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avr

Plusieurs sangs (Giuseppe Montalbano)

Plusieurs sangs vivent en nous, celui du cœur, fleuve géant, radical, perpétuel mais si vulnérable, celui du sexe, Graal palpitant, cruel et dépendant du sens. Reste aussi le sang du corps, mécanique, foncier, dégorgeant à chaque prurit lascif. Les sangs s’engorgent dans l’âme, créent la raison, la folie, la source. Il y a si peu de sens réalistes dans le sang, il roule dans chaque veine, comme un étalon fou, gravite dans cette lourde pesanteur automatique, sort sans retenue à la moindre ouverture mais s’effrite à chaque sécheresse solaire, devient solide au dehors comme un autre corps, mort.
Les sangs suent à travers les pores de la vie, ils réunissent les hommes, prouvent leur paternité mais se jouent de leur jalousie, de leur peur en éclatant sur les murs sans rien transformer. On ne construit pas d’entité sans sang, sans connaissance, sans conscience ; aucun sable ne prend dans le plasma, aucune terre ne se nourrit d’hémoglobine… rien ne vit mieux que le sang lui-même. Pourtant, on donne le sang, on vole le sang, on perd le sang, on l’envenime, on le rend suppôt de pandémie, puis on tue de sang froid…

Il y a même un sang qu’on sacrifie à la foule comme un vin qu’on offre aux bonnes âmes, mais rien n’est plus hypocrite que de verser le sang pour rendre justice au monde, rien.

 

 

 

En attendant, en-fin, Giuseppe Montalbano expose virtuellement et c’est une meilleure nouvelle : http://per-inania-regna.blogspot.com/

12:32 04/04/2006 | Lien permanent |  Facebook

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