30
déc

mort (ou dieu) esquivée

L’absence du membre la rendait fébrile, irritée par un squelette sans pavillon, l’errance de ses cœurs perpétuait la pénurie d’essence. Bien sûr, elle était née, au creux d’ovaires, de plasma, d’engeances, mais aucunement elle aurait pu déceler l’instant de la respiration. Son expiration sans effluve n’inspirait ni peur, ni amour. L’exhalaison de ses armatures rappelait l’acier ou la ouate.
Pourtant, un maelström sourd résonnait entre le pic de son humilité maladive et la profondeur d’une malédiction fatidique. La quête, nuisible à sa force primale, artificielle et contrainte par une humanité en mal de mimétisme.


Et si seulement, le choix n’était pas si fatal, et si décider de ne pas vivre rendait la mort grotesque, comme glisser en une sortie bouffonne vers le neuvième cercle se faisait sur un toboggan jaune plutôt que plantée sur une quenouille assassine.
L’homicide volontaire infligé à sa douleur est bénéfique à la non-existence, il serait donc possible de tromper la mort en dépaysant la vie.

Alors, la condamnation universelle la quitte enfin, ni ascendant, ni matrice, ni sein, ni dessein, elle crève son corps d’un doigt insensible, dégonfle tout son être. L’invisible rit à la face de la camarde, du fond d’une bouche qui ne suggère rien, mais qui balaye l’intensité.

 
(art by Alois Kolb "sex & character")

09:02 30/12/2005 | Lien permanent |  Facebook

Les commentaires sont fermés.