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jui

party (vulture) times

Le pus ne tarit jamais (c’est dit).

Il s’inhale par volutes entrecoupées de fines lames de félicité à la con, le limon poudreux s’échappe par les branchies gonflées d’humanité putride.

Tout est rose (disent certains) au royaume des vies.

On sait la culture des vrilles, le poison d’un pétale trop blanc, ou l’orgueil d’un sexe décuplant de viol, mais rien ne transperce mieux que le transparent. Rien ne passe à travers des mailles d’un filet dentaire… ah le petit ru qui s’écoule du prépuce (a)doré, ah le petit filet blanc qui sèche sur le pubis rayé.

Rien n’est si beau qu’un fluide, un réseau, un clan. Rien n’est si spectral que l’absence, et l’autre qui regarde l’action, étonné de sa propre résignation (comme celle de la terre battue).

 

Je suis de la terre battue collée aux chaussures d’un dieu imposteur qui déclame ordre ou chaos à coup de jus sec, cinglant. Son jet impressionne l’enfant qui réside en lui, cajole le jeune homme qui s’exci(s)te en lui. Il est transporté par ses fonctions créatrices et hurle.

 

Le tout palpite dans la marmite à préliminaires.

Vite et mal et en désordre.

 

Le sperme est la sève du pauvre. La putréfaction cachée dans un mouchoir de poche conspue contre les roches de peau. Il faudra l’effort de la consolation ou le confort de la récompense (sucrée) pour la laisser humiliée, là.

Mais elle s’enivre, serpente dans les canaux rénaux. La calcification n’a plus de désir de paraître alors, ce pus vert, jaune, plus rapide que le tonnerre avale l’espace et perce dans ma bouche féconde.

 

Le tout palpite dans la casserole à sauces.

Vite et mal et en désordre.

 

Je la sens frémir, l’indulgence, je la sens gémir, la patience, ai-je déjà tant attendu que je ne retienne plus mon souffle.

L’ongle jette son dur contre l’ouïe, le mur est le soutien que l’on n’espère pas. Le mal est un bien pour le mal.

 

S’asseoir. Les entendre crier. Les voir s’esclaffer dans leur Lumière.

Éclatent. Ils jouissent ensemble, au même moment.

La meute siffle entre ses dents, elle digère l’épicentre.

Ils tournent autour de leur éclat, heureux d’exister de quotidiens et de nuits, endormis.

Ils vénèrent le jour car ils y voient clair.

 

M’asseoir. Je ne veux pas danser (ai-je une tête de toupie ?).

Danser ne m’a jamais fait respirer. Au pire, expier.

 

La planche (immense) virevolte comme un sac de plastique blanc emporté par un air vide.

Le banc pour une seule personne m’appelle.

Je cloute mon cul sur le centre et pose mes mains de chaque extrême. Personne n’aurait du me voir, normalement. Je me sens (ré)fléchir, insister sur l’instant, paralyser la seconde, si elle retombe, je meurs. Si elle chute, je m’uppercut.

 

Bloc étourdi. J’évide l’envie.

Chaque main qui applaudit l’événement ressemble à un tiroir qui claque au vent.

Ils sont ces petits meubles mouvant sous les ondes.

Je vais rejoindre ma chambre black. Et m’asseoir.

Long temps. Embrasser la sclérose neutre

et jouir pour de faux,

peut-être.

 

 

 

© Milady Renoir

Art by Lui Liu

08:28 31/07/2006 Publié dans Général | Lien permanent |  Facebook

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