou, je ne l'eusse tranché proprement, ni même d'aucune façon. L'arme, dans mes mains, eût buté non seulement sur l'obstacle impérial de l'os, mais encore sur les muscles de la région du cou de ces hommes entraînés à l'effort, à la résistance.

Un jour, cependant, se présenta pour mourir un condamné au cou si blanc, si frêle qu'on se rappela ma candidature au poste de bourreau, on conduisit le condamné près de ma porte et on me l'offrit à tuer.

Comme son cou était oblong et délicat, il eût pu être tranché comme une tartine. Je ne manquai pas de m'en rendre compte aussitôt, c'était vraiment tentant. Toutefois, je refusai poliment, tout en remerciant vivement.

Presque aussitôt après, je regrettai mon refus, mais il était trop tard, déjà le bourreau ordinaire lui tranchait la tête. Il la lui trancha communément, ainsi que n'importe quelle tête, suivant l'usage qu'il avait des têtes, inintéressé, sans même voir la différence.

Alors je regrettai, j'eus du dépit et me fis des reproches d'avoir, comme j'avais fait, refusé vite, nerveusement et presque s'en m'en rendre compte."

 

Henri Michaux (mon maître à délirer), extrait de PLUME

20:44 21/08/2006 Publié dans Général | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook