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mar

Souffre rance

"A.       Ecrire m'irrite ou me fait honte ; écrire est pour moi un besoin ; il me répugne   d'en parler, même sous une forme symbolique.
B.       Mais pourquoi écris-tu donc ?
A.       Hélas ! Mon cher, en confidence je n'ai pas encore trouvé d'autre moyen de me débarrasser de mes pensées.
B.       Et pourquoi veux-tu t'en débarrasser ?
A.       Pourquoi je veux ? Est-ce que je veux ? J'y suis forcé.
B.       C'est bon, c'est bon."

©    Nietzsche - Le Gai Savoir

 

La souffrance provoquée est un principe égotique, basé sur le désir d’ailleurs, de contraception du quotidien, lequel se perche plus souvent sur l’envers du marasme, au creux du désespoir, que sur le faîte de l’épreuve. Il est des souffrances qui agrandissent l’horizon, d’autres, qui perturbent la vision, de nombreuses qui annihilent l'appétence mais toutes varient le sens et c’est en ça qu’elles sont sacrées.
Ecrire sans l’affliction relève de l’acte de rédemption, d’une paresse de rémission et d’un principe appliqué de délivrance, comme l’accouchement rituel, il est alors bon d’être mère protectrice, louve affamée de ce désastre qui se logeait dans le nerf, en plein milieu de l’ovaire et tout autant débarrassée, matrice décomposée de l’horreur qui y pourrissait.

 

c'est ce que je dis...

15:54 27/03/2006 | Lien permanent |  Facebook

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