31
mai

Infini ment...

Le trou se fait nid. La paille se fait fonte. La rage du creux emporte les sillons.

La gouttière saigne,

 

rien n’imprègnera ma sphaigne.

 

La racine inversée se plante dans mon sexe… déjà la ronce de chance s’étire et craquelle. Je puise à la source du rouge, glissant sans exit contre le rebord d’amères rigoles. Ma pulpe dégouline le long des cuisses, je pourrais fuir la débâcle, évidée de mes esprits mais je stagne. L’attelage de mes seins illimités se fraye une ligne au centre de cercles exsangues.

Tout tourne, autour, au tour… VAUTOURS !

Cher axis mundi, votre verdict perpétuel n’est qu’un pieu qui vacille, vrille dans ma chaleur ouverte.

L’éternité pue pour ce qu’il reste de respirations. Le fouet complétant ta pointe frappe ma poitrine enflée. Plusieurs dermes se détachent puis pénètrent les marais qui sont tes perruques. Calife du premier jour déchu, tu es le germe que j’acclame, la poussière que j’avale, la terre sablonneuse qui me recouvrira. Ton spicilège de mots froids, énoncés par d’autres clowns, résonne sous la vibration du dernier souffle. Et personne, réellement, n’a assez d’élan pour sauter dans ta foi.

Pas à pas…

Je sens ma colère gicler entre mes gencives, forcer l’entrée de mon anus, s’éjecter de mes pupilles arquées. Il n’arrive qu’aux règles et aux lois de se détourner de ton Œil. JAMAIS devient le guide d’infortune.

TOUJOURS revient dans la bouche des couards, leurrés par le calme de leur prodigieuse inertie.

Pas à pas…

Le dédale de braises calcine mon pied téméraire. Vengeances habiles, volubiles que celles qui ne disent mot, ni ne sombrent dans d’exaspérantes vérités.

Ta main devient le dévidoir des espoirs, ton foie déverse ses biles violant le sel jeune, ta bouche découpe mes pas à pas en petits clous, je n’avance qu’en disparaissant, je n’articule mes mots qu’en tarissant. La faillite du corps passe par l’encombrement d’organes obsolètes, d'automnes caducs.

L’Organe central est un appât, l’âme, un artifice de pleutre. Quant au Colossal Démiurge, il fût ce plus beau songe d’une nuit endettée.

Pas à pas…

Ton dos entier enferme la nébulosité dans une soute à ravages. Mes cils, barreaux d’acier battant mon regard canin, brave l’oubli. Les nuées s’endorment. Il faudra que je meure pour (re)vivre améliorée.

 

Cher angle de vie, cher coude du diable, chère griffe de corneille, cher meunier de blé noir, laisse moi encor une fois m’appuyer sur ta gloire, rompre chacun de mes ongles contre ta poitrine métallique… je crois en cette voix qui ressemble à mon cri, en cette voie qui ressemble à mon lit, pas à pas…

j’implore l’agonie afin que le passé se libère du joug de ton absurde éclipse.

 

Repeat after me…

 

Tempori servire

Tempori servire

Tempori servire

 

 

 

© Milady Renoir

 

Art by Tatiana Palnitska

13:56 31/05/2006 | Lien permanent |  Facebook

Les commentaires sont fermés.