29
mai

Malaise

PRE-HISTOIRE.

Le vertige agace la mouche que je mange. La pente déroule ses caillots sous des cieux déréglés. Flocons ou grumeaux, ma bouche rejette le sang vigoureux, et laisse la pâleur s’évacuer dans les artères.

OPÉRATION.

Rien ne vole sous le ciel black.

Les cartes dérangées s’invitent à table, un pendu contre une tempérance, un pape contre une pute, tout s’évade par l’arène.

(J’aurais voulu un ordre clair, une plénitude assurée, un sourire long…).

 

DEMARCHE.

Le sort de ma langue se ternit, il n’y aurait plus de salive, plus aucune goutte de ce suc hygiénique, salvateur. Tout serait pourri au royaume du chaos.

Le sentiment se bouche, la touffe s’effrite, la dépouille s’annonce conquérante.

CALCUL.

Tout ne sera pas comme avant.

Rien ne provoque la vie sinon le sens. Quand ici, je respire, là, je vomis. Je n’avale pas de serpent, je suis le venin.

AMOUR.

Pourtant, les mots ont porté leur droit jusqu’au cœur,

Pourtant, les yeux aiment encore le cidre, l’éveil et le lit.

La cicatrice devient la cible, l’arc tendu fatigue les amours et aucun foin, aucune fougère pour réceptionner mon enveloppe alourdie de sa propre existence.

RESULTAT.

La pestilence de l’usure ou la déviance de l’habitude, rien ne vaut la mort véritable qui ne laisse que le silence et l’oubli pour obsessions. Car après, seulement après, vient la Naissance, de celles qui ne renouent qu’avec l’origine, et non pas avec une nouvelle disposition d’organes.

HISTOIRE.

La mouche avalée, tourne encore un peu dans les colons, oublie ses ailes dans mon foie et jaillit, déclamant sa fragilité, à l’embouchure de mon antre. Quand elle vire à l’absence, j’escamote mon tremplin et râle contre la boue collée à mes chaussures.

DIX SOLUTIONS.
Icare est un imbécile… et je n’ai pas l’essence du mythe. Je viole mon image, tambourine contre mes murs et dessine un bouton ‘EXIT’.

(J’aurais voulu une chose établie, une aventure sans écueil, un rire sans enfer…).

 

DENOUEMENT.

L’utopie d’un cycle persévère, après moi, un autre moi ?

Il faudra bien que je vive celle-ci, pendant, en détendant.

 

 

© Milady Renoir

Art by Bella Demeter

10:03 29/05/2006 | Lien permanent |  Facebook

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